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Site littéraire et poétique personnel

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    Myrddin, 1996 - Illustrations Jean-Pierre Paraggio

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    Sept fois par jour on se ferait bien
    sept ans de malheur comme rien du tout
    sept ans d'horreur comme du pain mou:
    un miroir roux rend le vent fou,
    un miroir roux dans de grands vases
    Comme on marchait vers les sapins
    des boules d'argent vinrent nous heurter,
    des fouets de laine et de chardons -
    sept ans de malheur filent sur la neige
    allument des porcs au fond du ciel

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    Cadex Editions, 1999 - gravures Florent Chopin

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    C'est étonnant comme les veines sont bleues à l'approche de l'orage, le coeur pâle. Etonnant comme le temps se suspend, cependant a passé, puisque, oui, il a plu, et qu'on sourit encore à ce qu'on attendait.

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    Val noir Marie-Ange précédé de Quarante anges, Pierre Peuchmaurd, Jean-Pierre Paraggio, par les soins des auteurs à Paris à l'automne 1996

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    Ange jeté aux anges, son beau visage abîmé, son corps noirci de roses.
     
    Au mur rouge, traqué comme cerf sur le mur rouge, 
    ange rit rouge au couteau.
     
    Ange au soleil, sec comme la figue oubliée là.
     
    En robe de ronce, l'ange des cavernes. Bracelets de poussière, tibias d'émeraude.

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    Le Dé bleu, 1987

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    Le bel endroit
    les belles blessures qui y bourdonnent
    le beau bois mort
    le bel effort
     
     
    D'un ennui soleilleux
    d'une tour rousse
    d'une rivière
     
    quel chemin à l'image
    quel relais au désir

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    Nuits de Nacre (Accordéon ...) - textes de Pierre Peuchmaurd, photographies de Patrick Fabre - Les Editions du Laquet, Septembre 1995

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    Dehors, la rue est jaune et mauve,
    dehors c'est le brouillard - 
    c'est Londres, Tulle ou Leningrad.
    C'est plutôt Tulle.
    Ou Londres, ou Leningrad.

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    La Morale Merveilleuse, 1999

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    D'abord il n'y avait pas de bleu
    Ensuite il y avait du rouge
    et puis du cuivre et de la peur
    et du ciel gris sous une femme noire
     
    Du bord de rien
    on observait la dérive du pédalo
    ça se passait plus tard
    sur un étang éteint
     
    On file vite à la mélancolie
    Une voix cingle un miroir
    le même cheval traverse
    dix-neuf fois le même gué

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    Collection Cent quatre-vingts dégrés - Dessins de Jorge Camacho - Pierre Bordas et fils, éditeurs, 1991

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    L'ombre du dé sur la pensée, le jour blanc et la porte. Il n'y avait qu'un chemin, et c'est celui qu'il y a. On reproduit. L'ombre du dé, le jour, la porte.

    Des anges, alors. Vivants, peut-être, et sur leur grève. Des anges petits comme un index, comme une tête de lézard entre l'herbe et la faux. Des anges, pourtant, des denrées bleues, jalouses et qu'on échange à perte.


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    L'air de l'eau, 1997

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    Hauts navires
    aux cours lasses de l'été,
    on courait vers les mares
    on entrait dans les vignes
    on allumait l'orage
    avec des clés rouillées
     
    Au retour,
    l'été ball-trap
    visait au ventre

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    Fata Morgana, 1992

    peuch.jpgQue peuvent les roses
    et que veulent-elles ?
    C'est l'été dans les terres
    je cherche un cheval roux
     
    je vois très bien la Chine
    Elle est jaune et verte et son coeur
    est noir, son coeur est très pâle
    Je la traverse
     
    Je vais où flottent les bannières blanches
    Plus d'une rivière plus d'une montagne
    plus d'un écho fêtant la halte
    Verrai-je jamais les bannières blanches ?
     
    Les fiancées là-bas
    ont des os délicieux
    Elles sont aigres et rieuses
    on les noie comme des chats

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    Editions Haldernablou, 1993

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    Passé le feu, 
    le feu revient
    avec sa laine et ses épines
    avec les fleurs des marronniers
    avec la mer au bout des branches
    Passé le feu,
    le bleu répond par la brûlure
    une boule d'ivoire au bout des doigts

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    Atelier de l'Agneau éditeur, 1998

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    Chutes de chances, de silences. Chutes de plomb, plus légères. La nuit tombe sur mes épaules, un peu moins sur les vôtres. Un peu moins, je le vois bien.

    Chercher le centre est ne rien faire. Il n'y a, au centre, que les reflets de la périphérie. Au centre, il y a peut-être une bête crevée.


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    Poésie 84 Seghers, 1984

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    J'aimais ça. J'y reconnaissais la pâleur buissonière, l'écolière, les nattes rouges de l'hiver. Je laissais, je suivais les traces ardentes. Cela s'est passé. Je sais aujourd'hui ignorer la beauté.

    J'habite avec la mort d'un rat, j'habite une auberge d'absences ; j'habite, avec toi, un roman anglais. Aux bornes de l'ennui, j'habite la durée folle du printemps.


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    Dessins de Robert Lagarde - Collection l'Ether Vague - Patrice Henry Editeur, 1994

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    J'ai longtemps vécu d'inanition. Souvenirs des brumes, du rose et d'un sommeil d'épines - des ours qui me léchaient la langue. J'ai longtemps vécu d'inattention, sauf à leurs plumes, à leurs colliers. J'ai longtemps vécu d'appréhension : les ours mouraient parfois. Cendre et charbon et longs poils bleus, je rangeais dans des boîtes ce qu'il me restait d'eux. Je n'avais pas d'oiseaux.


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    avec cinq photographies de Nicole Espagnol - L'Oie de Cravan, 1996

    peuch 001.jpgLe mot promesse est parti le premier
    personne n'en faisait plus
    Le mot ciel a suivi
    le mot ciel suit toujours
    Les mots forêt rivière matin
    le mot renard le grand mot loup
    prenaient déjà des allures de fantômes
    Le mot maison semblait fragile
    dissipé le mot brume
    Le mot lavoir s'était noyé
    avec des chats dans sa rumeur
    Les mots étoile carton baleine
    Ombre gardait son poids
    mais déplacé mais aggravé
    Le mot désir se fatiguait
    se répandait
    le mot marée redescendait
    Les mots foudre ronce et rapace
    le mot petite le mot oiseau
    ceux-là oh ceux-là 
    Hetrbe séchait sur pied
    le mot miroir s'était brsié
    même le mot seins ne levait plus sa houle
    Le mot partir restait
    voulait partir
    restait
    Le mot saisons tournait à vide
    Le mot regret le mot futile
    Tout me laissait partir
    Tout,
    relativement

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    PIERRE PEUCHMAURD

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    Avec l'aimable autorisation d'Antoine Peuchmaurd

    Quelques liens

    http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/04/pierre-peuchmaurd.html

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Peuchmaurd

    http://anne-marbrun.blogspot.be/2011/04/pierre-peuchmaurd.html

    Deux ouvrages de Pierre Peuchmaurd consacrés au poète Maurice Blanchard

     

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    L'ouvrage que lui consacre le poète Laurent Albarracin

     

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  • 04/24/13--20:46: Michael Relave
  • MICHAEL RELAVE

    La femme mythe et poème

    Les œuvres très singulières et captivantes de Relave ont à voir avec des mythologies imaginaires, vaguement inspirées peut-être par des divinités indiennes, asiatiques, africaines ou australiennes, des dessins alchimiques, des icônes et des images pieuses. Elles s’inventent dans des parentés disparates pour fonder un imagier essentiellement imparti à la célébration de la femme, de la rotondité et de la fécondité. La femme comme délicieux nombril du monde. La femme comme garantie d’un monde vivant et viable. La célébration de la femme radieuse parmi la prolifération de ses outils métaphysiques, splendide au cœur de ses floraisons sublimes de seins ou de fleurs métonymiques du sexe féminin. Mais aussi, l’œuvre, qui chante la fécondité, exalte, dans un bel imagier, paisible et proliférant, les associations d’images et formes phalliques (tours, reptiles), la célébration de l’appariement (couple d’oiseaux superbes) et celle de la fertilité féminine, aérienne, représentée par exemple, par un superbe oiseau femelle portant un enfant à bout de bras. Là aussi, dans le dépassement des frontières, humanité et animalité se conjoignent ou se réconcilient. C’est là que s’origine sans doute cette représentation de la sphinge (créature féminine hybride entre l’être et l’animal, l’aérien et le terrestre) qui présente un arbre de vie devant un crâne, exacerbation de cette idée de la femme qui affirme la vie contre les signes de la mort, la floraison nouvelle par-dessus la décrépitude. Dans l’univers de Relave, la femme est le guide, elle incarne la lumière, la chaleur, la sécurité, l’avenir. La femme comme porteuse et prophétesse de vie. La femme encore, comme ange, fantôme, sœur des oiseaux et des fleurs superbes, esprit : de la bouche du poète enlisé dans son rêve jaillit, comme de la lampe d’Aladin, le génie féminin qui entre en vol dans le monde phallique et règne paisiblement, assurément sur lui. Les images se succèdent où la femme est déesse de la nature, enceinte et portant un jeune arbre florissant, développant elle-même un réseau de racines, trouvant d’étranges prolongements sous la forme de merveilleux oiseaux femelles, une femme qui peut être à la fois aquatique et céleste. C’en est fini, chez Relave, de cette conception de la femme comme être de terre. Bien sûr, elle reste le terreau de l’humanité, mais elle en est aussi l’astre, le regard, l’étoile, le soleil sans doute, le sang et l’essence.

    Dans l’univers de Relave, l’homme et la femme s’entendent, s’aiment, s’adressent des regards énamourés, entourent le magnifique fruit de leur union, enfant oiseau, ravi parmi les fleurs, les algues et les queues de fauves unies au ballet de la flore. L’œuvre rêve d’une relation poétique à la nature, d’une relation esthète, l’œuvre ranime les vapeurs d’une vision édénique relue à la lumière de la femme. L’œuvre danse sur le thème du règne de la femme.

    Il y a là, poétique et poignant, le chant de l’harmonie, quelque chose qui me ramène aux impressions émues que j’éprouvais en lisant le Cantique des Cantiques. Plus loin, des floralies luxuriantes, sous la main ouverte et nantie d’un œil d’une divinité féminine, jouent le grand ballet nuptial du phallique et du sinusoïdal sous la bienveillante sauvegarde de la femme. La cosmogonie humaine est revue et corrigée : son système tourne autour d’un soleil féminin.

    Il y a dans cette œuvre une ouverture culturelle au monde, à la diversité, à l’histoire, à une dimension spirituelle et poétique. Il s’agit d’un univers plein, rempli, prolifique et, pour l’attester, l’œuvre occupe l’espace, la sature de présence. Il y a là comme l’aspiration à un monde sans trou, sans gouffre, un monde comblé. Quand les couleurs se font une place dans l’œuvre, elles sont à la fête, elles chantent, elles s’affirment dans la vivacité, la luminosité et la joie et elles reflètent aussi cette double dimension du charnel et du céleste. Ces couleurs rallument en moi le souvenir du kaléidoscope de l’enfance et de ces essaims de lumières vives qui tournoyaient miraculeusement au fond de mon œil.

    Les créations de Relave ont un hiératisme sacré en même temps qu’une grâce ondulante et arrondie, elles semblent issues de très loin dans le passé et sont pourtant d’une jeunesse et d’une fraîcheur touchantes, elles opèrent une fusion envoûtante entre le profane et le sacré, l’ancien et le récent, le proche et le lointain. Comme l’écrivain américain H.P. Lovecraft s’inventait une affreuse et obsédante mythologie de l’innommable, comme lui, avec la même conviction, mais à rebours, Relave fonde une merveilleuse mythologie féminine gouvernant un monde paisible, coloré, parfumé, énamouré, une correction poétique de la trajectoire des astres et des divinités. Naïveté ? Oh, tout doux, même si c’était la candeur, il conviendrait d’admirer la chandelle délicate et multicolore, résolument contemporaine qu’un poète imagine devant le désastre d’un monde mené par des gens sensés, par des hommes savants et catastrophiques. J’aime l’œuvre de Relave. Elle est le beau Réveil, devant un monde pratiquement désaffecté, d’une nostalgie du beau, du doux, du vivant, de l’aimable, de l’équilibré. D’une nostalgie ? Pas vraiment, d’une invention plutôt.  Car devant l’échec d’un univers masculin, l’imagier philogyne de Relave se fonde dans le vœu supérieur d’un poète inspiré et que je relaie avec affection et estime ! Ce vœu ? Celui d’un monde qui respire et est respirable, qui enchante et est enchanté. Oui, le vœu superbe de réenchanter le monde.

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  • 04/25/13--22:27: Un cover de Lhasa de Sela
  • LHASA de SELA & MARTHA WAINBRIGHT

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    Martha Wainright, chanteuse canado-américaine de folk pop, reprend avec beaucoup de classe le titre 'La Confession' de Lhasa. Vous pouvez entendre cette reprise en cliquant sur ce lien : http://www.youtube.com/watch?v=wRzARzgSm0k


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  • 04/28/13--23:37: Magalith et Myriam Lachman
  • Poignant témoignage

    des sœurs Lachman

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    Château de Sorinne-la-Longue – Dimanche 28 avril – 16 heures – Exposition & Témoignage

    Notice introductive

    SAM_0592.JPGCet article est dédié à madame Geneviève Mossiat-Guillaume. Elle est au nombre des personnes qui, au sein de l’institution de Sorinne-la-Longue, ont pris en charge les fillettes Lachman et les vingt enfants juifs accueillis et dissimulés parmi la centaine d’enfants hébergés là.  En 1998, sous le numéro de dossier Yad Vachem 2153.2, Geneviève Mossiat-Guillaume est reconnue Juste parmi les nations. Sa fille cadette, présente dans l’assemblée ce dimanche 28 avril 2013, rythmait et ponctuait le débat.

    « Juste parmi les nations » (en hébreu : Hasid Ummot Ha-'Olam, littéralement « généreux des nations du monde ») est une expression du judaïsme tirée du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). En 1953, l’assemblée législative de l’État d’Israël (la Knesset), en même temps qu’elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer « les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». Le titre de Juste est décerné au nom de l’État d’Israël par le Mémorial de Yad VashemAu 1er janvier 2012, 24 355 Justes parmi les nations de 41 pays ont été honorés. En tout, les Justes ont sauvé des centaines de milliers de personnes. Il s’agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Juste_parmi_les_nations

    Petites dédicaces musicales

    Nuit et brouillard est une chanson d’hommage à toutes les victimes de la déportation. Elle est sortie en 1963. Jean Ferrat, - dont le père, juif, est mort en déportation à Auschwitz -, en est l’auteur, le compositeur et l’interprète. Cette chanson affirme un catégorique refus de l’oubli.

    http://www.youtube.com/watch?v=GaHVBX6HPio&gl=BE

    Peut-être aussi, grâce aux profonds et majestueux Chants juifs de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton pouvons-nous méditer le témoignage de Magalith et Myriam Lachman.

    http://www.youtube.com/watch?v=qz0TltO3uQ8

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    Magalith et Myriam Lachman

    SAM_0603.JPGPlacé dans le cadre d’une manifestation des Passeurs de Mémoire, l’impressionnant  témoignage des sœurs Lachman s’est déroulé ce dimanche 28 avril 2013 dans une aile du château de Sorinne-la-Longue, aile dans laquelle une exposition de panneaux pédagogiques évoquait efficacement le terrible souvenir de la Shoah et des camps de concentration. Pour cet exposé dominical, la petite salle ne suffisait pas à contenir les gens que cet événement avait interpellés. Notons que durant la semaine, les enfants des écoles de l’entité, après une visite de l’exposition, avaient rencontré, écouté, interrogé les deux sœurs. Remarquable initiative pédagogique.

    SAM_0612.JPGMagalith Lachman, qui vit aujourd’hui en Israël, et Myriam Lachman, établie aux Etats-Unis, charmantes et gracieuses aïeules, ont évoqué devant nous dans un français très correct leur inconcevable histoire durant la seconde guerre mondiale. Tout au long de leur exposé, on sentait, on éprouvait presque physiquement chez les deux vénérables témoins une poignante énergie, une vitalité formidable, un désir de dire et une sorte de frémissement profond et troublant. Le témoignage oral, en vis-à-vis, dans la perception de chacune des inflexions vocales du témoin, atteint à une acuité bouleversante. Un frisson d’humanité et de compassion circule entre qui raconte et qui reçoit. La voix humaine, la présence physique du témoin incarnent mieux que tout un destin, une tragédie. Elles leur confèrent une intensité et une vérité. Ces deux témoignages valent aussi par la façon dont ces deux femmes vibrent encore au terrible diapason de leur lointaine enfance.

    La famille Lachman venait de Pologne et s’est installée d’abord à Anvers, dans un appartement à trois étages qui a très fortement imprégné la mémoire des fillettes.

    Magalith, son père et sa mère ont passé la guerre à Tervuren sous la bienveillante et héroïque sauvegarde du baron Henri de Broqueville. Le comportement exemplaire du baron de Broqueville à l’égard de la famille Lachman et d’autres Juifs en péril inspire le respect et l’estime. Il fait l’objet d’une belle suite d’articles (le premier en français et les quatre suivants en anglais) que je recommande vivement au lecteur. En voici le lien : http://broqueville.be/?p=2472#more-2472. Envers le baron Henri de Broqueville, Magalith manifeste une inépuisable reconnaissance. Elle est restée, dit-elle, en contact avec lui jusqu’au jour de son décès. Aujourd’hui encore, elle bénit et célèbre son nom. Le baron Henri de Broqueville, en 1975, numéro de dossier Yad Vachem 977, est fait Juste parmi les nations.

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    Le groupe des fillettes à Sorinne-la-Longue durant la guerre

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    Premier plan, à droite, Célia Lachman, derrière elle, sa soeur Myriam, à Sorinne-la-Longue en 43 ou 44

    Myriam et sa sœur Celia (qui vit aujourd’hui en Argentine) ont donc séjourné à Sorinne-la-Longue et doivent leur survie à leur secrète insertion dans le groupe d’enfants. Car, pour protéger les fillettes juives de toute périlleuse indiscrétion, seuls les pédagogues et le personnel de l’Institution étaient informés de l’identité des enfants juifs. Pour des raisons de sécurité, Myriam et Célia ont été rebaptisées Suzanne et Marie Broca.

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    L'étoile jaune. Le père de famille ne voulait pas qu'on la portât. Cette étoile, de même que les photos ci-dessus sont la propriété de la famille Lachman.

    Myriam est déjà revenue à Sorinne-la-Longue avec ses filles pour leur montrer où Célia et elle avaient été cachées durant la guerre. C’était pour elle une sorte de pèlerinage et pour ses filles un authentique voyage initiatique. Durant la guerre, explique Myriam, le château était mis à la disposition d’une sorte d’orphelinat. Il se trouvait ici 120 enfants non juifs et vingt enfants juifs. C’est ici, dit-elle avec une réelle émotion, que j’ai appris à lire et à écrire. Quand une petite camarade manifestait trop de curiosité à notre égard, dit Myriam, les institutrices et les éducatrices intervenaient pour nous protéger. De même, se souvient-elle, pour tenter de nous mettre à l’abri des bombardements, les institutrices et les éducatrices avaient cousu  d’immenses voiles blanches portant une grande croix rouge afin que le lieu fût associé à un hôpital et épargné par les bombardiers. Elle se souvient aussi d’un climat d’angoisse et d’anxiété, de nécessaires moments de dissimulation dans les caves. Il n’y avait évidemment guère de nourriture, aucun gaspillage n’était admis. Le petit dessert était servi au dos de l’assiette, il fallait qu’on eût totalement mangé son contenu pour pouvoir la retourner. Mais nous étions sans cesse protégées et, déclare Myriam, je suis pour toujours reconnaissante. Elle égrène merveilleusement ses lointains souvenirs : le patinage sur l’étang gelé du château, la nécessité quotidienne de maintenir le secret et de se souvenir de son nom d’emprunt. J’ai vécu deux années ici, dit Myriam, et, toutes choses confondues, je juge que ce sont de bons souvenirs. A la fin de la guerre, dit-elle avec émotion, notre sœur aînée est venue nous chercher.

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    La nombreuse assemblée autour de Magalith et Myriam Lachman ce dimanche 28 avril à Sorinne-la-Longue. On aperçoit également les panneaux pédagogiques. La salle ne pouvait contenir tous les gens que ce programme avait mobilisés.

    Magalith le déclare avec ferveur : « Nous avons été une famille marquée par la chance, nous avons tous survécu. C’est rare, tellement rare. J’ai connu tant d’exemples de familles décimées, terriblement meurtries et parfois anéanties ». L’odieux calvaire infligé aux Juifs par les Allemands reste pour Magalith une profonde source d’écœurement, de colère et d’affliction. « Les nazis, dit-elle, ont traité les Juifs comme du bétail, comme des animaux sans importance, ils les ont jeté comme des choses à détruire. Ce que les Allemands nous ont fait est presque inexprimable. » Et lorsqu’elle le dit, on sent qu’elle est encore terriblement affectée par les images qui la hantent douloureusement. Elle raconte alors, d’une voix endolorie, la terrible histoire de deux adolescentes qui étaient ses amies. L’une se nommait Betty, l’autre Mali. Elles furent convoquées par les Allemands avec l’obligation d’emporter des bas, du dentifrice, des choses utilitaires de cette nature. Ces recommandations strictes avaient pour seul but d’abuser la candeur des deux adolescentes. « Lorsqu’elles se rendirent à la convocation, leur maman était enceinte et elle faisait au revoir par la fenêtre ». « Elles avaient 14, 15 ans, pense Magalith. C’était terrible. Nous n’avons plus jamais eu de nouvelles d’elles. Elles ont totalement disparu. Terrible ».

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    Magalith évoque aussi un souvenir noir du passé belge. Elle évoque le monstrueux souvenir de la caserne Dossin à Malines. Cet endroit de sinistre mémoire et qui entache notre passé fut pour des milliers de Juifs séjournant en Belgique le terrible lieu de transit vers les camps de la mort. Pris dans les rafles, les Juifs arrivaient là et y séjournaient dans d’odieuses conditions en attendant d’être dirigés vers Auschwitz. Plus de 25.000 Juifs et 351 Tziganes ont transité par ce lieu. Une effroyable, une infernale comptabilité nous oblige à dire que seuls 1203 personnes ont survécu à la déportation. Monstrueuse efficacité de la machine de mort. Aujourd’hui, la caserne est devenue un lieu de mémoire. On y a ouvert en 1995 (il me semble que cela s’est effectué dans une effarante et coupable lenteur) le Musée juif de la Déportation et de la Résistance. Le nouveau Mémorial, musée et centre de documentation sur l’Holocauste et les droits de l’homme qui jouxte la caserne est ouvert au public en 2012.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_regroupement_de_Malines

    Les retrouvailles familiales, raconte Magalith, le regard illuminé par un sourire merveilleux, ont eu lieu à Saint-Gilles, rue de Belgrade, 106. Le souvenir resplendit encore dans sa merveilleuse exactitude. Aujourd’hui, dit Magalith avec une grande fierté, j’ai quarante descendants : enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

    Une heure s’est écoulée. Une heure précieuse et inoubliable dans la magnifique compagnie de deux êtres irremplaçables. Oui, ceci est un indispensable témoignage, oui, la tâche accomplie par les deux femmes est considérable. Cela remet en perspective les monstruosités et les abominations d’une histoire récente. Cela rend plus obscène encore, plus exécrable, ça et là, cette résurgence nostalgique du fascisme et du nazisme. Mais cette heure aussi, grâce à la merveilleuse qualité de présence de deux femmes, célèbre la fragilité, la force, la beauté et cette séduisante lumière que peut parfois émettre l’être humain.

    Sous l'étoile jaune qu'elles nous ont montrée, les soeurs Lachman ont écrit à la main : Never again. Plus jamais. Oui, pour nous tous, c'est le voeu essentiel : que de telles atrocités n'aient plus jamais lieu.    


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  • 04/29/13--22:19: Behnaz Houshmandi
  • BEHNAZ HOUSHMANDI

    Graphiste et peintre iranienne

    A1 BehnazHoushmandi par Masoud Soheili.jpg  A2.jpg  A1.jpg

    A gauche, l'artiste photographiée par Masoud Soheili - Toutes les oeuvres reproduites dans cet article sont la propriété de Behnaz Houshmandi

    FICHE SIGNALÉTIQUE :

    Née le 9 mars 1980 - Téhéran

    Website: www.behnazhoushmandi.com

    a1.jpgEducation 

    Jame-Elmi-Karbordi University (University of Applied Science and Thechnology)
    1. Higher Diploma - Graphic Design (Jan 2004 – Oct 2007)

    Department : Art and Culture

    2. B.A. degree – Graphic Design (Jan 2009- Jan 2011) 

    Elle a travaillé d’abord comme Assistant Graphic designer et ensuite comme Graphic designer dans différentes sociétés, magazines et agences publicitaires en Iran. Elle parle le persan et l’anglais. Elle a également travaillé pour des studios et artistes iraniens œuvrant  dans la gravure. Elle aime la peinture et la gravure et a multiplié les expériences dans ce domaine. Elle a travaillé au sein de groupe d’artistes en Iran mais aussi au sein de groupes internationaux. 

    Elle a exposé en Iran et à l’étranger :

    -Group Exhibition – Illustration for children’s book

    Bamdad Gallery  – Iran – Tehran  March 2005

    -The 43rd Golden Pen of Belgrade, The 8th International Biennial of Illustration, Belgrade, Serbia - 2005.

    -Looking forward to the 6th biennale of illustrations, Iran Artists Organizations – Iran – Tehran - August  2005

    - Annual Book of Iranian Illustrators of children’s books 2006

    Exhibition at National Library of Iran – Iran – Tehran - November 2006

    -Regular printed illustrations in Keyhan-Bacheha (one of the popular magazine for children in Iran) For 6 month - 2004

    -11th Annual International Postcard Print Exchange Gallery181- IOWA University – IOWA – USA - October  2011

    -Bread Cat (Brotkatze) Group - Group Exhibition- Offenes Gallery- Atelier D.U.Design  - Asturia - Villach  - January  2012

    www.asylum-lunaticum.de

    -My body belongs to me! - Group Exhibition - Haus der kleinenKünste - Munich – Germany - February 2012

    www.with-heart-against-fgm.com

    - Mini works - Group Exhibition - Arya Gallery – Tehran – Iran- February 2012

    - 5th Annual Postcard Exhibition and Exchange - printmaking - Artist Proof Gallery – Canada - April 2012

    - Group printmaking Exhibition - Haft-Samar Gallery– Iran –  Tehran - April 2012

    -Printmaking Today's Exhibition - Saba Institute - Khial Gallery – Iran – Tehran - May  2012

    -'100Artists / 100Works'Exhibition - Golestan Gallery – Iran – Tehran - June  2012

    -'It's my body!'Exhibition - Denkingen – Germany - November 2012

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    NOTRE REGARD SUR L'ARTISTE

    De son lointain Iran, Behnaz Houshmandi se signale à moi. Quand je découvre son œuvre,(celle d’une graphiste, d’une graveuse et peintre née en 1980), je suis immédiatement convaincu de me trouver en présence d’une artiste douée et éminemment intéressante. D’abord, elle s’est engagée en 2011 dans la Campagne (he)art againt FGM (Female Genital Mutilation). Il y a là un important combat à mener contre une forme instituée de la torture. L’engagement de B. Houshmandi est plein et entier. « Pour moi, dit-elle, c’est comme si j’éprouvais la douleur que ces filles endurent et cela me bouleverse profondément. En tant que femme et en tant qu’être humain, je me sens insultée et humiliée par cette horrible pratique. Cela s’oppose à ma conception de la dignité humaine et à notre droit à l’autodétermination et à l’intégrité physique ». 

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    Elément d'une suite / "My body belongs to me" / Contribution de Behnaz Houshmandi / Artists paint & design against Female Genital Mutilation 

    En observant la diversité de ce qu’elle appelle ses expériences artistiques, je découvre une jeune artiste très inventive, extrêmement originale, inspirée dans le travail de la couleur, créant un univers mitoyen, à la jonction du figuratif et de l’abstrait avec de petites avancées dans l’un et l’autre de ces aspects de l’art. Je découvre un univers très habité et d’une singulière beauté plastique. Il y a beaucoup de force dans le trait et la composition de Houshmandi, une force qui rencontre le fragile et une manière de créer, dans les éléments de ses œuvres, des interpénétrations, des sertissages, des enclavements comme s’il fallait que les choses fussent liées, imbriquées, solidaires. Mais il me semble qu’elle propose, au travers de sa jeune œuvre, un univers qui s’articule différemment, qui se compose différemment. Je ne sais trop que dire de cette étrange esthétique qui présente une sorte d’organisation harmonieuse du désordre si ce n'est qu'elle me happe, me convainc, me convient. Il y a dans cet univers une beauté inédite et un déséquilibre qui danse. Je prends plaisir à la contempler, à vivre parmi ses oiseaux, ses poissons, sa mer et l’élan singulier de ses formes abstraites. Oui, j’aime ici l’élan, l’essor, la vitalité. Il y a là comme un empilement de simplicités successives qui aboutirait au complexe, à l’étrange, à l’inattendu. J’aime la magie par laquelle l’orchestration de tous ces traits fonctionne et opère. J’aime ce puzzle que sa belle désarticulation rend captivant. J’aime ces bleus dans le blanc, ces rouges devant le noir, ces bruns, ces verts.

    J’aime l’enfance et la maturité de cet art, j’aime, à rebours de toute dérive, cette sorte de convergence des continents que je crois parfois lire dans l’œuvre. J’aime la façon dont l’univers de Houshmandi m’accueille, m’embarque et me charme. J’entends là-dedans chanter des oiseaux, souffler des poissons, les lignes rire et chanter, créer des chœurs et des canons, j’entends le bleu clapoter, le trait dire des poèmes, accomplir des gestes, j’entends aussi des mugissements de désarroi, le rythme de l’angoisse, je vois toutes les veines de la vie, en joie ou douloureuses, tricoter entre elles un réseau de racines où des enfants, des insectes, des végétaux, des animaux, des femmes et des hommes lèvent cet arbre à recueils qui cache la forêt poétique. Je vois cet art ancien et prestigieux de la gravure palpiter et s'ébrouer comme s'il venait de naître, on dirait qu'il éclot à nouveau.

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  • 04/30/13--21:56: Lhasa sur facebook
  • LHASA CÉLÉBRÉE

    Parmi la floraison des lieux de célébration, je signale à l'attention du visiteur un vaste espace consacré à Lhasa sur facebook. On y trouve vidéos, photos, reportages, documents, liens intéréssants. En voici l'adresse :

    http://www.facebook.com/lhasadesela

    J'y trouve notamment cette très belle photo de l'artiste.

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