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Site littéraire et poétique personnel

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    AURORE  LEPHILIPPONNAT

    La formidable rencontre de l’art et du sauvage 

    AL 1.jpgAurore Lephilipponnat est une jeune et très talentueuse artiste peintre et dessinatrice française née le 4 novembre 1983. Elle est animiste et milite pour les droits des animaux. Elle vit à Trans-en-Provence. Elle pratique aussi la performance (peinture en direct devant un public).

    L’univers de l’artiste, ai-je d’abord envie d’écrire avec une consciente superficialité, n’a pas grand-chose à voir avec sa jeunesse et sa joliesse. Elle présente sans doute une lointaine parenté avec l’univers du peintre et dessinateur autrichien Egon Schiele mort à 28 ans de la grippe espagnole en 1918. Ceci pour rappeler qu’on peut être jeune et porter sur ses épaules toutes les hantises du monde. Il y a une influence de Klimt, avec quelques citations et, dirait-on, une espèce de dialogue engagé avec lui. Mais ceci, l’évocation des parentés, des influences vaut surtout quand on ne sait trop que dire d’une œuvre. Disons que l'artiste témoigne dans son oeuvre de son amour de l'art et de sa passion pour certains artistes.   

    Le travail de Lephilipponnat semble résulter d’une sorte de précipitation de la maturité en même temps que d’une exacerbation de la lucidité. On semble parfois même être confronté à l’oxymore d’une lucidité hallucinée qui permet à l’artiste de voir au travers des corps qu’elle peint avec vigueur et force, de faire en sorte que l’agencement même des lignes qui composent ces corps en expriment les violents états émotionnels. Ces corps, elle les saisit dans leurs fièvres, leurs passions, leurs convulsions ou leurs décrépitudes. Il s’agit souvent, plus spécifiquement peut-être dans ses dessins, d’une saisie violente et torturée. L’artiste semble chercher à capturer la structure de l’être, son ossature, son squelette, son décharnement. Elle donne aussi, me semble-t-il, sa faille. Elle semble vouloir aller jusqu’à l’os mais en même temps jusqu’à l’âme. Il y a quelque chose qui crie dans ce dessin, quelque chose qui hurle et qui vous étreint violemment. Quelque chose qui vous secoue aussi.

    Il y a un immense fond de désespérance dans cette œuvre fascinante, une sorte de chorégraphie du désespoir. La nudité semble aller de pair avec un dépouillement extrême, un déchaussement de la chair. Les visages, lorsqu’ils sont visibles, disent la désolation, la détresse. Il y a peut-être aussi, comme un constat sur l’espèce, une sorte de morbidité ou de proximité de la mort que souligne le gris bleuté des corps parfois orné de soulignements rouges qui font penser au sang et à la plaie.

    Il y a, dans la peinture de Lephilipponnat, des éléments qui paraissent moins agités, plus apaisés et plus composés. Mais il y a surtout dans l’œuvre une formidable alliance entre le nerf et la réflexion, entre le tempérament et la composition, entre la vitalité et la technique. Mais ici, où que je porte les yeux, vers l’un ou l’autre des aspects qui composent cette oeuvre abondante en cours de construction, je suis conquis par l’adresse, par le tonus, par l’extraordinaire expressivité, par la violence du propos. Il y a ici une rencontre en altitude, très haut, une rencontre passionnelle entre le sauvage et l’art. 

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  • 10/21/12--07:16: Marc DUBORD
  • MARC DUBORD

    Une majesté savamment ambiguë

     

    D0.jpgPour les gens qui sont de la partie, (les spécialistes, « n’oubliez jamais que le Titanic a été construit par des spécialistes ») Marc Dubord est un artiste connu et reconnu. Il est né en 1965. Il vit à Lille. France. Europe. Il n’a guère besoin d’être présenté mais je présume que, comme un certain nombre d’artistes, il aime un peu qu’on l’aime, il regarde comme agréable qu’on évoque son œuvre et qu’on en chante les mérites (ce à quoi je me dispose, car, notez-le, je n’impartis plus d’espace aux gens que je n’aime pas et qui abondent, je me perdrais à dire mes nombreuses haines, mes multiples détestations, mes innombrables dégoûts). Dubord a beaucoup travaillé pour Charlélie Couture. Couture a dressé un portrait pertinent de lui. J’en livre un court extrait : « Marc Dubord n’est pas un photographe réaliste, c’est un compositeur. Il ne veut rien prouver, rien démontrer, rien révéler, non. Son mystère hiberne dans l’antre de l’être, là où se cache l’anima/animus qui est en nous ».

    Dubord a publié dans un grand nombre de magazines (Liloo, Rollingstone, Nouvelle Vague,…), ses travaux sont publiés dans des magazines d’art (Hey Magazine, Photoshop School, …), il a œuvré pour un bon nombre d’artistes (Couture, Noem, Vanessa Mandito, …), il a signé des photographies pour des marques, il a publié en anthologie (Editions Désignaré, …), il est aussi retoucheur d’images. Le plus simple est encore de consulter les nombreux sites dans lequels il est répertorié. J’ai tout visité. Tout mérite le détour.

     

    site personnel http://www.marcdubord.com/ mon site de site professionnel de retoucheur http://retoucheur.net/
    deviantart 
    http://mcdbrd.deviantart.com/
    exposition médiathèque de Wazemmes et au Furet du nord vampirisez vous !
    exposition Japy Factory 8/23 sept 2012
    Charlélie Couture (photo de presse et de l'album)
    festival européen de nu d’ Arles Mai 2012 + stages
    parutions:
    bazooka mandarine france 
    http://www.bazooka-mandarine.net/entrevu/2011_11/marc-dubord.html
    photoshop advanted magazine hors série charme (n°15)
    campagne de publicité crédit mutuel nord europe 2012 (mai)
    www.art-photo-akt.de prochain avec 30 images
    Moscato Chaud à l'olympia les images
    magazine tout faire en photographie juin 2012
    le livre Anonymus vente en ligne :
    http://www.marcdubord.officialboutique.com/

     

    Dubord est un anar, un anartiste, un anarque, un anarcho-syndicaliste, un type surtout qui n’en fait à peu près qu’à sa tête. En lui, il y a en même temps la lampe, l’interrupteur et la main qui allume et qui éteint la chose. Il se fout de tout mais avec une classe folle. Il prend tout au sérieux mais avec une dérision inconcevable. C’est un homme de gauche mais d’une espèce rare. Sous un faux air de désinvolture, c’est un perfectionniste, un bosseur, un bûcheur. C’est un exalté aussi, il a ce sens réjouissant et rare de l’exaltation. Cela se lit en filigrane dans on œuvre. Il a ensemble le goût de la pureté et une sympathie pour le parasite. Il aime l’ambiguïté. Marc est du bord où naviguent les pirates. C’est un gros dandy (xxl), un bouffon, un esthète. Oui, c’est un artiste qui peut être d’un raffinement exquis. Il peut entretenir des rapports étroits avec la beauté. Il peut, malgré sa masse, voler très haut. Sur le terrain de la technique, c’est un maître, un type qui possède son art, qui en maîtrise les arcanes. C’est un type instable. Une œuvre, une gifle, un éclat de rire, une merveille. Il ne se disperse pas, il songe seulement à occuper ses quatre points cardinaux. C’est ainsi, selon moi, que l’on s’approche au plus près de l’honnêteté intellectuelle. D’un point à un autre, il choisit toujours le détour, la courbe, le passage souterrain, le vol. C’est un poète et un ami de la lumière. Il aime aussi la farce, l’incongru, le farfelu. Il aime la femme (il excelle, il culmine dans le portrait féminin), immodérément, c’est un glouton gourmet, un rabelaisien, un sommelier et un strict Brummell.  Ses excès sont splendides, désarmants, choquants. Ses mabouleries sont splendides. On l’a adopté, on ne le lâche pas. Son art est extrêmement libre, très audacieux, toujours très original. Dubord ose avec  brio.  Il y a, dans ses galeries, des nus composés d'une beauté renversante, confondante.  La visite de son site personnel révèle de véritables joyaux. Epicurien, aussi, bien sûr, le photographe. C’est un peintre, un roi de la palette, un grand méticuleux, un enlumineur, un metteur en scène, un décorateur. Oui, il se prétend, à assez juste titre, « scaphandrier en eaux troubles ». Il dort sous un entonnoir au fond d’un somptueux gynécée imaginaire. Il se rêve sultan cerné de beautés à moitié dévoilées. C'est un grand célébrant de la messe féminine. C’est un type qui a des visions et qui sait les faire vivre en images. Il vous photographie, avant d’immortaliser une énormité, une jeune fille avec une délicatesse de repasseuse de satin. Il va d’un même pas assuré à l’élégance, au kitsch, au rococo et à l’extrême distinction. Je prends tout. Pas de tri. Il ne fait rien de médiocre. Dubord est un ogre qui a des patiences et des méticulosités de miniaturiste. C’est un taureau ailé d’Assyrie. Un être crânement viril mais capable du plus grand tact, d’un doigté de plumeur d’ange. Dubord a encore ceci de captivant qu’il reste un grand aventurier de la photographie. C’est un être que je n’ai jamais croisé mais pour lequel j’ai immédiatement éprouvé, avec de l’estime et de l’enthousiasme, une sorte de gratuite et immédiate amitié.

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  • 10/27/12--10:05: Joseph Loughborough
  • JOSEPH LOUGHBOROUGH

     L'impondérable lourdeur de l'être

    JL a.jpgLoughborough est un jeune artiste anglais originaire de Portsmouth et établi à Berlin. J’ai consulté un peu ses espaces. Son œuvre circulerait autour d’idées aussi saugrenues et passionnantes que l’idée du péché mortel, du désir, de la crainte et de la reconnaissance de sa propre absurdité. Je viens aussi, afin de découvrir un peu l’artiste, de parcourir sommairement une courte interview de lui découverte sur le net: 

    (http://www.smashboxstudios.com/yello/2012/10/interview-artist-joseph-loughborough/).

    Loughborough se souvient qu’il a toujours dessiné, depuis au moins le temps où sa mémoire a commencé à enregistrer, vers l’âge de 4 ou 5 ans, je crois. Il a un livre phare, l’Etranger d’Albert Camus et sa série d’œuvres intitulée « The Anatomy of strangers » est une exploration de la notion d’absurdité existentielle, cet absurde qui, selon le philosophe et écrivain, naît de la « confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». Camus ne prône pas l’abdication devant « cette fracture » entre le monde et l’esprit humain,   mais la révolte et « la longue complicité des hommes aux prises avec leur destin ». Si je sens, dans l’œuvre passionnante de Loughborough une prise en considération de l’absurdité existentielle (le douloureux appel de l’homme définitivement inentendu du monde), je ne sens pas – et c’est peut-être délibéré –  ni le bonheur de Sisyphe ni la complicité des hommes s’affrontant à leur destin. Il y a dans son parcours artistique, dit encore l’artiste, une dissection « presque scientifique » de la condition humaine. Mais bien sûr aussi, de son propre aveu, une fascination pour le corps humain, la forme humaine.

    Je vois encore, dans cette œuvre qui m’alerte et me passionne, un formidable univers, sombre généralement et une merveilleuse virtuosité du trait. Je trouve dans l’ensemble un caractère très littéraire aux compositions, une association très heureuse entre la calligraphie et le dessin. J’aime les formidables et très dynamiques rapports du blanc et du noir, l’électricité de la surcharge et de la hachure, les effets de tension créés par les rapports de la clarté et de l’obscurité, du plein et du vide, de la lèpre et de la grâce, de la présence et de la disparition., de la masse et de la légèreté, de la beauté et de la décomposition.

    Il y a aussi, sur un plan anecdotique, que je retrouve un peu ici du Rops dessinateur (et de ses préoccupations) croisé avec le trait d'Anki Bilal. Mais je sens surtout un artiste d'une très grande originalité.

    Les espaces où l’artiste est visible : 

    http://www.thefuturetense.net/      

    http://www.galerienaclil.fr/ 

    http://www.josephloughborough.co.uk/      

    http://www.flickr.com/photos/illjoseph/

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  • 10/28/12--03:01: Ruta JUSIONYTE
  • RUTA JUSIONYTE

    L’art de faire penser la terre

    RJ 1.jpgL’artiste, jeune, est lituanienne (Klaïpeda) et vit en Ile-de-France. A l'heure actuelle, me fait-elle savoir, elle se considère comme une artiste française. Elle a étudié à l’université de Vilnius, Académie des arts. Ruta Jusionyte réalise d’étonnantes terres cuites, plus petites que la grandeur nature, entre 60 et 120 cm de hauteur. Je me la représente, ayant longtemps contemplé ses réalisations, dans son atelier modelant ses étranges créatures comme une sorte de modeste  potière divine, comme un humble et orgueilleuse démiurge en action, mais plus encore comme une sage-femme qui met au monde les créatures étranges et touchantes qui peuplent son monde intérieur. Jusionyte a créé un univers singulier et passionnant, il est pleinement sien, très original.

    Ses êtres conservent quelque chose de fœtal, quelque chose du nouveau-né chauve et étonné de ce qu’il découvre. Ses créatures ont aussi quelque chose d’inachevé, leur enveloppe est rustique, trouée parfois, striée, leur enveloppe porte les visibles et ostensibles traces de la main de l’artiste. Dans le même temps, mais un peu à l’instar du nourrisson, les personnages portent en eux une sorte d’extrême vieillesse, quelque chose qui appartient à l’allure des ancêtres. De même, les animaux de la sculptrice ont-ils ces mêmes caractéristiques, ils sont jeunes mais viennent de très loin, de l’aube de l’humanité et leurs formes gardent une certaine imprécision en même temps qu’elles les rapprochent des états fossilisés. L’œuvre tout entière, comme un fildefériste audacieux, semble marcher sur la ligne du temps.

    RJ1.jpgLes créations de Jusionyte me semblent porter un troublant témoignage sur leur inachèvement, leur inaccomplissement, leur rusticité – qui sont, sans aucun doute, les nôtres aussi. Oui, ces créatures disent et portent des choses qui nous sont destinées et qui, bien qu’elles semblent exprimées dans un langage étrange, nous sont perceptibles. Ces drôles d’oiseaux nous parlent de nous. Ils nous parlent de tout ce qui est animé de vie (l’oiseau et l’être humain sont presque jumeaux, ou du moins y a-t-il des formes et des traits humains dans le corps de l’oiseau), ils nous parlent de ce qui est habité par la vie et semblent en rester surpris. Ils laissent aussi sur une impression de méfiance.

    Avec une impressionnante tendresse qui vous étreint le cœur et l’âme, avec une captivante qualité de présence, ces créations laissent un sentiment de haute mélancolie, d’inusable mélancolie. Elles vivent, dirait-on, dans un étrange et déstabilisant équilibre, dans une sorte de conscience attristée de leur incomplétude. Elles sont puissamment humaines, elles nous reflètent quelque chose qui appartient non pas sociologiquement mais intimement à notre condition. Une fois entrevues, les créatures de Jusionyte deviennent inoubliables.

    Espace de l’artiste : http://www.rutajusionyte.com/

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  • 10/31/12--07:33: Sabine DELAHAUT
  • SABINE DELAHAUT

    Gravure, dessin, peinture

     

    Ce que dit l’artiste :

    SD 1.jpg« Après une première approche des arts plastiques par l’apprentissage de la peinture à l’huile, je me suis graduellement tournée vers les techniques d’impressions artistiques, particulièrement, la lithographie et la gravure sur cuivre. Mais je suis repartie de zéro quand, pour la première fois, en 2006, on a posé un burin dans le creux de ma main. J’ai laissé dernière moi les préjugés et le peu de certitudes que j’avais, avançant en terre inconnue, confiante malgré tout. Dès lors, la ligne est devenue omniprésente dans mon travail, comme un écho à ma formation initiale de couturière, avec le fil conducteur qui nous mène d’une étape à l’autre…. point par point. Le geste de la lame pourfendant le cuivre, prémédité crée le temps, l’étirant avec douceur mais fermeté. Il le suspend également lorsque, par la taille répétée, hypnotique et réconfortante de sillons dans le cuivre, il révèle ici, une toison hirsute, là une chevelure au vent, là encore la matière d’un corset constricteur. »

    « Nourrie d’images absurdes par le spectacle de la rue et sa tyrannie du paraître, par les visages factices et les corps postiches …. je joue à la poupée. Ainsi, je dénude, pour mieux parer d’artifices, des silhouettes mutantes. Tour à tour, je donne et je reprends, je magnifie et je mutile. Je découpe et j’assemble, j’additionne, jusqu’à la soustraction de moi-même…

    Ces personnages, échafaudés jour après jour, se prêtent avec docilité, voire complaisance, à ce petit jeu de dupe.

    SDa.jpgJe laisse cependant quelques brèches, ici et là, afin que puisse se faufiler et s’épanouir la nature sauvage et instinctive que j’entrevois par bribes… elle n’est jamais bien loin et trépigne d’impatience, contenue et bridée, jusqu’au moment où elle pourra se dévoiler avec panache. »

    « La source de mon inspiration est le vêtement à travers l’histoire et les liens qu’il tisse entre le corps féminin et le sublime, la cruauté ou le ridicule. Je m’interroge sur cette relation masochiste, sur ce carcan imposé par la société mais bien souvent voulu et défendu bec et ongles par la femme elle-même. J’aime aussi explorer notre part d’animalité, les jeux et les mutations du corps. »

    S14.jpg« Le geste de la gravure, celui de laisser une trace qui se révèlera être un relief tangible, une petite boursouflure sur le grain du papier, comme un fil posé, me fascine. C’est un geste ancestral, simple et beau. Je privilégie le burin par rapport à l’eau-forte (dont je n’apprécie pas le coté aléatoire et que je n’utilise qu’exceptionnellement pour travailler des fonds), car il me permet de maîtriser mon sujet de bout en bout. Le burin pousse la ligne vers l’avant, étire le temps dans un geste hypnotique, rassurant. Il est parfois nécessaire de bloquer sa respiration afin de manœuvrer une plaque de grand format, car c’est toujours la plaque qui bouge et donne le mouvement à la ligne et non le burin. Enfin, la gravure est une passion dévorante….. Celle du cuivre vierge, et plein de promesses qui s’offre généreusement à l’assaut des outils et que j’aime caresser incessamment pour vérifier l’absence d’aspérité ou pour combler ses creux de blanc d’Espagne et ainsi révéler le dessin au fur et à mesure de son exécution. C’est aussi la passion des beaux objets que sont les outils et le geste de leur affûtage. J’aime cette noble vieille dame qu’est la presse, alliée imposante faite d’engrenages, de rouleaux et de plateau. J’aime aussi les mots de la gravure: encre, huile, papier, grain, filigrane, grattoir, ébarboir, roulette, burin, pointe sèche, tarlatane, spatule, trousser, essuyer, lange, berceau, fantôme, tirage, épreuve…. Tout comme ces parfums d’ateliers et d’encres chauffées,…. La gravure est art confidentiel, discret et silencieux qui implique un partage de savoir et une transmission. La gravure est mon refuge »

     

    Ce que nous disons à propos d’elle :

     

    Sabine Delahaut est née en 1973 à Liège, en Belgique. Issue de l’Ecole supérieure des Arts de Saint-Luc à Liège, elle est diplômée en Arts plastiques (peinture de chevalet) depuis 1995. Elle cumule les diverses formations : couture, modèlisme, stylisme, décoration (ensemblier-décorateur), gravure sur cuivre, lithographie, offset, sérigraphie. Chacune de ses formations habite et enrichit ses œuvres.  

    SD 17.jpgSabine Delahaut dit beaucoup de choses à propos de ses créations, elle dispose d’une belle langue pour évoquer son art, ses techniques, ses précieux outils et les gestes qu’ils exigent. La flamme de la passion traverse sa parole. L’œuvre de Delahaut est une œuvre d’une très grande finesse, d’une étonnante minutie dans le trait, dans le tracé tout autant que dans le propos. C’est une œuvre délicate, féminine, gracieuse, hantée par la femme (les indices féminins) et l’animal. J’ai parlé d’œuvre féminine car Delahaut burine avec la grâce et la souplesse de la couturière de Velasquez et un indéfinissable petit plus féminin exhausse l’œuvre. C’est une œuvre élégante dans laquelle l’absence est un des personnages essentiels, l’absence de l’être en tant que tel et sa manifestation réduite à ses avatars, à ses mutations, à ses ornements, ses masques ou ses métaphores. L’absence ici semble curieusement et poétiquement jumelée avec une quête de l’identité. Essentiellement, me semble-t-il, l’être s’absente derrière quelque chose ou est physiquement absent, ou partiellement absent. Delahaut nous propose des indices, des tracés incomplets ou masqués (plaisante trouvaille, le regard du  loup lui est quelquefois un masque). Elle se situe évidemment du côté de la poésie : elle invite l’imagination à déployer les trames qu’elle propose, et parfois elle sème les traits et nous invite à imaginer  qui les habite. Oui, son œuvre est une invitation à imaginer, à rêver, à rire, à s’étonner. Delahaut n’est pas une montreuse, son art tient dans la subtilité élégante de l’évocation, les nuances de la suggestion. J’aime ses gravures en rouge où chaque trait a la formidable palpitation d’une veine.  Il y a chez elle un grand sens de la métaphore et un art du sens caché, c’est une héritière des surréalistes belges aussi. Le merveilleux est dans son œuvre. Elle aime redire des formes, les répéter en y apportant des modifications, travailler tout à la fois dans la série et dans l’originalité, la constance et la transformation. Il y a en elle du baroque, mais un baroque étrange, une rencontre étonnante de la profusion et de l’ascèse. On trouve l’ornement sans le noyau souvent, la parure sans l’être paré. Quelque chose du conte hante son œuvre, de même que la présence obstinée de l’animal (qu’elle aime et pour les droits duquel elle milite infatigablement). Il me semble que, par certains aspects, la présence du fantastique est manifeste dans l’œuvre. Au travers de ce baroque sobre et inhabituel, insolite et charmant, dans ce lieu des identités masquées, du secret et de la révélation, de la fantaisie et du phantasme, de la féminité elliptique, du rapport singulier entre l’être et l’animal (l’humanité de l’animal, l’animalité de l’être humain), nous découvrons l’univers fascinant d’une poésie visuelle subtile et rare, quelque chose comme le merveilleux présent d’un art épuré et formidablement complexe.

    On consultera, pour faire plus ample connaissance avec elle, les espaces suivants :

    http://arsenic-editions.tumblr.com/Sabine%20DELAHAUT

    http://www.artmajeur.com/?go=user_pages/bio&login=sabinedelahaut

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    SUZAN SCHUTTELAAR

    Superbe frisson d’humanité

    S1.jpgSuzan Schuttelaar est une artiste hollandaise née à Gouda où elle vit aujourd’hui. Elle est diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts de La Haye, section dessin & peinture. J’ai découvert son œuvre récemment.

    « Dans chaque toile, explique l’artiste, je tente de raconter une histoire. Souvent, une histoire avec un petit fond autobiographique. Je cherche à rendre, à traduire en langage pictural  un moment émotionnel de pensée. Telle est ma démarche. Je pense aussi qu’il est important que le regardeur puisse fonder sa propre histoire dans ce que j’ai peint. Je suis favorable à la multiplicité des interprétations. Il n’est pas utile que l’interprétation du regardeur coïncide avec la mienne. »

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    Suzan Schuttelaar possède son propre site (bilingue : néerlandais, anglais) : http://www.schuttelaar-portret.nl/
     

    Un grand frisson d’humanité semble traverser l’œuvre de Schuttelaar de part en part. Une exaltante et délicate vibration poétique l’anime. Elle capte avec une sensibilité communicative dans chacun des visages qu’elle peint un éclair d’humanité, une parcelle existentielle, un perceptible mouvement de la vie intérieure. Cette peinture monumentale vit et rayonne de délicates et subtiles émanations. J’aime la beauté de ses regards liquides, son art de distribuer la lumière, sa formidable aptitude à centrer son essentiel sur l’éclosion d’une émotion. Elle sait aussi, - avec une grande maîtrise, un coup de pinceau ferme et alerte, une utilisation vigoureuse de la couleur et de la lumière - rendre l’architecture d’un corps.   

    Expositions:

               1999         Eindexamen expositie KABK
               1999         Groepstentoonstelling Pulc
    hri Studio te Den Haag
               2000         Openings expositie BaZtille Atelier Complex Zoetermeer
               2001         Open Atelier dagen Zoetermeer
               2006         Openingsexpositie galerie HK Deventer
               2008         Expositie Walls gallerie Amsterdam
               2009         Groeps expo De Parel Fijnaart
               2009         Groeps expo Het Kunstbedrijf Heemstede
               2009         Expositie Walls gallerie Amsterdam
               2009         Kunstmarkt Tuindorp Hengelo
               2009         Kunsrmarkt Ootmarsum
               2010         Groeps expo Das Altstadthaus Bad Bentheim
               2010         Solo expo Zorgcentrum de Vijverhof in Bodegraven
               2010         Groeps expo Souvenirs, Roodbol Gouda
               2010         Solo expo,Stichting Firma Van Drie pand Roodbol
               2010         Solo expo Zorgcentrum Bloemendaal,Gouda
               2012         Groeps expo Museum Gouda (winnaar publieksprijs)
               2012         Solo expo Museum Gouda
               2012         Groeps expo Kunstschouw

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    Irène Françoise PROST

    IP 6.jpg« Née le 27 avril 1962, j’habite depuis 1967 un village de Seine et Marne.Mon enfance a été bercée par l'art. Mon père Charles Prost (assistant réalisateur, photographe et qui a écrit quelques livres), nous a régulièrement emmené ma sœur et moi visiter des expositions, musées, églises, monuments...,sans compter les livres que nous avons eus. Enfant ma mère nous poussait à faire des travaux manuels.

    J'ai arrêté mes études à l'âge de 17 ans et après divers emplois j'ai découvert le monde de la rééducation où j'ai travaillé 21 ans d'abord en tant qu'agent hospitalier puis j'ai repris des études pour être aide soignante puis infirmière (en 1995). J'y ai découvert l'écoute et la relation à l'autre avec un grand plaisir.

    La terre n'est arrivée que plus tard en 2009. Tout d'abord en 2007 lors d'une promenade dans le Trieste sous le Mont Aiguille. En marchant dans le lit d'un torrent je suis tombée sur une nappe d'argile, là comme un enfant je me suis accroupie, j'ai joué avec la terre durant plusieurs heures, créations éphémères emmenées à la première averse. En 2009 je décide de prendre du temps pour moi (mère de 3 enfants je me consacrais à ma famille et mon travail) et je m’inscris dans un atelier de poterie. C'est là que j'ai découvert la sculpture en terre cuite et depuis je pourrais presque dire que c'est devenu une addiction. J'aime la modeler, la caresser, lui donner des formes.
    Vient ensuite la découverte du raku, magique !!! Jouer avec le feu, l'eau et la terre, un bonheur où l'on ne maîtrise pas tout, surprise et émerveillement sont présents à chaque fois.
    Voilà ce que je peux vous dire sur ma passion. Je n'ai jamais fait d'exposition, la terre est un loisir que j'apprends à connaitre. »
     

    Irène Prost a trouvé, dans son rapport avec la terre, une sorte d’immédiat état de grâce. C’est sans doute encore une débutante mais on sent que la longue patience dont elle a fait preuve est immédiatement récompensée : la terre cède à ses mains, elle leur répond, l’alchimie se produit.  Les objets créés par Irène Prost ont beaucoup d’allure et d’attrait : à la fois rustiques et élégants, simples et raffinés, ils ont une ligne plaisante, une force, ils sont chargés de quelque chose qui retient l’attention, qui séduit, qui émeut. Et peut-être cette séduction est-elle le reflet tourné vers nous du bonheur manuel qu’Irène Prost prend à modeler, à pétrir, à donner vie à la matière. Peut-être aussi, dans cette rencontre avec la terre dont on fait de l’art, Irène Prost associe-t-elle les influences de son père et de sa mère. Toujours est-il que le plaisir que je prends à regarder ses créations, à en aimer le charme, les formes et les couleurs naît sans doute en écho du plaisir qu’elle prend à créer.

    L’artiste possède un espace où un grand ensemble de ses créations est visible : http://www.sculptureterrecuite.fr

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    Stéphanie CHARDON : une magnifique perle baroque

    c 0.jpgComment, à la suite de quelle effarante méprise peut-on s'appeler Chardon quand on a la grâce, le port altier, le parfum offensif et vénéneux, l'orgueil majestueux d'une fleur baudelairienne ? Mystère ! Découverte époustouflante de Stéphanie Chardon. Quelle merveilleuse, quelle exquise surprise, quel bel et délicieux instant, quelle agréable secousse ! Stéphanie Chardon est une artiste-peintre et sculptrice française qui vit en Bourgogne. Ses sculptures sont ravissantes et ses travaux sous globe une trouvaille exaltante. Je sais peu de choses d'elle, je n'ai d'ailleurs pas trop cherché à en savoir beaucoup, mais je me suis senti traversé par le merveilleux rayonnement de son oeuvre. Cette artiste éclectique est follement originale. Son oeuvre exhale un parfum de fraîcheur savamment soufrée. C'est une artiste au sens plein du terme : libre d'esprit, voguant sans autres lois que celles du talent et de son bon vouloir, ingénieuse, inventive, virtuose, un peu rock'n roll,  sans doute exquisément dingue, pleine de ressort et de joie communicative et de gravité. C'est une grande décadente (dans l'acception artistique du terme), une décadente pleine de santé, d'audace et de vigueur, c'est une charmeuse, une sorcière, une sourcière, une piratesse, une envoûteuse, c'est une grande élégante, une tragédienne qui rit, une comédienne inquiète. Son art déborde de ressources, de vitalité et de créativité. Elle réussit la rencontre heureuse de l'humour et de la poésie. Elle est raffinée et bohème, c'est une créature classieuse aux yeux sublimes. C'est un oiseau singulier qui peut, avec  une grâce égale, cingler à la surface des eaux et des pâquerettes ou battre des records du monde d'altitude. On est heureux de savoir qu'elle existe. Une espèce d'insolence qui appartient aux regards, aux attitudes de ses personnages, à un certain mépris des convenances et des codes achève de griffer son oeuvre. Dès que le visiteur aura pris le temps de regarder la galerie que je lui propose, il se rendra aux adresses que je mets ici à sa disposition pour découvrir plus avant l'oeuvre de Stéphanie Chardon : 

    http://www.art-insolite.com/pageinsolites/insochardon.htm

    http://cargocollective.com/stephaniechardon/portraits-en-pied

     

    GALERIE CHARDON

     

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    Je ne résiste pas au plaisir d'ajouter cette nuit, 19 octobre, une nouvelle et impressionnante oeuvre de Chardon. Ici, c'est aussi un autre regard qui est porté sur la femme, c'est une autre voie qui mène à une orgueilleuse, séduisante et inédite beauté. Une beauté affirmée dans son insolente singularité.

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    Sophie HERNIOU

    Les inquiétants bonheurs de Sophie-la-sage et Sophie-la-folle

    H1.jpgNée en 1971, Sophie Herniou est une artiste peintre et sculptrice issue de l'école des Beaux-Arts de Nantes. Je sais presque tout d'elle, et par exemple je puis affirmer qu'elle porte des lunettes et qu'elle a au moins un oeil bleu, l'autre aussi vraisemblablement. Elle a édifié (par la sculpture, le bas-relief, la couture, la peinture, le modelage peint) un univers singulier et farfelu qui appartient tout à la fois au cartoon, à l'art revisité du totem, à la caricature, à la poésie, au conte et à la philosophie (avec et sans entonnoir). Dans son monde de gloutons invétérés, l'arroseur est arrosé et le prédateur est aussi la proie. Il y a de la fabuliste en elle, une grande hérétique aussi qui rejoue les scénarios selon ses humeurs et qui place par exemple le chaperon rouge sur le dos du loup, comme une rouge amazone en herbe. Il y a une certaine veine surréaliste en elle, et, par instants, du Kafka. Oui, car ce qu'elle donne à voir est plus complexe, plus ambigu (pas d'art sans ambiguité), plus déconcertant qu'on le pense au premier abord. Et son art de la dérision est à la fois drôle et inquiétant (car il y a des gens qui hurlent, là-dedans, des êtres coincés, pris dans un engrenage terrible), son art clownesque flirte parfois avec le tragique, ses personnages difformes touchent quelquefois à une grâce poétique, son petit manège enchanté tourne parfois au désenchantement, le risible et le terrible sont parfois à peine séparés d'un ourlet, le rêve et le cauchemar se donnent la main. C'est ludique et dérangeant tout à la fois. La présumée candeur distribue quelques jolies et salutaires gifles. Ne fait-on que rire au spectacle de l'homme qui frit dans la poële ? Est-ce que l'image n'engendre pas une sorte de vertige de l'esprit (et du corps) ? Les humains ont ici davantage des ailes de mouche que des ailes d'ange. A l'arrière des bouches où ils engouffrent voracement les victuailles, c'est le vide, le trou béant. Perrault et Marco Ferreri ! Nous fait-il seulement rire celui qui, grésillant dans la lèche-frite, semble retrousser sa peau pour voir ce qui se passe au-dedans de lui ? Et ce blasphématoire et désopilant Sébastien martyr piqueté d'amuse-gueule, seulement farce ? Oui, on rit avec Sophie, oui, on grince des dents avec elle et on se dit que c'est à un drôle de carnaval qu'elle nous convie. Moi, c'est un clown que je respecte parce que je lui trouve de grandes dents. Quelque chose est peut-être embusqué sous la bonhomie ! Et je me dis que le jour où j'ai découvert cette oeuvre, je n'ai réellement pas perdu mon temps.

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    Le visiteur est à présent invité à poursuivre la découverte de l'oeuvre à l'adresse suivante :

    http://www.art-insolite.com/pageinsolites/insoherniou.htm


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    Krys GILBERT

    KG 7.jpgDiplômée des Beaux-Arts (promotion 1989, Lyon), Krys Gilbert est née le 24 janvier 1968. Si j’en crois certains documents photographiques disponibles dans ses albums, Krys Gilbert, lorsqu’elle est nue et allongée s’entretient avec un crâne ou, dans un moment de colère, assassine Marat dans son bain. C’est une originale, il me semble. C’est surtout une artiste singulière et douée. D’abord, je suis happé par son coup de crayon très artiste, son talent de dessinatrice, de caricaturiste. Une caricature solide, sacrément bien troussée, vigoureuse, provocatrice, offensive. Le trait est savant, énergique et souple. Krys Gilbert possède un réel sens de l’humour et de la satire. Quelque chose de fantastique traverse ses superbes caricatures. Que dire ? C’est de la belle ouvrage. Bien sûr, une sorte de vent rock’ n roll décoiffe un peu Krys G., mais ce mouvement capillaire lui va comme un gant. C’est une espèce de charmant supplément, un rab de peps. Elle a une patte et une dégaine. Un esprit plein de réjouissant irrespect. Il y a de sifflants effets (les balles fusent, pas perdues du tout), des secousses, de l’électrochoc. Son portrait-charge, généralement, réfléchit violemment les stéréotypes féminins et sexuels et masculins, par ailleurs. Dans le nu, le portrait, Gilbert trouve une issue nouvelle, élégante et ferme, très souvent plus épurée et d’une grande sensibilité. Elle atteint à une sorte de beauté simple et rapide, touchante, à une curieuse possession de la ligne, une délicate et ferme écriture de la nudité parfois efficacement soulignée par une vive application de couleur. Oui, ce qui est également plaisant dans cet art particulier, c’est la rencontre d’un réel tonus, d’une vraie fermeté avec une élégante sensibilité. 

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  • 11/12/12--23:18: Guy THOMAS & Jean FERRAT
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  • 11/13/12--12:37: Lucie Coulombe (1)
  • Lucie Coulombe

    L’art d’habiter son art

     

    LC b.jpgLucie Coulombe est une photographe québécoise résidant à Rivière-du-Loup, sur la rive sud du Saint-Laurent, à deux cents kilomètres au nord-est de la ville de Québec. Elle a 51 ans. C’est une belle et grande femme. Nous avons déjà collaboré sur deux suites photographiques et poétiques que nous reprendrons dans le présent espace. De nouvelles s’y annexeront progressivement. Toutes les photographies de Lucie Coulombe ont un cachet particulier, une palpitation singulière : la raison en est peut-être que la photographe est toujours intimement présente dans ses travaux, elle y vibre en filigrane, elle s’y manifeste à la fois par la passion de son art et par l’émotion toujours entière et perceptible que lui inspire son sujet. Cette qualité de présence et d’engagement est lisible dans chacune de ses photographies. Et pourtant, bien que ces signes distinctifs soient permanents, le spectre d’action de Lucie Coulombe est très vaste : il s’étend à peu près de l’infiniment petit (une pierre, une algue, une fleur, un pétale, un insecte, la lunure ou la veine d’un morceau de bois) à l’immensément grand (un panorama kilométrique), de la couleur au noir & blanc, du figuratif à l’orée de l’abstrait, du limpide au mystérieux  et à l’étrange, au merveilleux parfois. J’ai d’abord, au début de ma découverte des albums, été séduit par la production de la paysagiste. J’ai pensé qu’elle s’accomplissait au mieux dans les vastes plans. Son book regorge de ces belles et amples images qui respirent merveilleusement et qui enchantent. Tout de suite, dans la foulée, j’ai aimé ses portraits de libellules, de papillons, un petit élan, un oiseau, un arbre. Et puis, emporté, j’ai découvert avec exaltation et surprise la complexité et l’étendue de son univers artistique.

    LC 8.jpgAvant d’aller plus loin, disons-le d’emblée, l’artiste est à la fois une amie de la nature (de l’écorce d’un arbre à l’immensité du Saint-Laurent, ses rives, ses baies et  ses splendides îles), une écologiste,  et, ce qui va de pair, une amie des animaux (de l’insecte au cheval en passant par le chat, le chien et le renardeau égaré et j’interromps ici la recension car il se pourrait qu’il y eût dans cette femme l’équivalent d’un Noé au féminin). Il y a chez elle une aptitude à s’attendrir et à s’émerveiller qui est contagieuse et réjouissante mais qui ne cède jamais ni au niais ni au nunuche. Au contraire, il y a chez l’artiste une grande fermeté de caractère. L’émerveillement chez elle a quelque chose de solaire, il a la vitalité de l’oxygène.  Il s’origine sans doute dans l’enfance et le temps ne l’a pas épuisé. Les adultes totalement dégagés de leur enfance sont des gens assommants et infréquentables. Leur gravité sent le formol et l’amidon.  


    LC 9.jpgSi elle s’émerveille devant la floraison d’un magnolia, ses photos portent le signe de cet émerveillement, on y devine, en les observant bien, Lucie Coulombe grimpant dans l’arbre, rampant sur les branches, reniflant la fleur, s’étonnant des effets de la lumière dans les pétales. On y devine le ravissement de l’artiste en train de (re)cueillir du beau. Je me représente son exaltation lorsque, sous un mauve et menaçant ciel d’orage, devant un champ de blé où trônent deux arbres soufflés par le vent, elle réussit une prise d’une beauté exceptionnelle. Par la façon dont elle se photographie rejetant la tête dans le ciel pour faire découvrir le paysage, pour lui céder l’espace, on sent la vigueur du lien qui relie cette femme aux splendeurs de la nature. La photo toujours porte la trace du souffle qui l’a inspirée. Que la photographe arpente les rives sauvages du Saint-Laurent (dont elle est une sorte d’inconditionnelle sirène amphibie) et le même effet bizarre se produit : les images ont quelque chose de sublime et d’odorant, quelque chose d’ensorcelant et de magnétique, elles chantent l’amour que porte l’artiste aux lieux. Tout cela (et il en va de même pour un caillou, une brindille ou un arbre) est entrepris comme si la photographe capturait quelque chose de précieux, d’irremplaçable. (C’est, au demeurant, sans doute vrai). Devant un point de vue, une île (l’Ile aux lièvres, par exemple), un lacet du Saint-Laurent à Kamouraska, un massif de rochers, l’attitude est comparable, Lucie Coulombe saisit et perpétue de la beauté et on l’entend soupirer d’aise et d’admiration. Sa manière la porte à tourner, à guetter l’instant propice, à patienter, à apprivoiser, à ne déclencher qu’à l’instant où le regard et la vision finissent par coïncider. Avant et pendant qu’elle les saisit, Lucie Coulombe savoure les images en même temps qu’elle y inscrit toutes les ressources de sa sensibilité. Jusque dans l’impeccable précision de l’image, le frisson est présent. Une jubilation.

    LC3.jpgEt elle est capable encore de détecter le petit dans le grand. J’ai vu, il y a peu, le magnifique gros plan de l’œil d’un cheval où elle va, d’une façon élégante et attendrissante, capturer la fleur de l’iris. Lorsque Lucie Coulombe photographie un cheval, nous sentons quelle merveilleuse électricité passe de l’un à l’autre. L’émotion baigne l’image et l’exhausse, la rend charmante et particulière. La photographie nous montre qu’un contact est accompli, qu’une complicité existe, la photographie porte le sentiment qui entre en jeu, sa couleur, sa vitalité. C’est particulier et c’est beau.

    Je lisais, il y a peu, une intéressante formule qu’un journaliste, consacrait à la très belle et très regrettée Eve Cournoyer : « Elle a, écrivait-il, l’intelligence de ses émotions ». Oui, cette formule s’applique parfaitement à la photographe. Elle a, dans son art, l’intelligence, la pétulance, la vitalité, la tendresse, l’exigence, toute la palette et l’acuité de ses émotions. Et pourtant, bien que je répugne à la dénigrer, Lucie Coulombe est d’une modestie consternante, parfois même agaçante. Tout de même, ne proposez pas, si vous tenez à son estime, de redimensionner une de ses photographies. Comme ces assez rares artistes qui ont accès à l’humilité, elle possède l’orgueil de son art. Ceci ne la rend pas franchement antipathique.

    LC 11.jpgIl y a dans le travail de Lucie Coulombe une célébration, une approbation de la vie. Mais Lucie Coulombe, c’est aussi, comme je l’écrivais plus haut, un large spectre d’action, une accumulation de facettes. Il y a de l’esthète en elle, de la poétesse, par moments de l’artiste peintre, toujours du tempérament, mais il y a aussi une grande diversité d’approches. Il faut dire quelques mots sur la pureté de ses œuvres en noir & blanc, (je pense notamment ici à des photographies réalisées sur le Saint-Laurent, avec les lignes de pêche à l’anguille), composition impeccable, pureté graphique, tranchante, nette, magnifique et que soulignait la talentueuse graveuse et lithographe belge Sabine Delahaut. Il faut chanter sa façon d'appréhender les couleurs. Parlons, pour l'exemple, de ses magnifiques ciels crépusculaires, faramineux et rougeoyants feux de forge au-dessus du Saint-Laurent.

    Il me semble qu’il faut encore distinguer, dans les cordes que l’artiste possède à son arc, ce que j’appellerai une dimension existentielle. Quelques-unes de ses photographies (je pense notamment à cette table vide en extérieur, au crépuscule, avec une lumière allumée, à ce drapeau qui flotte dans les vignes devant un chalet) évoquent une atmosphère quasiment lynchienne, développant un sentiment de mélancolie, d’étrangeté, d’inquiétude et de solitude.

    Et une dimension légendaire. La somptueuse photographie de la barque traversant dans le soleil couchant un bras du Saint-Laurent a quelque chose de cinématographique et de mythologique : on pourrait être en Afrique ou à bord de la barque du nocher qui conduit la traversée de l’Achéron. Et la dimension poétique. Quelque chose de verlainien habite quelques magnifiques flous artistiques, des allées boisées sous la pluie.

    LC 5.jpgElle a réussi, bien qu’elle soit peu encline à réaliser des images d’elle-même, de très beaux autoportraits, très originaux, sculptés dans l’ombre ou le feu de la lumière, conçus sur des fonds inattendus (quelques magnifiques visages d’elle sur un oreiller d’algues), dans une pose hiératique et élégante, des images qui flirtent parfois avec la peinture ou le bas-relief. Elle a capté quelques magnifiques reflets d’elle sur fond de roche, d’eau, de champ échevelé par le vent, … Elle a, et c’est devenu sa griffe, ce geste de ballerine pliant élégamment le bras par-dessus la tête. C’est charmant, insolite, gracieux, beau, original.

    J’aime cette très subtile suite de fenêtres qu’elle avait réalisée : des vitres, parfois embuées, derrière lesquelles étaient exposées de petites bouteilles de verre coloré, là-dedans, les ombres et le bleu du ciel s’inscrivaient superbement. Premières et très abouties approches de l’abstraction.

    L’artiste a exploré cette veine à l’extrême limite de l’abstrait. La photographie demeure pour Lucie Coulombe une aventure, une expérience irremplaçable, un indispensable terrain d’expression et de création. Elle constitue aussi une sorte de laboratoire expérimental. A la façon un peu des surréalistes cherchant à fixer les hasards de la beauté, Lucie Coulombe saisit, dans des images d’une surprenante éloquence et d’une ardente beauté formelle, les fascinants jeux mobiles des ombres et des lumières sur les murs de sa maison,  leurs effets singuliers sur le relief des objets, les créatures inattendues et fantastiques qui surgissent soudain de ces combinaisons or et obscur, les climats et les atmosphères saisissants qui en résultent.

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    LA PLUME ET LE SOL 

    1.

    Le poème rêve du vol

    rêve de l’effort de voler

    du long et passionnant calvaire

    des pionniers de l’aviation

    Le poème

    rêve que jamais les boeings

    ne verront le jour

    Le poème rêve de voler

    leur rêve de voler

    aux oiseaux encagés

    Le poème

    connaît l’affre

    d’un oiseau retenu

     

    2.

    Le poème rêve de s’asseoir

    pesamment sur l’argile

    d’enfoncer ses jambages

    bien profond dans la glaise

    d’amarrer son âme de laine

    aux troncs lourds des sycomores

    Le poème

    gît dans les sillons

    de son fossile en vie

     

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    LA FORÊT 


    Je vais la nuit

    désespéré

    parmi les arbres

    m’asseoir

    et retenir

    leurs frissons d’agonie

     

    j’y demeure longtemps

    j’y demeure

    avant qu’il ne nous faille

    recueillir tout entière

    la forêt disparue

    dans le fossile d’un rondin

     

    avant qu’il ne nous faille

    pour nous souvenir de nous

    faire un tragique effort de mémoire


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    TOTEM DE BOIS

     

    J’ai pour bateau

    le coffre couché et comble

    de ma bibliothèque

     

    Je vis dans une religion

    de la parole

    une religion

    sans dieu

    volatile

    - folle ivraie qui vole-

    et incrustée

    dans les rosées de mon sang

    dans les voiles de mon âme

    sans dieu

    sans confiance

    et libre

    comme un navire

    qui peut à tout instant

    rompre

    avec l’obligation de flotter


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    NATURE VIVE

     

    J’ai vu dans ce corps de bois

    l’instrument dont je suis joué

    les lignes où je danse

    le halo beige de ma vie

     

    Cela

    c’est moi violoniste

    gitan et manchot

    archer à la corde rompue

    peintre aveugle dans l’aube

     

    Cela

    c’est moi

    ce sont mes nervures

    mes chansons digitales

    le bois lavé dont je me chauffe

     

    Cela

    c’est moi

    beateau longtemps perdu

    échoué et vainqueur

    chair de luthier à nouveau


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    VIE UN INSTANT SILENCIEUSE

     

    La femme ferme les paupières

    elle songe au bord du fleuve

    parmi les prés étranges du fleuve

    elle s’endort sur les lauriers du fleuve

    comme l’on descend le couvercle

    sur le clavier

    comme l’on joint enfin les mains

    pour entendre frémir  son piano intime

    pour sentir l’ombre frôler son fleuve intérieur

    pour contenir en soi l’élan nerveux des mots

     

    En accord avec un zeste de vent

    la femme ferme les paupières

    afin que ses cheveux

    flottent aussi

    sur l’eau légère

    de son visage posé sur les algues


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    NATURE APAISANTE & VERTIGE D’ÊTRE

     

    Quelque chose très lentement

    s’élève vers votre œil

    ce vieil œuf d’avant l’oiseau

    cet étrange baiser végétal

    et la grande coquille de la vie

    et du vide qui va

     

    quelque chose vous charme aussi

    et qui formule en une image

    le vertige d’être

    assis un instant

    au bas de son trapèze


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    EAU VIVE

     

    Appartenir aux algues

    ce lieu entre la terre et l’eau

    entre l’encre et le mot

    ce palimpseste humide

    qui fait en même temps

    et l’ardoise et l’éponge

     

    le silence et le chant

     

    le désir d’air et de pierre

     

    et sur le ténu fil de l’algue

    au ténu fil de l’eau

    établir sa présence

    et poser son portrait

     

    geste parfait


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    COSI NATURALI

     

    Je sens éclore cette idée

    de l’os d’un arbre

    et cette idée d’un livre

    qui lui serait une autre écorce

     

    il y a aussi

    ce fatras de brindilles

    qui seraient ces doigts

    qui n’ont trouvé

    ni leur page

    ni leur hache

    ni le goût du feuillettement

    ni celui du bûcher

     

    Et tout est là

    lavé pur et peut-être mort

    Tout persiste

    dans son fantôme

     

    Tout poème

    est un fantôme

    hanté


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