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Site littéraire et poétique personnel

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  • 03/28/15--07:32: Elfriede Lhose-Wächtler
  •  ELFRIEDE LOHSE-WÄCHTLER

    a elfriede.jpgJ’avais découvert quelques œuvres de la peintre, des œuvres intrigantes, sauvages, brutales, réalisées dans un tracé puissant et sûr. J’avais senti là, dans un curieux mélange, s’affronter et coopérer une formidable vitalité et une terrible désespérance. J’ai subi le choc de ce grand carnaval de traits crus, de ce violent, libre et éclaboussant portrait de la société allemande en plein pourrissement et en plein désarroi. J’ai subi le choc de ce regard que l’artiste porte sur elle-même. Il y a de la fildefériste dans cette formidable artiste, un sang vigoureux, un talent nerveux, une poigne, des gouffres, le drame morbide de l’amour, l'oeil intraitable de la femme immergée dans le réel jusqu'au cou, l'oeil sensible de la femme immergée dans le réel jusqu'au cou, il y a dans son aventure la salubre et meurtrière haine des familles saines, la vie saturée de tabac, de gnole, de nuit, d’abandon, la merveilleuse et affolante revendication de la liberté et l’insupportable scandale d’une impardonnable mise à mort.

    Elle est née en 1899 à Dresde. En 1915, elle entreprend des études artistiques dans sa ville natale à l’école des Arts décoratifs et appliqués. Elle prend également, comme étudiante libre, des cours de dessin et de peinture avec Otto Gussmann (peintre allemand et enseignant, 1869-1926) à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde. En 1915, Elfriede entre en contact avec le cercle de Franz Pfemfert (écrivain, revuiste, homme politique de gauche – parti socialiste antinational, fondateur de la revue Die Aktion, 1879-1954 ), les dadaïstes berlinois, et, la plus décisive de ses démarches, avec le groupe de la Sécession de Dresde fondé, parmi d’autres, par Otto Dix (peintre expressionniste allemand, 1891-1960) et Conrad Felixmüller (peintre expressionniste allemand et militant communiste, 1897-1977). Elfriede prend en location un petit espace dans le studio dresdois de Felixmüller et commence à gagner sa vie comme illustratrice. Dix et Felixmüller présentent Elfriede à l’artiste et chanteur Kurt Lhose. Ils se marient en 1921. En 1925, le couple s’établit à Hambourg. Kurt trouve un emploi en tant que choriste. Le couple se sépare en 1926. La période créative la plus intense d’Elfriede correspond à sa période hambourgeoise. La plupart de ses travaux à l’huile, au pastel ou à l’aquarelle (vues de la ville, autoportraits, prostituées, et sujets relatifs à l’environnement de la classe ouvrière) ont été réalisés entre 1927 et 1931. En 1928, elle prend part à plusieurs expositions du mouvement « Neue Sachlichkeit » (Nouvelle Objectivité, 1918-1930 : mouvement artistique contestataire qui se fixe pour objectifs de montrer le réel dans sa crudité, sans fard, de créer une vision froide et cynique « entre jugement et constat » de la société allemande). A la suite d’une dépression nerveuse liée à la dégradation de son couple et à la période d’indigence qu’elle traverse, Elfriede est internée dans la clinique psychiatrique Hamburg-Friedrichsberg. C’est là qu’elle signe les «Friedrichsberger Köpfe » (les têtes des patients de Friedrichsberg), environ soixante dessins, études au pastel de tête et de corps des patients de la clinique. Après son rétablissement Elfriede expérimente une nouvelle phase d’intense production et en 1930 et 1931, et expose son travail dans différents endroits comme le prestigieux Kunsthalle de Hambourg. Survient une nouvelle détérioration de son état mental et Elfriede retourne au domicile parental à Dresde. Son père décide de son entrée dans l’Institut psychiatrique Arnsdorf où elle est diagnostiquée schizophrène. Au départ, Elfriede est autorisée à poursuivre ses travaux artistiques dans l’Institut. Dès que le parti nazi parvient au pouvoir en 1933, on la prie d’accepter une stérilisation volontaire ! Au début, l’ordurier parti fait mine d’exposer ses monstrueuses requêtes en soignant les formules. Elfriede refuse. En conséquence, on lui supprime ses « privilèges » et elle n’est plus autorisée à peindre ou à dessiner.

    a elfriede 6.jpgEn 1935, elle est déclarée mentalement irresponsable, son mariage avec Lhose est annulé et elle est stérilisée de force dans le cadre du « programme d’eugénisme » du parti national-socialiste. Décrétée « art dégénéré » (Entartete Kunst) en 1937, l’œuvre d’Elfriede est en partie détruite. Ses œuvres exposées à la Galerie d’art de Hambourg et du musée d’Altona sont confisquées et probablement détruites, ainsi que la majorité de ses dessins d’Arnsdorf. Elfriede est une victime du nazisme qui, ayant cherché à anéantir son œuvre, l’exécute le 31 juillet ou le premier août 1940. Elle est assassinée dans une chambre à gaz à Pirma-Sonnenschein, dans le cadre du programme national-socialiste d’euthanasie «Aktion T4».

    Aujourd’hui, plusieurs endroits, à Hambourg ou à Dresde, portent le souvenir d’Elfriede Lhose-Wächtler et son œuvre est souvent exposée. Une association pour la promotion de son art est fondée en 1994. Une monographie lui est consacrée en 1996 par Georg Reinhardt. Depuis 1991, les expositions se sont multipliées. L’établissement de Pirma-Sonnenschein possède désormais une exposition permanente consacrée à son œuvre et à sa vie. On se rendra ici pour découvrir d’autres œuvres de l’expressionniste allemande :

    http://www.fembio.org/english/biography.php/woman/biography/elfriede-lohse-waechtler/

    http://weimarart.blogspot.be/2010/07/elfriede-lohse-wachtler.html

    Sources :

    http://www.lohse-waechtler.eu

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Elfriede_Lohse-W%C3%A4chtler

    http://weimarart.blogspot.com/2010/07/elfriede-lohse-wachtler.html

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_Objectivit%C3%A9

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  • 04/02/15--00:36: Edwige Blanchatte
  • E D W I G E   B L A N C H A T T E

    un sidérant champ d'edwiges

    http://www.edwigeblanchatte.odexpo.com/
    http://www.odexpo.com/profil-artiste.asp?id=4645
    https://www.facebook.com/edwige.blanchatte

    Ce qu'elle nous apprend sur elle :

    a ed c.jpgJe sais peu de choses sur cette artiste. Blanchatte est diplômée de l'Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Elle y a été l'élève de Frank Wolhfahrt. J'ai sous les yeux, prélevées dans son espace, quelques-unes des déclarations de l'artiste. "Mon travail questionne l'autoportrait, le miroir et ses doubles. Je cherche ... non pas la ressemblance mais la vérité des instants que j'occupe. Je cherche à me saisir, à m'embrasser, pour comprendre mon existence. Et les autoportraits se multiplient, le portrait de ma vie se précise de jour en jour. J'extrais tous ces doubles du miroir, un par un, ils viennent peupler notre espace et témoigner de ma présence. Chacun est différent, chacun dans son monde, chacun issu de la fraîcheur d'un instant, le temps de composer entre eau, couleur et humeur. Ils sont là, silencieux, nous invitant, les yeux dans les yeux, à les traverser du regard pour les rejoindre dans l'infinité de leur monde. Mes peintures sont alors le fruit d'une rencontre entre notre monde et celui du miroir, confrontation en surface de deux espaces infinis où l'autoportrait fait passage."

    Ce que nous pensons d'elle :

    a ed aaa.jpgBlanchatte tutoie dans son art pictural le vertige d'être et, plus exactement, les vertiges successifs d'être. A travers l'autoportrait, elle fait, - dans la multiplicité du moi, dans ses fragments unis et incohérents, liés et autonomes -, le portrait de sa vie. Peindre, c'est se comprendre, se prendre avec soi, se saisir, faire corps avec soi, s'embrasser dans son unité et dans sa diaspora intime. Se peindre, c'est l'aventure de la perception de sa propre présence au monde. Se peindre n'est pas composer une image ressemblante, c'est dire la vérité d'un instant que l'artiste occupe. Il y a course, -mais une course exaltée, passionnée, une quête au galop -, vers le peuple que compose l'individu, il y a, sous une forme haletante, fiévreuse, une aventure d'approche et de représentation de la forme fuyante, multiple, variable de l'être. L'être est une galaxie, un ensemble de planètes, il est à la fois la galaxie et chacune des planètes qui la constitue. Chez Blanchatte, il est parfois tellement cette planète, cet élément distingué du tout, que la tête de l'artiste se dégage du corps et trône comme un soleil sur matin de printemps, une lune sur une nuit d'hiver. 

    a ed bbb.jpgLes autoportraits de Blanchatte sont jumeaux et dissemblables. Une chose fixe leur parenté : la puissante, l'hallucinante, l'insoutenable intensité du regard. Je ne sais à peu près rien d'aussi affolant : ces yeux immenses, solides et liquides, traversiers, célestes et démoniaques, puissants, dangereux et irrésistibles. Ce sont des yeux qui concentrent une puissance de chant, de feu, d'ensorcellement, de volonté exorbitante. Ils ont un pouvoir d'affirmation. Par eux, l'artiste s'ancre dans le monde, y faire luire sa présence. Ce sont des astres majeurs de la galaxie de l'être. Dans la diversité de la représentation, ces yeux établissent une constance. Cette prédominance des yeux, cette célébration du regard, c'est aussi la consécration de la discipline artistique. Dans l'affirmation existentielle, ceci s'impose : je suis peintre. Et ce regard extraordinaire, c'est celui qui cherche à déceler le portrait de la vie. Ce regard-phare, pluie, ciel, joyau, diamant, fièvre, diable, c'est un chercheur de la vérité fugace, changeante, un chercheur de ces vérités successives qui fondent un être. C'est un regard qui va détecter l'être dans son théâtre, sur son damier, dans son arbre perché. L'autoportrait de Blanchatte est aussi une sorte de laboratoire de poésie visuelle expérimentale : essayons, semble-t-elle se dire, à l'être l'habit de ses phantasmes, de ses hantises, de ses rêves, de ses angoisses, de ses songes. L'autoportrait devient portrait du monde, portrait d'humanité comme si la quête existentielle intime que mène l'artiste recoupait le chemin initiatique de tout être, rejoignait le péril et le délice que c'est pour chacun d'exister. 

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    Nous n'en sommes qu'à une approche de l'oeuvre. C'est un début. Il faudra que j'y revienne et que je regarde de plus près la sculpture étonnante de Blanchatte. Je tenterai aussi d'interviewer l'artiste.

    a ed a.JPGMais dans cet art figuratif où l'expressionnisme emboutit le surréalisme, ce qui me submerge, m'épate, me transporte, c'est la puissance, c'est, dans cet art féminin, cette façon de toréer avec la vie, de charger son pinceau de tonnerre, d'énergie et de volonté. Cette débordante, cette inhabituelle, cette exorbitante déclaration de vie et de présence me renversent et me sidèrent. C'est un immense bouleversement, une affirmation considérable. Et, à mes yeux éblouis, ce sidérant champ d'edwiges, c'est nous. Nous à qui Blanchatte l'artiste rappelle que ne sommes pas encore circonscrits, définis, résolus, mis en cage dans une représentation arrêtée. Blanchatte nous remet aussi ceci en mémoire : le lien qui relie sans les entraver le mouvement et l'émotion. Il y a là un grand, un vigoureux poème à la liberté. Il y a l'être remis au centre de la scène et chanté, montré, affirmé comme insaisissable. Et l'exploit faramineux de pincer, de saisir, oeuvre après oeuvre, une facette de l'insaisissable. La galerie qui, au soir de la vie de l'artiste, exposera toutes ses œuvres pourra afficher : Autoportrait d'Edwige Blanchatte. Dans cette attente sans impatience, j'admire, épaté, abasourdi, exalté, chacun des prodigieux états de ce portrait d'une vie. Dans le ressassement (toujours nouveau !), dans la répétition (investie de trouvailles !) dans la quête inépuisable de soi et du monde, l'incomparable Blanchatte me fait penser à l'incomparable Kahlo.

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    CA MILLE (LA BULLE)

    Les beaux oxygènes de la Bulle

    http://camilleart.e-monsite.com/

    https://www.facebook.com/camille.labulle

    a ca a.jpgQui est cette fille, cette artiste, s’irise-t-elle à la lumière, qui l’a soufflée, d’où vient-elle, que fait-elle, dans quelle bande dessinée paraît-elle, dans quelle flûte siffle-t-elle, comment est-elle devenue ce qu’elle est aujourd’hui ? Soumise au feu ardent (et pacifique) de nos questions, elle consent à s’expliquer.

    « Née à Evreux en 1983. Je suis élevée par ma maman dans un quartier hlm. Aussi loin que je m'en souvienne, dès ma plus tendre enfance, je n'ai jamais arrêté de dessiner et de créer. Un de mes objets favoris... un vieux tournevis avec un joli manche en bois…j'aimais monter, démonter, rafistoler... Enfant timide, introvertie, hypersensible et rêveuse... A l'adolescence (très très chaotique), je planque ma timidité et sors de mes gongs!!!!  Je deviens grande gueule, à hurler après toutes les injustices!!! Je cherche mes limites......et... je perds un ami......depuis la mort est quelque chose qui me poursuit....me fascine, mais m'angoisse. Ce fut une période très très chaotique dans ma petite vie, car je prends conscience que nous ne sommes évidemment pas grand chose.... Je commence à gouter à quelques excès de la vie, je me cherche..... Puis je me forme aux métiers de la Céramique, avec des céramistes de Haute-Normandie, à partir de 2003. Ce fut une révélation.....apprivoiser l'argile.....apprendre la patience.. En 2006, je m'installe en Auvergne, où j'y découvre une argile locale, l'argile de Grizols. L'envie de sculpter et de reproduire tout ce qui me passionne se fait de plus en plus imposante. Je vais également m'essayer à la peinture, mélangeant les médiums entre eux. Je réalise des travaux sur papier, sur toile, sur bois, sur tout ce que je récupère (déchets publicitaires). Je travaille en « techniques mixtes », collages, peinture, dessin, ....où des éléments humains de publicité, que je sculpte, mêle entre eux, pour créer les personnages de mon imaginaire, se retrouvent en collages, rehaussés à la peinture. »

    a ca 1.jpgOui, de suite, cette aérienne et rare demoiselle la Bulle (qui a étudié à l’école buissonnière de la vie), par la manière dont elle se décline, nous est sympathique et nous touche. Deux ou trois choses, davantage, nous ont immédiatement, à la consultation des éléments de sa production, sauté aux yeux et aux méninges : la citoyenne la Bulle, si elle est fragile, n’est pas creuse du tout, elle a la coloquinte fourrée d’idées, de rêves, de nuages et d’images, Camille la Bulle est gonflée, elle pétille, c’est un soda bienfaisant, une blanquette exquise, elle est légère et ascensionnelle comme un aérostat, une abeille, un papillon, elle est lourde comme la peine et le chagrin réunis, elle vit en bohème dans le jardin fleuri de son esprit, elle a découvert sa vocation alors qu’elle zigzaguait un peu désespérément dans la vie, elle a du talent, un talent singulier et atypique, un talent qui a une plume remarquable au chapeau, un talent de squaw en quelque sorte, elle a quelque chose d’une squaw, elle fait des doigts d’honneur, elle a de beaux yeux d’un bleu qu’on voit à certains ciels, à certains dauphins, à certaines baies, elle est tragicomique, elle a un vrai sens de la création et de la récréation, elle sculpte et modèle de petites statuettes précieuses, de petits totems chargés d’âme, de poésie et de grâce, c’est une sorcière, une sourcière, une chamanesse, elle sait nager ou du moins elle flotte mais c’est peut-être, à sa manière, une nymphe des eaux, un hippocampe, une sirène auvergnate, dès qu’elle cesse de loucher ou de grimacer, elle est jolie, il y a de drôles de poissons dans ce bocal agité qui lui sert lieu de cafetière, elle a un poupon qu’elle chérit et qui est beau comme un cœur de pinson, elle porte parfois des lunettes solaires qui lui font une horrible tête de mouche carnivore, elle s’est installée en Auvergne mais n’a fait commerce ni du charbon ni du vin ni ne s’est laissé pousser la moustache, elle a un masque qui lui permet de tenir tête aux gaz lacrymogènes, elle est douée pour la tendresse et l’effronterie, elle est plus tendre qu’effrontée sans doute, elle est effrontée quand même, elle est humble et inventive, elle a le sens de l’image, de la composition, derrière la simagrée et le pied de nez, elle a une ligne esthétique, un vrai savoir-faire, une élégance, elle est humble et bienveillante, elle est assise sur la charge explosive de sa sensibilité. Ce peintre avec colle et ciseaux est à l’aube d’une carrière, je crois.

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  • 04/08/15--00:18: Ayin de Sela
  • La très belle Ayin de Sela dans un magnifique exercice d'équilibre. Ce numéro a la beauté d'un songe. Un ange passe et laisse un peu de poudre de grâce. Merveilleux poème de gestes. Les photographies sont de Myriam de Sela.

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    ARITA chante et enregistre LHASA

    Découvrez le projet d'un album public que l'excellent groupe de Nancy veut consacrer à Lhasa. Consultez le lien sous l'affiche. 

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    http://fr.ulule.com/arita-album/


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    Peintures : Elisabeth Gore - Poèmes : Denys-Louis Colaux

    LES SECRETS DE LA LITOTE

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    Penché sur la vie sans miroir
    la vie dispensée de miroir
    assis dans le simple désir
    d'approcher le goût fermé du mystère
    je pressens d'un œil presque clos
    d'un œil sensible à l'encens chaud de l'âme
    ocre l'écorce soluble du temps
    liquide l'huile effleurée d'un passage
    du bleu descendu par le chas du sable
    et pour vêtir l'instant
    en guise de présence
    ce signe que je prends
    pour le rêve hanté d'une trace 

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    Plus tard  très au large du temps
    les oiseaux laissent
    une aile minérale
    un soupçon de parole
    et le poinçon précis d'un saut
     
    Plus tard
     à la paroi fantôme du vaisseau
    les forçats de la vie
    les passants bleus
    les clairs hippocampes de la débâcle
    et les gens un instant heureux
    abandonnent gravés
    transmis
    les nuages emplis
    de leurs intempéries secrètes
     
    Et par un long fil d'équilibre
    ce phylactère
    vient s'amarrer
    au papier où j'écris

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    J'ai quelquefois rêvé
    d'être un chasseur d'indices
    un ramasseur de friselis
    un passant enivré devant
    la rumeur fraîche des lilas
     
    Est-ce la nuit ?
    non un trait de fusain 
     
    Est-ce l'espace ?
    non une ligne qui sinue
     
    Est-ce du sang ?
    non c'est la fresque fugitive
    que font aux murs les fastes effacés
    et les frissons qui leur survivent
     
    Je suis très souvent parvenu
    sur un destin conçu à mon échelle
    à n'agripper
    que l'ourlet du poème
    à ne saisir
    qu'une pincée des choses 

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    Peintures : Elisabeth Gore - Poèmes : Denys-Louis Colaux

    LES SECRETS DE LA LITOTE

    2/4

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    Je me tiens dans le songe
    des diagrammes amoureux
    des astres frôlés des cailloux
    dont la diaspora
    tout le long du chemin
    érige des ruines intimes
     
    Je me tiens dans le songe
    céleste des aérostats
    des souliers de l'enfance
    que le temps paisiblement leste
    de sable
    de poussière et de sang 
     
    Je me tiens penché et je hèle
    quelque chose qui me survole

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    Ici

    tout se méfie de l'évidence

    Ce qui résiste à tout

    c'est un automne fauve et plein

    qu'habite en filigrane

    le murmure 

     


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  • 04/22/15--11:25: Avec Elisabeth Gore (3/4)
  • Peintures : Elisabeth Gore - Poèmes : Denys-Louis Colaux

    LES SECRETS DE LA LITOTE

    3/4

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    Nos vies sont traversées
    divisées d'eau
    de sang
    tranchées
    au fil ténu de l'impossible
     
    De fins ourlets de jour
    insistent dans la nuit
    et la frontière se délaie
    très au-delà de son symbole
     
    Dans la vie telle
    que je l'éprouve
    rien ne consent
    à n'être que visible
    à n'être que précis
     
    Et j'aimerais
    que mon destin
    comme les pas d'un fou
    mené par le goût de danser
    n'eût pas de sens

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     Elisabeth
    en rêvant avec vos tableaux
    je songe que
    j'ai atteint l'âge
    de cinquante-cinq ans
    et je souhaite désormais
    devenir un fossile
    d'oubli
    l'eau plutôt que le parapluie
    un épi de blé périssable
    tremblé au vent
    avec son songe de farine
    et de pain blanc
    perdu
     
    Elisabeth
    en parlant avec vos tableaux
    je me vois devant l'étang de ma vie
    que signent
    des fleurs d'or et de miel
    des larmes de rouille
    le clair fantôme d'une barque
    un naufrage de poche
    l'écho d'un ahan de rameur
    et des frissons sur l'eau gémie
    presque apaisée
    alors je songe
    à cet insecte que je suis
    vrai gravier de montagne
    pur copeau dans la canopée
    petite lettre
    debout
    au pied de la bibliothèque
     
    Elisabeth
    en faisant silence avec vos tableaux
    j'erre un instant
    présent et déchiré
    entre fœtus scaphandrier
    naufragé sur son nénuphar
    entre cerceau
    bulle de la légende
    long clou acéré du réel
    Et dans le nid du poème j'installe
    le vol de l’œuf
    menacé par
    les stalagmites amoureux
     
    Elisabeth
    je me tiens au hublot
    par quoi vos tableaux m'apparaissent
    comme des terres
    défrichées par
    l'appétit d'exister

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  • 04/29/15--10:10: Avec Elisabeth Gore (4/4)
  • Peintures : Elisabeth Gore - Poèmes : Denys-Louis Colaux

    LES SECRETS DE LA LITOTE

    4/4

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    Le peu suffit à nous dire
    le peu et ses nuances de beige
    ses nuances au ciel
    de nuages d'argile
     
    Le peu
    va lentement
    portant
    à son épaule
    sa lyre blanche
    d'homme déjà réconcilié
    avec la victoire sur l'étincelle
    de la poussière
     
    oui la poussière
    petite soie défaite
    soulevant derrière elle
    la vanité des ornements
     
    oui la poussière
    tiède et sensible
    sous quoi couve déjà
    l’œuf qu'une plume
    et un poème
    approchent

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    Oui je m'en irai cueillir 
    cueillir ou ramasser
    des crêpes de soleil
    que je tamiserai
    au lait froid des étoiles
    des étoiles ou des lucioles
     
    oui je m'enivrerai
    ou je pâlirai d'aise
    aux lourds pétales du printemps
    ses lourds pétales
    ou son herbier
     
    moi j'aurai tout le vent
    la gorge large
    de tous les vents
    la descente des fleuves
    la poussée violente
    des eaux épaisses
    j'aurai 
    le foyer ardent
    des astres
    chacun de leur globe affolé
    sur la mèche de mon quinquet
    mon quinquet ou mon allumette

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    Dans ma pelouse cernée d'oies
    de geais et de ronciers
    le sable dort
    dans son bras replié
    et la mer attirée
    jette de la salive
    et des pétales d'encre
    derrière les bouleaux
     
    Devant la haie
    une hase se roule
    dans un gros chiffon d'herbe
    comme tantôt la lune rousse
    sur les torchis de l'horizon
     
    Le haut le bas
    dans mon champ de vision
    ont eu des gestes similaires

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    LE LIVRE DE MARIE-PIERRE MANECY

    Histoire de pilons à l'île de la Réunion   Epsilon Editions

    Pour découvrir l'ouvrage, consultez ces différents liens ou ce beau clip sur youtube.

    https://www.facebook.com/histoiresdepilons?pnref=story
    https://www.youtube.com/watch?v=efx-QujtyXQ&feature=youtu.be
    https://www.facebook.com/epsiloneditions/photos_stream
     
    COMMANDER L'OUVRAGE:
     http://epsiloneditions.com/histoires-de-pilon.html
     
    Texte et photos : Marie-Pierre Manecy - 136 pages - 28 X 21,5 cm - 965 gr - 2e trimestre 2015 - 29 €

    Histoire de pilons est le fruit d'un projet mené par Marie-Perre Manecy auprès de Réunionnais(e)s pour comprendre la place de cet objet à la fois usuel et si symbolique. C'est l'occasion d'une somptueuse suite de photographies chargées d'âme, empreintes de cette poésie chaleureuse, de cet art de la rencontre et de cette humanité si présentes dans l'oeuvre de la photographe. C'est l'occasion pour elle de nous faire comprendre comment un objet utilitaire et quotidien peut acquérir la dignité d'un objet d'art, d'une présence et comment il conte une histoire. On prend conscience de la magie sociale de l'objet, de son pouvoir symbolique, des traditions et des habitudes culinaires qu'il ancre dans la vie de cette île de l'océan Indien. Le pilon et son kalou nous font entendre que la cuisine insulaire ne nourrit pas que le corps. C'est un peu l'âme de cet objet inanimé que les superbes photographies de Marie-Pierre Manecy nous font découvrir. Curieuse, patiente, respectueuse et généreuse, elle prend le temps, elle apprivoise, elle découvre, elle apprécie et partage tellement bien ses découvertes, elle nous adresse comme un présent amical un peu des parfums, des traditions, des fantômes, des croyances, des goûts et des épices de la vie que les insulaires ont partagé avec elle. Tout frémit comme des valeurs éternelles quand on sait qu'aujourd'hui l'éternel est menacé à tout coin de mémoire. Tout vacille comme la précieuse flamme de l'âtre. Comme toujours chez Marie-Pierre Manecy, le sujet, c'est l'être, la quête de l'être, la relation avec lui, l'approche de ce qu'il est, de la place qu'il occupe parmi les siens et du chemin qu'il a parcouru. Et ce pilon, objet, bien sûr, morceau de matière, outil, elle sait et révèle que c'est aussi un élément du langage, un signe de la vie et de l'histoire. Marie-Pierre Manecy va écouter parler les mounes, elle va recueillir leurs précieuses paroles, leurs histoires menacées d'estompement et de disparition.

    Ces pilons, nous dit la préface de Manecy, racontent une histoire. Des histoires, au cœur du foyer, de la famille, ils sont le témoin discret du mode de vie de nombreux Réunionnais. D'hier à aujourd'hui, ils constituent un symbole fort de transmission. 

    L'auteur évoque son projet

    a mpm.jpgLe point de départ du livre, explique Marie-Pierre Manecy, a été la rencontre avec Ghislaine Rivière, grand-mère d'une amie, qui est venue me former à la cuisine réunionnaise avec son pilon lors de mon installation sur l'île en 2006 et qui m' a fait découvrir l'objet en me disant : "Tu as vu mon pilon comme il est creusé ? Il est beau, non ?" Le pilon avait été fait, continue Marie-Pierre Manecy, par son époux décédé six mois auparavant. Cet épisode m'a marqué et j'ai voulu en 2012 comprendre pourquoi elle était si fière et quelle place le pilon occupe réellement dans la société réunionnaise. J'ai commencé en mai 2012 à parcourir l'île au hasard des rencontres, à suivre la fumée le matin pour discuter avec les gramounes (vieilles personnes) qui cuisinaient au feu de bois. Ce sont trois ans de ma vie. J'ai échangé très tôt avec Laurence Tibère, anthropologue réunionnaise aujourd'hui installée en Malaisie. Elle avait travaillé sur la construction de l'identité réunionnaise au travers de la cuisine. Elle a été intéressée par ma démarche, m'a vision et m'a rédigé une lettre de soutien pour une demande de financement (aide à l'édition). Elle s'est engagée à relire le livre et à assurer le contrôle des éléments anthropologiques intégrés. Je n'ai rien trouvé ici, dit Marie-Pierre Manecy, comme étude ou recherche sur cet objet au combien important. Il est tellement anodin dans les cuisines a priori lais chaque fois que l'on demande à quelqu'un d'où vient son pilon, une histoire se cache derrière. Les 14 rencontres sonores présentées en fin de livre sont mises en ligne sur un site web dédié. Ce sont des extraits des 35 interviews menées dans le cadre de cette enquête.

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  • 06/08/15--04:29: Voici venir (8 juin 2015)
  • VOICI VENIR

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                                            Pieter Claesz

    Il s’en faut quelquefois
    d’une aile d’un couteau
    pour que ce pouls en toi
    suffoque et se noie
    pour que cette lanterne
    s’éteigne

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                          Sylvie Cairon

    Elle n’aura ni regard ni seins ni parfum
    son âme sera froide
    comme un galet l’hiver
    il faudra pourtant bien
    baiser sa bouche
    d’oiseau assis dans son fossile

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                    Félicien Rops 

    A présent asseyez la mort
    parmi
    les absences qui m’accompagnent
    mettez
    dans l’âtre de la nuit
    une bûche de vers

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                                          Edvard Munch

    Il faut au soir
    au tout dernier instant
    changer le cheval de sa vie
    et  la charge à son flanc
    en cendre d’hippocampe
    au vent

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                                                  Otto Dix

    Assis sur la frontière hésitant  et curieux
    peut-être qu’on  entend
    l’archet de Sophie Watillon
    glisser sur l’eau  lente de l’aube
    ou le silence ouvrir
    sa bouche de fontaine aride

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                                           Egon Schiele

    Ne tombez pas sans emporter
    le doux d’un bas de soie
    l’illustre d’un baiser d’amour
    le sentiment d’avoir manqué
    un long chapelet de vrais trains
    l’appel d’un enfant dans la nuit

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                                            Jean Rustin

    Dans l’envoûtant parfum
    de l’herbe
    couchée
    qui se fait foin
    à la carrure du soleil
    je songe à ton cercueil

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                       Moché Kohen

    Que peu de choses soient écrites
    encore
    Villon Labé Rimbaud
    nous faisons repasser la faim

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    Jacques Flament Editeur - Collection ARTE PRIMA

    La collection, - à laquelle je collabore en signant des notices et/ou des présentations d'artistes - , a pour objet de présenter des artistes de talent (peintres, sculpteurs, photographes) qui apparaissent sur la scène française ou internationale et dont le travail est suffisant pour faire l'objet d'une monographie cohérente et de qualité.

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    http://www.jacquesflamenteditions.com/ap-002-sylvie-cairon/

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    http://www.jacquesflamenteditions.com/ap-001-anna-maria-cutolo/

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    http://www.jacquesflamenteditions.com/ap-003-lephilipponnat/


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    M  A  G  A  L  I      N  O  Ë  L

    vous êtes intelligente, savoureuse, talentueuse, libre, astrale, belle et éternelle.

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    Juin s'assombrit sous l'ombre de cette nouvelle. Juin s’alanguit. Un chagrin lourd d'orage me vient. Magali la sublime, la Fellinienne, l'interprète de Vian, Magali la somptueuse a mis les voiles, couvrant d'absence son merveilleux corps astral, sa malice irrésistible, son éblouissante présence, son talent délectable, sa voix de môme délurée et douée. Une déesse terrestre quitte mon petit panthéon pour entrer en apesanteur, en alizé, en parfum. Cette nuit, je regarderai Amarcord. Ma veillée. 

    A la fin du film Amarcord (Je me souviens), la belle Gradisca, splendeur convoitée par tous, s'est mariée avec un vilain carabinier un peu gras et déplumé. Au terme du banquet, après la photographie des mariés, elle pleure, elle envoie des baisers, elle jette son gros bouquet de fleurs. Les adolescents ont dansé et joué pour elle. A présent, ils s'émeuvent, l'heure de la séparation est douloureuse, ils courent désespérément derrière la voiture qui emmène la belle. Sans rire, je cours un peu, moi aussi, derrière la voiture qui emmène Magali Noël. 

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    https://www.youtube.com/watch?v=4mCnXEjahg0
    https://www.youtube.com/watch?v=7GgZXsg0TwI
    https://www.youtube.com/watch?v=GoYzUvIERbI
    https://www.youtube.com/watch?v=tKUNe2zbJAI&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG&index=3
    https://www.youtube.com/watch?v=lyvuzZdybOc&index=4&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG
    https://www.youtube.com/watch?v=ktFLJf4YCgg&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG&index=5
    https://www.youtube.com/watch?v=xNMNKAk-xEg&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG&index=7
    https://www.youtube.com/watch?v=fay4w5625AQ&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG&index=15
    https://www.youtube.com/watch?v=pLxDAxDX1zo&index=19&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG
    https://www.youtube.com/watch?v=3DZdLN0nr_4&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG&index=21
    https://www.youtube.com/watch?v=pH_66h2kjds&index=22&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG
    INTERVIEW de MAGALI NOEL à 80 ANS
    https://www.youtube.com/watch?v=fn4RNJuWaEw&index=14&list=PLQTIMKFMnu8T5djmwkwuaEqeaQwxpKNPG

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  • 08/01/15--06:32: Avec Andreas Vanpoucke
  • Pointe sèche : Andreas Vanpoucke - Poème : Denys-Louis Colaux

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    ART POÉTIQUE

    Respire
    mange des fraises
    caresse
    des seins un corps
    des métaphores
    écris
    la danse de tes élégies
    divertis-toi
    car un instant un seul
    de lucidité lourde
    t'inviterait
    à sauter dans le paradis du vide

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  • 08/10/15--02:25: La Pharaonne (avec Sam Sam)
  • Avec pour astre mon amie la belle Sam Sam que je salue et remercie très vivement. Ses photographies sont reproduites avec son autorisation. Elles sont extraites de son espace personnel (photos de profil):

    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1661010777476862&set=a.1374315362813073.1073741825.100007038660197&type=1&theater

    Toutes ces photographies appartiennent à leurs auteurs. A ce superbe album ont contribué Artefact Usw, Laamari Nacera, Arthy Mad, Leila Daquin et Sam Sam elle-même.

    Poèmes : Denys-Louis Colaux

    Avec la musique de Marin Marais : https://www.youtube.com/watch?v=XXnwKlDvvAk

    L  A     P  H  A  R  A  O  N  N  E

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    A P R È S    E L L E
     
    1.
     
    Après
    la valse est lasse et la valise lourde
    et le chemin n’entre plus nulle part
    l’âme sait désormais
    le poids qui leste son épaule
     
    2.
     
    Après
    l’étoile est pâle dans la flaque
    le ciel perd son odeur d’encens
    très doucement tout se délaie
    et l’encre de la pluie
    écrit des lettres
    que personne ne lit
     
    3.
     
    Après
    les trains très loin
    audibles seulement
    par leurs appels désespérés
    descendent sans nous vers le sud
    quand tout en haut
    vers le sommet de la colline
    le cimetière des licornes
     nous hèle
     
    4.
     
    Après
    le grand Nègre qu’on est
    s’avance tout nu dans la neige
    le lait chaud de ses songes
    lève un peu de vapeur encore
    et s’absente dans l’aube
     
    5.
     
    Après
    le Gitan de qui l’aile
    laisse un moignon à notre épaule
    s’assoit dans l’herbe du fossé
    et  regarde verser
    l’épave de sa caravane
     
    6.
     
    Après
    l’Inuit enseveli en nous
    monte s’asseoir parmi les ombres
    et le charbon bleu de sa vie
    s’allonge sous les litres noires
    puis s’endort au verso du rêve
     
    7.
     
    Après
    le cœur est presque nu
    le cœur reste tenu
    dans un cercle de cœurs
    car avec le vinaigre
    l’éponge du cœur absorbait
    l’âme mêlée de sang
    des bien-aimés
     
    8.
     
    Après
    tout le lointain n’est plus qu’un drap
    un oiseau noir occulte la fenêtre
    la chambre penche
    comme une chute d’échafaud
     
    9.
     
    Après
    lorsque le silence a semé
    sa belle blancheur inféconde
    les indices et les gestes d’amour
    -  leurs silhouettes 
    comme des naufragés
    s’en viennent battre la surface
    des grosses eaux tumultueuses
    qu’on laisse derrière soi

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    M É M O I R E    D ' A I L E
     
    1.
     
    C'est il me semble
    un piège pour soi-même
    de chercher à glisser
    les lucioles dans un bocal
    de courir comme deux lièvres
    le graal nocturne d'un visage
    de lancer son lasso
    dans un flot d'étincelles
    à l'assaut des étoiles
     
    Si le rêve c'était
    de tenir en laisse toujours
    le lent nuage de la pesanteur
     
    Laisse la lune
    sur la forêt où tu t'assois
    passer comme le chant
    sur l'échine du bruit
     
     
    2.
     
    Elle a un air de vigne sombre
    désaltérée
    au bleu clair de la pluie
     
    Elle a un air de nuit
    qui retient par leurs ailes
    de longs filaments d'aube
     
    Elle a pour trancher et unir
    le proche et le lointain ouverts
    l'oud et le luth étreints
     
    3.
     
    Allant
    sous le lourd soleil d'août
    il regardait la poutre du ciel bleu
    ainsi qu'un homme résolu
    le chêne
    auquel il va se pendre

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    P R I M A   D O N N A
     
    quoi quel appel
    repris au fond de quel écho
    éteint au fond de quel vallon 
    quoi quel oiseau
    épanoui dans quel azur
    crucifié sur quel horizon
     
    non je ne sais rien à peu près
    du long chemin de ses secrets
     
    quoi quelle enfance
    amarrée à quel estuaire
    arrachée à quelle espérance
    quoi quel poème
    fécondé dans quel golfe d'encre
    noyé sous quelle arche de pluie
     
    non je ne sais rien à peu près
    du long chemin de ses secrets
     
    quoi quel parfum de fruit
    nappé sur quel coulis de nuit
    brûlé sur quel charbon ardent
    quoi quelle neige
    saupoudrée au chevet de quel rêve engourdi
    assise sur le seuil de quel livre savant
     
    non je ne sais rien à peu près
    du long chemin de ses secrets

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    L A   P E I N E   D E   S E S   Y E U X
     
    Je m'assois à la table de ses yeux
     
    Mettez à vos côtés lui dis-je
    afin d'atténuer la force de l'aimant
    pour en soutenir la vertu
    mettez à vos côtés 
    la mort
    l'élan bleu des dauphins
    la torsion noire des baleines
    devant l'écran de la banquise
     
    Parfumez vos cheveux lui dis-je
    au chrême de vos rêves
    rincez-les un instant
    au lait stérile du réel
     
    Pensez lui dis-je
    que le rêve est serti
    dans la bague du vrai
    pourtant
    le vitrail est sublime dans la nuit
     
    Je m'étais assis à la table de ses yeux

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    R E T A R D
     
    Quand je suis arrivé devant la scène où elle dansait depuis une heure, je me suis débarrassé des oiseaux morts empêtrés dans ma tignasse, des livres engourdis dans ma poche, des siècles coagulés à la semelle de mes bottines et j'ai retrouvé, intact, glorieux et mortel, le désir de fumer.  

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  • 08/13/15--03:16: Jean-Claude Bertrand
  •  JEAN-CLAUDE BERTRAND

    Artiste français né le 25 août 1948, il est diplômé de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Nancy (1965-1970). Il a fait carrière dans la publicité pendant plus de vingt ans. Depuis 1997, il se consacre exclusivement à sa démarche artistique après le décès de sa première épouse. "Très sensible, explique-t-il, aux musiques d'improvisation, et plus particulièrement au jazz, j'ai tout d'abord décrypté cette richesse musicale. Puis, explorateur insatiable j'ai élargi ma palette à toute autre forme de musique, de voix, ainsi qu'à d'autres aventures sensorielles comme l'univers du parfum, de la gastronomie, du vin ..."

    Voilà décidément une aventure artistique originale et fertile : l'art comme traduction d'une suite d'émotions sensorielles. Le pinceau comme sismographe de l'oenophile, du mélomane, de l'amateur de parfum. La peinture pour rendre visible une saveur, un agrément, un plaisir, un gamme de sensations. La peinture pour générer des correspondances. Jean-Claude Bertrand propose, d'une façon convaincante, la création comme mode de célébration et comme issue d'une transmutation alchimique de la musique, du parfum, de la vigne. 

    http://www.bertrandjc.com/
    https://www.facebook.com/bertrandjc.art/timeline

    L'UNIVERS MUSICAL

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    Composition n° 6 - 50 x 70 - 2013

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    Lester Young 280 x 220 cm - 2000 - J'aime ses improvisations indomptables, son jeu fougueux, ses belles harmoniques de couleur 

    Ecoutez Lester YOUNG

    https://www.youtube.com/watch?v=bmZ5QkVtnHk
    https://www.youtube.com/watch?v=R8cFxKVYC7A
    https://www.youtube.com/watch?v=n2wr9FR-m70
    https://www.youtube.com/watch?v=AxUvFBsLkdc

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    Michel Petrucciani - 183 x 431 cm - 1999 - Peinture créée juste après avoir appris la disparition de Michel Petrucciani et réalisée sur des bandes irrégulières de bois évoquant la virtuosité de ce génie du piano et boulimique de la vie.

    Ecoutez Michel PETRUCCIANI

    https://www.youtube.com/watch?v=06_uCl_Bovs
    https://www.youtube.com/watch?v=mdToC1fope8
    https://www.youtube.com/watch?v=yoXdoV1IER4
    https://www.youtube.com/watch?v=JAPWBcSeKds

    L'UNIVERS DU VIN

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    Sauterne Château d'Yquem 1969 - 120 x 190 x 4 cm - technique mixte 2014

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    Cotes de Duras rouge Domaine de Ferrant Cuvée symphonique 2012 - 120 x 90 x 4 cm technique mixte sur toile 2014

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    Haut Médoc Château Citran 2002 - 120 x 90 x 4 cm technique mixte sur toile 2014

    L'UNIVERS DU PARFUM

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    IRIS, parfum de Jacques Masraff - Technique mixte sur toile 80 x 80 cm 2014


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  • 08/17/15--05:13: Magalith et Myriam Lachman
  • Poignant témoignage

    des sœurs Lachman

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    Château de Sorinne-la-Longue – Dimanche 28

    avril – 16 heures – Exposition & Témoignage

    Notice introductive

    SAM_0592.JPGCet article est dédié à madame Geneviève Mossiat-Guillaume. Elle est au nombre des personnes qui, au sein de l’institution de Sorinne-la-Longue, ont pris en charge les fillettes Lachman et les vingt enfants juifs accueillis et dissimulés parmi la centaine d’enfants hébergés là.  En 1998, sous le numéro de dossier Yad Vachem 2153.2, Geneviève Mossiat-Guillaume est reconnue Juste parmi les nations. Sa fille cadette, présente dans l’assemblée ce dimanche 28 avril 2013, rythmait et ponctuait le débat. « Juste parmi les nations » (en hébreu : Hasid Ummot Ha-'Olam, littéralement « généreux des nations du monde ») est une expression du judaïsme tirée du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). En 1953, l’assemblée législative de l’État d’Israël (la Knesset), en même temps qu’elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer « les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». Le titre de Juste est décerné au nom de l’État d’Israël par le Mémorial de Yad VashemAu 1er janvier 2012, 24 355 Justes parmi les nations de 41 pays ont été honorés. En tout, les Justes ont sauvé des centaines de milliers de personnes. Il s’agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Juste_parmi_les_nations

    Petites dédicaces musicales

    Nuit et brouillard est une chanson d’hommage à toutes les victimes de la déportation. Elle est sortie en 1963. Jean Ferrat, - dont le père, juif, est mort en déportation à Auschwitz -, en est l’auteur, le compositeur et l’interprète. Cette chanson affirme un catégorique refus de l’oubli.

    http://www.youtube.com/watch?v=GaHVBX6HPio&gl=BE

    Peut-être aussi, grâce aux profonds et majestueux Chants juifs de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton pouvons-nous méditer le témoignage de Magalith et Myriam Lachman.

    http://www.youtube.com/watch?v=qz0TltO3uQ8

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    Magalith et Myriam Lachman

    SAM_0603.JPGPlacé dans le cadre d’une manifestation des Passeurs de Mémoire, l’impressionnant  témoignage des sœurs Lachman s’est déroulé ce dimanche 28 avril 2013 dans une aile du château de Sorinne-la-Longue, aile dans laquelle une exposition de panneaux pédagogiques évoquait efficacement le terrible souvenir de la Shoah et des camps de concentration. Pour cet exposé dominical, la petite salle ne suffisait pas à contenir les gens que cet événement avait interpellés. Notons que durant la semaine, les enfants des écoles de l’entité, après une visite de l’exposition, avaient rencontré, écouté, interrogé les deux sœurs. Remarquable initiative pédagogique.

    SAM_0612.JPGMagalith Lachman, qui vit aujourd’hui en Israël, et Myriam Lachman, établie aux Etats-Unis, charmantes et gracieuses aïeules, ont évoqué devant nous dans un français très correct leur inconcevable histoire durant la seconde guerre mondiale. Tout au long de leur exposé, on sentait, on éprouvait presque physiquement chez les deux vénérables témoins une poignante énergie, une vitalité formidable, un désir de dire et une sorte de frémissement profond et troublant. Le témoignage oral, en vis-à-vis, dans la perception de chacune des inflexions vocales du témoin, atteint à une acuité bouleversante. Un frisson d’humanité et de compassion circule entre qui raconte et qui reçoit. La voix humaine, la présence physique du témoin incarnent mieux que tout un destin, une tragédie. Elles leur confèrent une intensité et une vérité. Ces deux témoignages valent aussi par la façon dont ces deux femmes vibrent encore au terrible diapason de leur lointaine enfance.

    La famille Lachman venait de Pologne et s’est installée d’abord à Anvers, dans un appartement à trois étages qui a très fortement imprégné la mémoire des fillettes.

    Magalith, son père et sa mère ont passé la guerre à Tervuren sous la bienveillante et héroïque sauvegarde du baron Henri de Broqueville. Le comportement exemplaire du baron de Broqueville à l’égard de la famille Lachman et d’autres Juifs en péril inspire le respect et l’estime. Il fait l’objet d’une belle suite d’articles (le premier en français et les quatre suivants en anglais) que je recommande vivement au lecteur. En voici le lien : http://broqueville.be/?p=2472#more-2472. Envers le baron Henri de Broqueville, Magalith manifeste une inépuisable reconnaissance. Elle est restée, dit-elle, en contact avec lui jusqu’au jour de son décès. Aujourd’hui encore, elle bénit et célèbre son nom. Le baron Henri de Broqueville, en 1975, numéro de dossier Yad Vachem 977, est fait Juste parmi les nations.

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    Le groupe des fillettes à Sorinne-la-Longue durant la guerre

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    Premier plan, à droite, Célia Lachman, derrière elle, sa soeur Myriam, à Sorinne-la-Longue en 43 ou 44

    Myriam et sa sœur Celia (qui vit aujourd’hui en Argentine) ont donc séjourné à Sorinne-la-Longue et doivent leur survie à leur secrète insertion dans le groupe d’enfants. Car, pour protéger les fillettes juives de toute périlleuse indiscrétion, seuls les pédagogues et le personnel de l’Institution étaient informés de l’identité des enfants juifs. Pour des raisons de sécurité, Myriam et Célia ont été rebaptisées Suzanne et Marie Broca.

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    L'étoile jaune. Le père de famille ne voulait pas qu'on la portât. Cette étoile, de même que les photos ci-dessus sont la propriété de la famille Lachman.

    Myriam est déjà revenue à Sorinne-la-Longue avec ses filles pour leur montrer où Célia et elle avaient été cachées durant la guerre. C’était pour elle une sorte de pèlerinage et pour ses filles un authentique voyage initiatique. Durant la guerre, explique Myriam, le château était mis à la disposition d’une sorte d’orphelinat. Il se trouvait ici 120 enfants non juifs et vingt enfants juifs. C’est ici, dit-elle avec une réelle émotion, que j’ai appris à lire et à écrire. Quand une petite camarade manifestait trop de curiosité à notre égard, dit Myriam, les institutrices et les éducatrices intervenaient pour nous protéger. De même, se souvient-elle, pour tenter de nous mettre à l’abri des bombardements, les institutrices et les éducatrices avaient cousu  d’immenses voiles blanches portant une grande croix rouge afin que le lieu fût associé à un hôpital et épargné par les bombardiers. Elle se souvient aussi d’un climat d’angoisse et d’anxiété, de nécessaires moments de dissimulation dans les caves. Il n’y avait évidemment guère de nourriture, aucun gaspillage n’était admis. Le petit dessert était servi au dos de l’assiette, il fallait qu’on eût totalement mangé son contenu pour pouvoir la retourner. Mais nous étions sans cesse protégées et, déclare Myriam, je suis pour toujours reconnaissante. Elle égrène merveilleusement ses lointains souvenirs : le patinage sur l’étang gelé du château, la nécessité quotidienne de maintenir le secret et de se souvenir de son nom d’emprunt. J’ai vécu deux années ici, dit Myriam, et, toutes choses confondues, je juge que ce sont de bons souvenirs. A la fin de la guerre, dit-elle avec émotion, notre sœur aînée est venue nous chercher.

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    La nombreuse assemblée autour de Magalith et Myriam Lachman ce dimanche 28 avril à Sorinne-la-Longue. On aperçoit également les panneaux pédagogiques. La salle ne pouvait contenir tous les gens que ce programme avait mobilisés.

    Magalith le déclare avec ferveur : « Nous avons été une famille marquée par la chance, nous avons tous survécu. C’est rare, tellement rare. J’ai connu tant d’exemples de familles décimées, terriblement meurtries et parfois anéanties ». L’odieux calvaire infligé aux Juifs par les Allemands reste pour Magalith une profonde source d’écœurement, de colère et d’affliction. « Les nazis, dit-elle, ont traité les Juifs comme du bétail, comme des animaux sans importance, ils les ont jeté comme des choses à détruire. Ce que les Allemands nous ont fait est presque inexprimable. » Et lorsqu’elle le dit, on sent qu’elle est encore terriblement affectée par les images qui la hantent douloureusement. Elle raconte alors, d’une voix endolorie, la terrible histoire de deux adolescentes qui étaient ses amies. L’une se nommait Betty, l’autre Mali. Elles furent convoquées par les Allemands avec l’obligation d’emporter des bas, du dentifrice, des choses utilitaires de cette nature. Ces recommandations strictes avaient pour seul but d’abuser la candeur des deux adolescentes. « Lorsqu’elles se rendirent à la convocation, leur maman était enceinte et elle faisait au revoir par la fenêtre ». « Elles avaient 14, 15 ans, pense Magalith. C’était terrible. Nous n’avons plus jamais eu de nouvelles d’elles. Elles ont totalement disparu. Terrible ».

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    Magalith évoque aussi un souvenir noir du passé belge. Elle évoque le monstrueux souvenir de la caserne Dossin à Malines. Cet endroit de sinistre mémoire et qui entache notre passé fut pour des milliers de Juifs séjournant en Belgique le terrible lieu de transit vers les camps de la mort. Pris dans les rafles, les Juifs arrivaient là et y séjournaient dans d’odieuses conditions en attendant d’être dirigés vers Auschwitz. Plus de 25.000 Juifs et 351 Tziganes ont transité par ce lieu. Une effroyable, une infernale comptabilité nous oblige à dire que seuls 1203 personnes ont survécu à la déportation. Monstrueuse efficacité de la machine de mort. Aujourd’hui, la caserne est devenue un lieu de mémoire. On y a ouvert en 1995 (il me semble que cela s’est effectué dans une effarante et coupable lenteur) le Musée juif de la Déportation et de la Résistance. Le nouveau Mémorial, musée et centre de documentation sur l’Holocauste et les droits de l’homme qui jouxte la caserne est ouvert au public en 2012.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_regroupement_de_Malines

    Les retrouvailles familiales, raconte Magalith, le regard illuminé par un sourire merveilleux, ont eu lieu à Saint-Gilles, rue de Belgrade, 106. Le souvenir resplendit encore dans sa merveilleuse exactitude. Aujourd’hui, dit Magalith avec une grande fierté, j’ai quarante descendants : enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

    Une heure s’est écoulée. Une heure précieuse et inoubliable dans la magnifique compagnie de deux êtres irremplaçables. Oui, ceci est un indispensable témoignage, oui, la tâche accomplie par les deux femmes est considérable. Cela remet en perspective les monstruosités et les abominations d’une histoire récente. Cela rend plus obscène encore, plus exécrable, ça et là, cette résurgence nostalgique du fascisme et du nazisme. Mais cette heure aussi, grâce à la merveilleuse qualité de présence de deux femmes, célèbre la fragilité, la force, la beauté et cette séduisante lumière que peut parfois émettre l’être humain.

    Sous l'étoile jaune qu'elles nous ont montrée, les soeurs Lachman ont écrit à la main : Never again. Plus jamais. Oui, pour nous tous, c'est le voeu essentiel : que de telles atrocités n'aient plus jamais lieu. 


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  • 09/16/15--01:10: Sylvie Lobato
  • Sylvie   L o b a t o

    a lob a.jpgSon espace : http://www.sylvie-lobato.com/fr/

    Sa notice biographique :

    Sylvie Lobato, née à Paris en 1970.
    Française d'origine espagnole, vit et travaille à Paris.
    Diplomée de l'EMSAT (Ecole Municipale Supérieure des Arts et Techniques de la Ville de Paris). Section Arts Graphiques.
    Calligraphie avec Laurent Pfuglaupt
    Gravure à l'Ecole Duperré
    Sculpture aux Arts Décoratifs de Paris.

    Ce que l’œuvre nous inspire :

    D’abord, c’est un grand saisissement. Ces travaux picturaux vous empoignent, vous secouent, vous malmènent. Ils sont à la fois macabres et luxuriants, morbides et foudroyés par la vie, grouillants de vie, terribles et foisonnants.  Ils évoquent le déchirement, la rupture, l’éclaboussement  et quelque chose les recentre, assure leur unité et leur maintien.  Ils sont d’une masse ardente, magmatique, saignante et pourtant, il y a de la danse en eux. Ce sont des cris de souffrance et des protestations de vie. Et ce sont de lourds silences rouges, dégoulinants.

    Le feu de la vitalité et la présence de la mort s’affrontent dans les œuvres. Crucifixions et cabrements, ruades, enlisements, voilà l’être dans tous ses états, dans ses apories et ses élans, dans ses résignations et dans ses révoltes, voilà l’âtre de l’être. Les couleurs saignent, brûlent, bouillonnent, débordent, des surlignements blancs viennent semer des contrepoints, une sorte de virtuosité sauvage de la couleur en éruption intensifie la composition et la décomposition. Il y a de la flamme et du flamenco dans la morgue tendue des attitudes et des passes. Il y a un esprit de lutte, de résistance, une furieuse empoignade avec le destin. C’est une impressionnante homomachie que Lobato met en scène sur la toile.

    Ses très exceptionnels minotaures, - créations fondées dans des couleurs en force, des orages de violentes couleurs -, trouvent un lieu inédit entre humanité et animalité, surpuissance et compassion, bestialité et sensibilité.

    Dans les couleurs, il y a de la masse, des bouillons, du poids et de la rotation. C’est dynamique et chaotique, métaphorique du désastre et du désir de vivre, les yeux sont terribles, troués parfois. Corbeaulx nous ont les yeulx cavez, écrit Villon dans La Ballade des pendus.  Et je trouve Villon, Shakespeare chez Lobato. Je trouve l’homme de Vitruve traversé, enflé, déchiré, ployé par les tourments, je trouve des larrons en croix, des relents de Testaments, de Moyen Âge et de mythologie, des allures d’enfers, des impressions de soubresaut et de damnation, d’échafaud et de supplice, d’insurrection tragique.

    Œuvre violente, funèbre, morbide et traversée par la vie et le sang, la peinture de Lobato  se lève comme un hurlement terrible et fascinant, un cri monté du fond des âges et dont l’intensité ne décroît pas. Un cri que le présent reprend et perpétue comme un héritage indestructible.

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  • 09/17/15--15:08: Chez Campiglia, à nouveau
  • F R A N C I S   C A M P I G L I A

    Je suis à nouveau de retour chez Francis Campiglia, mon photographe parisien favori. J'y reviens comme un lecteur revient aux grands auteurs, aux types qui savent y faire, j'y reviens par amitié pour la belle ouvrage. J'y reviens par plaisir, pour regarder, pour contempler, du beau, du bien troussé, du bien vu. Pour mon agrément que j'y reviens, ici, dans le Paris et parmi les faunes et flores de Campiglia. J'y reviens parce que je n'y ai jamais trouvé la lassitude. Et pour cette sorte d'histoire qui semble toujours embusquée dans les icônes du Gaulois superbe. Ici, les images ont bon goût, il circule dedans une qualité d'oxygène qui requinque le regardeur, j'y reviens mais oui, en raison d'une franche humanité en vigueur dans les albums. Ce sont des photographies de gourmet, de farouche esthète. Moi, oui, je n'en fais pas secret, en pur amateur, je pianote dans les paysages, les brumes, mais je donnerais tous mes clichés pour une minute du talent de Campiglia. Inutile de s'abuser, de perdre de vue la bonne mesure.  Il n'y a pas nivellement des valeurs. Il n'y a pas de lauriers dans toutes les soupes. Et il y a soupe en sachet, soupe, puis potage et velouté. L'excellence n'est pas à portée de tous les désirs ni de toutes les marmites. Honte à qui perd le goût de saluer, honte à qui perd le goût de lever les yeux. La chose se dit beaucoup : tout se vaut, tous des artistes, poètes, critiques, auteurs, photographes ! Une affirmation qui, selon moi, relève du bagage intellectuel de la perruche. Merde aux charlots, aux tocards, aux épouvantails prétentiards ! Assez. 

    C'est bon d'être dans l'imagier du maestro Campiglia, on y a rendez-vous, c'est sérieux et stupéfiant, avec le moelleux d'un bon vin, la saveur d'un beau poème. Je suis là, chez le maître, pour me consoler de ce monde si sensible au moche et au méprisable, pour emmagasiner, pour faire des provisions d'art. Il sait, le maître, faire icône dans le hasard, sublimer la seconde d'une rencontre ou d'une découverte et lui donner l'occasion de se déployer du circonstanciel à l'éternel. Un éternel à la mesure des hommes. Il n'y en a sans doute pas d'autre.   

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    A    S U I V R E


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  • 09/18/15--05:28: Koen Pattyn
  •  K O E N    P A T T Y N

    Je possède très peu d'éléments biographiques sur ce peintre belge contemporain, qui vit à Gand. Je laisse au visiteur quelques adresses pour qu'il aille de son propre chef à la rencontre de l'oeuvre.

    https://www.facebook.com/koen.pattyn.9
    http://www.pinsart.be/KoenPattyn.htm
    http://www.nucleo.be/artist/index/nl/140
    https://fr.pinterest.com/theuninck/koen-pattyn-belgium/

    a k 1.jpgAh, c'est une oeuvre intrigante que celle de ce Flamand doué et qui semble errer dans les siècles de la peinture tout en étant réellement contemporain. Oui, il y a un voyage dans le temps de la peinture. Dans le temps du dessin. Son art, d'une étonnante ambiguïté, a quelque chose du frisson, du frémissement, de la traduction d'une émotion. Souvent, dans sa peinture, les corps et les visages ne sont ni corps ni visages : ce sont des états d'âme, des états d'esprit, des sentiments, des émotions. Ce sont des lieux de rencontre. Il ne s'agit pas de ressembler mais d'être, d'exister au maximum de sa singularité. Ce que nous voyons, c'est un effet produit par un être sur le peintre, un effet, une suite d'effets. Son travail, - indifférent à toute forme de réalisme - est de rendre la vérité de l'impression, aussi singulière soit-elle : étrange, belle, troublante, angoissante, charmante, inquiétante. Ce sont des fluides plutôt que des traits, des ectoplasmes, des fantômes délivrés, des flammes spirituelles. On dirait que cette peinture est capable de rendre un état intermédiaire entre l'essence et la substance. Cette peinture prospecte et rend autre chose que la forme, que l'apparence. Ce que nous voyons s'apparente peut-être au  principe des vases communicants : le peintre transpose en couleurs, en formes mobiles, en geste artistes la relation entre lui et son modèle. L'autre est un cierge qui brûle, qui fond, l'autre est une lumière qui vacille, une sorte de prière peut-être profane que le peintre, hospitalier, inspiré, ouvert au magnétisme de l'autre, capable de se laisser halluciner par l'autre, recueille et fixe dans l'univers de l'art. Un art profond, d'une profonde dimension spirituelle, un art où l'autre devient une lanterne tamisée ou éblouissante, secrète ou violente, toujours à l'écart de l'indifférence et de la superficialité. L'autre, à l'abri des canons esthétiques, est toujours un être impressionnant. 

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