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Site littéraire et poétique personnel

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  • 08/27/14--00:46: ARITA chante LHASA
  • a arita.jpgA R I T A

    Il s'agit d'un jeune et talentueux groupe français de pop rock originaire de Nancy. Parmi les influences de cette formation, on notera Lhasa de Sela, PJ Harvey ou la suissesse Sophie Hunger (que j'ai beaucoup aimée aux côtés de son glorieux compatriote, l'excellent trompettiste et compositeur Eric Truffaz). La voix de la chanteuse du groupe est une pure merveille, envoûtante, chaude, puissante, formidablement flexible, irrésistible. Une diva pleine de caractère, de folie, de grâce et d'envergure, une personnalité.

    www.zicmeup.com/artiste/arita/
    https://fr-fr.facebook.com/aritafan
    http://www.lesinrocks.com/lesinrockslab/artistes/arita/

    Ce groupe a consacré un spectacle à Lhasa (il la chante, la met en scène) dont voici quelques excellents extraits :

    https://www.youtube.com/watch?v=BPF0Z5G4XS4
    https://www.youtube.com/watch?v=clDwXnnaQ-U 

    arita.jpg


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  • 08/29/14--02:20: Inge BRANDENBURG - article 2
  • INGE BRANDENBURG

    Présentation de l’artiste

    (à partir de l’article http://www.inge-brandenburg.de/index.php/en/the-movie/contents)


    a inge 2.jpgInge Brandenburg est née à Leipzig le 18 février 1929 et a été élevée dans la pauvreté. Querelles, actes de violence et excès d’alcool étaient des faits habituels de son quotidien. Elle n’a pas connu l’amour parental. « Quand Papa rentrait ivre, il frappait Maman. Mais ils se battaient également quand Papa était sobre. C’était terrible. Et je n’ai jamais su qui je devais le plus craindre ou de qui je devais prendre le parti. »

    Le père d’Inge était communiste et objecteur de conscience, ce qui signifiait qu’aux yeux des nazis c’était un parasite et un inadapté social. Inge l’a vu se faire battre par la gestapo et il a ensuite été emmené de force et interné. Selon une transcription douteuse dans le registre du camp de concentration de Mauthausen, il s’est suicidé en 1941 en se jetant contre la clôture électrifiée qui entourait le camp. « Ma mère travaillait très dur à cette époque et j’ai dû prendre en charge mes deux petites sœurs. Ma mère travaillait pour un négociant en charbon. Elle conduisait la charrette de charbon et transportait de très lourds sacs de charbon dans la cave des gens du petit peuple. Je me sentais terriblement honteuse en présence de mes camarades en raison du travail dégueulasse  qu’accomplissait ma mère. Parfois, quand je rentrais à la maison après l’école, je la croisais avec son chariot tiré par les chevaux, elle m’adressait un signe de son visage noirci. Si d’autres enfants de l’école m’entouraient,  je me détournais prestement car je craignais qu’ils me taquinent à propos d’elle. Mais à la maison, il m’arrivait de pleurer en pensant qu’elle travaillait si durement ».

    a inge 1.jpgLa mère d’Inge a, de la même façon, été arrêtée pour avoir tenu des propos antigouvernementaux. Elle est morte dans des circonstances inexpliquées tandis qu’elle était transportée vers le camp de concentration de Ravensbrück. Les cinq frères et sœurs furent séparés et emmenés dans ce que l’on a appelé des « maisons pour enfants inadaptés » où l’on procédait à la stérilisation obligatoire. Les enfants étaient regardés comme dégénérés et les docteurs étaient convaincus que la criminalité était héréditaire et que, en conséquence, elle devait être éradiquée. « En 1941, j’ai été envoyée dans l’unité de sécurité de Bernburg. J’ai d’abord tenté de m’échapper, mais après quelques tentatives, j’ai renoncé. Chaque fois que vous commettiez un délit mineur, ils affirmaient que vous étiez les enfants de criminels ou que rien jamais ne sortirait de nous ou que cela n’avait rien d’étonnant avec des parents tels que les nôtres. Je me retirais souvent dans un coin où je lisais ou rampais durant la cour de récréation  vers les nids d’hirondelles. Je voulais caresser les hirondeaux. Lorsqu’ils se sont envolés du nid, j’ai été  réellement malheureuse. Je voulais juste leur montrer un peu de tendresse. Ensuite, il y a eu l’affaire avec les pommes. Pendant des semaines ils m’ont battu jusqu’à ce que j’admette, bien que je ne l’aie pas fait, que je les avais volées. Je n’ai jamais surmonté cet événement. Même aujourd’hui, je me sens incertaine de moi dès que j’ai l’impression que les gens ne me croient pas. Le seul amour que j’ai reçu durant ma jeunesse était l’apaisante main d’une nonne qui m’a caressée quand j’ai contracté la diphtérie. »

    a inge 1.jpg

    Tout de suite après la guerre, au cours d’une dangereuse opération clandestine, Inge est parvenue à s’échapper vers le secteur américain. Elle a été arrêtée par la police à Hof, à demi nue, s’étant défaite de sa robe de confirmation. Un GI ivre l’avait déchirée et avait violé Inge. Elle n’avait aucun papier et a été enfermée durant six mois pour vagabondage. Après cela, elle se mit en route pour Augsburg. « J’ai alors travaillé dans une boulangerie pour 25 marks par mois. Et l’on m’a également permis d’utiliser le piano familial. Le boulanger et sa femme aimaient la musique et ils m’ont mis en contact avec un professeur de piano. De mes 25 marks, j’ai dû lui en abandonner 20 pour les leçons. Mais je suis devenue un être différent. Désormais, j’avais un but devant moi ».

    a inge 3.jpgSa grande passion, son grand amour, ça a toujours été la musique. Sa station de radio favorite était The American Forces Network (AFN), et les interprètes qu’elle préférait étaient Peggy Lee, Judy Garland et Frank Sinatra. Un jour elle a vu une publicité dans le quotidien d’Augsburg annonçant qu’un orchestre de danse local cherchait un chanteur(se) de belle allure avec une voix grave et elle s’est présentée. A partir de février 1950, elle chante dans des boîtes de nuit allemandes pour 170 marks par mois. Que ce soit le swing, le cool jazz, le blues, le hillbilly ou les chansons populaires du moment, Inge Brandenburg a chanté à sa manière durant les années 50 mais sans capter l’attention d’un large public.

    Le tournant de sa carrière correspond au moment où elle est invitée à se produire en Suède. Un agent qui avait entendu parler d’elle la signe pour un engagement de quatre semaines. Le succès est tel que d’autres engagements suivent. Prévu initialement pour quatre semaines, l’engagement se prolonge durant huit mois. Durant toute cette période, elle travaille en compagnie des grands du jazz suédois. Dans les années 50, la Scandinavie et la France sont regardées comme les principaux centres du jazz en Europe. C’est avec une confiance en soi très stimulée mais avec des sentiments mitigés qu’Inge rentre à Francfort au printemps 1958.

    a inge 6.jpg« L’idée de rentrer à la maison après mon succès en Suède et de retrouver une vie anonyme était une terrible perspective et cela m’a presque conduit au bord du désespoir. Et puis quelque chose est advenu et je me suis retrouvée assise dans le légendaire domicile de Carlo Bohländer à Frankfurt et j’ai reçu bien trop à boire. Cela m’a donné assez de courage pour dire au pianiste : « Allez-y, jouez simplement pour moi et je prouverai que je sais chanter. » Quelques personnes ont commencé à ricaner mais dès que j’ai chanté quelques accords, ils se sont tus. Deux jours ^lus tard ; ils m’ont annoncé que je me produirais au festival de jazz. Désormais, il n’y avait plus de retour en arrière ».

    Cette apparition a fait de Inge Brandenburg une soudaine étoile de nuit et l’a fait reconnaître comme la principale chanteuse de jazz allemande. Les spectateurs aussi ont été très impressionnés par son aptitude à transformer des ballades comme « Lover Man » en numéros d’une émouvante intensité. Les critiques se répandaient en éloge sur la qualité de son chant et le principal auteur de jazz allemand Joachim Ernst Berendt  a écrit : « elle chante avec une émotion incroyable. Son chant est habité par une intensité dans laquelle un monde entier semble vibrer. Par-dessus tout, elle ne chante pas comme June Christy mais comme Inge Brandenburg. Le jazz allemand a finalement une voix. »

    « C’est en 1958 que l’on m’a découvert ». Les gens me célébraient. Et j’ai pensé : « j’espère que ces femmes âgées des maisons pour enfants sont toujours vivantes ». J’ai pensé que mon grand moment était arrivé. Mais je devais être démentie ».

    a inge 4.jpgQuelques mois plus tard, Inge Brandenburg était nommée la meilleure chanteuse de jazz européenne au festival de jazz de Juan-les-Pins dans le sud de la France. Peu après, elle et la session allemande ont triomphé au Festival de Knokke en Belgique. S’en suivirent des apparitions pleines de succès tant en Allemagne qu’à l’étranger, tant en radio qu’en télévision. Entre ce moment et la fin des années 60, elle a entrepris de nombreuses tournées en Yougoslavie, au Maroc, en Lybie et en Laponie. Elle a été accompagnée par des ensembles internationalement acclamés comme ceux d’Albert Mangelsdorff, Kurt Edelhagen, Klaus Doldinger, Max Greger et Ted Heath.

    Inge est approchée par l’industrie du disque en 1960. Teldec signe un contrat avec elle. C’était son souhait formel d’enregistrer des titres de jazz et des numéros de cabaret et elle a assuré que cette clause était transcrite dans son contrat. Mais elle a dû consentir à enregistrer des singles à succès aussi. Le point culminant de l’année fut une série des meilleurs enregistrements de jazz de sa carrière : « All of me », « Lover Man », « Don’t Take Your Love », « They’ll Never Be Another You » et « Pennies from Heaven ».

    a bran 1.jpgTime Magazine l’a salue comme une autre Billie Holiday et il était même question qu’elle se produise en Amérique du Nord. Teldec lui a offert un contrat prêt à la signature, proposant de nouvelles collaborations mais après avoir hésité quelque temps, elle a décidé de ne pas signer. La longue aventure de ses enregistrements a été une permanente  sources d’irritations et d’ennuis car elle a sans cesse refusé de laisser l’industrie du disque la réduire au rôle de chanteuse de « tubes ». Elle a intenté des procès aux sociétés de disque afin de recouvrer ses droits mais dans ces procédures judiciaires, il lui est devenu tout simplement impossible de continuer à fonctionner dans l’industrie du disque. Il lui fut néanmoins possible de réaliser un projet final : son seul jazz LP : « It’s Alright With Me ».

    « Une époque difficile commençait pour moi. Les gens m’ont acclamé, ils m’ont placé sur un piédestal dont on ne m’a plus permis de bouger.A partir de cet instant, j’étais sous une pression constante pour réaliser quoi que ce soit. J’étais en permanence effrayée à l’idée de décevoir les attentes du public ou d’être exploitée. J’avais été un être solitaire depuis l’enfance et à présent sans cesse conviée à des fêtes et mise en valeur. J’ai été frappée par la société mensongère et je n’ai cessé de dire aux gens ce que je pensais, particulièrement quand j’avais trop bu. Cela m’a rendue vite assez impopulaire auprès d’un grand nombre de gens. Ils voulaient me sortir de ma voie et me faire prendre des directions qui s’éloignaient de mes aspirations, en conséquence, mes réactions, bien sûr, étaient parfois complètement revêches. Quand je n’ai plus été capable de m’exprimer, j’ai simplement commencé à crier, je suis devenue violente bien que je me considère essentiellement comme une âme douce. J’ai connu quelques succès artistiques majeurs, mais je n’ai jamais réussi sur le plan financier. Quiconque désire réussir dans le business doit agir comme s’il en était partie prenante. Il y a eu des époques où je ne savais tout simplement pas comment acquitter mon loyer. »  

    a inge 5.jpgDurant les années qui ont suivi, Inge a trouvé une deuxième corde à son arc en jouant comme actrice dans des théâtres allemands et à la télévision. Elle a joué dans des pièces antimilitaristes comme dans « Pinkville » la pièce du dramaturge hongrois Georges Tabori sur la guerre du Vietnam ou dans « Macbeth » au Théâtre Schiller à Berlin. Malgré cela, son succès précédent semblait lui avoir échappé. Les temps avaient changé. Les juke-box écartaient la musique live des clubs tandis que le rock’n’roll et la beat music éloignaient les spectateurs des clubs de jazz pour régner sur de nombreux grands lieux. Les apparitions d’Inge dans des lieux plus confidentiels et des chapelles sont devenues de plus en plus fréquentes tandis qu’augmentaient en nombre ses querelles, ses crises éthyliques et d’autres incidents embarrassants. Une certaine confrontation violente accompagnée d’une tirade d’insultes lui a valu d’être emmenée au poste menottée. Le bureau du procureur a exigé un rapport psychiatrique d’un expert médical.

    En 1976, Inge apparaît à nouveau au Quinzième Festival de Jazz Allemand à Francfort. « Glory Hallelujah » devait constituer sa dernière apparition télévisuelle en tant que chanteuse de jazz. Elle s’est alors totalement retirée de la scène jazz. Ses problèmes avec l’alcool, un manque de motivation et une opération compliquée sur les cordes vocales ont accéléré sa chute. Elle a fini dans les aides sociales et avait pris l’habitude, pour gagner un peu d’argent supplémentaire, de promener les chiens du voisinage. Vers la fin de sa vie, elle avait pris le dessus sur l’alcool et la déprime et renouait avec l’espoir. Pendant ce temps, elle pouvait parler toute la nuit au téléphone avec les quelques amis qu’il lui restait et avec d’anciens collègues.

    a bran 2.jpg« Je suis attristée quand je vois, Bon Dieu de merde ! , que j’ai toujours mes capacités ; elles n’ont tout simplement pas été correctement utilisées. J’avais toujours le sentiment, merde !, qu’il y avait en moi bien davantage que ce que j’ai donné, et qu’il était seulement nécessaire de le révéler, je ne pouvais pas le faire seule. Cela me rendait parfois très triste, et même aigrie. »

    En 1995, une Inge Brandenburg à la voix claire et aux yeux scintillants fait un come back sur la scène du Bayerischer Hof à Munich. Mais seuls quelques-uns de ses vieux fans en ont profité. Malgré les commentaires élogieux qu’elle a reçus, sa tentative désespérée de refaire surface dans l’arène publique a été limitée à une poignée d’apparitions.

    « Les années passent. Et le juvénile glissement d’une jeune fille se révèle, et puis un autre, un autre encore. Et elle atteint le sommet. Désormais, cela ne m’attriste plus. Je me dis à moi-même, laisse les choses être ainsi qu’elles sont venues et elles disparaîtront à nouveau. J’ai le temps d’attendre et de mûrir. Je sais à coup sûr que les meilleures années de ma vie sont toujours dans l’avenir. Personne ne peut empêcher que cela se produise. »

    Le 23 février 1999, cinq jours après son soixante-dixième anniversaire, Inge Brandenburg est morte dans une clinique à Schwabing. Elle a été inhumée dans une tombe de pauvre. Sept personnes ont assisté aux funérailles.

    (J’ai tenté la traduction personnelle la plus scrupuleuse possible). 


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    GUY THOMAS,

    Poète, parolier de Jean Ferrat

    Interview

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    En consultant les éléments biographiques sur lesquels j’ai mis la main, je note que vous avez été, au travers de vos premières publications poétiques en revues, remarqué par Léo Ferré, François Mauriac, Georges Brassens et Jean Rostand. Pouvez-vous évoquer pour nous les conditions et les effets sur vous de ces glorieuses reconnaissances ?

     

    Quand j’ai rencontré François Mauriac puis Léo Ferré, j’étais encore lycéen et je ne mesurais pas trop l’importance de ces encouragements. Remarqué par mon professeur de lettres classiques (français-latin-grec), je publiais mes poèmes assez rancuneux dans des revues poétiques assez bien cotées. C’est plus tard que j’envoyai des poèmes à Brassens et à Jean Rostand qui présidait alors le Mouvement contre l’Armement Atomique et que je pensai que je devais avoir du talent. Mais c’est François Cavanna qui me donna ma première chance en publiant mes poèmes dans Hara-Kiri puis dans Charlie-Hebdo. Le texte de « La Leçon buissonnière », qui devait être la première de mes chansons interprétées par Jean Ferrat avait d’ailleurs été publié dans l’un des premiers numéros d’Hara-Kiri, illustré d’un beau dessin de Fournier.

     

    Vous avez été longtemps professeur de français (et peut-être de latin) dans le lycée de Champagnole. Y avait-il une relation entre le professeur que vous avez été et ce professeur de cette « Leçon buissonnière » que Ferrat a chantée et dont vous êtes l’auteur ? Êtes-vous parent de ce rêveur cynique ? « C’est au numéro trente-deux/ De l’av’nue de la République/ Au-d’ssus du Café des Flots bleus/ Que je cingle vers les tropiques / Et que j’deviens vieillard hideux/ Batelier de la rhétorique/ En aidant les petits merdeux / A rester des enfants d’bourriques ».

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    Vous avez raison de remarquer qu’il est difficile d’attribuer ce texte à un prof ; mais ce texte, je l’ai écrit quand j’étais étudiant ; et comme mes parents n’avaient pas un rond, je gagnais ma vie en faisant des petits boulots. D’autres donnaient des leçons particulières « aux enfants de la bourgeoisie », avocats, médecins, industriels, etc. C’est les parents qui les envoyaient pour combler leurs lacunes, mais beaucoup, parmi ces jeunes s’intéressaient très peu à la syntaxe, à la littérature et à la grammaire latine… D’où la violence de ma pochade. L’enfant de pauvres que j’étais ne supportait pas « les petits merdeux » ; il n’aimait pas non plus certains de leurs parents qui croyaient tout pouvoir acheter.

    Il va sans dire que devenu professeur de français dans un lycée professionnel et m’occupant d’élèves en difficulté, j’avais pour eux le plus grand respect.

     

    Dans les chroniques que j’ai consultées, l’auteur-poète que vous êtes est distingué pour son cynisme, sa férocité parfois, son insolence très souvent, son humanité toujours. Vous reconnaissez-vous dans ce portrait succinct ?

     

    Je ne pense pas avoir été accusé de cynisme. J’ai eu parfois de méchantes critiques, qui venaient du journal Minute ou de certains ayatollahs de la chanson à textes. Par contre on a relevé mes insolences, la violence de mon vocabulaire, mes « mots tranchants comme des lames », et l’âpreté de mon style. Et l’on a eu raison. C’est sans doute parce que j’avais des comptes à régler. « On ne guérit pas de son enfance » a chanté mon ami Jean, et la mienne fut particulièrement tourmentée. Je n’étais donc pas prédisposé à chanter des guimauves et à devenir un poète de salon.

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    Quand Ferrat recourt à votre talent, il passe de la poésie savante et virtuose de Louis Aragon à la poésie savoureuse, plus orale, plus populaire d’un poète peu connu. Comment la rencontre s’est-elle produite ? Comment Ferrat, pour la première fois, a-t-il choisi de chanter Guy Thomas ? Pouvez-vous évoquer pour nous votre première rencontre avec Ferrat ?

     

    Vous avez eu les mots justes pour cerner la poésie d’Aragon et pour cerner la mienne. Mauriac a dit de moi que j’étais un héritier de la poésie populaire française qu’il connaissait d’ailleurs assez mal. Ma poésie est faite pour être chantée ou dite sur scène et elle provient de la rue. D’ailleurs je n’appelle pas mes textes des poèmes mais des « goualantes ». Certains critiques se sont étonnés que le grand interprète d’Aragon ait choisi aussi souvent les textes d’un poète peu connu au style aussi rugueux. Jean s’en est expliqué plusieurs fois, en déclarant que « ça correspondait à son envie de traiter les choses de manière acérée, très dure, ironique, sanglante ».

     

    Y a-t-il chez vous un mélange complexe, presque hérétique, de libertaire et de sympathisant communiste ?

     

    On a dit de moi que j’étais socialiste… tendance Gaston Couté et Louise Michel. C’est assez juste. C’est dans ces eaux-là que je cherche mon équilibre, entre mes amis libertaires et mes amis communistes.

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    Vous avez collaboré à des journaux satiriques comme Charlie-Hebdo ou Hara-Kiri. Pouvez-vous nous parler de cette époque, de François Cavanna, des autres, peut-être, Wolinski ou Reiser ? François Cavanna a déclaré, pour évoquer la manière dont il a eu vent de vous : « Gut Thomas, de sa province, nous envoyait des poèmes enragés sur des rythmes de java vache ». Enrage, Guy Thomas ? Cette formulation bien sonore de « java vache » est entrée dans le titre de votre dernier recueil.

     

    J’ai rencontré Cavanna début 1961 et j’ai collaboré à Hara-Kiri pendant que je faisais mon service militaire dans les Tirailleurs Marocains, j’ai rencontré aussi Bernier et les dessinateurs, mais j’envoyais mes textes de ma province. Cavanna m’a aidé quand j’ai été inculpé d’insultes à l’armée pour un article sur la torture. Nommé prof dans le Jura, ma collaboration fut ensuite plus épisodique dans Charlie-Hebdo.

     

    Dans vos chansons que Jean Ferrat a si merveilleusement interprétées, on trouve une variété assez étourdissante. Cela va du folâtre et réjouissant « Le Chef de gare est amoureux » au poignant et grave « Je ne suis qu’un cri » en passant par l’attendrissant et touchant « Les Cerisiers ». Est-ce donc nécessaire, voire indispensable, à vos yeux, que le poète voyage dans ses états d’âme et rende compte de chacun d’entre eux, de la légèreté au tragique ?

     

    Je pense que c’est indispensable parce que j’écris toujours sur un coup de cœur ou sur un coup de sang. Je pense que Léo Ferré a raison quand il écrit : « Il n’y a plus rien à attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde ».

     

    Le choix d’un texte faisait-il entre Ferrat et vous l’objet d’un dialogue ? Comment les choses se passaient-elles ?

     

    J’adressais toujours à Jean mes petits bouquins de « goualantes », et lui choisissait les textes qui lui plaisaient et qui correspondaient à sa sensibilité. Quand il avait choisi tel ou tel texte, il me le chantait au téléphone, et il m’envoyait une petite cassette. En général il n’avait pas touché au texte. Mais parfois il me demandait de le raccourcir en me proposant de supprimer tel ou tel quatrain. Pour deux ou trois chansons, il m’a demandé des modifications en m’indiquant ce que je devais et dans quel esprit. Mais il ne m’a jamais rien imposé. Il respectait les poètes. Mais il avait trouvé toujours la mélodie rêvée qui mettait le texte en valeur et en faisait vraiment un petit chef-d’œuvre. Quand nous nous retrouvions à Antraigues ou à Pillemoine, nous ne pensions pas tellement à travailler. Nous aimions déguster la vie, la beauté des choses, et nous aimions beaucoup rire. Jean disait que j’avais un grand humour ravageur, mais le sien n’était pas mal non plus !

     

    Votre amitié, dites-vous, est longue de quarante années. Mais c’est tout de même l’album « Je ne suis qu’un cri », sorti en 1985 chez Temey, qui vous institue en tant que premier parolier de Ferrat. Un album de 14 titres, et 14 titres signés par vous. Quel sentiment vous inspirait à l’époque cette consécration ? A la sortie de l’album, je présume que vous êtres projeté en avant, jeté dans la célébrité ? Quelles sont les implications pour vous ?

     

    La sortie de cet album a été pour moi, c’est vrai, la reconnaissance d’un long travail. D’un long travail solitaire. Dans ce métier, on connaît à peine le nom des paroliers. On connaît les interprètes. Moi je suis fier d’avoir été interprété par un homme comme Jean, mais je ne suis pas devenu une célébrité. Moi je continue à fabriquer mes goualantes dans mon arrière-boutique, à polir mes insolences, à les publier en essayant de les vendre.

     

    Après la sortie de l’album, vous adressez au public une saillie formidable : ‘Mes chers amis, vous dites le vieux fou s’est apaisé, détrompez-vous j’ai toujours envie de baiser ». Poète, confirmez-vous ces nobles dispositions ?

     

    C’est mon côté « canaille ». Il plaît beaucoup dans mes lectures. Ce n’est pas par hasard que Jean a interprété « Le chef de gare est amoureux », « Vipères lubriques » et « Le Kilimandjaro ».

     

    Vous avez aussi été chanté par Isabelle Aubret ou Francesca Solleville, toutes deux de loyales, fidèles et talentueuses amies de Ferrat. Pouvez-vous nous dire un mot sur elles ?

     

    Quelle fierté aussi d’avoir été chanté par ces grands interprètes ! Il faut avoir entendu Isabelle chanter « Les Cerisiers » mais aussi « Amazonie » et « Mon petit chercheur d’or ». ET ne pas oublier que c’est Francesca qui créa « Je ne suis qu’un cri » mais aussi « Une écolière au tableau noir » et « Adultère » avec des musiques de Jean. Mais comment ne pas citer aussi mon ami James Ollivier chantant « Aquarelles » et « Framboise », lui qui nous quitta brusquement alors que nous préparions un album.

     

    J’ai lu qu’aujourd’hui, en tant que lecteur, vous vous produisez sur scène, en compagnie, par exemple, de la chanteuse Josette Jagot dont le charme et la voix sont réellement convaincants (j’ai vu des images sur Youtube). Le spectacle dans lequel vous vous produisez s’appelle « Soirée Canaille ! ». Voulez-vous en dire quelques mots ? L’expérience de la scène est-elle nouvelle pour vous ? Que vous apporte-t-elle ? Quelques mots sur vos projets ?

     

    J’ai commencé à faire des lectures publiques il y a une dizaine d’années, pour vendre mes petits bouquins, seul d’abord et sans trop y croire. Et à ma grande surprise je me suis aperçu que je pouvais avec mes impertinences amener un public à aimer la poésie. Alors le bouche à oreille a fonctionné. Josette et ses musiciens ont appris mes chansons et nous avons tous ensemble monté un spectacle intitulé « Soirée canaille ». On nous a demandé aussi de donner des « Hommage à Jean Ferrat » dans notre région. Et nous jouons souvent à guichets fermés.

    Pour le reste j’ai un projet de disque pour enfants « Les petites impertinences » avec des musiques de Daniel Coulon et un projet de chansons très insolentes avec un jeune interprète.

     

    Pour commander les ouvrages, se rendre ici : http://www.guythomas.fr/
    Inconographie :
    le site du poète
    http://www.ledauphine.com/ardeche/2011/07/13/ferrat-l-immortel

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    Guy THOMAS

    poète, parolier de Jean Ferrat

     

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Thomas

    http://pb60.e-monsite.com/pages/les-auteurs-de-ferrat/guy-thomas-le-poete-et-parolier-de-chansons-de-jean-ferrat.html

    Guy Thomas est né en 1934 à Ensival, aujourd’hui section de la ville de Verviers, en Région wallonne, sur la Vesdre. Son père est bourguignon et sa mère est wallonne. Poète précoce, il publie dès l’adolescence dans un grand nombre de revues et est distingué par quelques éminences. En lisant Guy Thomas, affirme l’écrivain et homme de science Jean Rostand, on se veut le frère d’un homme sincère, douloureux et libre, dont le cri nous réveille et nous délivre. Léo Ferré évoque le jeune poète en ces termes : « Un grand bouquet de roses sauvages, heureusement vêtues de ronces viriles, quand on pense aux roses courantes et à leurs épines en plastique ». Même d’Ormesson, qui ne peut pas se tromper à tous les coups, lui trouve du talent et estime que les poèmes de Thomas « s’inscrivent dans la ligne des Carco ou des Corbière ». Ah, Tristan Corbière,  Les Amours jaunes, ce n’est pas rien !

     

    Elle était riche de vingt ans

    Moi, j’étais jeune de vingt francs,

    Et nous fîmes bourse commune…  

     

    François Mauriac, de son côté, reconnaît en Thomas « un héritier de la poésie populaire française ». Le poète rencontre François Cavanna en 1960 qui vient de fonder avec Georges Bernier le mensuel Hara-Kiri. Cavanna, qui a reçu par la poste quelques poèmes de Thomas, en pense à peu près ceci : « Cela sautille comme une java, ça claquette comme une danse macabre, ça saigne comme un mur des fédérés ; ça mord ; ça crache et ça profane ; ça s’attendrit aussi, pas souvent. Un anar sincère. En tout cas, un poète ». Une collaboration prend forme. Pendant ce temps, Guy Thomas s’est établi dans le village jurassien de Pillemoine. Pillemoine, un nom rêvé, pratiquement un exaucement pour un ennemi de la calotte. Il exerce le métier de professeur de français au lycée de Champagnole. Dès 1969, il publie ses premiers recueils de poésie et de nouvelles. Entre 1969, avec Vers boiteux pour un aveugle et 2011, avec Sur un air de java vache, Guy Thomas publie une quinzaine d’ouvrages. En 1973, Serge Brindeau le répertorie aux côtés d’André Hardellet et René Fallet et le présente dans son ouvrage « La Poésie contemporaine de langue française depuis 1945 » (Editions Saint-Germain-des-Prés). « Guy Thomas aime la liberté, même quand elle est mal portée. Il est anti-sabre et anti-goupillon, très violemment, anti-capitaliste et anti-stalinien. Il chante Rita la blanche et les mauvais garçons. Un air d’accordéon a pour lui des amertumes de beaujolais. Sa poésie est orale, cousine germaine de la goualante ».

     

    J’ai l’air du bon citoyen

    J’ai tout du Français moyen

    Pourtant je suis le contraire

    Du Français réglementaire

    Je suis un Monsieur Durand

    Pas conforme au plan courant

     

    (Extrait de Guérilla, prélevé dans Je ne suis qu’un cri)

     

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    Bien sûr, la notoriété lui vient surtout de son œuvre de parolier. Donnons ici, en espérant être exhaustif, la liste de ses textes chantés par Jean Ferrat. (A gauche, Guy Thomas et Josette Jagot) 

    La leçon buissonnière, 1972 (C’est au numéro trente-deux/ De l’av’nue de la République/Que j’enseigne aux petits merdeux / Les théories philosophiques, …)

    Le petit trou pas cher, 1972 (C’est dans du bois d’ébéniste / Qu’on enterre les gens tristes,…)

    Caserne, 1972 (Blanchis les troncs des marronniers / Tous au carré, bien alignés/Rouges les toits, rouges les briques / Bleu le ciment patriotique)

    Le singe, 1975 (Dans mon jardin zoologique / Je suis vraiment dans du coton / J’ai des cocotiers métalliques / J’ai des bananiers en carton, …)

    Berceuse pour un petit loupiot, 1975 (Mon marmouset, mon nouveau-né/ Tu mériterais qu’on te gronde / Tu brailles comme un forcené / T’as pas l’air content d’être au monde,…)

    Le bruit des bottes, 1975 (C’est partout le bruit des bottes / C’est partout l’ordre en kaki / En Espagne on vous garrotte / On vous étripe au Chili, ...)

    Le chef de gare est amoureux, 1979 (Quand il sort le matin d’la gare / Chacun sourit, chacun se marre / Quand il passe au milieu d’la rue / Chacun murmure il est cocu, …)

    Les 14 titres de l’album Je ne suis qu’un cri  en 1985

     

    Hospitalité

    L’âne

    Viens mon frelot

    Concessions

    Comptine pour Clémentine

    La porte à droite

    Le cœur fragile

    Le châtaignier

    Petit

    Vipères lubriques

    Pardonnez-moi mademoiselle

    Le Kilimandjaro

    Les Cerisiers

    Je ne suis qu’un cri

     

    (Je ne suis pas littérature / Je ne suis pas photographie / Ni décoration, ni peinture / Ni traité de philosophie/ Je ne suis pas ce qu’on murmure / Aux enfants de la bourgeoisie / Je ne suis pas saine lecture / Ni sirupeuse poésie/ Je ne suis qu’un cri, …

     

    Mais Guy Thomas est aussi chanté par Isabelle Aubret, Francesca Solleville, James Ollivier, Jean-Marie Vivier, Claude Antonini, Zouzou Thomas, Yannick Savoye, Les Octaves ou Les Nomades. Il se produit aussi sur scène en tant que lecteur avec la chanteuse Josette Jagot.

     

    Voir le site personnel du poète :  http://www.guythomas.fr/

    Voir le bel espace que lui consacre le blog d’Annie Raynal-Andrieu :

    http://mozalyre.over-blog.com/article-36525475.html

    L’espace de la chanteuse de variété française Josette Jagot :

    http://www.josettejagot.fr/  

    Bibliographie du poète :

    http://www.guythomas.fr/bibliographie_guy_thomas.html?PHPSESSID=a6e441ab5ba11552396b3ec9a169fee1 


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  • 09/01/14--06:54: Interview de Sky de Sela
  • a sky 1.jpgInterview de Sky de Sela

    Sky de Sela, sœur de Lhasa de Sela, est une artiste circassienne formidablement douée. Aimable et bienveillante, elle nous a accordé une interview. Vous trouverez en fin d'article des références sur les spectacles qu'elle propose. 

    Vous formiez une famille de dix enfants, avez-vous eu l'occasion, dans l'enfance, de vous trouver ensemble ? Vous arrive-t-il aujourd'hui de vous retrouver ?
     
    Très rarement, comme on habite aux quatre coins de la terre.C'est rare et intense quand on se retrouve tous. Dense ! Autrement, en duo ou en trio, on a tendance à se suivre, se confronter, s'aimer !
     
    En m'intéressant à votre famille, j'ai découvert qu'elle compte trois artistes de cirque (Ayin, Miriam et vous, peut-être d'autres ?). Comment expliquez-vous cet engouement pour le cirque, la piste, la vie de saltimbanque ? Les racines de cette vocation sont-elles inscrites dans votre enfance itinérante ? Est-ce l'elan de l'enfance qui se poursuit ?
     
    Oui, notre enfance a été en mouvement toujours. La suite logique est de se reconstruire une vie dans laquelle on retrouve des valeurs similaires, des vents similaires...
    Quoi de mieux que le cirque, un espace rond, contenu, mobile.
    Un espace brut et tendre.
     
    a sky 3.jpgIl me semblait, en vous entendant vous exprimer lors d'un hommage à Lhasa sur les ondes de France Culture ( Une vie, une oeuvre, 13 mars 2011), qu'il y a en chacune d'entre vous trois une sorte de présence poétique, de sens du merveilleux et d'élégance dans la parole. D'où cela vient-il ?
     
    Merci.
    Je pense que si nous avons un sens du merveilleux, c'est beaucoup grâce à nos deux parents.qui sont des êtres courageux et créatifs, qui osent aimer la vie, avec tout ce qu'elle a de terrifiant. Ils nous ont appris un regard ouvert, malgré le vertige que cela provoque. Ils nous ont emmenés par des chemins aussi étroits et tortueux que vastes et libres. Ils nous ont appris, avec une grande exigence et beaucoup d'amour, que l'inconfort n'est pas à éviter ...
     
    Sky, je crois avoir compris, en consultant différentes sources, que vous vous orientez aujourd'hui sur une voie artistique plus proche du théâtre. Pourquoi cette nouvelle orientation ?
     
    Mon corps m'a fait comprendre, petit à petit, au long d'une vie de cirque, qu'il faut que je m'écoute. Ce qui signifie maintenant que je me calme et que je prenne une nouvelle direction. J'ai 41 ans, j'ai trois enfants, je veux vivre joyeusement mes journées. Pour ça, je dois me laisser dévier dans mon chemin de cirque.
     
    Vous êtes mère de famille, vos enfants pratiquent-ils (je crois avoir lu quelque part qu'une de vos filles travaille au trapèze) les arts du cirque ? S'agit-il de transmettre, de perpétuer quelque chose ?
     
    Je veux transmettre surtout la créativité. J'aime le cirque et je suis dedans, alors, c'est naturel pour moi d'avoir une influence dans ce sens. Mais je ne suis pas du tout convaincue que le cirque c'est pour tout le monde. J'aime bien voir comment mes filles grandissent, les choix qu'elles font.

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    Je note que votre mère, Alexandra Karam, a signé un grand nombre de portraits de ses filles. Ses photos sont magnifiques. Expose-t-elle souvent ses oeuvres ? Finalement, l'art (les images, les livres, le sens du beau) semble avoir occupé une grande place dans votre enfance.
     
    a sky Marie Clauzade.jpgElle est une photographe exceptionnelle. Si j'ouvre mes yeux sous l'eau, je me dis que je peux imaginer comment c'est d'avoir son regard. Le grain, le cadrage, la lumière, tout participe à une vision singulière, rêveuse. Elle est actuellement en train de réaliser son projet de vie, un livre de photographie, accompagné de textes. Je suis convaincue que ce sera un trésor et j'espère que ça rayonnera pour être apprécié à sa juste valeur.
     
    Lhasa évoque dans un grand nombre d'interviews une relation dense, affectueuse, enrichissante avec son père. En était-il de même pour vous ?
     
    Oui. Quand je pense à lui, je pense à une racine d'arbre sur le sable. Cela fait un moment qu'il est là, il est séché par le soleil, il est tordu, léger, sa forme lui a été donnée par les intempéries, il est comme il doit être.
     
    Vous allez, au Printemps de Bourges 2012, participer, Ayin, Miriam et vous, à l'hommage rendu à Lhasa : A Walk For Lhasa. Comment concevez-vous cette "marche chorégraphiée" ?
     
    C'est une belle opportunité pour nous, et pour moi, encore une étape de deuil importante. Je suis heureuse d'y participer parce que c'est une occasion de donner la parole à Lhasa, depuis l'autre côté, et ça, à travers notre propre créativité et celle des artistes (excellents) qui participeront.
     
    Dans l'oeuvre de Lhasa, avez-vous une chanson qui vous émeut, vous touche, vous enchante particulièrement ?
     
    J'ai ses chansons sous la peau. Je les ai dans mes veines, je les ai tellement écoutées. Choisir ma préférée, ce serait comme choisir entre la lune et le soleil.

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    Pouvez-vous évoquer vos prochains projets ?
     
    Au niveau du travail, je vais poursuivre le chemin que j'ai tracé déjà.
    Continuer l'exploitation de mon spectacle solo "Maintenant", un mélange de clown et de texte autobiographique accompagné par le contrebassiste Benoït Jayot et le clarinettiste Julien Thiery.
    Depuis la mort de Lhasa, ma vie, mes projets tournent autour d'elle, d'une façon ou d'une autre. Je suis dévouée à notre Flying Fish Circus (nommé en hommage à la vision de Lhasa), et j'espère qu'il volera. C'est un projet qui est exigeant, pas-réaliste dans sa nature, et que j'aime.
    Je suis impliquée, avec la famille, dans un beau projet d'écriture.Ce sera un livre écrit par Bruno Migdal, un écrivain qui a été ému par la voix et le chemin de Lhasa (comme vous), et qui nous a approchées pour nous proposer de collaborer avec lui sur ce livre. Nous avons démarré un dialogue en profondeur avec lui, pour creuser dans le sens de cette famille, notre éducation. Ce livre est prévu de sortir en 2014, et est librement jumelé avec le projet du livre de ma mère. Il est possible que les deux sortent dans la même période. Je pense que ce sera encore l'occasion de donner la parole à Lhasa à travers nos voix.
    En fin de compte, le plus important de mes projets, c'est d'en avoir moins. Regarder les fourmis. Sentir le soleil qui chauffe mon côté gauche. Puis tourner la tête lentement et sentir le soleil qui chauffe le côté droit.
     
    Espaces consacrés à Sky de Sela et contact :
     
    http://www.compagniemezcla.com/sky-de-sela/
    http://www.monthelon.org/skydesela/pages/sky01.html
    http://www.ledevoir.com/culture/cirque/282482/sky-de-sela-redescend-parmi-nous
     

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    FLYING FISH CIRCUS

    La Coulisse fait son cirque

    Merveilleux poissons volants !

    (Les superbes photographies qui illustrent cet article sont prélevées dans une suite de Vincent ARBELET pour la page du Conseil régional de Bourgogne - pour permettre au visiteur de voir toutes ces photographies, les références de la page sont placées en bas de l'article)

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    Le 10 mars 2012, mon épouse, ma fille et moi, nous nous mettons en route pour l'autre côté de la Belgique, dans les profondeurs de la province du Limbourg, à Neerpelt. Motif de ce voyage nocturne ? La Compagnie Mezcla (dans laquelle sévissent, aux côtés de Kamma Rosenbeck et Andrès Tapia-Fernandez, deux soeurs de Lhasa, Sky et Miriam de Sela) donne, sous chapiteau, la deuxième représentation de son spectacle Flying Fish Circus. Ceci justifie que nous nous mettions en route. Vers vingt heures, dans la nuit flamande (reconnaissable à son "r" qu'elle roule avec vigueur), nous reconnaissons, avant même le spectacle, Sky de Sela qui prend un instant l'air (sans toutefois le rouler car elle ignore le parler flamand). Nous patientons, gagnés par une pointe de nervosité et d'impatience. Des exocets profitent sans doute de l'obscurité pour nager dans le ciel sombre. Le titre du spectacle colporte un délicieux et poignant écho de Soon this place will be too small, une chanson de The Living Road, le deuxième album de Lhasa. Then I'll die three times / And be born again / In a lilltle box / With a golden key / And a flying fish / Will set me free. (Ensuite, je mourrai par trois fois / Et naîtrai à nouveau / Dans une petite boîte / Avec une clé d'or / Et un poisson volant / Me libérera). L'affiche, merveilleuse et délicate, m'émeut. Elle est construite autour d'une photographie d'Alexandra Karam, la mère de Lhasa, Sky et Miriam. Elle représente Kamma Rosenbeck au trapèze. La nuit déborde de tact et de doigté. Deux magies se rencontrent. La grâce déliée de la trapéziste, l'âme noble d'Alexandra Karam.

    Moi, en sortant de la voiture, je laisse tomber mon petit Canon et, dans la foulée, je marche consciencieusement dessus. (Sorte d'expiation, sans doute, genre d'acte manqué du misérable amateur qui vient d'entrevoir un chef-d'oeuvre). Ecrasé, mon gadget numérique laisse échapper un petit bruit désespéré, un zonzonnement d'abeille blessée. Le mécanisme est gravement endommagé. je vais louper toutes mes photographies. Triviale anecdote. Rien ne me paraît sérieux. Je suis impatient de découvrir les soeurs de Sela à l'oeuvre.

    Inutile de tirer sur la corde du suspense, le spectacle va nous enchanter. Tout va nous plaire, nous émouvoir et nous amuser. L"idée de départ est d'ores et déjà excellente. Lorsque l'on entre dans le chapiteau, surprenante mise en abîme, les gradins forment un arc de cercle autour d'un chapiteau de cirque entouré de loges. Le spectateur a donc vue sur les loges. Une fois entré dans l'espace du cirque, il se trouve à l'extérieur ! Ce comique par l'absurde ne va pas cesser de se répéter, de proliférer tout au long du spectacle. Une atmosphère de cartoon et de nonsense singulièrement pimentée de poésie et d'émotion forme le filigrane, l'enfilade d'arêtes de ce poisson aérien. L'hilarité coudoie le charme. On oscille de l'une à l'autre, dans un balancement surprenant et agréable. Soixante quinze minutes qui glissent d'une trop brêve coulée.

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    Quatre personnages, - une famille -, forment les protagonistes de ce Flying Fish Circus: la mère et patronne, celle qui mène visiblement la barque  Louisa (Sky de Sela), Tino, le père et patron, sorte de Zampano, d'autorité virile et bruyante et bientôt surprenante (Andrès Tapia-Fernandez), Joséphine, la soeur cadette de Louisa, une jeune acrobate pleine de vigueur et de sensualité (Miriam de Sela), enfin Jasmine, la fille des patrons, délicate adolescente, bel et frêle oiseau la plupart du temps perché sur les hauteurs de son trapèze qui semble aussi un refuge. On ne tarde pas à s'en convaincre, derrière le masque parfois désopilant, grotesque ou féroce, chaque personnage possède ou finit par révéler une épaisseur humaine.

    Disons le d'abord, tout le spectacle se joue dans une langue imaginaire, vaguement inspirée par l'espéranto, traversée de mots anglais et essentiellement portée par des sons dont les inflexions donnent des indications de sens. Le principe fonctionne à merveille tout au long du spectacle et l'humour articulé autour de cette langue fictive connaît de farfelues et poilantes déclinaisons. Ainsi, lorsque la mère et la soeur adressent d'évidentes mises en garde à l'adolescente, le langage inarticulé se mue progressivement en caquètements sonores de gallinacés courroucés. Et, sur cette belle et retentissante lancée, ces poules exaltées s'entendent, pour notre plus grand plaisir, à faire durer la réjouissante prise de bec. Lorsque Tino, endossant l'habit de monsieur Loyal, annonce les numéros, il se lance dans d'interminables tirades scrupuleusement incompréhensibles où alternent les bruits gutturaux et les inflexions chantantes, les sons graves et les aigus insupportables, les glissades vocales et les dérapages sonores. Fameux.

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    Les quatre acteurs sont évidemment le plus souvent tournés vers la piste, c'est-à-dire qu'ils présentent le dos aux spectateurs. Le spectacle qui se joue échappe totalement aux spectateurs qui n'aperçoivent que des ombres, des silhouettes, le vol d'une quille ou d'un cerceau par dessus les rideaux. Quand l'artiste salue le spectateur imaginaire, il ignore le spectateur réel. Etant à l'abri des regards, les artistes perdent parfois un peu de leur superbe, ils se crêpent le chignon, se chamaillent, se font la cour devant les gradins. Le spectacle, volontiers transgressif, nous révèle tout du long ce qui est normalement invisible et caché. Il y a, dans la durée, d'astucieux et très plaisants effets, de charmantes trouvailles dans l'exploitation de l'absurde issu de ce petit monde à l'envers. On trouve ici par exemple, dans la belle lignée de l'arroseur arrosé, le cracheur de feu incapable, au sortir de la piste, d'éteindre son flambeau. Un délicieux soupçon d'autodérision.   

    Ce à quoi finalement nous assistons, c'est au spectacle de la coulisse qui fait son cirque. Tino, le père et patron, est un macho gueulard et brutal, un lanceur de couteaux à la scène et à la ville. Il s'emporte volontiers, le type, il n'a rien de plus pressé que d'imposer sa loi, il grogne et aboie comme un pitbull en furie. Il a même, ce bougre, le gosier très en pente. Quand il en prend trop à sa guise, Louisa, douée de pouvoirs magiques, lui révèle qui mène la danse. Elle se rend compte qu'en agitant le magazine qu'elle feuillette, c'est Tino en personne, comme une marionnette dont elle tirerait les ficelles, qu'elle agite et feuillette. Elle ouvre le magazine et Tino est écartelé, elle le ferme, les genoux de Tino s'entrechoquent. Elle roule le magazine, Tino part en vrille. C'est peu dire qu'elle le secoue, qu'elle le déploie, le chiffonne et le rosse, son Tino. Cela donne lieu à un très réjouissant ballet. Dès cet instant, le découvrant jouet, nous subodorons que Tino n'est pas le maître qu'on a cru.

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    Mas, décidément, ce Tino est insatiable. Voilà que l'affreux jojo fait les yeux doux à Joséphine, sa jeune belle-soeur ou bien est-ce elle qui, lasse de sa solitude, l'aguiche ? Toujours est-il que cet épisode sentimental donne lieu a une danse prénuptiale (sur et dessous une table) d'une ingéniosité remarquable où les prouesses physiques s'enchaînent à une vitesse étourdissante. Miriam de Sela donne la mesure de sa formidable élasticité athlétique et de son élégance. Ce n'est pas seulement drôle et épatant, c'est aussi un beau moment. Il y a quelque chose de touchant à sentir, à éprouver presque physiquement cette possible et agréable proximité entre le rire et la poésie. Ah, elle ose, Joséphine ! Elle ose même braver les lois de la gravité et de la pesanteur. Pendant que son aînée, Louisa, se lamente, elle prend possession de la table en se posant crânement sur la tête et elle tient, bras et jambes écartés, la position. On a le sens du dialogue, chez les poissons volants ! Les merveilleux poissons volants ! Il y a une pointe d'épice surréaliste dans cette scène adorable. Alexandra Karam a, dans sa geste poétique et délicate, fixé cette scène farfelue.(J'ai bien fait de fouler mon Canon, on ne peut rien contre ça !)      

    On le croyait insatiable, le Tino. On n'était pas au bout de nos surprises. L'hercule, le mâle vindicatif, le dur-à-cuire, le troglodyte, devinez quoi... figurez-vous qu'il a le goût des frusques féminines. D'abord, il est hypnotisé par un boa à plumes, ensuite, n'y tenant plus, renonçant aux apparences, tombant le masque du phallocrate impénitent, il enfile une robe à paillettes et donne libre cours à sa part féminine trop longtemps bridée ! Là aussi, ce qui un moment paraît grotesque et risible se gonfle d'une émotion soudaine et Tino, vêtu en femme, nous paraît d'un seul coup fragile et touchant. C'est là une jonglerie d'un genre nouveau. La quille du burlesque rencontre en plein vol le jarret tendu de l'élégance. Ce cirque-là dit et montre des choses nouvelles, avec adresse, avec audace.

    Les élégantes, les chorégraphiques prouesses de Jasmine (Kamma Rosenbeck), seule au trapèze, se livrant à de merveilleux jeux d'échauffement entre les numéros sont de petits chefs-d'oeuvre. Cette scène où elle enfile sa robe tout en opérant au trapèze est réellement exquise. Pendant que Jasmine danse, tournoie, virevolte au trapèze, quelque chose de magique, de lunaire rayonne. Comme sont plaisants, en déplacement horizontal, les jeux qu'elle développe en duo avec Josephine. Certes, on est dans la coulisse, mais on y séjourne dans la pleine possession de son talent.

    Un des numéros qui m'a littéralement soulevé d'enthousiasme est celui où Louisa (Sky de Sela), la patronne, entre dans le rôle du clown. Au vu et au su de tous ! Blasphème ! Merveilleux, prodigieux blasphème qui crée un instant suspendu, dense, exaltant. La transfiguration est confondante. Elle se maquille prestement en blanchissant son visage en trois ou quatre gestes habiles. Quelques coups de crayon, le clown est occupé à naître. Le nez. Il est là. La puissance comique, doucement, comme la flamme sur le crâne d'un apôtre, descend et s'installe. C'est formidable. Graduellement, seconde par seconde, centimètre par centimètre, le clown s'impose et s'installe, prend pleinement possession des regards de l'assistance. Le clown entre dans son règne. Le visage s'anime, l'oeil clignote, la bouche avance des moues et la tête roule de gauche et de droite. Tout cela est lent, imparable. Le comique vient sur la pointe des pieds, inexorablement. Avec une sorte de maintien. Le rire monte doucement. Le clown entreprend de bouger. Une houle prend possession des épaules, les gestes se désolidarisent les uns des autres. Le rire s'affirme mais comme épaissi par un souffle admiratif. L'instant est superbe.      

    Comme est superbe et poignant ce moment où Louisa et Joséphine, les deux soeurs, (Sky et Miriam, les deux soeurs, vertigineuse mise en abîme) sortent d'une querelle de rivalité amoureuse pour entrer dans le rôle de deux siamoises glissées dans la même robe. Comment se faire la guerre quand on est logées dans la même pièce de tissu ! L'instant où elles se font fassent pour se maquiller, les regards orageux qu'elles échangent, le baiser qu'elles finissent par échanger, tout cela a quelque chose de sensuel, de délicat, de profondément humain. Prodigieux instant sororal !

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    On l'a compris, avec le Flying Fish Circus, c'est un autre cirque que l'on découvre, un cirque qui prend ses distances avec la tradition sans rompre avec le charme. Un cirque habile et malicieux où les contraires se touchent et collaborent fructueusement. 

    Ci contre, à peu près la seule photo que votre serviteur ait ramené de son expédition flamande. La seule que son appareil meurtri ait consenti à produire. Mais de ce Flying Fish Circus, je conserve la poignante émotion, l'inoubliable image des soeurs, la beauté, la sensible l'intelligence des images et des scènes, le vivifiant parfum d'hérésie, et cette bouleversante impression de la poésie allée avec le rire.

    Au final, une longue et émouvante ovation du public flamand. Ce 10 mars 2012, je sentais réellement frémir en moi les ramures flamandes de mon arbre généalogique. Vive la Flandre ! Et j'avais ma confirmation, du génie s'est réellement insinué dans les gènes de la famille de Sela.        

    Les photographies du spectacle réalisées par VINCENT ARBELET  sont visibles à cette adresse :

    https://www.facebook.com/media/set/?set=a.190779337648445.47428.112150552177991&type=3

    Ci-après, copie de la première mouture de mon article :

    http://colaux11.rssing.com/chan-5038988/all_p1.html


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     B E T I N A    L A    P L A N T E

    J'avais prévenu, je l'annonçais solennellement depuis un certain temps déjà : Betina La Plante est une grande artiste. Elle protestait courtoisement : vraiment, je ne sais si je mérite ces éloges... Tout est grand chez Betina, même l'humilité. Le nouveau nu qu'elle soumet à notre attention, oeuvre d'une nouvelle altitude encore, est une merveille singulière, confondante, supérieure, elle est aérienne et charnelle, christique et sensuelle, féminine et divine. L'oeuvre est troublante comme il convient. Elle porte un frisson inédit, un choc électrique, un poème baudelairien. C'est le rôle des grandes œuvres de troubler. Celle-ci est construite comme un socle qui fuit vers les astres, vers la nuit. C'est un élan étrange, subjuguant. Elle conjugue, à la manière des baroques hallucinés par la fièvre, une dimension sacrée et une profondeur érotique, mais aussi une dualité intime, surprenante, déflagrante entre la mort et l'amour. Ce poème visuel doit être isolé, célébré comme une apothéose, c'est un rayon noir et lunaire, c'est l'oeuvre d'un maître. Betina La Plante est un nouveau maître. Ce maître est ici encore, je crois son modèle. Double merveille. 

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  • 09/04/14--11:59: Ellen Owen & Axel Lowe
  • Britain's got talent

    ELLEN OWEN & AXEL  LOWE

    Pop art, peinture, amour et rock'n roll

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    Ils sont doués, ils sont beaux, ils sont formidablement britiches. Elle peint, il compose des morceaux de rock'n roll, elle s'appelle Ellen Owen, lui, c'est Axel Lowe, ils s'aiment. Pour moi, ils sont d'ores et déjà les Lowen ! Ils respirent la vie, l'envie et le désir d'en découdre, le bonheur d'être ensemble, ils aiment la bière et boivent au goulot, comme font les débutants et les rockers, quand il faut encore faire face à la dêche ou quand on s'en fout des conventions. Oh, la merveilleuse bohème anglaise, oh les beaux amoureux d’aujourd’hui. Ils ne sont pas naïfs, non, mais ils sont entiers, ils veulent réaliser des choses, créer. Il faut souffler dans la voilure de ce beau voilier à deux places. Que les dieux de l'amour, de l'art et du rock'n roll veillent sur eux et les préservent de l'aigreur, de la désillusion et du dépit. Que la poussière d'étoiles, la lumière et la chance n'épargnent pas leurs destinées. Commençons par consacrer un peu de temps à leurs créations respectives.

    a ellen b.jpgE L L E N    O W E N

    Ellen Owen, née en 1985, vit et travaille dans le Bedfordshire, en Angleterre. Elle est issue de l'école des Beaux-Arts de Milton Keynes College et de l'Université de Coventry. Femme cultivée, peintre, dessinatrice, elle a du talent, on dirait que son oeuvre est au diapason de sa merveilleuse vitalité (it's a gifted, britain and gorgeous artist : tout cela sans aucune modération) : une frénésie de couleurs en joie habite son travail, elle a un trait original, vigoureux, un regard sensible et original sur les choses. Ses portraits ont du caractère, de la fermeté, de la consistance. Ses noir et blanc ont de la profondeur, un sens du vertige, parfois. La veine est d'un pop art singulier, curieux de mille choses, alerte, fait de maîtrise et d'aventures. La quête se poursuit, chez elle. L'imagier est traversé d'hallucinations, de songes, de fantômes, de cauchemars. Ellen a parfois la patte d'une vitrailliste. Oh, ce n'est pas ici, loin s'en faut, le royaume de la candeur ou celui de la tendre insouciance, non, on sent un tempérament, des nerfs, une lucidité et parfois même des remous de ténèbres, on devine un être qui a traversé des épreuves. Mais quelque chose est resplendissant en elle. Elle a une veine paysagiste très étonnante, marquée à gros traits qui cherchent l'essentiel, dans un effet de synthèse brutale et fascinante. On ira d'abord visiter son espace artistique personnel, beaucoup d’œuvres originales, charmantes, puissantes, étranges retiendront votre attention : http://ellenowen.wix.com/art .

    Voici également sa page facebook :

    https://www.facebook.com/media/set/?set=a.813334065364545.1073741826.813331832031435&type=3

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    Ellen Owen est aussi une artisane remarquable, très inspirée, inventive qui réalise de magnifiques bijoux. J'en soumets, prélevés dans sa vaste production, quelques-uns à votre attention. Ils ont une signature très artiste.

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    Pour découvrir sa ravissante collection de bijoux ou pour en acquérir, il vous suffit de suivre ce lien :

    http://stores.ebay.co.uk/Azure-Allure/_i.html?rt=nc&_sid=170381811&_trksid=p4634.c0.m14.l1513&_pgn=1

    P e t i t e    G a l e r i e    E l l e n    O w e n

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    A X E L    L O W E

    blues rock incisif et classieux

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    Le Captain Axel Lowe forme à lui tout seul l'équipage de sa nouvelle aventure musicale

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    On va à présent découvrir trois titres du musicien qui vient, tout récemment, de se lancer dans une carrière solo. Voici les premiers fruits de sa récolte. Vous pouvez les entendre ici. C'est du sérieux. Lowe est un formidable guitariste, fiévreux, tranchant, nerveux, acéré.

    https://soundcloud.com/awl123

    Permettez-moi de brièvement vous présenter chacune de ces trois pièces.

    a axel l.jpgDU  BLUES  ROCK  QUI  COGNE

    No Trouble

    Un blues rock bien athlétique, volté à souhait, débordant d'énergie, avec une base rythmique solide et de beaux riffs lyriques et saignants, chirurgicaux, de superbes relents et vapeurs psychédéliques, un groove acéré et imparable.

    High No More

    Oui, ça tient bien le fleuve, ça gouverne sur la coulée, ça déferle comme un steamer à pleine vapeur sur l'eau agitée, j'aime les coups de griffe de cette guitare énervée.

    Silence For Eternity

    Voilà une pièce lancinante, un blues hypnotique, joliment charpenté, lourd, efficace, avec un gratte qui vous happe et vous lacère.

    Avant de se lancer dans une aventure solitaire, Axel Lowe était l'excellent lead guitar (une virtuosité frénétique) des Winston's Big Brother (tout le 1984 d'Orwell) dont voici une très bonne prestation publique :

    https://www.youtube.com/watch?v=wsNO6kbeS2E

    Je vous recommande évidemment la consultation de la page facebook de l'artiste. Ceci vous permettra de vous tenir informé de ses futures productions et de ses projets :

    https://www.facebook.com/alex.lowe.wbb

    (photographie ci-contre: Nik Andreus).

    J'ai l'intuition qu'on entendra parler de ce compositeur, guitariste et chanteur issu de Birmingham. C'est mon pari. Et je ne veux pas conclure cet article sans faire paraître à nouveau une image des amoureux.

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    YVES DESROSIERS et MARA TREMBLAY interprètent LHASA

    A & a & a Lhasa.jpgC'est avec l'excellent Yves Desrosiers que Lhasa crée, en 1997, le magnifique album La Llorona. Desrosiers est un artiste québécois : il est auteur, compositeur, musicien (guitare, piano, mandoline, banjo, basse, orgue, harmonium, percussions) chanteur et producteur. Suivre ce lien pour le connaître mieux :

    http://www.yvesdesrosiers.com/

    Mara Tremblay est une auteure, compositrice, interprète québécoise née en 1969. Pour la découvrir ou en savoir davantage sur elle : 

    http://maratremblay.com/nouvelles.php

    Pour célébrer ses trente ans de vie, la firme Audiogram sort un album logiquement intitulé Trente. Trente artistes se donnent rendez-vous sur cet album qui sera disponible dès la première moitié du mois de septembre. Parmi ces artistes, Desrosiers et Tremblay reprennent d'une façon fidèle et magistrale, en version musicale, le superbe titre De Cara A La Pared de Lhasa,  morceau issu de son premier album, La Llorona. Notons que ces enregistrements sont filmés et réalisés en prise unique.

    http://www.audiogram.com/fr/videos/jouer/105236832#.VAlIdx0s2D4.facebook

    Sur ce même album, la belle Mara chante également ce titre qui m'a paru très touchant, sensuel et poétique. La voix m'a aussi totalement ravi :

    http://www.audiogram.com/fr/videos/jouer/105195847#.VAjHXmx97Xg.facebook

    Voici la page facebook de Mara Tremblay :

    https://www.facebook.com/maratremblay

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    Mara Tremblay, image issue de sa page facebook

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    Yves Desrosiers - Son facebook : https://www.facebook.com/pages/Yves-Desrosiers/122412214633039?fref=photo


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  • 09/06/14--02:32: Lhasa - La Llorona (1)
  • LHASA DE SELA

    LA LLORONA (1)

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    - Les références à l’ouvrage La Route chante, publié aux Editions Textuels, Collection Musik,  Paris, 2008 sont notées : (Textuel) -

     

    Vous le savez à présent, la jolie fée, Lhasa de Sela, s’est envolée le premier janvier 2010 à l’âge de 37 ans. Quarante heures de neige sur Montréal ont marqué l’événement d’une immense aile blanche.

     

    Derrière la belle image de cet ensevelissement blanc, cette insistance obstinée de la neige ne dissimule ni l’hébétude, ni le dépit, ni une réaction de colère, ni une tristesse qui résiste à l’usure.

    Pour nous, auditeurs, amis lointains et anonymes, le bel oiseau de passage laisse trois merveilleuses plumes dans son sillage. La Llorona, The Living Road, Lhasa. La jolie sirène laisse trois conques que nous pouvons porter à l’oreille pour que nous soient rendus ces chants, délicieux indices d’elle, dans lesquels son âme unique, sa merveilleuse particularité, sa poignante sensibilité palpitent. Lhasa envolée, un frisson persiste. Il nous semble qu’il pourra affronter le temps. Nous ne sommes pas totalement dépossédés. Car c’est un chagrin, un chagrin immense et inconsolé, le chavirement d’un bel oiseau chanteur derrière le tain du ciel.

     

    Lhasa vient au monde le 27 septembre 1972 à Big Indian, un hameau situé dans les montagnes de Catskill, dans l’état de New-York, aux Etats-Unis. Pour ceux, formidables égarés, qui ne parviennent pas à situer le pays, nous dirons qu’il est pris en étau entre le Canada au nord, le Mexique au sud, l’océan Pacifique à l’ouest et l’Atlantique à l’est. 


    Lhasa est la fille d’Alejandro Sela, devenu écrivain, professeur d’espagnol et de philosophie (il a passé son doctorat assez tard, après son remariage). Mais c’est bien, semble-t-il, le visage ouvert et bienveillant d’un philosophe qu’il présentait à ses enfants. Il était très proche de sa fille Lhasa, très disponible, très à l’écoute. Il parlait beaucoup avec elle. C’était, écrit Lhasa, un orateur, un raconteur, un philosophe. Et Lhasa poursuit : « Ce qu’il me racontait me bouleversait tellement que lorsque je retournais dans ma chambre, j’écrivais tout ce qu’il m’avait dit ». (Textuel). On sent la proximité paternelle, son influence également, la volonté du père de confronter son enfant aux exigences de la pensée. Alejandro Sela avait un peu, selon l’une ou l’autre photographie que j’ai pu observer, le physique sec et altier et le plaisant visage de Cat Stevens, à l’époque où il chantait Mona Bone Jakon. 

     

    Il y avait chez ses parents, écrit Lhasa, « un mélange d’idéalisme et de courage. Du chaotique aussi » (Textuel). Le père et la mère, délibérément, refusaient de perpétuer le mode familial et éducatif  qu’ils avaient connu. Il y avait chez eux un profond désir d’innover, de trouver autre chose, une autre voie, une autre vie.

     

    Alejandro Sela est évidemment toujours en vie. La mère, Alexandra Karam, était actrice, ai-je lu, mais depuis longtemps déjà, elle est photographe. Lhasa évoque le talent de sa mère avec grâce et respect, avec beaucoup d’amour et de tendresse aussi. Pour avoir longtemps, patiemment, regardé les quelques photographies d’Alexandra Karam qui sont disponibles sur le net, je dois avouer que je suis sous le charme. J’aurais aimé en voir davantage, cela ne s’est pas avéré possible. Alexandra Karam est une artiste secrète et se tient à l’écart. C’est pourtant une artiste d’un talent peu courant. La photographie d’Alexandra Karam, en noir & blanc et sur le mode argentique, est un art merveilleux et délicat, un art feutré, un ouvrage éminemment poétique qui laisse entrevoir de formidables rapports d’intelligence, de savoir, de patience et de doigté avec la lumière. Son grain a quelquefois quelque chose de pratiquement pictural. J’ai pu admirer quelques photographies représentant ses filles dans le temps de leur enfance ou sur scène ou plus exactement sur la piste du cirque, des photographies de Kamma Rosenbeck au travail au trapèze, (Kamma Rosenbeck, artiste de cirque, fait partie du spectacle The Flying Circus produit par la Compagnie Mezcla dans laquelle on trouve Sky et Miriam de Sela) et j’ai trouvé que ses photographies ont à voir avec le délicat du lait, avec le halo et la magie, avec le tact et la poésie. Il y a d’elle, dans La Route chante un autoportrait que je trouve remarquablement beau et touchant. Elle a exposé à l’Apostille à Marseille, en octobre 2011. Voici en quels termes elle présentait son exposition : « Ces photos couvrent plus de quarante ans de la vie d’une famille le long de sa route entre le Mexique, les Etats-Unis, le Canada et la France. Dans ces paysages, accueillants, ainsi que dans l’univers particulier du spectacle, j’ai toujours cherché à révéler des moments de rencontre entre deux mondes. Je suis fascinée par le point où le monde visible et le monde invisible se croisent, dans un geste humain ou dans la beauté inexprimable d’un arbre, un chat, un oiseau…des moments de révélation quand la vie intérieure  monte à la surface et s’ouvre à la vie manifeste qui l’entoure ». Son art, un art de la lenteur et de la patience, semble bien saisir, délicatement apprivoiser, à l’écart de tout sensationnalisme, l’âme de l’instant, sa presque imperceptible vibration. Mais surtout, comme en chaque photographie, l’œil et l’intention de l’artiste s’impriment secrètement, comme en filigrane, dans la pellicule. Et ce que, ici, l’œil et l’intention délaient dans l’œuvre est de l’ordre de la bienveillance, de l’amour, de la tendresse. De nobles intentions soutenues par une formidable virtuosité technique. « Elle ne peut, écrit Lhasa, photographier que ce qu’elle aime : sa famille, les spectacles de cirque, les paysages qui l’inspirent ».

     

    Une fois pour toutes, nommons tous les enfants qui composent la nombreuse famille de Lhasa. Il y a six sœurs : Gabriela et Samantha de la Vega, Ayin, Miriam et Sky de Sela, Eden Sela et trois frères : Mischa Karam, Alex Sela et Ben Sela. Il n’est pas indifférent bien sûr de faire partie d’une aussi nombreuse famille. Cette appartenance, qui chez Lhasa apparaît toujours comme chaleureusement assumée (elle parle de « la tribu complexe et magnifique » qui est la sienne), détermine le regard sur l’autre mais aussi sur sa propre place dans le monde.

     

    Lhasa semble surtout avoir passé l’essentiel de son enfance avec Sky, Ayin et Miriam. Sept années durant, dans un autobus aménagé, la famille va vivre et voyager entre les Etats-Unis et le Mexique. Cette aventure de l’itinérance comporte des aspects décisifs. Dans la famille, les gens se parlent et s’écoutent, ils partagent de petits espaces, dans la proximité physique. Il n’y a pas la télévision et on lit, on lit apparemment beaucoup (les sœurs Brontë, Charles Dickens, C.S. Lewis, Tolkien, romances, histoires de détective, « livres pour petites filles obsédées par les chevaux, le ballet, etc. (Textuel)), on chante, on écoute de la musique. Alexandra Karam est musicienne, elle joue d’abord de la harpe et ensuite du gujong, un instrument à cordes chinois. C’est finalement un mode culturel qui s’établit, sous la bienveillante  houlette des parents bohèmes : la parole, la vraisemblable mise à l’écart du sentiment de propriété et des corollaires de la société de consommation, la proximité, le cocon, le clan, une certaine confiance dans le destin ou la bonne étoile, la lecture, le voyage.

     

    Notule : Quelques mots sur les auteurs de Lhasa adolescente : Les sœurs Brontë (Charlotte, Emily et Anne) sont trois poétesses et romancières anglaises du dix-neuvième siècle. On leur doit quelques-uns des chefs-d’œuvre de la littérature anglaise : Jane Eyre (Charlotte), Les Hauts de Hurlevent (Emily), Agnes Grey (Anne). Clive Staples Lewis est un auteur irlandais né à Belfast en 1898 et mort à Oxford en 1963. C’est sans doute par ses Chroniques de Narnia qu’il est arrivé dans la bibliothèque de Lhasa. Charles Dickens est un romancier anglais (1812-1870) à qui l’on doit quelques œuvres littéraires et sociales entrées dans le patrimoine universel de la littérature : Oliver Twist, David Copperfield, Un Chant de Noël, Le Grillon du foyer, Les grandes Espérances. Tolkien est lui aussi un écrivain anglais ((1892-1973) connu pour des romans comme Bilbo le Hobby ou Le Seigneur des anneaux.

     

    Voilà Lhasa au sortir de l’enfance : révélée au vertige et aux inquiétudes de la pensée par un père proche et disponible, initiée à la beauté et à la musique par une chaleureuse et aimante mère qui me semble tout à la fois une contemplative et une esthète, la voilà entourée de sœurs avec qui elle crée des attaches solides qui se perpétuent à l’heure actuelle et tout cela, sur fond de mobilité, de nomadisme. D’après les témoignages que j’ai entendus, il apparaît que Lhasa, dès la petite enfance, se voue au chant, au point parfois, d’agacer ses sœurs. Dans la petite enfance, c’est Alexandra Karam qui fait la classe à ses filles.

     

    Sur l’excellent site non officiel qui lui est consacré (www.sendereando.com.), Lhasa circonscrit bien l’influence de ses parents sur sa trajectoire : « Leur influence a été prépondérante. Ils ont été mes professeurs durant l’enfance – nous n’allions pas à l’école – et nous n’avons pas connu l’influence de la télévision ; la littérature était omniprésente. Ma mère écoutait beaucoup de musiques tristes, que j’aimais également. Mon père a été ma référence hispanique, et lorsque j’ai eu envie d’écrire des chansons, il m’est arrivé de lui téléphoner pour qu’il me donne son avis sur les textes et les poèmes en question. »

    Est-ce dans ce partage avec les goûts musicaux maternels que Lhasa prend goût à la mélancolie ? C’est possible. Quelque chose de cette nature semble appartenir à sa nature profonde. Toutefois ses sœurs la décrivent comme une fille rieuse et  enjouée, très friande de plaisanteries.

    C’est dans sa treizième année que Lhasa va chanter publiquement pour la première fois. La famille est établie du côté de San Francisco. C’est dans un café grec de la ville (la Grèce à San Francisco, nomadisme oblige) qu’elle mène cette première expérience. Elle aime Billie Holiday, Chavela Vargas, la chanteuse mexicaine.

     

    Billie Holiday (1915-1959), dite Lady Day, est une chanteuse de jazz américaine, l’une des plus grandes et des plus estimées. Elle a chanté What a Little Moonlight Can Do, Miss Brown to you, Strange Fruit, Gloomy Sunday, Lover Man, Billie’s Blues, etc. Chavela Vargas, née au Costa Rica en 1919, est la grande voix féminine de la ranchera. On connaît surtout son interprétation de Tú me acostumbraste. Les films d’Almodovar, dont elle est une sorte d’égérie, ont achevé d’asseoir sa notoriété internationale.

     

    Ce sont des airs de jazz qu’elle chante la première fois sur scène. Vers cette époque, pour rencontrer ses sœurs qui sont engagées au Cirque du Soleil, (si j’en crois le site non officiel sendereando) Lhasa séjourne plusieurs fois à Montréal. Yves Bernard, dans le quotidien Le Devoir du 4 janvier 2010, évoque cette période de la vie de Lhasa. « Les circonstances de la vie l'avaient conduite à Montréal en 1991. Alors âgée de moins de 20 ans, crâne rasé, du front tout le tour de la tête, voix puissante, timidité apparente et serveuse à la Maison de la culture mondiale sur Saint-Laurent, elle chantait le soir et parvenait à subjuguer littéralement un auditoire peu habitué à une telle décharge émotionnelle. Elle interprétait alors avec une étonnante assurance des chansons de Billy Holiday et de Chavela Vargas, grande dame de la ranchera mexicaine. » La ranchera est un genre musical populaire mexicain, dérivé du mariachi. Il est essentiellement masculin. Chavela Vargas s’en était emparée et y avait imposé sa formidable présence vocale. (une chanson de chavela, une de billie) En 1991, Lhasa rencontre Yves Desrosiers. Il s’agit d’un musicien montréalais. Mais il est aussi compositeur, producteur et arrangeur. Desrosiers pratique un nombre considérable d’instruments à cordes, mais il joue aussi de l’harmonium, du piano, de l’accordéon, des percussions. Il chante aussi. Son site personnel (http://www.yvesdesrosiers.com/) nous apprend comment s’est déroulée la rencontre avec Lhasa.

     

    « À cette époque, Yves découvre une jeune chanteuse américano-mexicaine de 18 ans, de passage à Montréal. Lhasa de Sela. Ils montent ensemble un « tour de chant », d'abord composé de chansons jazz des années 30 et de complaintes mexicaines, intégrant graduellement leurs compositions, imprégnées du patrimoine mondial et d'une sonorité unique, exclusive à leur amalgame.De 1993 à 1996, leurs spectacles dans les petits bars du Plateau Mont-Royal séduisent un public grandissant et alimentent une rumeur des plus positives au sein de la communauté musicale montréalaise. Audiogram ayant décidé de s'impliquer dans un projet d'album, Desrosiers revêt à la fois ses habits de musicien et de réalisateur pour enregistrer La Llorona avec Lhasa.Complété en 1997 avec un budget minimal, ce premier disque propose une signature sonore distincte et connaît un succès hors de toutes présomptions (les ventes se chiffrent aujourd'hui à 500 000 exemplaires). La tournée qui s'ensuit sillonne l'Amérique du Nord et l'Europe pendant deux ans. »

     

    Oui, La Llorona  sort en 1998 et danse, dans une poignante suite de chansons où se conjoignent les âmes du folklore mexicain et tzigane, autour de la légende de la Pleureuse. Cette légende, ce mythe, a inspiré l’écriture et le titre de l’album. Elle peut être consultée sur l’excellent site non officiel de Lhasa. En voici l’adresse complète : www.sendereando.com. Cet  espace mérite d’être visité à plus d’un titre, il est un véritable trésor d’informations, de traductions et de documents iconographiques uniques. L’album La Llorona est évidemment bien autre chose que la rencontre musicale du rythme mexicain et de l’influence klezmer. Selon le site web officiel de l'artiste, La Llorona, « échappant à toute définition, évoque une Amérique latine à la fois réelle et imaginaire, née de la mémoire d’une enfance itinérante, ballotée sur les routes du Mexique et des États-Unis ». Il faut impérativement, pour approcher Lhasa, se rendre en visite dans ce site : http://lhasadesela.com/lhasa_de_sela. C’est dans ce même site que l’on trouve cette approche de l’album : « Venues du sud mais écrites en plein cœur de l’hiver, les chansons, empreintes d’un romantisme à la Brönte, sont pleines d’humour, d’intelligence et de dérision, crues, déconcertantes et passionnées. »

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    La Llorona, c’est l’éclosion d’un tempérament, d’un talent, d’une puissance d’interprétation où une voix se révèle par son velours inédit, sa chaleur, sa profondeur et une sorte de troublant déchirement intime. Mais, ce qui enchante, chez Lhasa, c’est la façon qu’elle a de se livrer totalement dans le chant tout en incarnant la pudeur elle-même. Il y a là comme une invention sublime dans cet art d’exister par le chant, de s’ouvrir au monde par le chant tout en préservant cette dignité, cette noblesse qui sont infiniment charmantes. La Llorona, c’est aussi une revisitation de certains espaces musicaux folkloriques pour créer, fonder quelque chose de neuf. Et cela, ce principe créatif, va se répéter dans le second album. Lhasa est une nomade, et c’est un peu le monde qu’elle a vu, les paysages, les lieux, les gens, les mots, les langues, les rubans asphaltés de la route qui s’étire, les sonorités dont elle témoigne et qu’elle alchimise dans une création tout à fait personnelle. La chanson telle que Lhasa la pratique est, par certains aspects, une métonymie du voyage, de la route. Ce n’est pas un hasard si son ouvrage, publié chez Textuel, s’intitule La Route chante. Un méticuleux et poétique carnet de bord constitue sans doute un des joyaux de l’âme créatrice de Lhasa. Pour le reste, Lhasa se distingue par une grande sensibilité, une ouverture au monde et aux autres de même que par une étonnante aptitude à sonder son univers intérieur, à chercher à vivre en accord avec soi et à l’écoute de soi, à recueillir et à orchestrer ses rêves. Elle écrit dans son ouvrage « La Route chante » (Textuel) qu’elle mène, au sein de ses états d’âme, une sorte de travail de détective. Le journaliste canadien Yves Bernard écrit ceci dans le quotidien Le Devoir du 4 janvier 2010 : « Âme bouillonnante, femme d'instinct et tête chercheuse, Lhasa a ouvert un monde et La Llorona, disque qu'elle a lancé en 1997, a changé le visage de la chanson immigrante du Québec. C'était l'année du Buena Vista Social Club, mais pour la première fois, une artiste d'ici qui s'exprimait dans une langue autre que celle de Tremblay et de Molière, ou de Cohen et de Shakespeare, allait vendre un demi-million d'albums à travers le monde. «La diversité n'est pas une exception, elle est la règle», avait-elle déjà confié. Pas étonnant qu'au cours des années, elle se soit réclamée aussi bien de la Callas que de Camarón de la Isla, voire de Tom Waits, de Beck, de Radiohead et de Brel. ». Pour confirmer ces prédilections, je trouve sur le site de Mondomix, un article que Benjamin Minimum dans lequel il évoque ainsi les possibles sources de l’inspiration de l’artiste : « Son inspiration vient peut-être de l’écoute répétée de ses maîtres, Chavela Vargas, Tom Waits, Cuco Sanchez, Maria Callas, Victor Jara et Jacques Brel. » (http://lhasa.mondomix.com/fr/portrait83.htm).


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  • 09/06/14--03:07: Lhasa (3)
  • LHASA (3)

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    Après The Living Road, il faudra six années pour que Lhasa, à nouveau, sorte un nouvel album. En chemin, en 2008, elle fera paraître La Route chante chez Textuel. Ce précieux petit ouvrage, outre le fait qu’il nous permet de découvrir quelques éléments biographiques et iconographiques (Lhasa est une artiste qui ne se répand pas sur sa vie privée), nous donne l’occasion d’entendre penser Lhasa, de l’entendre évoquer son enfance, son processus créatif, son rapport au rêve, ses prédilections dans le domaine de la chanson ou de l’art mais également de découvrir ses travaux dans les domaines de la peinture et du dessin. Il y a des choses extrêmement intéressantes, poétiques et farfelues, des collages particulièrement aboutis qui rappellent l’épopée surréaliste, des peintures vigoureuses, saisissantes et colorées (comme la pochette de La Llorona) et des gravures d’une puissance épatantes. Dans cet ouvrage, nous pouvons admirer quelques magnifiques photographies d’Alexandra Karam.

     

    Evoquons brièvement, dans l’ordre où elle les mentionne, quelques-uns des artistes préférés de Lhasa . Le peintre hollandais Vincent Van Gogh (1853-1890),  Rembrandt (1606-1669), le maître hollandais du baroque, le génie du clair-obscur, Auguste Rodin (1840-1917), prodigieux sculpteur français et accessoirement peintre, Odilon Redon (1840-1916) peintre et coloriste français, Andrew Wyeth (1917-2009), peintre réaliste américain, Edward Hopper (1882-1967), peintre et graveur américain, Remedios Varo (1908-1963), peintre surréaliste espagnole, Leonora Carrington (1917-2011), peintre surréaliste et romancière anglaise, Arthur Rackham (1867-1939) illustrateur anglais, Nils Udo (1937),plasticien allemand du mouvement Land-Art (œuvres réalisées avec des matériaux naturels, exposées à l’extérieur, - lier plus intimement l’art et la vie, à l’écart des musées), Andy Goldsworthy (1956), plasticien anglais, l’un des maîtres du Land-Art,  WilliamTurner (1875-1851), peintre, graveur, aquarelliste britannique, Claude Monet (1840-1926), peintre impressionniste français,  Utagawa Hiroshige (1797-1858), dessinateur, graveur et peintre japonais,  Leon Zack (1892-1980), peintre russe naturalisé français, Mark Rothko (1903-1970), peintre américain.. 

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    P E T I T   M U S É E   L H A S A  D E   S E L A

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    Van Gogh          Rembrandt

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    Rodin          Redon

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    Wyeth          Remedios Varia

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    Arthur Rackham          Nils Udo

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    Andy Galsworthy          William Turner

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    Claude Monet          Utagawa Hiroshige

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    Leon Zack          Mark Rothko

    Lhasa est le troisième album de Lhasa. Il sort le 20 avril 2009 sur le label Warner Music Group. Toutes les chansons sont écrites en anglais. Selon moi, ce troisième album est le plus touchant, le plus épuré. Il s’avance sans presque d’ornement, il dégage une sorte de curieuse majesté simple. Il m’étonne et m’enchante parce qu’il allie à une sorte de volatilité une réelle puissance de captation.  Il me surprend et me ravit parce que la voix, consécutivement à des problèmes aux cordes vocales, s’éclaircit étonnamment et entre dans l’âge, hélas terriblement éphémère, de son cristal, c’est devenu l’huile essentielle d’une voix, une quintessence de voix. Plus aérienne, avec toujours un  délicat accent de suavité, mais avec plus d’ampleur encore, plus de touchante profondeur. Une voix qui a quelque chose d’un halo sonore. Une voix qui laisse inaugurer un nouveau départ. Nous savons ce qu’il en est. Il y a aussi, dans cet album, quelque chose d’un face-à-face avec soi-même. C’est comme, si établie dans Montréal, Lhasa témoignait désormais d’autre chose que de l’itinérance. Bien sûr, elle reste dans son voyage intérieur, dans son univers onirique, dans les cryptes de son monde intérieur, mais elle semble à présent à bord d’un nid. Je voudrais revenir un instant à la chronique déjà citée que  les Inrocks consacrent à Lhasa et, dans l’extrait qui vient, à son troisième album.  

    « Six années supplémentaires ont été nécessaires avant que le phoenix  ne renaisse de ses cendres. Simplement titré Lhasa, son troisième envol est encore plus bouleversant, plus solitaire, s’accomplit dans un ciel toujours plus sombre. Le feu s’est apaisé, mais d’autres images surgissent, saisissantes et hantées, entre rêves, traumatismes et  prières pour conjurer le mauvais sort, comme dans les toiles de Frida Kahlo. Une tempête se déchaîne, une ville est engloutie, un poisson échoue sur la berge qui cherche désespérément à respirer. Des murs de prison se dressent, dont elle espère s’évader. Mais avant de recouvrer sa liberté, il lui faut passer 1001 nuits (1001 Nights) à attendre, dans l’obscurité. Ce disque, c’est son voyage au bout de la nuit, sa plongée au fond d’elle-même. Elle y meurt pratiquement à chaque couplet. Renaît au refrain. Depuis le précédent, elle a abandonné l’espagnol (et aussi le français) pour le seul usage de l’anglais, sa langue maternelle. Son chant ne jaillit plus, n’arraisonne plus. D’abord en raison d’une opération des cordes vocales. Mais également par choix : « Je ne voulais plus balancer des missiles d’émotion.En fait pendant longtemps, je n’ai écouté qu’Al Green et Sam Cooke et n’aspirais qu’à exprimer cette même détente, cette sereine profondeur. » Musicalement, elle s’est aussi coupée de ses racines mexicaines, a rompu avec la  dramaturgie équinoxiale, pour venir flotter en apesanteur entre folk crépusculaire  et country spectrale, un peu une spécialité canadienne depuis le Trinity Sessions des Cowboy Junkies et le Belladonna de Daniel Lanois. « Une nécessité » prévient-elle. Depuis son retour à Montréal, après un séjour en France, elle est installée dans le quartier bohème de Mile End, où vivent aussi ses amis, dont le bizzaro Patrick Watson qui a co-écrit deux titres , Rising et Where Do You Go. Non loin, se trouve l’Hotel 2 Tango, le studio analogique où a été réalisés le premier Arcade Fire: « L’endroit rêvé ! Je ne voulais rien de ce que la technologie moderne propose, les ordinateurs et ce qui va avec, cette idée violente et un peu fasciste de fabriquer des disques, cette obsession paranoïaque de la perfection. Je tendais au contraire vers une moindre production,  une nudité ».  L’album sera enregistré en deux semaines, dans ce lieu unique, quasiment en live, entourée d’amis. Par son dépouillement, Lhasa s’écoute ainsi comme une sorte de pendant musical à La Route, le dernier roman de Cormac Mc Carthy. C’est un disque d’après le déluge, où la chanteuse retrouve une forme de sagesse primitive et surtout une essence, de l’amour, de la musique, dans un monde de désolation et d’obscurité. Une étincelle d’or. « J’écris des chansons pour m’aider à avancer, dit-elle humblement, elles sont mes des étoiles. Elles me guident dans la nuit » ». (Les Inrocks, op. cité)

     

    A6.jpegOui, cette idée de nudité et de dépouillement est perceptible. C’est idée qu’on touche à l’essentiel. Lhasa, c'est un rendez-vous avec la grâce. Le voyage prend hélas fin le premier janvier 2010. Quel dommage, quel désastre ! Quelle formidable aubaine de s’être trouvé là, quelque part sous l’arbre où ce bel oiseau donnait ses sérénades. Et ce chant-là, celui qui l’a aimé, il me semble qu’il doit tout faire pour le perpétuer.

     

    On recommandera au visiteur la centaine de vidéos regroupées sur Youtube par Sendereando, le site non officile de Lhasa :

    http://www.youtube.com/user/sendereando

     

    Mais aussi le concert intime du 11avril 2009 filmé par Vincent Moon : 

    http://www.blogotheque.net/2010/01/04/lhasa-un-au-revoir/ 

    Voir notre projet radiophonique "AUTOUR DE LHASA"

    http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/archive/2012/03/31/projet-radiophonique.html


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    AURORE  LEPHILIPPONNAT

    La formidable rencontre de l’art et du sauvage 

    https://www.facebook.com/alephilipponnat/photos_albums

    Aurore Lephilipponnat est une jeune et très talentueuse artiste peintre et dessinatrice française née le 4 novembre 1983. Elle est animiste et milite pour les droits des animaux. Elle vit à Trans-en-Provence. Elle pratique aussi la performance (peinture en direct devant un public).

    L’univers de l’artiste, ai-je d’abord envie d’écrire avec une consciente superficialité, n’a pas grand-chose à voir avec sa jeunesse et sa joliesse. Elle présente sans doute une lointaine parenté avec l’univers du peintre et dessinateur autrichien Egon Schiele mort à 28 ans de la grippe espagnole en 1918. Ceci pour rappeler qu’on peut être jeune et porter sur ses épaules toutes les hantises du monde. Il y a une influence de Klimt, avec quelques citations et, dirait-on, une espèce de dialogue engagé avec lui. Mais ceci, l’évocation des parentés, des influences vaut surtout quand on ne sait trop que dire d’une œuvre. Disons que l'artiste témoigne dans son oeuvre de son amour de l'art et de sa passion pour certains artistes.   

    Le travail de Lephilipponnat semble résulter d’une sorte de précipitation de la maturité en même temps que d’une exacerbation de la lucidité. On semble parfois même être confronté à l’oxymore d’une lucidité hallucinée qui permet à l’artiste de voir au travers des corps qu’elle peint avec vigueur et force, de faire en sorte que l’agencement même des lignes qui composent ces corps en expriment les violents états émotionnels. Ces corps, elle les saisit dans leurs fièvres, leurs passions, leurs convulsions ou leurs décrépitudes. Il s’agit souvent, plus spécifiquement peut-être dans ses dessins, d’une saisie violente et torturée. L’artiste semble chercher à capturer la structure de l’être, son ossature, son squelette, son décharnement. Elle donne aussi, me semble-t-il, sa faille. Elle semble vouloir aller jusqu’à l’os mais en même temps jusqu’à l’âme. Il y a quelque chose qui crie dans ce dessin, quelque chose qui hurle et qui vous étreint violemment. Quelque chose qui vous secoue aussi.

    Il y a un immense fond de désespérance dans cette œuvre fascinante, une sorte de chorégraphie du désespoir. La nudité semble aller de pair avec un dépouillement extrême, un déchaussement de la chair. Les visages, lorsqu’ils sont visibles, disent la désolation, la détresse. Il y a peut-être aussi, comme un constat sur l’espèce, une sorte de morbidité ou de proximité de la mort que souligne le gris bleuté des corps parfois orné de soulignements rouges qui font penser au sang et à la plaie.

    Il y a, dans la peinture de Lephilipponnat, des éléments qui paraissent moins agités, plus apaisés et plus composés. Mais il y a surtout dans l’œuvre une formidable alliance entre le nerf et la réflexion, entre le tempérament et la composition, entre la vitalité et la technique. Mais ici, où que je porte les yeux, vers l’un ou l’autre des aspects qui composent cette oeuvre abondante en cours de construction, je suis conquis par l’adresse, par le tonus, par l’extraordinaire expressivité, par la violence du propos. Il y a ici une rencontre en altitude, très haut, une rencontre passionnelle entre le sauvage et l’art.

     

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  • 09/07/14--13:55: Lhasa - The Living Road (2)
  • LHASA DE SELA (2)

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    Cela a été écrit et répété, La Llorona connaît un succès foudroyant et inattendu. Les chiffres varient entre 500.000 et 700.000 exemplaires. Un détail de l’histoire. Sans doute Lhasa n’avait-elle pas prévu ce formidable engouement international. Il ne l’effraie pas mais elle souhaite, semble-t-il, prendre un peu de recul après l’immense tournée de concerts qui suit la parution de l’album. Durant une année, Lhasa rejoint ses sœurs en France et prend place dans leur spectacle de cirque où elle chante et participe activement à la vie nomade de la communauté. Nostalgie de la vie itinérante de l’enfance, désir de reformer un temps avec ses sœurs la cellule familiale ? Après cette aventure, Lhasa s’installe à Marseille. Elle y demeurera trois ans et accumulera patiemment chansons et compositions. Pour le reste, elle mène une vie discrète. En 2002, elle entre en studio à Paris. Il semblerait que l’expérience n’ait pas été concluante. Le rythme de travail, la façon de faire, le tarif, rien ne l’agrée. Elle renonce et prend le chemin de Montréal (c’est au Québec qu’elle découvre pour la première fois ce qui ressemble au sentiment d’appartenir à un pays). C’est donc à Montréal que le projet The Ling Road, deuxième album de Lhasa, va prendre vie. François Lalonde et Jean Massicotte, déjà présents sur le premier album, l’assistent. Ils réussissent, écrit Benjamin Minimum (Mondomix, op. cité), si bien à retranscrire l’univers de Lhasa qu’elle présente «The Living Road» comme une étant une collection de musiques traditionnelles de son imaginaire.   The Living Road sort en novembre 2003 sur le label Tôt ou tard. Il comporte, dans un projet mêlant les langues françaises, espagnoles et anglaises, douze titres : Con toda palabra, La Marée haute, Anywhere on This Road,Abro la ventana,J'arrive à la ville,La frontera,La Confession,Small Song,My Name,Pa' llegar a tu lado,Para el fin del mundo o el ano nuevo,Soon This Space Will Be Too Small.

     

    Consultons (de façon pratiquement aléatoire) un peu les critiques, que l’album récolte :

     

    Lhasa est assurément une perle rare de la colonie artistique québécoise. Six ans après son premier disque, elle revient avec l'excellent "The Living Road". Cette fois, les orchestrations sont plus étoffées. "The Living Road" est aussi un peu plus planant que "La Llorona". Lhasa chante en français, en anglais et en espagnol. Tous les textes sont traduits en français. "The Living Road", un disque qui s'écoute in-Lhasa-blement. (http://www.musiqueplus.com/lhasa-de-sela/critiques/the-living-road)

     

    Six ans plus tard, en 2003, la jeune américano-mexicaine allait revenir avec The Living Road, un second album, polyglotte cette fois, où elle s’immolait à nouveau en toute innocence. « Mes veines et mes os seront brûlés jusqu’à la poussière…», lançait-elle dans Soon This Place Will Be Too Small. En réalité, c’est nous qu’elle abandonnait au bord de la route, petits tas calcinés par ses « torches songs » féroces et passionnées, où crépite ce chant sensuel, indomptable, vénéneux. Depuis, on le sait : les albums de Lhasa sont rares et on en sort rarement indemne. (http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/lhasa)

     

    Encore plus à nu et toujours insaisissable Lhasa est de retour avec son univers mouvant et hanté. Elle déplie devant nous les cartes poétiques de ses voyages clair-obscur. Sa voix sillonne en trois langues les détours sincères de son cœur et nous capte pour toujours dès les premières secondes. La route chante, l’aventure ne cesse de tourner comme un manège aussi tendre que tourmenté. Les chemins s’enlacent, se déploient et s’évanouissent aux sons des musiques traditionnelles de ces pays délicats qu’elle nous fait traverser. Bien sur parfois on croît reconnaître un paysage, ici pleure une trompette mariachi, là surgit l’ombre d’une bâtisse que d’autres poètes auraient pu rêver. Lhasa a peut-être arpenté des rues Tom Waits ou Rickie Lee Jones, des places Chavela Vargas ou Amalia Rodrigues et même des allées Bjork ou des avenues Piaf mais elle n'a jamais emprunté d’impasse ou brouillé son identité. Avec ce disque elle tend vers l’universel et s’accroche à l’histoire. Sa route est bien vivante et à jamais. (Benjamin Minimum, Mondomix, op. cité)

     

    Sur 'The Living Road', Lhasa atteint le summum de son art en toute humilité et c'est sans doute la force de ce disque, véritable récit de voyage vers le cœur et l'univers. Les climats changent, les atmosphères se mêlent, baignées de soleil couchant, mouillées de pluie, bercées par la nuit mais pas la moindre impasse, la plus petite incohérence, chaque pièce semble une prière ou une salutation et c'est magnifique. (http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=12788)

     

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    Je n’ai pas trouvé de note dissonante dans ce que j’ai lu. The Living Road m’apparaît  à la fois comme un vibrant et intense récit d’émotions (une javelle d’émotions bouleversantes), une réflexion identitaire (trois langues entrent en jeu) et un chant de l’itinérance, le tout porté par cette voix où se rencontrent, dans de variables proportions, la braise, le lait et le vent. Dans la composition de cette voix, il entre aussi des pétales de fleurs, des ailettes de chanvre, quelques gouttes de sang, la flamme d’une chandelle auréolée de nuit. Ce n’est pas tout. J’y devine un coupon de soie, des nervures tendues, du duvet d’oisillon, de la fourrure de séraphin, de la salive de pasionaria, la bulle ronde et sonore du rire. (Lhasa a un rire merveilleux). Rien n’est dit encore. Dans cette voix se prend de la laine d’agnelle, la griffe nocturne d’un hibou, ce khôl qui souligne le cercle de la lune, le friselis d’un vol de libellule, l’haleine froide de la neige avec le souffle chaud des tierras calientes. La discographie de Lhasa, et plus spécifiquement peut-être l’album The Living Road, témoigne de l’orgueilleuse et rassérénante assomption de sa luxuriance généalogique. Lhasa porte fièrement les rencontres dans son sang et dans son âme d’une grande variété de millésimes. Elle sent la braise de ses ancêtres brûler en elle. « Voir en soi des traces de ses ancêtres, c’est bouleversant » (Textuel). Un voyage aux quatre coins du monde est inscrit dans le sang de cette belle nomade. « Mes aïeux sont venus de Pologne, d’Espagne, d’Ukraine, du Panama, du Liban, d’Ecosse, d’Angleterre, d’Algérie, du Mexique. C’étaient des gens qui bougeaient, qui laissaient tout, qui se mariaient avec des gens d’autres pays. C’étaient des personnes bilingues, trilingues. Chrétiens, juifs, musulmans, athées. Ambassadeurs, inventeurs, fermiers, soldats, actrices, rabbins, industriels, musiciennes, couturières. » (Textuel).

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    Lhasa et Vincent Delerm


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     S o p h i e    H E R N I O U

    Les inquiétants bonheurs de Sophie-la-sage et Sophie-la-folle

    Née en 1971, Sophie Herniou est une artiste peintre et sculptrice issue de l'école des Beaux-Arts de Nantes. Je sais presque tout d'elle, et par exemple je puis affirmer qu'elle porte des lunettes et qu'elle a au moins un oeil bleu, l'autre aussi vraisemblablement. Elle a édifié (par la sculpture, le bas-relief, la couture, la peinture, le modelage peint) un univers singulier et farfelu qui appartient tout à la fois au cartoon, à l'art revisité du totem, à la caricature, à la poésie, au conte et à la philosophie (avec et sans entonnoir). Dans son monde de gloutons invétérés, l'arroseur est arrosé et le prédateur est aussi la proie. Il y a de la fabuliste en elle, une grande hérétique aussi qui rejoue les scénarios selon ses humeurs et qui place par exemple le chaperon rouge sur le dos du loup, comme une rouge amazone en herbe. Il y a une certaine veine surréaliste en elle, et, par instants, du Kafka. Oui, car ce qu'elle donne à voir est plus complexe, plus ambigu (pas d'art sans ambiguité), plus déconcertant qu'on le pense au premier abord. Et son art de la dérision est à la fois drôle et inquiétant (car il y a des gens qui hurlent, là-dedans, des êtres coincés, pris dans un engrenage terrible), son art clownesque flirte parfois avec le tragique, ses personnages difformes touchent quelquefois à une grâce poétique, son petit manège enchanté tourne parfois au désenchantement, le risible et le terrible sont parfois à peine séparés d'un ourlet, le rêve et le cauchemar se donnent la main. C'est ludique et dérangeant tout à la fois. La présumée candeur distribue quelques jolies et salutaires gifles. Ne fait-on que rire au spectacle de l'homme qui frit dans la poële ? Est-ce que l'image n'engendre pas une sorte de vertige de l'esprit (et du corps) ? Les humains ont ici davantage des ailes de mouche que des ailes d'ange. A l'arrière des bouches où ils engouffrent voracement les victuailles, c'est le vide, le trou béant. Perrault et Marco Ferreri ! Nous fait-il seulement rire celui qui, grésillant dans la lèche-frite, semble retrousser sa peau pour voir ce qui se passe au-dedans de lui ? Et ce blasphématoire et désopilant Sébastien martyr piqueté d'amuse-gueule, seulement farce ? Oui, on rit avec Sophie, oui, on grince des dents avec elle et on se dit que c'est à un drôle de carnaval qu'elle nous convie. Moi, c'est un clown que je respecte parce que je lui trouve de grandes dents. Quelque chose est peut-être embusqué sous la bonhomie ! Et je me dis que le jour où j'ai découvert cette oeuvre, je n'ai réellement pas perdu mon temps.        

    https://www.facebook.com/sophie.herniou/media_set?set=a.197745103702979.62834.100004024737057&type=3

    Le visiteur est à présent invité à poursuivre la découverte de l'oeuvre aux adresses suivantes :

    http://www.art-insolite.com/pageinsolites/insoherniou.htm

    https://www.facebook.com/sophie.herniou/photos_albums

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    Elena Shumacher

    Une merveilleuse vibration

    a elena s 4.jpgCE QUE L’ARTISTE NOUS APPREND SUR ELLE :

    Elena Schumacher est née en 1969 à Novomoskovsk en Russie. C’est dans sa ville natale qu’elle a fréquenté l’enseignement général et l’Ecole des beaux-arts pour les enfants. Après avoir terminé ses études secondaires, Elena s’est inscrite à la faculté des Arts de l’Université d’Etat de Smolensk où elle a étudié pendant cinq ans. Son diplôme de spécialiste étant reçu, Elena est devenue enseignante de dessin à l’école maternelle. Cette expérience a beaucoup influencé sa conscience d’artiste. Le processus d’enseignement a été réciproque: Elena a appris aux enfants à dessiner, et les enfants lui ont appris à regarder le monde. Les dessins naïfs de ses élèves ont fait découvrir à Elena le monde de la beauté où tout est possible.

    Ce n’est qu’en 2008 qu’Elena s’est engagée dans la peinture professionnelle. Cette même année, sa première exposition personnelle nommée «les rêves en couleur» a eu lieu à Vitebsk en Biélorussie.

    Maintenant Elena vit et travaille à Smolensk avec sa famille qui est sa source principale d’inspiration. Quant à ses travaux, ils sont basés sur les sentiments et les émotions de l’artiste. On peut dire qu’Elena peint dans les styles proches de l’expressionisme, du post-modernisme et de l’abstraction. D’ailleurs, elle n’attache aucune importance à ces qualifications et essaye, au contraire, de dépasser les bornes des genres concrets. Elle vie sa vie et c’est son unique méthode de création. Le plus important pour Elena, c’est que ses travaux éveillent des émotions, qu’ils ne laissent personne indifférent.

    Expositions collectives:

    2009 – Palette de l’année (Smolensk, Russie) ;

    2011 – Exclamation (Nouvelle Galerie Tretiakov, Moscou, Russie) ;

    2011 – L’exposition des lauréats du concours «Artpreview» (Zurab Tsereteli Art Gallery, Moscou, Russie) ;

    2011 – Palette de l’année (Smolensk, Russie) ;

    2012 – Le Vide (Musee de Marc Chagall, Vitebsk, Bielorussie).

    Expositions personnelles :

    2008 – Les rêves en couleur (Musée de la Littérature, Vitebsk, Bielorussie) ;

    2009 – Braves gens (La salle de l’exposition, Smolensk, Russie) ;

    2009 – Ecoutante la musique (Art Café, Montpellier, France) ;

    2009 – Un rien de rire (40 kvadratov art gallery, Smolensk, Russie) ;

    2010 – Ligne de femme (40 kvadratov art gallery, Smolensk, Russie) ;

    2010 – Ligne de femme (ITERA, Moscou, Russie) ;

    2011 – Un nuage de vanille (DiDi Art Gallery, Saint-Petersbourg, Russie) ;

    2012 – Paradis (Paradise Art Gallery, Moscou, Russie) ;


    2012 – Volte-face (La salle centrale d’exposition, Toula, Russie) ;

    2012 – Tension des sentiments (Smolensk, Russie) ;

    2012 – Trajectoire (DiDi Art Gallery, Saint-Petersbourg, Russie).

    L’espace facebook de l’artiste : http://www.facebook.com/elena.shumacher

     

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    CE QUE NOUS PENSONS D’ELENA SHUMACHER : 

    a elena 12.jpgElena Shumacher est une artiste qui édifie un univers singulier, captivant et d’une très grande puissance évocatoire. Elle a un don pour faire danser et vivre les couleurs, pour les faire rutiler, vivre. Certes, la nature libre du dessin de l’enfant transparaît dans son œuvre mais cela fait presque figure d’anecdote. Il y a dans l’âme même de son œuvre une grande, une vaste, une enthousiaste connaissance de l’art. Il y a, dans la belle œuvre de Shumacher, une récolte d’art et un formidable semis. Elle a beaucoup reçu, elle donne énormément, elle fleurit superbement au cœur d’un formidable cycle pictural et poétique. Son art tient dans un mélange de savoir et de liberté, d’instinct et de science, de poésie et de technique. Et il repose aussi dans ceci qui fuit la définition : une grâce, une tendresse pour l’être, une merveilleuse qualité d’humanité, une délicatesse dans l’abord, une force délicate et un sens raffiné de l’humour. Il y a de la citation, des saluts adressés aux étoiles (Chagall, Modigliani, Gauguin, Rouault, Picasso,…), et puis, il y a un superbe travail d'appropriation, de quête et de conquête, il y a le bâtiment de son propre ciel, il y a une belle entente avec la beauté, avec l’art assez rare d’attendrir et d’émouvoir, d’affecter profondément le regardeur. Il y a de la bonne volonté mais une bonne volonté que le talent transporte, élève très haut, dans une sorte de communication aérée, remplie de bel oxygène, de couleurs merveilleuses. L’art d’Elena Shumacher a un rapport direct et chaleureux avec la merveille, un rapport franc, doué d’intelligence, un rapport généreux et saisissant. C’est très simple, cette merveille fait en sorte que la peinture de Shumacher danse, chante, joue des plus délicats instruments : harpe, lyre, flûte traversière, violon, violoncelle, clavecin.  La peinture de Shumacher sent bon, sa flamme distribue une lumière magique et tiède, bienfaisante. La peinture de Shumacher enivre, elle possède les vertus de l’éther, de l’hélium, du vin léger ou du pavot, de la poésie sans doute. Elena Shumacher a quelque chose d’un oiseau, d’une licorne ailée, d’une Icare féminine préservée du trop d’orgueil, c’est une enchanteresse, une fée, une ensorceleuse de couleurs. Son humilité parfume son œuvre. Son art embaume l’amour de l’art, il le promène, le perpétue, le rend contagieux. L’art est léger ici, si léger qu’il entre profondément dans le ciel, dans le ciel de l’être. Oui, cet art rappelle à l’homme qu’il détient un ciel secret et qu’il faut parfois gravir les marches qui y mènent. C’est un art si léger qu’il vibre et nous associe à sa formidable vibration. C’est un art profondément libre, un art qui navigue gracieusement sur les mille eaux de l’inspiration de l’artiste, sur les systoles de sa délicieuse sensibilité. C’est un art bienfaisant qui aère le regard qui se pose sur lui.

    Art féminin, raffiné, élégant, supérieur, formidablement habité, la peinture de Shumacher accomplit le prodige de nous émouvoir sans jamais sombrer dans le kitsch sentimental, le prodige de nous élever dans l’émotion, dans le merveilleux aérostat de l’émotion. Une sorte de béatitude ! Précieux indices de bonheur !

     

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    Savina LOMBARDO : un état singulier de la grâce

    Nous avons déja, dans notre catégorie "Trésors découverts" abordé l'artiste italienne (dessinatrice, pastelliste, peintre et enseignante) Savina Lombardo. Mais le charme de ses créations agit tellement sur moi que je juge indispensable d'y revenir pour offrir un écho à quelques-unes de ses nouvelles créations. Cet état singulier de la grâce, chez Lombardo, nous paraît rassembler, concilier, dans une merveilleuse geste ambiguë le lisse et le noueux, le félin et le candide, l'innocence, l'inquiétude et le charme, l'enchanté et le fragile, le frêle et l'intense, le viril et le féminin, la pureté et l'étrange, l'inachevé et la maturité, le jeu et la vie, le conte et le réel. Cet art est un lieu superbe de la poésie du visage et de l'expression, mais je parle ici d'une poésie complexe, profonde, gracieuse et lancinante, multiple dans le champ de ses significations. Nous présentons aujourd'hui au visiteur une suite d'huiles sur toile et d'une suite de nouveaux pastels.

    https://www.facebook.com/savina.lombardo/photos_albums

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  • 09/14/14--07:53: Jean Ferrat (partie 1)
  • J e a n   F E R R A T

     

    https://www.google.be/?gws_rd=ssl#q=ferrat+lou

     

    a fe 1.jpgJean Ferrat (de son vrai nom, Jean Tenenbaum) est né le 26 décembre 1930 à Vaucresson en France et décédé le 13 mars 2010 en Ardèche. Auteur, compositeur, interprète, Ferrat est, avec Brassens, Brel, Barabara et Ferré, (Gainsbourg, Higelin, Manset et Bashung) l’une des grandes voix de la chanson française. Son remarquable registre vocal, ses textes, les textes de ses auteurs, son sens mélodique ont fait de lui un artiste aimé, reconnu et écouté dans toute la francophonie. Homme de gauche (libre compagnon de route du parti communiste), Français et citoyen du monde, écologiste avant la mode, chantre de la femme et de l’amour, contestataire et protestataire, il a inscrit, en force ou en délicatesse, une belle série de titres dans le patrimoine de la chanson française.

    a fe 3.jpgFerrat est le fils de Michel Tenenbaum, un artisan joaillier juif né en 1886 en Russie. Il émigre de la Russie vers la France en 1905. Il obtient la nationalité française en 1928. Il épouse Antoinette Malon, ouvrière dans une entreprise de fleurs artificielles. Le couple aura quatre enfants : Raymonde, Pierre, André et Jean. Ferrat est âgé de onze ans lorsque son père est arrêté et enfermé au camp de Drancy. De là, il est déporté à Auschwitz où il disparaîtra. La période de la guerre est une période douloureuse et pleine de périls pour la famille de Jean Ferrat. Il sera successivement caché par des militants communistes, puis, avec sa famille, se réfugiera à Font-Romeu, en zone libre. Il y reste deux ans et suit les cours de sixième et de cinquième. Puis il s’établit avec sa tante à Versailles où il poursuit ses études au collège Jules-Ferry. En 44, la famille part pour la Cerdagne, dans l’est du Massif des Pyrénées. Le voyage est interrompu : Raymonde, l’aînée, arrêtée par la gestapo est retenue à la citadelle de Perpignan. Un frère se cache dans la montagne et la mère est interrogée et inquiétée par la gestapo. Quand la tempête s’apaise, aidée par la résistance à laquelle appartient le beau-père de Pierre Tenenbaum. La famille est successivement logée à Toulouse et chez des paysans ariégeois.

    a fe 4.jpgA l’âge de seize ans, Ferrat doit renoncer aux études pour subvenir aux besoins de sa famille. Sans réelle formation et sans expérience, il est engagé comme aide-chimiste. Conscient de la précarité de son statut, il reprend un cycle d’études au Conservatoire national des arts et métiers dans le but de devenir ingénieur chimiste. Mais d’autres centres d’intérêt apparaissent : le théâtre (là aussi, il suit des cours), le chant, l’écriture musicale. Il fait du théâtre amateur, chante pour ses amis les airs qui retiennent son attention, les chansons de Prévert ou des titres du répertoire d’Yves Montand. C’est à cette époque, ai-je lu dans le site officiel, qu’il compose ses premières mélodies. En 1954, il renonce aux études, quitte la profession de chimiste et le laboratoire et tente une carrière dans la musique et la chanson.

    Il passe quelques premières auditions : Riverside, Rose Rouge. Si la vocation se précise, Ferrat entre dans l’ère de ses vaches maigres. En 1956, il met en musique le poème d’Aragon, « Les Yeux d’Elsa » que chantera Jean Claveau (http://www.youtube.com/watch?v=f1uCenlKjlE) et que Ferrat, plus tard, bien plus tard, reprendra (http://www.youtube.com/watch?v=FP9WLvZhL5Y). Dès 57, Ferrat, sa guitare en bandoulière, cachetonne de cabarets en cabarets sur la Rive gauche : Milord l’Arsouille, La Colombe, L’Echelle de Jacob, La Rôtisserie de l’Abbaye. En 59, il fait la connaissance de Gérard Meys qui deviendra son bras droit, son producteur, son indéfectible ami intime avec qui il fondera en 73 le label TEMEY.


    a fe 2.jpgEvoquons un instant la rencontre tout à la fois amoureuse et artistique que fait le chanteur. Il fait la connaissance en 1958 d’une jeune chanteuse qui fréquente les mêmes cabarets que lui, il s’agit de Christine Sèvres.
    Christine est déjà connue d’un certain public, Ferrat est toujours dans l’ombre. Il écrit quelques chansons pour sa compagne. Ces textes vont attirer l’attention de celui que nous évoquions il y a quelques lignes, l’éditeur Gérard Meys. C’est lui qui intercédera chez Decca pour la signature du premier contrat. Dès 60, un premier titre sort Ferrat de l’anonymat : « Ma Môme ». En 61, Christine et Jean se marient et s’établissent dans une HLM d’Ivry-sur-Seine avec Véronique, la fille de Christine. Ensemble, Christine et Jean chanteront « La Matinée ».

    (http://www.youtube.com/watch?v=C5nWVId9vxY)


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  • 09/14/14--08:05: Jean Ferrat (partie 2)
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    Jean Ferrat et Christine Sèvres

    Jean et Christine vivront ensemble vingt-trois ans. Christine meurt le 1er novembre 1981, à l’âge de 50 ans. Ferrat est brisé. « J’ai connu les périodes les plus terribles de mon existence », affirmera-t-il.

    En 1961, Ferrat fait la connaissance de Zizi Jeanmaire, une ballerine(elle est d’abord danseuse classique à l’Opéra de Paris), chanteuse et meneuse de revue et actrice française. Pour elle, Ferrat écrit « Eh, l’amour ! » et « Mon Bonhomme ». Elle l’engage comme vedette américaine. C’est le premier music-hall dans lequel sera engagé Ferrat, un engagement qui se prolongera six mois. 1962 est la première année réellement faste du chanteur qui va cumuler les récompenses et se lancer dans sa première tournée.

     

    Les guitares jouent des sérénades

    Que j’entends sonner comme un tocsin

    Mais jamais je n’atteindrai Grenade

    Bien que j’en sache le chemin.

     

    a fe 8.jpgSa chanson « Federico Garcia Lorca » obtient le Prix Henri Crolla. On lui décerne aussi le prix Roger Seiller de la Société des Auteurs et le Grand Prix du Disque de l’Académie Nationale du Disque pour son 25 cm « Deux enfants au soleil ».

    (http://www.youtube.com/watch?v=jXhh2RYDTGw).

    En novembre 1963, l’album « Nuit et Brouillard » cumule les pièces mémorables. Outre le superbe titre éponyme, on trouve « A Brassens », « Les Enfants Terribles », « C’est beau la vie », « Quatre cent enfants noirs », « Nous dormirons ensemble », etc. « Nuit et Brouillard », - par sa vocation de secouer les consciences et par son refus de l’oubli, par la façon dont le titre embarque la chanson française dans l’engagement politique (à l’égal, pour l’impact, du « Déserteur » de Vian) -, marque définitivement l’histoire de la variété. Dans le temps du yéyé et de l’insouciance (où malgré tout Brassens, Brel et Ferré se font aussi une place à contre-courant), Ferrat, contre l’avis des experts du disque, fait monter la tragédie à bord du véhicule de la chanson.

    (http://www.youtube.com/watch?v=Poci9xywHC8).

    Avec le recul, tout le monde salue la bravoure. Pour Ferrat, qui a assisté à l’arrestation de son père, cette chanson est une sorte de devoir de la mémoire. Dans son « Nuit et brouillard », œcuménique, il rendra justice à toutes les victimes de la déportation.

    En 1964 paraît « La Montagne ». Dans le même album, on trouve « Autant d’amours, autant de fleurs », « Les Beaux Jours », « Que serais-je sans toi ? » et « Au bout de mon âge » (mise en musique de deux poèmes d’Aragon), « La Jeunesse » (texte de Georges Coulonges), « Berceuse » et « Hourrah ».

    (http://www.youtube.com/watch?v=-JvxLmwax7Y)

    Ferrat est là, il est dans la place, on ne l’en chassera plus. S’il chante la montagne, c’est qu’il l’a découverte, c’est qu’il a découvert la beauté exigeante des lieux, l’exode vers la ville. Avec Christine Sèvres, il a découvert l’Ardèche, le petit village d’Antraigues-sur-Volane. (Ici, avec Isabelle Aubret et Gérard Meys)     

    a fe 5.jpgEn janvier 1965, Ferrat fait l’Alhambra en vedette. IL signe aussi deux musiques de films. Le premier s’appelle « La Vieille Dame indigne », c’est un film de René Allio ayant pour scénario la nouvelle éponyme de Bertold Brecht. On trouve au générique Victor Lanoux, Louise Sylvie, Jean Bouise et Malka Ribowska. Ferrat signe trois titres pour cette bande originale : « Loin », « On ne voit pas passer le temps », « Tu ne m’as jamais quitté ». Le second est un film de Jean Cayrol et s’intitule « Le Coup de grâce » (ou « Les Temps héroïques »). Au casting, on trouve Danièle Darrieux et Michel Piccoli.

    A partir d’ici, en 65 et 66, les pièces superbes tombent en avalanche : « Potemkine », « C’est si peu dire que je t’aime », « Les belles étrangères », « Je ne chante pas pour passer le temps », « C’est toujours la première fois », « Le sabre et le goupillon », « Raconte-moi la mer », « On ne voit pas passer le temps », « Maria », « Heureux celui qui meurt d’aimer », « Pauvre Boris », etc.

    En 1968, Ferrat entreprend une tournée internationale : France, Afrique du Nord, Canada. Il publie en 1969 un album qui fait écho aux événements de 1968 : « Ma France », « Au printemps, de quoi rêvais-tu ? »

    http://www.youtube.com/watch?v=qkO7_rhhCbA


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  • 09/14/14--08:12: Jean Ferrat (partie 3)
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    Avec Lemarque, Brassens et Brel

    En 1970, Ferrat (Super-Ferrat devrait-on écrire) aligne douze représentations au Palais des Sports. L’exploit est salué par la presse, les médias. (Ci contre, Ferrat et son ami le poète Guy Thomas)

    Entre 1970 et 1971, de nouveaux succès enrichissent son répertoire : « Camarade », « Les demoiselles de magasin », « Sacré Félicien », « La Commune », « Les derniers Tziganes », « Je vous aime », « Mis à part », « Les touristes partis », « J’imagine », « Aimer à perdre la raison », etc.

    http://www.youtube.com/watch?v=7H2IF93QmS4

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    Retour en 1972 au Palais des Sports, du 6 au 29 octobre. Pour Ferrat, la vie publique, les concerts, les tournées, c’est bientôt terminé. Ferrat se dit « saturé de scène ». A 43 ans, il se range définitivement des tréteaux, il part pour l’Ardèche où il s’installe avec son épouse Christine. Après les années horribles qui suivent le décès de Christine Sèvres, Ferrat fera à la fin des années 80, la connaissance de Colette qui deviendra sa compagne.

    On consultera la belle série de photographies que mon ami le photographe Pascal Nivaille a réalisée au pays de Ferrat :

    http://pascalnivaillecontraste.skynetblogs.be/au-pays-de-ferrat.html

    En 1974, Ferrat enregistre un album Aragon. En 1975, « La femme est l’avenir de l’homme » devient le premier album du label Temey, label de musique indépendant crée par Meys et Ferrat. Temey est la contraction de Te(nenbaum( et (De)mey.

    (http://www.meys.com/disquetem.html).

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    Cet album comprend « Un air de liberté », la magistrale gifle à d’Ormesson, alors directeur du Figaro et devenu l’horrible pipelette du Paf qu’on sait. Ferrat est un fameux pamphlétaire, il a des coups de gueule féroces et formidablement salubres. Je crois en fait que le public aime en lui le chanteur d’amour, le barde pastoral, l’utopiste mais aussi le type qui va à la castagne, qui affirme crânement son opinion. On trouve aussi dans cet album des titres comme « Le Bruit des bottes », « Berceuse pour un loupiot », « Un jeune », « Je meurs », « Le Fantôme », « Mon chant est un ruisseau », etc. Notons encore que Ferrat consacrera du temps, pas mal de temps à réenregistrer ses albums (plus de 110 titres ont été réenregistrés). Ils sont aujourd’hui tous disponibles sur le label Temey mentionné plus haut.

    http://www.youtube.com/watch?v=pY6vdmB7wf4

    Entre 79 et 80, Ferrat livre, en deux albums, un formidable millésime. « Le chef de gare est amoureux », « Un cheval fou dans un grand magasin », « Le bilan », « Oural, Ouralou », « L’amour est cerise », « J’ai froid », « Mon pays était beau », « Tu verras, tu seras bien », « Quand on n’interdira plus mes chansons », « J’aurais seulement voulu », « La bourrée des trois célibataires »,

    « L’embellie », etc.

    http://www.youtube.com/watch?v=rfdkZRvjsIc

    Il faut attendre 1985 pour découvrir un nouveau Ferrat, « Je ne suis qu’un cri ». La sortie de l’album est jumelée avec une émission spéciale sur Antenne 2, émission présentée par Bernard Pivot. On trouve le titre qui donne son nom à l’album, « L’âne », « Viens mon frelot », « La porte à droite », « Le châtaignier », « Vipères lubriques » ou « Les Cerisiers ». C’est le poète et parolier Guy Thomas qui signe les textes de cet album. C’est un ami de longue date de Ferrat, une amitié de quarante années. Guy Thomas a écrit pour lui des textes tout au long de sa carrière.

    http://www.guythomas.fr/

    Le bon Ferrat musarde jusqu’en 1991, date à laquelle il resurgit avec un album « Dans la jungle ou dans le zoo » et une télévision Stars 90 spéciale Ferrat. Lors de l’émission, Ferrat est accompagné par quarante musiciens placés sous la direction d’Alain Goraguer, l’arrangeur attitré de Ferrat. Dans cet album, on trouve « Dingue », « Les Tournesols », « A la une », « Le grillon », « Bicentenaire », « Tu aurais pu vivre », « Mon amour sauvage »,  « Les petites filles modèles », « Nul ne guérit de son enfance », etc. Ferrat ne perd ni la main, ni la voix.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Ardéchois d’adoption ne monopolise pas le petit écran. Il va sa vie de chanteur libre et prospère, il mène son existence pastorale, il est aimé d’un grand nombre, apprécié même par certains que ses idées politiques ne séduisent pas. Il garde des détracteurs, un genre de poire pour la soif, en quelque sorte. De temps en temps, cet humaniste vient aussi administrer un petit taquet en chanson.

    (A gauche, avec sa compagne Colette) 

    En 1994, il enregistre seize nouveaux poèmes de Louis Aragon, ce qui donne lieu a une émission spéciale avec Michel Drucker. Il y a là de superbes chansons : « La Complainte de Pablo Neruda », « J’arrive où je suis étranger », « Devine », « Chagall », « Les feux de Paris », « Chambres d’un moment »,  « Odeur des myrtilles », « Carco », « Pablo mon ami », etc.

    http://www.youtube.com/watch?v=qY-xtjJBP-8

    De grands hommages sont rendus à Ferrat, au festival d’Arles en 1998 où, dans les arènes, 700 choristes le chantent sous la direction de Michel Schwingrouber, au festival de Barjac, où des artistes, dont la fidèle, la loyale Isabelle Aubret chantent son œuvre.

    Ferrat meurt le 13 mars 2010 à Aubenas. Son œuvre devrait longtemps, très longtemps lui survivre.

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    Sources et iconographie :

    http://www.jean-ferrat.com/

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ferrat

    http://famous-relationships.topsynergy.com/Zizi_Jeanmaire

    http://pb60.e-monsite.com/pages/elles-chantent-ferrat/christines-sevres.html   

    http://renee-nere.over-blog.com/article-jean-ferrat-deux-ans-apres-101540407.html

    Paris Match n°445

    http://www.guythomas.fr/

     

    Voir nos articles sur Jean Ferrat :

    http://rouges-vifs.skynetblogs.be/archive/2010/03/15/jean-ferrat-parvient-au-bout-de-son-age.html

    http://sites.google.com/site/clubachillechavee/jean-ferrat-parvient-au-bout-de-son-age-1/quelques-jours-sont-passes


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    Frédérique Fenouil

    Sculpteur céramiste

     https://www.facebook.com/frederique.fenouil/photos_albums

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    Fédérique Fenouil est française, elle vit à Générargues dans le Languedoc. Elle est sculpteur céramiste. Nous l’avons tout d’abord invitée à nous parler d’elle et de son art.

    a fred fe 1.jpgDEMARCHE ARTISTIQUE

    Il est toujours difficile d'expliquer une démarche artistique...je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire...passées les années "d'apprivoisement" de la matière, de la technique, l'esprit devient libre...je laisse le mien me guider, sans contrainte...j'ai toujours fait ce que j'avais envie de faire. Depuis 23 ans, mon travail a évolué, a traversé des périodes chaotiques, pour arriver, petit à petit, à une osmose entre lui et moi..il est moi, je suis lui, l'un ne va pas sans l'autre...

    Ce que je peux dire c'est que chaque matin, quand j'ouvre la porte de mon atelier, je suis bien, je suis à ma place....

    A gauche, l'artiste. En bas, Frédérique Fenouil parmi ses créatures. Oui, cela saute aux yeux, il y a une indéniable ressemblance entre la créatrice et ses délicieuses créatures. Pour l'édification du visiteur et pour rendre justice à l'artiste, on dira encore qu'elle chante au sein du groupe SUPER 5. Voix chaude, solide, sensuelleOn veut l'entendre ? Il suffit de demander. Voici :

    http://www.youtube.com/watch?v=6Q_uLpsMzdE&feature=share

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    TECHNIQUE UTILISÉE

    Je travaille la faïence rouge et noire chamottée. Je travaille aujourd'hui essentiellement à la plaque ou modelage. Il m'arrive encore parfois de monter sur le tour pour ne pas perdre la main, mais juste pour le plaisir!

    J'utilise pour la décoration la technique des émaux cloisonnés, soit en creusé pour les grandes pièces, soit au crayon cire sur les boites ou quand j'ai envie d'un dessin plus délicat..

    Il m'arrive aussi d'utiliser l'or.

    Vous devez impérativement visiter le site de Frédérique Fenouil. : http://www.frederique-fenouil.net/

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    QUELQUES EXPOSITIONS AUXQUELLES J'AI PARTICIPÉ….

    -"HAPPY ART" SANARY SUR MER
    -FESTIVAL DE LA CERAMIQUE "ARGILLA"  AUBAGNE
    -FESTIVAL DE LA CERAMIQUE ANDUZE GARD
    -FESTIVAL DES ARTS SINGULIERS À BANNE EN ARDÈCHE
    -EXPOSITION COLLECTIVE GALERIE SINGUL'ART À LYON...
     
    EXPOSITIONS PERMANENTES
     
    -GALERIE ART ET ESPACE À TOULOUSE
    -GALERIE IMAGINE BORDEAUX
    -GALERIE CORTADE ART MONTAUBAN
    -GALERIE 16 ART BAYONNE
    -GALERIE SYLVIE PLATINI VEYRIER DU LAC
    -GALERIE ART CAD' CADOUIN  DORDOGNE
    EXPOSITIONS 2011
    EXPOSITIONS DE SCULPTEURS À LA FILATURE SAINT AMBROIX GARD MAI 2011
    "HAPPY ART" SANARY SUR MER
    FESTIVAL DE LA CERAMIQUE D'ANDUZE AOUT 2011
    FESTIVAL ARGILLA  AUBAGNE AOUT 2011
    CERAMIQUES INSOLITES À SAINT GALMIER SEPTEMBRE 2011...

    NOTRE PORTRAIT DE L’ARTISTE

    a fenouil 9.jpgLa première rencontre avec les créatures de Frédérique Fenouil est décisive. Une apparition suffit à vous émouvoir, à vous troubler et à vous charmer définitivement. Chacune de ses délicieuses créatures entretient avec la poésie et le charme de délicates et précieuses relations d’entente et de complicité. C’est que ces splendides ingénues, ces curieuses et candides fleurs de féminité accomplie disent dans un langage neuf et formidablement coloré quelque chose d’inédit : la merveilleuse et heureuse rencontre du naïf avec le coquet, de l’innocent avec le séduisant. Elles disent le double et formidable état de la grâce et de la volupté. Mais ces statues ont aussi, dirait-on, un lointain rapport avec les statuaires primitives et, sous leur envoûtante félicité colorée, il se pourrait qu’elles entretinssent avec le lointain passé des rapports de parenté secrète ou de filiation. Il se pourrait qu’elles recélassent des mânes, qu’elles eussent, elles aussi, des pouvoirs et des vertus magiques. Elles rayonnent d’une sorte d’enfance de l’art. Voilà ce que l’on aime chez Fenouil, c’est son art rayonnant et solaire.

    a fenouil 10.jpgLe premier émoi passé, on trouve dans le regard des Beautés de Fenouil autre chose que la candeur d’abord soupçonnée. On trouve une maturité, un savoir, une distance. Et le jeu premier de la candeur s’ouvre à l’ambivalence du monde, des êtres et de leurs divinités. Ces Créatures en savent davantage que ce qu’on avait cru, elles ne sont en aucun d’adorables potiches : la pensée, la volonté, le pouvoir, l’art de toiser, de snober, de traverser, d’écarter, de sourire est avec elles. Le sacré est à leur côté. Nous ne sommes pas ici dans le domaine de la déco. Et ce sont d’authentiques petites déesses que modèle Frédérique Fenouil. Déesses-fleurs, déesses-poèmes, déesses-grâces, déesses-animaux. Car oui, ces Belles s’épanouissent dans la grâce, dans la forme, dans la couleur, dans le parfum ( !), mais aussi, - les animaux qui les entourent amoureusement l’attestent-, dans l’animalité ou l’instinct. Elles sont les prestigieuses habitantes d’une nouvelle et très ancienne mythologie qui nous parle, nous pas de l’éternel féminin, mais du pouvoir de la femme.

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