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Site littéraire et poétique personnel

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  • 12/29/12--00:57: Lhasa de Sela
  • En Hommage à Lhasa de Sela :

    A.jpgPetit groupe de 25 membres constitué autour de l'artiste sur facebook : http://www.facebook.com/groups/256826612078/10151378281887079/?notif_t=group_activity

    Ce groupe recueille des images, des témoignages, des informations, des évocations, des hommages, recense des liens sur lesquels le trajet, l'oeuvre ou la mémoire de Lhasa sont célébrés. 

    C'est là que je découvre, ému, la tombe de Lhasa. Bien que Lhasa ait été incinérée et ses cendres dispersées en France, un lieu lui est consacré au cimetière Notre-Dame-Des-Neiges à Montréal. Sur la stèle, sobre et élégante, une phrase est gravée en français : "Tu as fait grandir le coeur de ce monde". http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=46357302

    Prélevons encore, pour donner une idée de la nature de cet espace, une référence. Ici, Lhasa, sur une télévision québécoise, chante merveilleusement un poème de Khalil Gibran : "Donne-moi la flûte et chante". http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=VSfG75iWECo.


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    MICHAEL ACKERMAN : photographe américain, 1967

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    http://www.agencevu.com/photographers/photographer.php?id=1

    EDWARD BURTYNSKY, photographe canadien, 1955

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    http://www.edwardburtynsky.com/

    NADAR, caricaturiste, aéronaute et photographe français, 1820-1910

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    Charles Baudelaire et Gérard de Nerval

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nadar

     YLLA, photographe autrichienne, 1911-1955

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    http://www.pryordodge.com/ylla.html

    SANDY SKOGLUND, photographe américaine, 1946

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    http://www.batguano.com/bgma/skoglund.html

    http://www.laboiteverte.fr/sandy-skoglund/


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  • 12/30/12--07:06: Inédit
  • Trajectoire des agnelles

    transcription de rêves

    Photographies : Philippe Bousseau - Textes : Denys-Louis Colaux

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    1.

    Sur la ligne tremblée de l'horizon 
    à l'aurore boréale de ma vie
    je voyais passer
    -longs glissements d'agnelles emmitouflées de halos - 
    de grandes femmes blanches
    hauts totems souples et flottés
    fantômes, eût-on dit, tractant des nuages
    des voilures de goélettes
    des levées de poussière
    et l'épouvantail de la mort
    avec ses ailes ouvertes d'albatros baudelairien

    oui la mort à mes trousses
    comme une catapulte vers la vie
    et la certitude d'un siège
    sur les gradins du vide

    2.

    J'avais
    pour me désorienter
    la boussole rouge de sa bouche
    pour lire mon destin
    pour réapprendre le silence
    les hiéroglyphes nerveux de ses yeux
    J'avais
    pour border ma nuit blanche
    la neige et le charbon de son visage

    3.

    J'entrais dans mon automne
    dans la forêt profonde et nue
    dans la ferveur intérieure
    dans la toile fauve de mon âge
    ainsi
    en passant dans le livre
    de ses cheveux noirs
    cette main
    qu'un long poème venait d'éxténuer

    4.

    Ainsi
    dans l'exaucement de mon angoisse secrète
    dans l'extinction de mon voeu avoué
    voici qu'elle danse et meurt
    renaît sans cesse de ses sangles
    voici qu'elle envoûte les anges tombés à ses pieds
    se vêt des volutes de ses encens
    nage dans les auges du ciel
    mord des fruits dont l'élan rouge
    verse sur sa langue
    l'essence des choses de l'amour

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    Jean-Jacques

    PIEZANOWSKI

    Sur son blog, le peintre se présente ainsi :

    A1.jpgPeintre contemporain à l’expressionnisme figuratif, J.J. Piezanowski sonde l’âme humaine et la marque du temps qui passe dans le traitement de ses séries de portraits. Dans son approche acrylique, les visages apparaissent déstructurés, les couleurs contrastées, cernées comme les stigmates de la vie. Mais derrière le mystère de ses regards se dégagent toujours une douceur et une beauté intérieure. Les yeux de ses personnages veulent prendre vie comme autant d’étincelles d’espoir.Ses encres épurées tentent de figer une expression ou une émotion dans la spontanéité du geste, limpide, unique.

    En décalage avec cet univers, les titres amènent une légèreté, une pointe de poésie et d’humour, seuls remparts à cet univers parfois violent. Comme la vie!

     

    De notre côté : 

    A2.jpgPiezanowski est un peintre français né en 1952. C’est un artiste qui a du tempérament, du coffre, de la vigueur, de la finesse aussi, de la délicatesse, un artiste qui rend par le tumulte du trait, la composition de l’œuvre et les (o)rages de la couleur les accidents de la vie, les grands chiffonnements de l’être et de sa ligne de chance, les froissements de l’âme, ses difformités. Un artiste qui représente et traduit les tourments, les désarrois de l’homme mais aussi l’entêtement de l’orgueil humain, la force de son regard, sa volonté. Tantôt, dans ses esquisses, il prélève avec grâce une essence de l’être, tantôt, dans l’œuvre peint, il entre dans la matière, le tourment de l’être, sa forge intérieure. Mais au final, je vois un être doué qui regarde l’homme avec un humanisme lucide, qui le regarde sans mépris et sans dépit dans la multiplicité de ses états. Je vois quelqu’un qui accumule les visages pour le
    A6.jpgbâtiment d’une immense mosaïque humaine, une chaîne sismique qui dit la vie farouche, belle, congestionnée, tragique, fracturée, paisible et foudroyée. Un art qui dit la grâce, la convulsion, les morcellements, l’unité et les érosions de l’être. Mais je vois aussi, dans l’expressionniste qui rend le bouillonnement intérieur de l’être, un ardent coloriste, un type qui sait composer, harmoniser les courbes, équilibrer les masses, donner à voir quelque chose qui tient, qui se pose là, avec la puissance d’une nouvelle évidence, d’une évidence insoupçonnée. Je vois un artiste qui met l’ardeur en forme de telle façon qu’elle nous dévisage, nous défie ou entre en complicité avec nous, de telle façon qu’elle balaie l’indifférence d’un revers de pinceau. Dès qu’on entrevoit une œuvre de Piezanowski, il A3.jpgy a face-à-face, il y a rencontre et dialogue.  Je vois encore, dans une geste picturale qui me conquiert et m’émeut, dans une quête d’une formidable cohérence, un artiste qui tient du forgeron et de l’esthète, de l’hercule et du couturier, du vitrailliste et du tailleur de pierre, de l’orfèvre et du chirurgien pour gueules cassées. Mais l’œuvre est essentiellement éruptive, foisonnante, elle rend ce magma de l’être sur quoi le spéléologue de l’âme et de ses gouffres, l’artiste dans la double quête de l’essence et de la substance finit par mettre la main. Il y a pourtant dans cette peinture une rencontre heureuse entre l’instinct et la pensée. Il y a parfois chez cet
    A5.jpgexpressionniste, avec la violence des impulsions, une assez inédite impression de nuance, de subtilité, d’élégance. Je vois enfin un artiste qui me parle dignement de l’être dans un langage sensible, complexe, puissant, enlevé, fiévreux, je vois, au travers de son œuvre, la flamme de l’être, sa flamme pourpre et bleue et rouge, sa flamme menacée, sa flamme de sang, de ciel et de mer, sa flamme de viscères, je la vois se tordre, vaciller, éclairer, consumer la vie, lever sa fragile et volontaire langue de lumière et sa torche d’ombre, le soleil noir de sa mélancolie.  

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    Surpris par l'effet d'une chanson que me faisait écouter mon ami Pascal Nivaille, j'ai écrit un petit poème que je lui dédie bien amicalement. C'est une photo de lui qui orne ces quelques vers.

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    QUELQUES SECONDES

    Quelques secondes
    le temps qu'il faut à un papillon pour mourir
    j'ai senti
    au cuir de ma paume
    tout le délicat de ta joue
    revenir
    se blottir
    et trembler

    j'ai senti
    ton odeur de fleur bleue
    réunir
    dans la chambre
    toutes les rumeurs d'amour ivre

    pincée de secondes parfaites

    oh tu dis quelques mots
    ils sont suspendus encore
    et ce sont de petits rubans de menthe

    Quelques secondes
    j'ai senti
    le délicat violon blanc
    de ta présence
    et tinter à mon oreille
    le grelot rouge
    de ton coeur d'oiseau-lyre

    Et puis j'ai deviné
    qu'une grande porte de temps
    se refermait sur moi

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    Véronique Ricci

    A1.jpgVéronique Ricci est une peintre, dessinatrice, photographe, collagiste et professeure d’arts plastiques française. Je l’ai découverte il y a peu et je vais ici me centrer sur deux séries prélevées dans son œuvre. Une suite de peintures et une suite de fusains sur papier grand format (1,70 x 1,50 m).

    La première série (intitulée « peintures ») a immédiatement emporté mon adhésion par sa beauté formelle, sa façon vive et alerte et par l’intense, l’ardent usage de la couleur. Beauté formelle de ces corps, de ces éléments physiques composés pour devenir des lieux superbes et cohérents, des fenêtres sur la poésie et le rayonnement du corps, sur son exaltante vitalité. J’en aime l’adresse du trait, la frappe lapidaire, alerte et sensible, primitive et élégante. J’aime ces compositions et le formidable feu de leurs couleurs, leur incandescence. Oui, car ces couleurs allument les œuvres, les transcendent, les jettent dans une luminosité magique. Force et beauté, de ces roses intimes et chauds, ces verts marins et végétaux, de ces bleus et ces mauves empruntés à la nuit, à la mer, à l’intensité troublante du sentiment amoureux et à l’ardeur de la prière. Splendides couleurs à la fois charnelles et traversées par une sorte de vibrante spiritualité. Admirable série. Dans cette série, au moins au travers de deux œuvres que le visiteur pourra sans doute identifier, la série des dessins est annoncée. Je veux dire en cela que dans le travail de l’artiste, un instant, dans la quête de la représentation et de l’émotion, quelque chose s’opère, il y a comme une soudaine irruption de l’abstrait, un écart subit avec le désir de représenter, une nouvelle intention fait surface, un chiffonnement de la ligne, une suite d’additions et de surimpressions, une syncope du trait (et ici un bouillon dans la couleur). Un instant, quelque chose d’autre que l’évocation esthétique est envisagée. C’est une disposition que je retrouve, bien plus accentuée, dans le dessin de Ricci. Le trait se met à sauter, à danser, à frémir, à bouillir comme une eau dans le poêlon, ou la peau d’une caisse claire battue, le trait entre en syncope, en transe, il cherche à dire autre chose que la ligne, il envisage un autre état, il rend une sorte de frisson intérieur, il transcrit les systoles, les battements, le pouls, l’élan, le vrombissement. C’est un dessin qui, - par sa fragmentation, sa discontinuité, sa « mise en écho » -, rend le mouvement, la dispersion, cette espèce d’automne de l’être, son dépouillement saisonnier, sa diaspora intime, son animation, ses éruptions. C’est une pratique du dessin qui emprunte au sismographe et au stroboscope et qui donne, par l’approche formelle, une idée du dedans de l’être, une idée de son action en cours, une idée de son unité en perpétuelle révolution. Passionnante aventure artistique.  

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  • 01/02/13--08:10: ENRICO ROBUSTI
  • Maestro ROBUSTI

    Formidables miroirs assassins

    Un maître italien contemporain nous regarde dans les yeux. Son regard insoutenable et magistral nous vaut une extraordinaire galerie de l’espèce humaine, de ses trognes, de ses sinistres cinoches, de ses pompes, de ses œuvres et de sa plantureuse misère. L’art nous fixe de grands rendez-vous. En voici un.

    ak.jpgEnrico Robusti est un grand peintre italien né à Parme en 1957. Bon sang, il me semble que je puis en dire davantage, crânement entamer la copie sur les chapeaux de roue : dites, voilà, je vous le certifie, un peintre exceptionnel. Un type d’une envergure considérable. Un homme qui a une geste artistique, une signature, un univers. Voilà un artiste qui déploie, pour montrer la difformité du genre, des trésors de maîtrise et d’excellence.

    Voilà, au travers du maestro parmesan, le monde rendu dans son immense déséquilibre, décentré, aspiré, secoué. Voilà le monde dans sa torsion, le monde « tordu ». Rupture d’équerre. Vertige. Houle de travers. Force de l’attraction revue et corrigée. La mise en espace elle-même interpelle, saisit, dérange, inquiète. Robusti est un type inquiétant. Un artiste qui n’inquiète pas, il vaut mieux qu’il dégage. Robusti va rester. L’œuvre est édifiante. Vous saute furieusement aux yeux, vous prend brutalement à la gorge. Sévère attrapade, distribution de giroflées à cinq feuilles, on va voir que c’est du sévère. Il n’est pas exclu qu’on rie, il est exclu qu’on sorte indemne de la galerie. L’enfer, c’est nous autres.

    Ad.jpgIl a de très solides ancrages, dirait-on, le talentueux Italien, c’est un lointain et libre descendant de Hieronymus Bosch et de Pieter Brueghel, de Goya, d’Honoré Daumier, c’est un parent éloigné des glorieux « dégénérés » allemands (ces gens-là étaient prodigieusement sains, insupportablement sains devant la gangrène nazie) comme l’immense Otto Dix ou le grand George Grosz, c’est un homme de l’exacerbation, c’est le peintre de la démangeaison d’être, du prurit existentiel, un maître de l’exorbitant  carnaval humain, du faramineux cirque humain. Il y a des citations dans l’œuvre, des éléments qui lie intimement l’artiste à l’histoire de son art.

    A1.jpgRobusti est un peu là pour secouer, comme un cocotier, le socle, le juchoir sur lequel nous nous croyons appelés à nous percher. Il sait les rendre, les trousser, les magistralement torcher, les appétits incontrôlés, la quête inaboutie, avortée du grand sérieux, les voracités fameuses et les phénoménaux vertiges d’être, les gloutonneries et les grimaces extatiques. Il y a du fellinien en lui, de l’outrance efficace, de l’excès pertinent. Il va à sa vérité par la voie de l’excès. Je le juge toujours perspicace, clairvoyant, formidablement démesuré. Il passe la mesure comme un indomptable Pégase saute l’obstacle. Prouesse. Ce n’est pas tout d’être méchant, il faut encore avoir la manière. Elle est là, classieuse en diable, époustouflante.

    A4.jpgIl rend comme pas deux le sourire carnassier, effrayant, les soupes de grimaces, les tics, les contractions, la totale absence de paix et de sérénité, la torturante angoisse, les convulsions du vide ou de l’abrutissement, les tenailles de l’intranquillité, les électricités affolantes du désir, les affreuses et grotesques stratégies du désir de paraître et d’en imposer. Il grossit à la loupe déformante de son talent unique les simagrées de frime et d’esbroufe, les pavanes de la basse-cour humaine. Il fait le portait de l’invalidité tourmentée de l’être. Voilà l’homme tel qu’il se démène dans sa trop étroite, dans sa contraignante camisole d’humanité. Ce n’est pas une chrysalide et malgré tous les effarants et hilarants efforts que l’être accomplit pour s’en extraire, il y reste définitivement pris. Robusti nous livre l’homme tel qu’il est emprisonné dans sa très prétentieuse exigüité. Oui, le grotesque de l’humanité trouve ici un de ses talentueux observateurs, un de ses féroces contempteurs.

    A6.jpgLe maestro Robusti est intraitable. Il associe, comme c’est le cas dans la vraie vie, dans la rue, sous les toits, dans les chambres, partout, réalisme et caricature, mais il élève la température du mélange, il le porte à ébullition, sans ménagement. Il est le peintre de l’ironie, celui qui fait peser sur toute trace d’humanité l’insoutenable, le dévastateur regard de l’ironie. Féroce, désopilante, démoralisante, exaltante, l’œuvre de Robusti déshabille l’être de ses prétentions exorbitantes et le laisse risible, ridicule, fragile ou insignifiant  dans un monde instable où les lois de la pesanteur sont sujettes à d’étranges originalités. L’être est incapable de se dominer, il vit dans un espace qui lui échappe. Autre chose que l’homme maître du monde, autre chose que l’affabulation de l’homme souverain,  une autre fable, autrement dérangeante, singulièrement moins glorieuse, foutrement plus vraisemblable !

    A13.jpgLe rassurant verni du tragique est décapé et fait place aux singeries de la comédie humaine, aux répertoires de grimaces du zoo humain, de la termitière humaine. L’œuvre nous renvoie à notre laideur, à nos médiocrités, elle nous impose sans fard et sans précaution une relation spéculaire délibérément désagréable, déstabilisante, désastreuse. Oui, désastre, nos astres s’écrasent au sol comme des fruits blets.

    C’est du pamphlet pictural très haut de gamme. L’homme ici, dans l’œuvre, est un homme pour l’homme, sommet de l’abjection, puits sans fond de la bassesse. Je l’avais dit, ça avoine sec.

    Tiens, tout de même, un personnage qui pleure. Kitsch émotionnel ? Sûrement pas, il tranche des oignons ! Il n’y a, décidément, guère de compassion dans l’œuvre. Même si l’on comprend qu’elle s’origine tout entière dans un intérêt immodéré pour l’espèce.


    A2.jpgOn a peu dit, en écrivant cela. Et mon but, dans mes petites rubriques exaltées, n’est jamais de circonscrire une œuvre mais de susciter chez le visiteur un peu de cet intérêt que j’ai pris à découvrir l’artiste. Fourrer dans sa tête de badaud le germe de la curiosité. Et chez Robusti, on fera remarquer la connaissance et la possession de son art (il s’est consacré, durant ses études, à l’étude des techniques picturales du XVIIème siècle),  l’essentielle et fascinante maîtrise technique et picturale, l’art inaccoutumé des angles de vue et de la mise en scène, et son étonnante exigence esthétique. Un art magistral qui démultiplie tous les effets et la virulence des propos. Personne, pour dire la laideur, n’est pertinent comme un esthète. Pour en découvrir davantage sur l'artiste, consultez les liens suivants.          

    http://www.tumblr.com/tagged/enrico-robusti

    http://www.teknemedia.net/pagine-gialle/artisti/enrico_robusti/dettaglio-mostra/11278.html

    http://www.toxnco.com/index.php?option=com_content&view=article&id=58&Itemid=66

    http://www.facebook.com/enrico.robusti

    http://www.youtube.com/watch?v=U-2xyngbNmE

    http://www.youtube.com/watch?v=3aOuJ3BoZGo

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    PENSEES VERTIGINEUSES À L'USAGE DU PASSANT

    Je hais les poètes (vivants) ! Maelström éditions, 2003 - Petite sélection arbitraire

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    POÉTUDE & BELGISIE

    Cette nuit, j'ai rêvé de vers inoubliables. Hélas, au réveil, je les avais oubliés.

    En Belgique, à force de victimes et de scandales, on finira par confondre les trous de mémoire avec les minutes de silence.

    Le vice appartient aux buveurs de tisane. La vertu résiste mal à l'eau bouillie. 

    Encrier, bleu de travail.

    Est sacré ce qui est digne d'être profané.

    En poésie, on multiplie plus souvent les arêtes que les poissons.

    C'est sa catastrophe, le Belge ne va au désir que par le chemin du besoin.

    J'ai pratiquement renoncé à mes loisirs épistolaires. Est-ce qu'on imagine un menuisier qui mâcherait des copeaux pendant ses périodes de congé ?

    Moi, j'ai le culte du toboggan comme d'autres ont la passion du Golgotha.

    RÉFLEXION SUR D'ORIGINALES MANIERES DE DEFUNCTER 


    Garçon, mettez-moi une mort bien rouge, et que ça saute !

    Mourir un livre à la main. En tournant une page.

    Mourir en buvant un verre de lait.

    Mourir en disant : "Tiens, on sonne !"

    JLE_8120_DxO.jpgMourir dans une ambulance en réclamant qu'on fasse taire la sirène.

    Mourir en réclamant des dommages et intérêts.

    En léguant son corps à la chance.

    Disparaître dans un trou de mémoire.

    Être préoccupé par autre chose, pendant qu'on meurt.

    Mourir le lendemain.

    Voir Charleroi et puis mourir.

    Mourir en prenant congé de soi.

    Mourir en fermant les yeux, pour ne pas trop en voir.

    Mourir en épluchant son diagnostic.

    Mourir à la barbe de Dieu.

    Descendre aux enfers en rappel.

    Tailler un costard à son linceul.

    Mourir, réussir la jonction entre le son et son écho.

    Mourir en cherchant le capuchon de son âme.

    Mourir en pleine santé, par goût du gaspillage.

     

    Les deux portraits de l'auteur sont de Jacky LEPAGE

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    Christelle Debarnot

    dite S’tell

    photographe bourguignonne

    Toutes les photographies sous cet article sont la propriété de leur auteure, Christelle Debarnot - Les 3 portraits de l'artiste sont de Johan Chabbert

    Aa.jpgVoilà une excellente surprise, une surprise de qualité. Bon, quand la photographe se présente sur son espace, le curriculum vitae serait presque dissuasif : elle aime sa région (« son patrimoine riche et unique »), la nature, la beauté des paysages, les grands espaces. Ce cumul de clichés (chez une photographe) devrait vous mettre en fuite. Par bonheur, j’avais déjà entrevu quelques œuvres  de la jolie Bourguignonne et j’ai franchi le seuil. Christelle Debarnot, si c’est vrai qu’elle aime son admirable Bourgogne, c’est réellement autre chose que la préposée du syndicat d’initiative. Elle se déplace à des lieues, des encablures au-dessus de ce pedigree étroit et conventionnel. Rien à voir avec « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». C’est une âme sensible, élevée, délicate, un regard exigeant, très esthète, un vrai talent, une technicienne ingénieuse. C’est une artiste. Ce qu’elle aime, elle l’aime avec distinction, elle le montre avec grâce. C’est autre chose qu’un patrimoine qu’elle nous fait voir. Ce sont des lieux qui vibrent, qui émettent quelque chose, c’est une entente, une complicité entre de beaux endroits et un regard de qualité.

    Ab.jpgElle capte une sorte de poésie des lieux, le désir d’une présence au monde. Il y a des lieux rabougris, recroquevillés, fermés sur eux-mêmes par la façon dont ils sont exhibés. Ici, ils sont ouverts, ils forment un grand orchestre qui jette sa musique vers l’extérieur, un recueil de lieux immenses ou petits mais tous grands ouverts comme des fenêtres sur le monde. Ici, c’est la Bourgogne présente au monde ! On sent l’artiste patiente, entêtée, minutieuse, orgueilleuse, appliquée et toujours désireuse de mettre des ailes aux angles de ses images, non pour en faire des anges, mais des oiseaux capables de voler vers nous. Toute cette belle et bonne volonté est couronnée par un talent, un savoir-faire, une élégance. Ce qui se lit, avec le talent, c’est la passion. La passion, quand elle atteint ce degré d’intensité, est toujours récompensée. Et nous en profitons nous aussi. Nous sommes admis dans l'aura qu'elle fait naître. Nous sommes accueillis dans ces lumières naturelles ou travaillées, ciselées par une orfèvre, nous sommes reçus dans les œuvres animées et captivantes d’une petite bonne femme sacrément douée, dans sa célébration ardente et élégante d’une petite partie de la terre. Il y a aussi cette agréable aura de mystère et de charme qui semble comme maroufler le beau travail de Debarnot. 
     Et, on le voit, le territoire de Debarnot excède de loin la Bourgogne ou la France. Mais où qu'elle aille, elle emmène sa grâce, sa magnifique curiosité, les braises rouges de sa passion. J'aurais aimé, je vous l'assure, publier des centaines de photos. Mais il faut, il est indispensable que le visiteur se déplace, qu'il se rende dans les lieux de l'artiste. Qu'il aille à sa rencontre. Qu'il entre dans les cavernes où elle entrepose ses trésors.

    Ac.jpgCe qui également m’a paru poignant, beau, universel, ce sont ses portraits d’animaux. J’identifie là, très intimement liés, les signes du talent, du respect, d’un ravissement contagieux, d’une compassion, d’une tendresse, d’une affection farouche. L’animal sauvage, libre et fier qui habite notre talentueuse Bourguignonne descend à la rencontre des siens. La rencontre est heureuse et passionnante. Elle aboutit à des icônes troublantes de densité. Un animal est en chacun de nous, chez certains, il est lourd, domestique, flasque, dégénéré, terriblement apprivoisé, chez d’autres il est sournois, aigri, castré, agressif. On a compris qu’il y a diversité, il n’est pas nécessaire de s’étendre. Chez S’tell, c’est un petit animal vif, alerte et souple, doué d’une vue remarquable, c’est tantôt un petit rapace, tantôt un courant d’air soyeux du genre de l’hermine. Mais ce qui règne sur ces superbes photographies, c’est surtout le lumineux halo d’une femme qui pense, qui considère et qui se laisse affecter par le destin des créatures qu’elle photographie. Il y a des images où le soupir de la photographe est audible. Là, dans son bestiaire magnifique, elle excelle dans le noir & blanc, dans une manière qui touche parfois au pictural. Et ces photos ont de la majesté, de l’ampleur.

    Il y a chez Debarnot, - et c’est quelque chose à quoi je succombe à chaque fois -, la fierté et l’amour de son art. Il y a la flamme, plus encore, l’ardent foyer de la passion. Il y a ce petit plus et ce merveilleux crépitement d’étincelles qui font les immenses différences. Qui font la merveilleuse respiration des images.

    Rarement une S’tell m’a laissé sur une pareille et merveilleuse impression de vie. Il faudrait encore, pour délivrer une approche plus exacte de l'artiste, prendre le temps de révéler ses intéressantes créations formelles et ses recherches esthétiques. Ceci fera sûrement l'occasion d'un prochain article.

    Je vous communique ici quelques adresses qui vous permettront de vous rendre en pélérinage dans les lieux de l’artiste. 

    http://www.stellphotographie.com/ 

    http://500px.com/ChristelleDebarnot 

    https://plus.google.com/116443295449140061392/posts

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    Double Je


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    Mademoiselle Debarnot fait dans la dentelle

    Dans mon premier article sur la jeune photographe française, j'évoquais brièvement ses recherches personnelles et ses aventures, ses expériences esthétiques. Il fallait que j'y revinsse car, vous allez le découvrir, il y a d'ores et déjà de très jolies perles dans l'écrin. Ceci n'est évidemment qu'un aperçu et la consultation du site vous permettra de naviguer parmi les nombreuses et heureuses réalisations de mademoiselle Debarnot. Dans l'avenir, nous suivrons le travail de l'artiste et nous serons attentif aux nouvelles formes qu'il prendra. Car en supplément de la photographe qui saisit et qui cisèle ses captures, il y a l'artiste qui invente, qui cherche, qui s'aventure, qui pince un détail, un brin, qui tend à l'image formelle, à la trouvaille esthétique et, parfois, à la création pratiquement abstraite. Il y a, me semble-t-il, beaucoup de grâce, de finesse, de méticulosité et d'inventivité dans ce que Debarnot entreprend. C'est ici davantage une précieuse dentelière de l'image qui nous est révélée. On trouve encore, pour inaugurer la série, le charmant bonus de deux beaux autoportraits. 

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  • 01/09/13--00:39: In Memoriam Papa Becaye Ba
  • Papa Becaye Ba, 22 ans, fruit étrange

    samedi 24 novembre 2012, par Denys-Louis Colaux, Sandro Baguet

     

    A1.jpgLes faits sont avérés, deux jeunes hommes d’origine sénégalaise, dans la nuit du 10 au 11 novembre, à La Louvière, ont été agressés par une meute d’une quinzaine de fachos en sortie de lynchage. Papa Becaye Ba, agressé en raison de sa couleur de peau, a été tabassé à mort. Entré dans le coma, il n’en est plus sorti et vient de décéder ce jeudi au CHU du Tivoli. La police a appréhendé deux suspects et lance un appel à témoins pour identifier les autres membres de la bande meurtrière. Dire sa consternation ne suffit pas.

    La Louvière a désormais ses « strange fruits ». Ses Noirs lynchés et exécutés par les fleurons de la race blanche. On sent la recrudescence de la violence ordurière et raciste de l’extrême-droite, colportée par une regrettable bande d’éclopés du cerveau, des abrutis aux (pro)thèses fascisantes, des hyènes meurtrières, de scandaleux degrés d’humanité déchéante et qui nous font honte. Mais la honte, elle non plus, ne suffit pas. Ni le dégoût devant cette barbarie.

    Un jeune homme de 22 ans est décédé, bastonné à mort par une bande de crapules. Il ne faut pas chercher la périphrase ou la métaphore quand il est question de désigner des ordures. Quinze types, deux jeunes Sénégalais, la supériorité de la race blanche était tout simplement numérique. Elle nous écœure, cette prétendue supériorité, elle nous éclabousse, cette violence odieuse. Nous voulons non seulement nous distinguer de ces tueurs mais nous exigeons qu’ils paient et qu’ils expient. Nous voulons d’une justice qui condamne catégoriquement et sévèrement ces atteintes à la dignité de l’être et ces agressions raciales meurtrières. Pour nous, il n’est qu’un seul être, l’être humain, heureusement décliné en mille diversités. Il faudrait que nous n’eussions plus à ressasser ces truismes. Mais c’est la pitié de l’espèce, elle draine une lie de la pensée, une lie qui ne s’interdit rien et inlassablement nous venons opposer à ces carnassiers un discours humaniste qu’ils compissent et conchient. Voulons-nous qu’on se torche avec nos principes ?

    C’est la question qu’on voudrait adresser à la ville : qu’est-ce que cette peste sans remède dans tes rues ? Qu’est-ce que cette lèpre contre quoi tu ne tentes rien, cette lèpre devant laquelle, couardement, tu fermes les yeux ?

    S’il est aujourd’hui encore une meute capable de lyncher un type parce qu’il est Noir, alors nous ne valons pas grand-chose, alors nos principes sont sans vitalité aucune, alors les démocrates, les militants des droits de l’homme sont des poules mouillées, des beaux parleurs planqués et frileux, des lâches, alors les hommes sont des ratés, des médiocres, de grands impuissants, alors nous sommes revenus dans le territoire morbide de la haine, celui qui conduit aux horreurs qui ont abâtardi l’humanité. Celui que ceci ne soulève pas de dégoût, zéro ! Nous garantissons que si ce crime n’est pas l’affaire de chacun d’entre nous, alors nous allons vers de dégoûtants lendemains. Et il y aura des coups de gourdin pour chacun d’entre nous.


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    UNE HEURE DE MUSIQUE AVEC MOI

    Je vous suggère une petite sélection d'une heure de musique. J'ai pioché dans mes favorites et mes préférés. Tout n'y est pas, loin s'en faut, mais j'ai l'intention de revenir.

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    LHASA DE SELA : chanteuse américaine nomade, le bouleversement vocal de ma vie, Fée ayant rallié les étoiles, 1972-2010

    http://www.youtube.com/watch?v=uGNk_zHy4Mg

     

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    CONCHA BUIKA : chanteuse espagnole d'origine équato-guinéenne, le chant de la lave en fusion, 1972

    http://www.youtube.com/watch?v=beKk6eyfZOE

     

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    CLARA ENGEL, troubadour canadienne basée à Toronto, la splendeur du spleen féminin

    http://www.youtube.com/watch?v=D9nOOhO2ktY

      

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    ANDREAS SCHOLL : contreténor allemand, un cristal qui vibre sans se rompre, 1967 

    http://www.youtube.com/watch?v=f7vLOjzG4no

      

    A1.jpgGERARD MANSET : auteur, compositeur, interprète, écrivain, peintre et photographe français, aventure singulière et passionnante de la création, 1945

    http://www.youtube.com/watch?v=m6LRCmi6OY4

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    MARIN MARAIS, compositeur, violiste et gambiste, perle baroque, 1656-1728

    http://www.youtube.com/watch?v=TpZYctXCBdY

      

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    JACQUELINE DU PRÉ, violoncelliste britannique, virtuosité, grâce, beauté et foudre,1945-1987

    http://www.youtube.com/watch?v=_J-Iwtzzge8

    A1.jpegERIK SATIE, compositeur et pianiste français, mélange inédit de poésie, d'ironie et de mélancolie, 1866-1925

    http://www.youtube.com/watch?v=HP6pMGOFN3o 

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    CHET BAKER, trompettiste, bugliste & chanteur de jazz, au sommet de la langueur musicale, par le lyrisme chaud, la sensualité, et quelque chose de spirituel et d'inexplicable 1929-1988

    http://www.youtube.com/watch?v=z4PKzz81m5c  

    A1.jpgJEAN FERRAT, auteur, compositeur, interprète, mélange agréable et viril de grâce, d'audace et de liberté, 1930-2010

    http://www.youtube.com/watch?v=Dj2kR1AUE38

     

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    NINA SIMONE, diva et pianiste américaine, militante des droits de l'homme, merveille farouche et poignante, 1933-2003

    http://www.youtube.com/watch?v=Bn5tiuZU4JI

      

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    ALAIN BASHUNG, auteur, compositeur, interprète français, talent précieux, cas historique du dandy sensible, 1947-2009

    http://www.youtube.com/watch?v=m1UjEY3tK3Q


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