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Site littéraire et poétique personnel

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    Elena Shumacher

    Une merveilleuse vibration

    CE QUE L’ARTISTE NOUS APPREND SUR ELLE :

    A1.jpgElena Schumacher est née en 1969 à Novomoskovsk en Russie. C’est dans sa ville natale qu’elle a fréquenté l’enseignement général et l’Ecole des beaux-arts pour les enfants. Après avoir terminé ses études secondaires, Elena s’est inscrite à la faculté des Arts de l’Université d’Etat de Smolensk où elle a étudié pendant cinq ans. Son diplôme de spécialiste étant reçu, Elena est devenue enseignante de dessin à l’école maternelle. Cette expérience a beaucoup influencé sa conscience d’artiste. Le processus d’enseignement a été réciproque: Elena a appris aux enfants à dessiner, et les enfants lui ont appris à regarder le monde. Les dessins naïfs de ses élèves ont fait découvrir à Elena le monde de la beauté où tout est possible.

    A1.jpgCe n’est qu’en 2008 qu’Elena s’est engagée dans la peinture professionnelle. Cette même année, sa première exposition personnelle nommée «les rêves en couleur» a eu lieu à Vitebsk en Biélorussie.

    Maintenant Elena vit et travaille à Smolensk avec sa famille qui est sa source principale d’inspiration. Quant à ses travaux, ils sont basés sur les sentiments et les émotions de l’artiste. On peut dire qu’Elena peint dans les styles proches de l’expressionisme, du post-modernisme et de l’abstraction. D’ailleurs, elle n’attache aucune importance à ces qualifications et essaye, au contraire, de dépasser les bornes des genres concrets. Elle vie sa vie et c’est son unique méthode de création. Le plus important pour Elena, c’est que ses travaux éveillent des émotions, qu’ils ne laissent personne indifférent.

     

    A5.jpgExpositions collectives:

    2009 – Palette de l’année (Smolensk, Russie) ;

    2011 – Exclamation (Nouvelle Galerie Tretiakov, Moscou, Russie) ;

    2011 – L’exposition des lauréats du concours «Artpreview» (Zurab Tsereteli Art Gallery, Moscou, Russie) ;

    2011 – Palette de l’année (Smolensk, Russie) ;

    2012 – Le Vide (Musee de Marc Chagall, Vitebsk, Bielorussie).

     

    Expositions personnelles :

    A6.jpg2008 – Les rêves en couleur (Musée de la Littérature, Vitebsk, Bielorussie) ;

    2009 – Braves gens (La salle de l’exposition, Smolensk, Russie) ;

    2009 – Ecoutante la musique (Art Café, Montpellier, France) ;

    2009 – Un rien de rire (40 kvadratov art gallery, Smolensk, Russie) ;

    2010 – Ligne de femme (40 kvadratov art gallery, Smolensk, Russie) ;

    2010 – Ligne de femme (ITERA, Moscou, Russie) ;

    2011 – Un nuage de vanille (DiDi Art Gallery, Saint-Petersbourg, Russie) ;

    2012 – Paradis (Paradise Art Gallery, Moscou, Russie) ;


    2012 – Volte-face (La salle centrale d’exposition, Toula, Russie) ;

    2012 – Tension des sentiments (Smolensk, Russie) ;

    2012 – Trajectoire (DiDi Art Gallery, Saint-Petersbourg, Russie).

    L’espace facebook de l’artiste : http://www.facebook.com/elena.shumacher

    CE QUE NOUS PENSONS D’ELENA SHUMACHER : 

    A7.jpgElena Shumacher est une artiste qui édifie un univers singulier, captivant et d’une très grande puissance évocatoire. Elle a un don pour faire danser et vivre les couleurs, pour les faire rutiler, vivre. Certes, la nature libre du dessin de l’enfant transparaît dans son œuvre mais cela fait presque figure d’anecdote. Il y a dans l’âme même de son œuvre une grande, une vaste, une enthousiaste connaissance de l’art. Il y a, dans la belle œuvre de Shumacher, une récolte d’art et un formidable semis. Elle a beaucoup reçu, elle donne énormément, elle fleurit superbement au cœur d’un formidable cycle pictural et poétique. Son art tient dans un mélange de savoir et de liberté, d’instinct et de science, de poésie et de technique. Et il repose aussi dans ceci qui fuit la définition : une grâce, une tendresse pour l’être, une merveilleuse qualité d’humanité, une délicatesse dans l’abord, une force délicate et un sens raffiné de l’humour. Il y a de la citation, des saluts adressés aux étoiles (Chagall, Modigliani, Gauguin, Rouault, Picasso,…), et puis, il y a un superbe travail d'appropriation, de quête et de conquête, il y a le bâtiment de son propre ciel, il y a une belle entente avec la beauté, avec l’art assez rare d’attendrir et d’émouvoir, d’affecter profondément le regardeur. Il y a de la
    A8.jpgbonne volonté mais une bonne volonté que le talent transporte, élève très haut, dans une sorte de communication aérée, remplie de bel oxygène, de couleurs merveilleuses. L’art d’Elena Shumacher a un rapport direct et chaleureux avec la merveille, un rapport franc, doué d’intelligence, un rapport généreux et saisissant. C’est très simple, cette merveille fait en sorte que la peinture de Shumacher danse, chante, joue des plus délicats instruments : harpe, lyre, flûte traversière, violon, violoncelle, clavecin.  La peinture de Shumacher sent bon, sa flamme distribue une lumière magique et tiède, bienfaisante. La peinture de Shumacher enivre, elle possède les vertus de l’éther, de l’hélium, du vin léger ou du pavot, de la poésie sans doute. Elena Shumacher a quelque chose d’un oiseau, d’une licorne ailée, d’une Icare féminine préservée du trop d’orgueil, c’est une enchanteresse, une fée, une ensorceleuse de couleurs. Son humilité parfume son œuvre. Son art embaume l’amour de l’art, il le promène, le perpétue, le rend contagieux. L’art est léger ici, si léger qu’il entre profondément dans le ciel, dans le ciel de l’être. Oui, cet art rappelle à l’homme qu’il détient un ciel secret et qu’il faut parfois gravir les marches qui y mènent. C’est un art si léger qu’il vibre et nous associe à sa formidable vibration. C’est un art profondément libre, un art qui navigue gracieusement sur les mille eaux de l’inspiration de l’artiste, sur les systoles de sa délicieuse sensibilité. C’est un art bienfaisant qui aère le regard qui se pose sur lui.

    Art féminin, raffiné, élégant, supérieur, formidablement habité, la peinture de Shumacher accomplit le prodige de nous émouvoir sans jamais sombrer dans le kitsch sentimental, le prodige de nous élever dans l’émotion, dans le merveilleux aérostat de l’émotion. Une sorte de béatitude ! Précieux indices de bonheur !   

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  • 01/31/13--13:00: Avec Diane Paquin
  • Photographie : Diane paquin (autoportrait) - Poème : Denys-Louis Colaux

    L'AUBE ET LE BLÉ

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    Elle a pour elle l'aube et le blé
    les épis balancés des lentes libellules
    ce sable de lumière - fine fumée des fleurs
    que le début du jour
    jette par-dessus les clairières

    Elle a pour elle l'aube et le blé
    son encens blond coulé sur les nappes de la vallée

    Le fleuve de son long bras blanc
    va d'elle à son image
    comme l'écho revient
    s'entendre doucement
    aux lèvres de son embouchure
     
    Et sa nuque est peut-être la forêt dévalée 
    par les rayures de l'été
    une lame d'or une lame d'ombre
    un oiseau pris et un piège d'oiseau
     
    L'âme d'un violoncelle s'éveille
    au calme élan de son épaule
    un large albatros lentement s'accorde 
    à l'envol de ses omoplates

    Tout autour d'elle la musique
    étend son linge intime
    et ses dentelles de poudrin
     
    Et je m'aperçois alors
    qu'un instant
    elle détient
    toute la mer réfugiée
    dans la nacre bleue de ses yeux 

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  • 02/01/13--02:09: Isabercée Di-Puglia
  • Isabercée Di-Puglia

    Incarnation de la fièvre

    Pour en savoir davantage sur l’artiste, veuillez visiter les espaces suivants :

    http://berceedipuglia.blogspot.be  -   http://www.isabercee.com

    A 1 a.jpgIsabercée Di-Puglia est une jeune et talentueuse artiste, à la fois dessinatrice et peintre. C’est une artiste complexe, en perpétuelle quête, infatigablement attentive à multiplier ses accès vers l’art et la vie, chez elle très intimement conjoints. C’est un être qui palpite, qui emmène son œuvre (et celui qui la regarde) dans une formidable palpitation, dans un troublant enivrement.  Di-Puglia est une puissante nature, à la fois solaire et épanouie dans la couleur et le trait, dans les éclaboussures de vie, secrète et réfugiée dans la crypte de son œuvre où elle nous convie à regarder les précieux et délicats trésors qu’elle amasse à l’abri du bruit et du mouvement, agile et souple dans un dessin très racé et élégant, exaltée et affirmant la vie et l’amour dans des images d’une formidable vitalité. La vie, - dans tous ses états, de la gourmande délectation aux lenteurs passionnées et intenses de la volupté en passant par la fulgurance ou l’énergie du cri et de l’affirmation, - habite cette œuvre saisissante et dynamique. Entrer dans cette œuvre, c’est s’aventurer dans une formidable agitation, c’est rejoindre pratiquement et s’accorder à la course du sang dans les artères. Isabercée, contrairement à ce que ce joli prénom pourrait laisser entendre, est un être en perpétuel état d’alerte. Elle émet et reçoit à tout instant. J’aime chez Di-Puglia l’électricité d’une nature toujours sur le qui-vive, toujours saturée d’émotion, de passion, cette façon de vivre et de rendre dans son art l’élan de vie, de témoigner de ce foyer ardent autour duquel elle se tient dans un perpétuel et séduisant état de fièvre. Isabercée Di-Puglia est l’incarnation de la fièvre. (Photo de l'artiste, Goran Popovic-Coga)

    A6.jpgJ’aime dans l’œuvre l'intarissable lumière qu’émet la lanterne intérieure de l’artiste, c’est une lumière embrasée, un vrai brasier incandescent. Il distribue une étourdissante et exigeante chaleur humaine. Mais cette lumière dit aussi l’amour sacré, l’amour immodéré de l’art. Même les maternités d’Isabercée rayonnent de cette ardeur à aimer, de ce feu brûlant de l’amour. J’aime chez Di-Puglia ces images de couples qui doublent les débâcles pour affirmer la beauté de l’étreinte et de la rencontre. J’aime, dans l’œuvre, nombreuses, ces âmes plus fortes que l’abîme. Car oui, dans les combustibles qui alimentent le feu « bercéen », il y a une spiritualité profonde, incarnée, une spiritualité puissante et fermement reliée au corps, puissamment ancrée en lui. J’aime quand son art atteint à la fresque, à ces fresques plus fortes que la suie, plus fortes que l’éponge de la suie. J’aime le témoignage qu’elles portent, ce témoignage de résistance obstinée à l’usure et à l’effacement. Chaque fois, Di-Puglia semble engager sa vie dans ce qu’elle affirme. Et cette œuvre dit une confiance formidable en l’art. Elle est aussi admirable à cet effet, dans cette confiance totale, cette immersion complète, cet investissement définitif. Être, exister, c’est créer. Le moindre trait de Di-Puglia l’affirme, l’assène. Et créer, c’est exalter, attiser le foyer de la vie.  Isabercée Di-Puglia est un être si proche de ses convictions, si intimement liée à elles qu’elle se trouve toujours en état de combustion. Ceci est une des explications de son œuvre ardente et admirable.

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    Moultozor Moutl

    DANGER : GONZESSE EXTRAVAGANTE ! FARAMINEUX TALENT À L’ÉTAT SAUVAGE

    Méfions-nous, Moultie, rien  n’est plus terrible, plus implacable, plus sale qu’une meute de gens respectables.  

    A14.jpgAttention, vous entrez ici dans un espace miné consacré à un Être qui échappe totalement aux lois de la gravitation, de la pesanteur et de la bienséance, vous entrez sur le terrain de la poésie à l’état sauvage. Vous pénétrez dans l’univers tourneboulé, sens dessus dessous, d’une Créature élevée au TNT, à la dynamite et à la nitroglycérine. Au lait de fraise aussi. Au doux sirop. Elle a du caractère, du peps, des épaules et des biscottos, une sensualité déconcertante, c’est une furieuse cow-girl, elle dégaine dans le quart de seconde, elle a des yeux de pur cristal céleste, elle a toujours un entonnoir invisible sur la cafetière, elle n’est pas sérieuse du tout, elle est furieusement drôle, elle est déchirante. Prudence, vaut mieux pas la taquiner, la môme avoine quand on l’inquiète. A 29.jpgC’est une Maman, une mère aimante, une Marie de la crèche fabuleuse. Elle tâtonne dans son talent comme un mouflet dans son assiette de purée. Réellement tendre comme la chair des fleurs exotiques, elle est aussi totalement percutée, frappadingue, elle bat quotidiennement des records du monde de maboulerie. Elle est incomparable, bouleversante, c’est la reine Moultie, une majesté inédite. Cette femme est une corne d’abondance en perpétuel état de débordement. Moultozor Moutl est un fleuve en crue, un Nil féminin, un Mississippi surgi d’un robinet de banlieue. Elle a le délicat cœur d’un pinson qui chante, la fougue d’un émeu lancé au galop. Elle est poignante, puissamment attendrissante, elle est méchante et charmante, belle d’une façon rigoureusement originale, c’est un ovni superbe (objet volage non indentifié), elle ne ressemble à personne, elle tire la langue et des clopes bizarres, elle fait des  grimaces et des photos superbes, elle fait n’importe quoi avec la désinvolture d’une pharaonne troglodyte. C’est Babe Moultie, une fulgurante réinvention de la grâce.  C’est une clownesse passionnante, un papillon carnivore ! Elle a l’envergure du mythe, de l’étoile, du terrain de jeu des étoiles, c’est une nouvelle Junon et de son sein prodigieux jaillit le précieux liquide qui irrigue la voie lactée. C’est une enfant, une Poupée adorable, une boxeuse avec piercings. C’est un grand blues langoureux, Moultie, un remuement formidable, une avalanche de sentiments. C’est une copine du hareng saur de Charles Cros : « J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple /Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,/Et amuser les enfants - petits, petits, petits. » Oh, attention, qu’on ne s’y trompe pas, c’est aussi une intraitable Séductrice, une Vénusienne,  un Tempérament, une Femme en force, une grande Faunesse. Une Fleur de punch ! C’est la beauté à l’écart des canons, la beauté en pleine santé, la rotondité splendide. Moultie, c’est un grand collage surréaliste, exaltant, insondable, en trois dimensions, offensif et déroutant. A7.jpgLe Moultozor, c’est encore une fillette qui pleure dans un coin et qui photographie ses larmes. Moultie, je n’en fais pas le tour, je ne puis la circonscrire, ce serait inutile, sacrilège, idiot, elle me botte, c’est un bel Astre, un Exocet, elle m’émeut et m’enchante, même sa façon de fouler les fleurs dans les parterres bourgeois me touche et me ravit, c’est une petite Sœur libre et paumée, savante et comique, c’est une Viking et une Ra/einette. C’est une Comète sur laquelle on se retourne. C’est la reine des pommes, un pêcher capital, ses fruits sont enveloppés de velours. Celui qui ne se retourne pas, couillon ! connard ! asticot ! zéro ! Dans sa jolie tête, il y a ce fabuleux bordel qu’on trouve dans les plus beaux ateliers d’art. Attention, approchez Moultie avec la délicatesse virtuose que requièrent les œuvres d’art parce que, Moultie, sans aucun doute, elle est fragile. Cristal, disais-je. Pour en savoir davantage sur Moultie:

    http://www.facebook.com/Moultyface/info  http://www.facebook.com/moutl.moultozor  

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  • 02/01/13--06:59: Pensées édifiantes
  • Autour du Poemium à moustaches de Monsieur Loiseau Loiseau

    (vérités à bretelles et vivants exquis)

    Denys-Louis Colaux

    NB: Cet article est orné de photographies de mes deux aînés, Justin et Nora ici âgés de 3 et 5 ans. Ils jouent ici le rôle d'une claque enthousiaste et parfois hilare. Je suis l'auteur de ces enfants, de ces maquillages et de ces photographies.

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    Nous apprenons qu'un chien massif et distrait a aplati un journaliste, le destinant, sans calcul croyons-nous, à la rubrique des journalistes écrasés.

    Un schizophrène, répondant successivement au nom de Monsieur Loiseau et de Monsieur Loiseau, s'adressait des lettres anonymes. Informé de leur contenu, il ne les ouvrait pas.

    Le champion du monde de lancer de poumon a été contrôlé positif à la nicotine. Il devra restituer sa médaille mais pourra toutefois en conserver le revers.

    Un homme a été sauvagement malmené par une fauvette sur le chemin du travail.

    Un navire citerne transportant des milliers d'hectolitres d'eau potable fait naufrage au large des côtes belges. Etat d'alerte décrété. Dégâts probablement considérables.

    Pratiquement personne, cimetière presque désert cet après-midi à l’enterrement d’un poisson rouge.

    Incident protocolaire à l'Elysée : la légion d'honneur a été attribuée à un individu qui a refusé de décliner son identité. ( Il s'agit peut-être de Monsieur Loiseau).

    On nous affirme de source autorisée que c'est suite à une interversion de dossiers que le mérite agricole a été décerné à une vache laitière. Le mérite et le ruminant se portent bien.

    L’allergie a encore frappé : un pauvre type se fracture le frontal en éternuant trop près d’un mur. (On nous laisse entendre qu’il pourrait s’agir d’Ernest Loiseau, un schizophrène peut-être décoré).

    Progrès mécaniques et hébétude : la récente invention du moteur totalement silencieux ne permet pas toujours au conducteur de savoir si la voiture est en marche.

    Incapable de trouver un mot un mot rimant avec « spectre », un poète guitariste tente de se suicider en avalant son plectre.

    Au terme d'une suite de vomissements salutaires, Monsieur Monsieur Loiseau a décidé de se mettre au piano.

    Un incurable schizophrène s’étant surpris en train de s’accoupler avec sa propre épouse s’est subitement réfugié dans la penderie. Aux dernières nouvelles, il y séjourne encore.

    Un curieux phénomène atmosphérique. Hier, en plein jour et à l'improviste, il a plu des palmes et des tubas. Bien des gens ont regretté de n'avoir pas emporté un peu d'eau. 

    Monsieur Loiseau s’écrit à lui-même pour démentir les rumeurs de fracture qui pèsent sur son frontal, son frontal.

     

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    Le sens des proportions se perd ou est fortement menacé. A la suite du naufrage d'un pédalo, on a miraculeusement repêché douze cadavres.

    Actualité heureuse : un communiqué officiel de la maternité de P*** nous informe que Madame Loiseau a mis au monde un jumeau, jumeau.

    Cela doit cesser. On a encore retrouvé douze médecins sans frontières errant aux quatre coins du globe. 

    Monsieur Loiseau offre une forte récompense à toute personne, personne, qui pourra lui fournir des informations sur son poisson rouge et flottant. Poisson rouge (c’est le nom du disparu) a quitté l’aquarium familial il y a trois jours.

    Un crime odieux va être commis. Ce n’est pas absolument certain mais c’est très probable.

    Mon fils, déclare Monsieur Monsieur Loiseau est, nous citons, trait pour trait le sosie de lui-même.

    Une dépêche de l’agence agence Loiseau porte à notre connaissance le fait qu’une baleine vivante aurait été repérée dans les eaux de la Mer Morte. Loiseau et la Mer se portent bien.

    Passage ce soir par-dessus les toits de notre ville d’un vol d’oies particulièrement sauvages.

    Le Vatican vient de communiquer la liste des douze lauréats pour les canonisations du mois de mai. A nouveau aucun Belge au palmarès. 

    Monsieur Joseph Staline est mort. Ce n’est pas nouveau. C’est même assez ancien. Mais ça reste une bonne nouvelle.

    On nous prie de publier l’avis suivant : « Si vous trouvez quelque chose, n’importe où, prière de me le restituer, ça m’appartient vraisemblablement ».

    Editorial. La ville, cette nuit, m’a paru en proie à une vertigineuse mélancolie. Même les réverbères baissaient la tête.

    Dérèglement climatique. La grêle qui s’est abattue sur les vignes du sud de la France a anéanti le mildiou et les raisins.

    Rubrique nécrologique. Nous sommes au regret de vous faire part du décès inopiné de Monsieur Malbranche, fossoyeur communal qui avait, Dieu merci, exprimé le vœu d’être incinéré.

    Notre manchette nous ayant été subtilisée à l’aube, nous sommes contraints de commencer l’édition du jour par la deuxième page.

    People. Une blonde avec des seins énormes a apporté son soutien à une cause.

    Mœurs. Monsieur Loiseau Loiseau porte plainte contre le succube qui a lâchement abusé de lui, la nuit dernière, pendant son sommeil, sommeil. Comme il ne dormait que d’un œil il a pu fournir une description précise de la diablesse.

    Société. Des voyous voyous ont charbonné les murs de la caserne d’un tag relativement abscons : « Militaires en soldes ».

    Bien qu’il ignore absolument tout de cette langue, Monsieur Monsieur Loiseau vient d’être traduit en cour martiale.

    Antiaméricanisme primaire. George Bush.

    On nous prie de diffuser l’avis suivant. « Cet individu, extrêmement dangereux, est activement recherché ». (Nous publierons évidemment la photo dès que nous entrerons en sa possession)

    Triomphe de la loi. La police a arrêté.

    Déchirant drame existentiel. Une jeune fille inconnue retrouvée morte sous la pluie, en juillet, dans un jardin public, celui de notre ville, le nôtre.

    Objet perdu. Une âme très endommagée mais encore bleue a été retrouvée sur un banc public. Pour être possédé d’elle, s’adresser au journal ou, en cas d’absence, à la concierge.

    Atteint d’un mal (provisoirement, espère-t-il) incurable, Monsieur Loiseau Loiseau a été admis à l’Hôtel-Dieu où, nous certifie-t-il, il a aussitôt perdu la foi, la foi.

    Petites annonces. « Vous ne m’avez jamais vu. Vous ne me connaissez pas. Je n’ai ni beauté intérieure, ni beauté extérieure. Et, en plus, je ne vous aime pas non plus ».

    Rectificatif. Dans l’affaire du naufrage de mardi, ce n’était pas le navire qui était en détresse, c’étaient les passagers. Toutes nos excuses.

     

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    Courrier du cœur. Femme désespérée. Grève de la faim. Souhaite rencontrer quelqu’un pour rompre le jeûne.

    Errata 1. Dans notre article d’hier sur le blanchiment d’argent, nous avons malencontreusement écrit nègre en lieu et place de pègre. Une couille s’est glissée dans la copie.

    Errata 2. Dans notre errata 1 d’hier, notre q a sauté. Il fallait lire coquille et non pas testicule.

    Bulletin de santé. Monsieur Loiseau Loiseau va mieux. Mieux. Pas bien. Bien. Mais mieux. Mieux.

    Malgré un haut indice de protection, un gang de trafiquants d’huile solaire vient d’être démantelé.

    Election de Miss Limousin. Ballotage. Un deuxième tour s’impose.

    Grand banditisme. Un Belge à nouveau arrêté en Belgique. Ça n’en finira donc jamais !

    International. On nous apprend que le Nil a retrouvé le chemin de l’Egypte. On pense à la joie des pyramides.

    Monsieur Loiseau Monsieur nous prie de vous faire part de l’avis suivant : « Je je n’assisterai pas à mes funérailles ». En post-scriptum, il nous assure qu’il se fera néanmoins représenter.

    On a procédé ce matin au constat du vol de la Tour Eiffel. L’atterrissage s’est déroulé sans problème.

    Mystère. Hier, en dépit du bon sens, un phénomène de rayon vert s’est manifesté en pleine nuit.

    Chute mortelle. En fait, il s’agit plus exactement d’une chute vraisemblablement mortelle, le malheureux n’ayant pas encore pris contact avec le sol.

    Politique intérieure. Le corps inerte d’un dauphin retrouvé dans un bénitier de Notre-Dame de Paris. On ne songe pas sans compassion à l’émoi du bon peuple parisien.

    Lapsus terrible. En visite à Paris, le ministre belge des Affaires étrangères, désireux de faire savoir qu’il parle couramment le français, a salué ses « chers amis Pharisiens ». On l’aurait, paraît-il, lapidé si une pluie battante ne s’était courageusement interposée.

    Vente aux enchères. Les caleçons de flanelle de Monsieur Sotheby ont été acquis par un acheteur qui a préféré gardé l’anonymat. 

    Civisme. Un valeureux Breton, n’écoutant que son courage, se sauve de la noyade en imitant très correctement les mouvements de la brasse.

    Culture. Le nouveau recueil de Monsieur Monsieur Loiseau est sorti. Il n’a toutefois pas fait savoir où il se rendait.

    Mœurs. La célèbre femme nue sous son ciré a encore été aperçue ce matin. Hélas, subrepticement.

    Bonnes nouvelles des étoiles. Un astérisque s’éprend d’une étoile de mer. 

    Mœurs. Identifiée par ses enfants, la célèbre femme nue sous son ciré se repent et prend le voile.

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    Des nouvelles de Dieu ? Quelqu’un (de qui le nom n’a pas été dévoilé mais qui offre, paraît-il, de réelles garanties de crédibilité) aurait entendu une voix vraisemblablement divine et singulièrement mystérieuse marmonner des choses parfaitement incompréhensibles. 

    Espèce d’autodafé. Failli, un éditeur s’immole par le feu.

    Arts. Le Comité d’Organisation des Péripéties refuse à nouveau et comme on s’y attendait de faire connaître le calendrier de ses activités.

    Nature et prodige du mimétisme. Un de nos fidèles lecteurs nous apprend que le mot laie désigne à la fois la femelle du sanglier et un sentier en forêt.

    Accident de chasse et mimétisme. Un chasseur abat une canette de bière.

    Funérailles nationales. Une organisation irréprochable.

    Manifestation culturelle. Un discours musclé du président du Comité des Grands Nostalgiques : « Je vous exhorte à exécuter manuellement tout ce que peut accomplir une machine-outil ! »

    Patrimoine artistique. Une carte postale reproduisant La Chute d’Icare du peintre flamand Pieter Bruegel a été dérobée au présentoir de la papeterie Michonnet 

    Scandale à l’évêché. A l’église Sainte-Catherine, un bedeau surpris en train d’arroser la grande rose de la nef.

    Le Nobel. Une brusque flambée des prix l’a rendu inabordable cette année.

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    Moments d’hébétude personnelle

    Ma distraction ! L’autre jour, songeant à serrer la main à une femme, je lui fais un enfant !

    Un jour, je croise dans la rue un type mort depuis plus d’une dizaine d’années. J’ai hésité à prendre de ses nouvelles.

    Connaissant quelques problèmes de liquidités, je revends le Renoir qu’on m’a offert pour mon quarantième anniversaire. J’en tire des clopinettes, c’est un faux. Et pourtant, ce jour-là, j’avais bien quarante ans.

    Deux semaines plus tard, nouvelles difficultés financières. Non, pas mon Picasso ! Hein ? Bon, tant pis. Bien que je l’aie peint moi-même, je le monnaie assez bien.

    Je tousse depuis deux ans. Le docteur m’examine. Au terme de l’auscultation :

    -         Ben mon vieux, vous êtes dans un piteux état !

    -         C’est vrai, docteur, la Belgique ne va pas bien.

    Samedi passé, dans un effet de parfaite synchronisation, je perds en même temps la mémoire et mes clés. 

    Un homme m’accoste en rue, me parle avec enthousiasme puis, comme saisi d’un doute, me pose cette question :

    -         Tu te souviens de moi, j’espère ?

    -         Es-tu convaincu, lui dis-je, que le verbe espérer s’applique à la situation ?

    Un type, à brûle-pourpoint, ne se doutant pas même de l’absurdité de son injonction, me met au défi :

    -         Vas-y, sois drôle !

    Pris de cours mais conciliant, conscient tout de même de ne répondre que très imparfaitement à sa demande,  je fais une embolie.

    Dans une galerie, un type passablement fat m’apprend qu’il est l’auteur des croûtes exposées. Faute avouée, lui dis-je, est à moitié pardonnée.

     

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    PENSÉES PERSONNELLES ET PUBLIQUES

    Hier, j'ai couru tellement vite que j'ai perdu une étoile.

    Hier, je me suis penché tellement bas que j'ai ramassé une maladie.

    Tous les imbéciles et certaines valises ont un double fond. Ce ne sont jamais de vrais trésors qu'on y trouve. 

    Bien que je fusse assis et immobile, les gendarmes m'ont arrêté.

    Je regarde le boeuf comme un genre de philosophe délesté du fardeau de l'honneur.

    En discutant avec une Anglaise, j'ai découvert une sensation nouvelle : le vertige assis.

    Il me semble qu'il est plus commode de compter ses amis que de compter sur eux. Le plus indiqué est encore de conter ses amis. 

    Qu'il ne soit plus jamais question de rendre à César ce que l'on est parvenu à lui subtiliser.

    Quand la Brabançonne, je ne vais jamais ouvrir. Dehors est un lieu où elle retentit plus joliment.

    Au roi, il vaut mieux serrer le cou que la main.

     

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    Amélie Lundahl, peintre finlandaise installée en France, 1850-1914

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    Anna Boch, peintre impressionniste belge, 1848-1936

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    Eva Gonzalès, peintre française, 1849-1883

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    Marie Bashkirtseff, peintre et sculptrice ukrainienne, 1858-1884

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    Emilie Charmy, peintre française, 1878-1974

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    Catherina van Hemessen, peintre flamande, 1528-1587

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    Marie-Guillemine Benoist, peintre française (1768-1826)

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    Georgette Agutte, peintre française (1867-1922)

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    NOBORU KITAWAKI, peintre japonais, 1901-1950 

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    MAN BELLEC, peintre française contemporaine, 1963

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    LE TITIEN, peintre vénitien, 1490-1576

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    SONIA ABELOOS, peintre belge, 1876-1969

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    ALBERT JOSEPH MOORE, peintre anglais 1841-1893

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    PALMER HAYDEN, peintre américain, 1890-1973

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    JOSE GUADALUPE POSADA, graveur et illustrateur mexicain, 1852-1913

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    DIEGO RIVERA, peintre mexicain, 1886-1957

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    Il s'agit de l'artiste circassienne Miriam de Sela, soeur de Lhasa. J'ai vu Miriam de Sela (avec Sky) dans un spectacle que j'ai abondamment commenté et dont je garde un souvenir ardent et ému : Flying Fish Circus. Voici, dans cette photographie dont j'ignore l'auteur (je publierai immédiatement son nom si l'on daigne me le faire connaître), une poignante déclinaison de la beauté féminine. Je la recueille très précieusement. Attention, instant de grâce.

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  • 02/02/13--07:30: Lucie Coulombe
  • a1.jpgLUCIE COULOMBE N'HIBERNE PAS

    Une habituée de notre blog fait retour. La photographe québécoise Lucie Coulombe, au mépris d'un accès d'hiver sibérien, s'est aventurée à l'extérieur, armée de son appareil. Elle nous semble plus inspirée et originale que jamais. Elle retrouve en quelques délicats indices la plage sous la neige, elle crée l'illusion magnifique de sommets jonchant le sol, elle rend un magistral souffle de vent et il y a quelque chose de symphonique dans l'image, un paysage immense et inédit avec caravane (et, pour mille raisons qui sautent aux yeux, c'est tout simplement superbe), elle recueille le sceptre d'un roseau brisé dans une congère, elle joue très habilement avec les reflets, rend les "couleurs", les empreintes, les nervures, les rides et les dessins de la neige, y découvre des marbres superbes (elle seule peut voir un Rodin, un Claudel émerger de la neige et cueillir l'oeuvre avec une doigté superbe). La photographie, jusque dans l'infime, reste pour Lucie Coulombe une palpitante aventure poétique. Je le répète, comme on reprend un refrain qu'on aime, le frisson qu'elle éprouve à saisir et à inventer ses trésors habite merveilleusement ses photographies. C'est un plaisir de constater à nouveau qu'elle a ce talent rare de détecter et de saisir, là où le regard ne se porte habituellement pas, de l'inédit, de l'étrange, du beau et de le capter, de le capturer, de le perpétuer dans sa manière très esthète. Entre le poème visuel, la nature morte et la création abstraite, le talent de Lucie Coulombe oscille avec grâce et ingéniosité. Pour notre plaisir, elle agrémente sa galerie virtuelle de quelques nouvelles photographies remarquables, de quelques perles formelles et graphiques.

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    Sur mon espace facebook, davantage d'informations et d'oeuvres 

    http://www.facebook.com/media/set/?set=a.283358851790502.64294.100003491699140&type=1

    ISABELLE VANDENABEELE, lithographe et illustratrice belge, 1972

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    SABIEN CLEMENT, illustratrice et graphiste belge, 1978

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    SABINE DELAHAUT, artiste belge, 1973 (gravure, dessin, lithographie, collage,...)

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    CONSTANT PERMEKE, peintre et sculpteur belge, 1886-1952

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    KOUZMA SERGUEIEVITCH PETROV-VODKINE, peintre et graphiste russe, 1878-1939

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    Andrew Wyeth 2, peintre américain, 1917-2009

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  • 02/02/13--11:28: Ayin de Sela
  • AYIN DE SELA

    UNE MERVEILLE AÉRIENNE

    J'ai écrit quelque part, parmi mes nombreux articles consacrés à Lhasa, ma voix favorite, que les soeurs de Sela ont reçu la grâce en partage. Ces photographies aideront le visiteur incrédule à s'en convaincre. Voici Ayin de Sela, artiste circassienne elle aussi, fildefériste, danseuse aérienne et équilibriste. Suivez le lien ici joint et vous découvrirez l'artiste dans un époustouflant numéro de fildefériste en talons ! Un merveilleux instant. Une prouesse d'élégance, de force et de souplesse. Et un sourire tel qu'il éclipse la lumière des projecteurs.

    http://www.youtube.com/watch?v=KnMZIOTCe6Q

    Voici ici l'artiste superbement photographiée par sa mère, l'excellente photographe Alexandra Karam

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    Et enfin, superbe au village comme à la scène, la belle Ayin au repos. 

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    Froid sibérien et créativité

    Quelques nouvelles photographies venues du Québec, signées Lucie Coulombe. Splendeurs et violences de l'hiver québécois sous l'oeil poétique et singulier de l'artiste de Rivière-du-Loup. Un ranch sous la neige, le Sahara québécois en pleine tempête, un superbe paysage, une splendide levée de neige au grand vent, et, fleuron de l'esthétique de cette série, une merveille chromatique saisie sur le Saint-Laurent. Les belles et étranges productions de l'artiste confirment la fascinante particularité d'un regard sur les lieux et les choses.

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  • 02/04/13--21:55: Baudelaire et les chats
  • De Baudelaire,deux poèmes tirés des Fleurs du mal – photographies Lucie Coulombe

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    LE CHAT

    Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
    Retiens les griffes de ta patte,
    Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
    Mêlés de métal et d'agate.

    Lorsque mes doigts caressent à loisir
    Ta tête et ton dos élastique,
    Et que ma main s'enivre du plaisir
    De palper ton corps électrique,

    Je vois ma femme en esprit. Son regard,
    Comme le tien, aimable bête,
    Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

    Et, des pieds jusques à la tête,
    Un air subtil, un dangereux parfum,
    Nagent autour de son corps brun.

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    LES CHATS

    Les amoureux fervents et les savants austères
    Aiment également, dans leur mûre saison,
    Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
    Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

    Amis de la science et de la volupté,
    Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
    L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
    S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

    Ils prennent en songeant les nobles attitudes
    Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
    Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

    Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
    Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
    Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

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  • 02/04/13--22:14: Alain Adam et moi
  • Tableau : Alain Adam - Poème : Denys-Louis Colaux

    Poème trapézoïdal

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    A présent que ma vie penche

    comme un navire

    qui songe à décoller

    je retrouve un passage

    entre la pesanteur

    et le vertige


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  • 02/04/13--23:58: Ma photo du jour
  • Ce matin, pas de marche à l'aube. C'est par la fenêtre de mon bureau que je prends ma petite photographie. Quelque chose là-dedans me plaît.

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    Musée des Beaux-Arts de Charleroi

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    René Magritte - Baigneuse - Musée des Beaux-Arts, Charleroi

    J’ai profité de l’opération « Musée gratuit le premier dimanche du mois » pour me rendre, à l’invitation de mon ami Sandro Baguet, au Musée des Beaux-Arts de Charleroi. « Evidemment, nous dit l’hôtesse d’accueil, on ne photographie pas ». Regrettable évidence, pas même une vue d’ensemble, rien. On ne photographie pas. Raison pour laquelle nous avons cherché dans la grande mémoire du web des images pour illustrer notre propos. Le Musée hennuyer, situé dans une aile latérale du Palais des Beaux-Arts a une vocation régionale, disons wallonne ou, plus exactement belgo-francophone. Pas envie de mégoter là-dessus, même si je ne peux dissocier dans mon esprit l’idée de musée et l’idée d’ouverture au monde. Au pèlerin de l’art, le voyage est indispensable. Ceci étant dit, même les artistes magistraux sont nés quelque part et il n’est pas exclu que ce quelque part s’en souvienne.

    A1.jpgJe vais à présent conduire ma petite visite personnelle (partisane, subjective, etc.)  avec les furtives notes que j’ai prises. La visite s’ouvre sur une suite de tableaux de François-Joseph Navez, un peintre belge né à Charleroi (1787-1869), bon portraitiste et qui fut directeur de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles de 1835 à 1862. On découvre ensuite quelques œuvres de l’un de ses élèves, (son gendre, par ailleurs), Jean-François Portaels (1818-1869), orientaliste et qui a peint la belle jeune nord-africaine que nous reproduisons ci-contre..

    Violent instant d’exotisme, dans le lot, on trouve un charmant petit Paysage de Gustave Courbet, (1819-1877) le maître du réalisme français, celui de L’enterrement à Ormans (dont Rops s’était inspiré pour son excellent Enterrement en pays wallon), de l’Atelier du peintre, des Cribleuses de blé et de l’incontournable Origine du mondeIl y a quelque chose, un grand paysage, de Théodore Fourmois, paysagiste, dessinateur, graveur, aquarelliste (1814-1871).

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    L'Annonciation, Paul Delvaux

    Et puis, on arrive chez les maîtres, d’abord avec une œuvre de 1955, l’Annonciation de Paul Delvaux (1897-1994), formidable bâtisseur d’un univers féminin onirique, hiératique, mystérieux et fascinant. Delvaux, venu au surréalisme par l’influence de tableaux de Georgio de Chirico ou René Magritte, est un artiste à part, un créateur libre et sans doute l’un des phares de l’art contemporain belge. L’essentiel de son œuvre est rassemblé dans le musée de Saint-Idesbald à Coxyde, sur le littoral belge. A côté de cette œuvre isolée, quelques œuvres de René Magritte (1898-1967), un des maîtres du surréalisme, sont rassemblées. Magritte est un artiste considérable, un grand inventeur pictural du XXème s., c’est une constellation à lui tout seul, et c’est un bonheur d’approcher quelques-unes de ses toiles. « Tout dans mes œuvres, affirmait Magritte, est issu du sentiment de certitude que nous appartenons en fait à un monde énigmatique ». Il  y a des œuvres de jeunesse (1919-1920) mais aussi quelques œuvres importantes comme La Fée ignorante, Baigneuse, La Liberté de l’esprit, L’Eclair. « Être surréaliste, disait encore Magritte, c’est bannir de l’esprit le déjà vu et rechercher le pas encore vu ».

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    René Magritte - La Liberté de l'esprit

    Quel bonheur de trouver là deux magnifiques toiles d’Anna Boch (1848-1936), une impressionniste extrêmement gracieuse et que j’aime beaucoup. Ces deux toiles, En juin, 1894, et Moutons et berger, je n’ai pas noté la date, sont de grands formats élégants et raffinés. J’aime ce charme, il opère sur moi. C’est important, le charme, un grand bienfait, une sorte de caresse spirituelle en l’absence de tout geste. Un foehn, le charme, pour le mot, pour l’espèce de vent tiède et parfumé qu’il laisse deviner.

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    Anna Boch, En Juin

    Je trouve avec plaisir de plaisants petits tableaux de mon cher Félicien Rops (1833-1898), le belge qui fut le plus estimé à Paris dans la deuxième mois du dix-neuvième et qui illustra Baudelaire, Verlaine, Barbey d’Aurevilly ou Mallarmé. Rops reste pour moi un artiste majeur, audacieux, libre, un dessinateur et un lithographe d’exception. Parmi ces petites œuvres exposées à Charleroi, je m’émeus d’une huile sur bois représentant L’Etang de Bambois, proche de chez moi. Jamais une production de Rops ne m’a laissé indifférent. Là, il y a un James Ensor aussi (1860-1949). James l’Ostendais, le génial inventeur d’un grotesque sublime, d’un carnavalesque effronté. Cette année, j’étais sur le littoral, à Ostende, chez un parent. A trente mètres de la demeure, je découvre le petit tombeau du baron James Ensor, à gauche de la petite église de Notre-Dame-des-dunes. Ici, il y a une belle huile sur toile : L’Estaminet.  Puis, très ensorien, il y a Ostende. Vient le louviérois Paul Leduc (1876-1943) avec un grand tableau, Le grand Canal à Venise. Voilà Alfred Stevens( 1823-1906) avec une toute petite et belle marine. J’aime ses élégantes, ses beautés bourgeoises pensives, rêveuses et vêtues d’étoffes raffinées. Elles ne sont pas là. Je les aurais aimées parmi les porions, les mineurs, les grandes usines flamboyantes, les bronzes de Meunier. Edgard Tytgat (1879-1957), qui a quelque chose d’un naïf averti, est graveur, peintre, aquarelliste, dessinateur, illustrateur. De lui, on peut voir La Joie d’été, une très belle œuvre de 1931. Tout près, son ami, Rik Wouters (1882-1916), peintre et sculpteur (auteur de La Vierge folle, un superbe bronze massif et enlevé, inspiré par la danseuse Isadora Duncan). De lui, j’aime les deux toiles présentes Femme en rouge et Femme assise. Un de mes grands bonheurs, c’est la découverte de Gilberte Dumont (1910-1989) dont j’avais entrevu, intrigué par la maîtrise technique, une ou deux œuvres. Ici, je savoure l’excellent, le minutieux, le lumineux travail de l’artiste carolorégienne, et cette sorte de verni magique qui magnifie son travail. Oui, là, je prends mon temps, je savoure. Il y a là quelque chose d’inédit, un talent rare et totalement original,  il y a quelque chose de grandiose, un trésor. C’est le réel, sans doute, mais comme enchanté et poétisé par la main très artiste de Gilberte Dumont. Je retournerai aux Beaux-Arts rien que pour revoir les œuvres de Gilberte Dumont. Ces œuvres, tant elles sont riches, ne se laissent pas épuiser, elles ont des ressources, un souffle, une âme époustouflante. Passionnante artiste. J’aime son autoportrait. Je découvre une photo d’elle, elle a le physique d’une Piaf qui aurait été belle. Cette œuvre a besoin d’un peu de publicité, il me semble. Il y a là d’étranges et fascinants joyaux. C’est une grossière erreur que de négliger cela, un sacrilège.

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    Giberte Dumont, Autoportrait

    Il y a là aussi Thierry Tillier, collagiste, revuiste et poète que j’ai connu jadis, Charley Case que j’ai croisé jadis également et dont j’aime beaucoup le travail. Il y a un important nombre, une trentaine d’excellentes encres de chine du surréaliste Simon Armand (1906-1981). Jean Rancy (1910-1991) est un peintre surréaliste, un peintre dont l’œuvre est ancrée dans le rêve. J’ai remarqué aussi Léon Devos (1897-1974), du groupe Nervia (Anto Carte, Louis Buisseret, Frans Depooter, Léon Navez, Pierre Paulus, Rodolphe Strebelle, Taf Wallet et Jean Winance) qui cherchait à promouvoir l’art wallon. De Devos, j’apprécie les deux œuvres exposées : Portrait de jeune fille et Nu assis. L’expressionniste de Chatelet Gustave Camus (1914-1984) est là avec La Robe bleue. Camus, au sein du groupe Hainaut Cinq lui aussi militait pour l’existence et la diffusion de l’art wallon. Hainaut Cinq est un groupe constitué de cinq artistes : Zéphir Busine, Gustave Camus, Jean Rancy, Jean Pigeon et Roger Dudant. Il est constitué d’artistes jouissant d’une certaine notoriété et entre en action en 1964. Le groupe se fixe pour objectifs de promouvoir les artistes belges talentueux et d’attirer l’attention du public sur les œuvres de leurs jeunes confrères. De Marcel Gibon (1910-1975), je découvre un beau Portrait de Madame Gibon. Je note, en visitant les espaces du Web que peu, très peu d’images de ces artistes sont visibles. Protection, m’affirmera-t-on. Il me semble qu’il s’agit essentiellement d’une déplorable protection contre la connaissance, d’un enfermement ridicule et morbide dans la confidentialité et d’une façon absurde de hâter le phénomène de vaporisation des artistes. Ces absences ne protègent rien du tout, elles effacent du paysage artistique des artistes et les vouent à l’enlisement dans l’oubli définitif. Mais ces remarquables absences trahissent sans doute aussi une sorte d’indigence intellectuelle et culturelle, un mesquin et secret commerce de petits épiciers de l’art et une affligeante fainéantise.

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    Louis Buisseret - Alphonse Darville

    Du groupe Nervia lui aussi, le peintre et graveur Louis Buisseret (1888-1956) est visible avec une œuvre intitulée Nymphes au bord de l’eau. Il y a de l’élégance chez Buisseret, j’aime son style, sa représentation de la femme. Le sculpteur de Mont-sur-Marchienne Alphonse Darville (1910-1990) est représenté par un beau bronze, Primavera, et un torse de jeune fille non titré. Evidemment, il y a Constantin Meunier (1831-1905), le grand réaliste belge, peintre et sculpteur, artiste de la condition ouvrière. Il est là sous l’espèce de la peinture avec des œuvres comme Mineur borain, Mineur liégeois, Hiercheuse descendant à la fosse, il est évidemment présent sous l’espèce de la sculpture avec Le Blessé, Le Puddleur. Beaucoup de talent, de noblesse, de sensibilité et d’humanité dans l’œuvre de Meunier.

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    Constantin Meunier, Hiercheuse descendant à la fosse

    Un maître. J’ai aimé La Récolte de pommes de terre, une œuvre de 1915, de Firmin Baes (1874-1943) qui est l’auteur de quelques splendides nus et de portraits féminins d’une très haute qualité, mélangeant avec talent les thèmes populaires et les sujets raffinés. Baes est souvent un peintre admirable.

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    Quelques oeuvres de Firmin Baes (elles ne se trouvent pas au musée des Beau-Arts de Charleroi)

    charleroi arsène detry.JPGIl faut mentionner le peintre Arsène Detry (1897-1981), « surréaliste qui s’ignore » selon René Magritte, un étrange esthète qui capte dans le Borinage des formes susceptibles de saisir la lumière, qui recueille des harmonies, des volumes. Pourtant, il semble bien, en observant le fruit de ses recherches formelles, que cet artiste est un être éminemment spirituel qui détecte dans les lieux déshérités où l’être (absent de l’œuvre) vit et travaille quelque chose comme l’invisible présence d’une âme et les signes d’une condition humaine. J’ai été hélé par une œuvre du peintre Georges Brasseur (1880-1950), une œuvre intitulée Les Rivageuses de Dampremy et qui montre à la fois la terrible condition des ouvrières et la coquetterie déconcertante de certaines d’entre elles, cette splendide obstination de la féminité jusqu’au cœur des plus terribles conditions de travail. Du célèbre expressionniste belge Pierre Paulus (1881-1959), on trouve un grand nombre d’œuvres. Lui aussi est un artiste extrêmement sensible à la condition ouvrière et les paysages miniers, les ouvriers qui les font vivre habitent son œuvre. Dans cette veine, son tableau Jeunesse , dans lequel un jeune couple énamouré traverse un décor industriel, me semble une vraie merveille.

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    Pierre Paulus, Jeunesse

    Mais je veux terminer par une œuvre terrible que j’aime depuis longtemps.Elle est d’Anto Carte (1886-1954), peintre, graveur, dessinateur et illustrateur. L’œuvre exposée est, je crois, une huile sur bois. J’en ai trouvé ici une lithographie.

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    CAMILLE LA BULLE

    Les beaux oxygènes de la Bulle

    A1.jpgQui est cette fille, cette artiste, s’irise-t-elle à la lumière, qui l’a soufflée, d’où vient-elle, que fait-elle, dans quelle bande dessinée paraît-elle, dans quelle flûte siffle-t-elle, comment est-elle devenue ce qu’elle est aujourd’hui ? Soumise au feu ardent (et pacifique) de nos questions, elle consent à s’expliquer.

    « Née à Evreux en 1983. Je suis élevée par ma maman dans un quartier hlm. Aussi loin que je m'en souvienne, dès ma plus tendre enfance, je n'ai jamais arrêté de dessiner et de créer. Un de mes objets favoris... un vieux tournevis avec un joli manche en bois…j'aimais monter, démonter, rafistoler... Enfant timide, introvertie, hypersensible et rêveuse... A l'adolescence (très très chaotique), je planque ma timidité et sors de mes gongs!!!!  Je deviens grande gueule, à hurler après toutes les injustices!!! Je cherche mes limites......et... je perds un ami......depuis la mort est quelque chose qui me poursuit....me fascine, mais m'angoisse. Ce fut une période très très chaotique dans ma petite vie, car je prends conscience que nous ne sommes évidemment pas grand chose.... Je commence à gouter à quelques excès de la vie, je me cherche..... Puis je me forme aux métiers de la Céramique, avec des céramistes de Haute-Normandie, à partir de 2003. Ce fut une révélation.....apprivoiser l'argile.....apprendre la patience.. En 2006, je m'installe en Auvergne, où j'y découvre une argile locale, l'argile de Grizols. L'envie de sculpter et de reproduire tout ce qui me passionne se fait de plus en plus imposante. Je vais également m'essayer à la peinture, mélangeant les médiums entre eux. Je réalise des travaux sur papier, sur toile, sur bois, sur tout ce que je récupère (déchets publicitaires). Je travaille en « techniques mixtes », collages, peinture, dessin, ....où des éléments humains de publicité, que je sculpte, mêle entre eux, pour créer les personnages de mon imaginaire, se retrouvent en collages, rehaussés à la peinture. »

    A2.jpgOui, de suite, cette aérienne et rare demoiselle la Bulle (qui a étudié à l’école buissonnière de la vie), par la manière dont elle se décline, nous est sympathique et nous touche. Deux ou trois choses, davantage, nous ont immédiatement, à la consultation des éléments de sa production, sauté aux yeux et aux méninges : la citoyenne la Bulle, si elle est fragile, n’est pas creuse du tout, elle a la coloquinte fourrée d’idées, de rêves, de nuages et d’images, Camille la Bulle est gonflée, elle pétille, c’est un soda bienfaisant, une blanquette exquise, elle est légère et ascensionnelle comme un aérostat, une abeille, un papillon, elle est lourde comme la peine et le chagrin réunis, elle vit en bohème dans le jardin fleuri de son esprit, elle a découvert sa vocation alors qu’elle zigzaguait un peu désespérément dans la vie, elle a du talent, un talent singulier et atypique, un talent qui a une plume remarquable au chapeau, un talent de squaw en quelque sorte, elle a quelque chose d’une squaw, elle fait des doigts d’honneur, elle a de beaux yeux d’un bleu qu’on voit à certains ciels, à A3.jpgcertains dauphins, à certaines baies, elle est tragicomique, elle a un vrai sens de la création et de la récréation, elle sculpte et modèle de petites statuettes précieuses, de petits totems chargés d’âme, de poésie et de grâce, c’est une sorcière, une sourcière, une chamanesse, elle sait nager ou du moins elle flotte mais c’est peut-être, à sa manière, une nymphe des eaux, un hippocampe, une sirène auvergnate, dès qu’elle cesse de loucher ou de grimacer, elle est jolie, il y a de drôles de poissons dans ce bocal agité qui lui sert lieu de cafetière, elle a un poupon qu’elle chérit et qui est beau comme un cœur de pinson, elle porte parfois des lunettes solaires qui lui font une horrible tête de mouche carnivore, elle s’est installée en Auvergne mais n’a fait commerce ni du charbon ni du vin ni ne s’est laissé pousser la moustache, elle a un masque qui lui permet de tenir tête aux gaz lacrymogènes, elle est douée pour la tendresse et l’effronterie, elle est plus tendre qu’effrontée sans doute, elle est effrontée quand même, elle est humble et inventive, elle a le sens de l’image, de la composition, derrière la simagrée et le pied de nez, elle a une ligne esthétique, un vrai savoir-faire, une élégance, elle est humble et bienveillante, elle est assise sur la charge explosive de sa sensibilité. Elle est à l’aube d’une carrière, je crois

    Voir le site de l'artiste : http://camilleart.e-monsite.com

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    FRANCIS CAMPIGLIA

    PREMIÈRE PARTIE

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    Francis Campiglia parmi ses oeuvres - photographie Armand Borlant

    Les Portraits d’un artiste photographe

    Les œuvres reproduites dans cet article sont la propriété de Francis Campiglia

    AUTOPORTRAIT

    AAA1.jpgPhotographe professionnel en 1973, il n'a jamais envisagé de faire autre chose que des images. Gamin, il a été nourri de tous les films diffusés par un ciné-club, situé juste sous l'appartement familial et passait ses jeudis et dimanches dans les cinémas de sa ville natale, le reste du temps il lisait, Fénimore Cooper, Jules Verne, Robert Louis Stevenson, Dumas, Hemingway. Une telle abondance d'images développe trés vite le syndrome cinématographique qu'il essaie de soigner en faisant des films d'amateur mais un évident manque de rigueur scientifique, un dilettantisme maladif, un individualisme précoce et farouche lui ferme les portes des écoles de cinéma. Peu importe, pour assouvir sa boulimie d'images, il décide de ne plus faire DES images mais UNE image et de passer du cinéma à la photographie. Peu enclin à la lecture des modes d'emploi, il apprend la photo en regardant et questionnant celles des autres. Pourquoi photographier? Que photographier? Comment photographier?  August Sander, Robert Doisneau, Diane Arbus apportent leurs réponses. Après 15 ans d'errances photographiques, tout se déclanche et se met en place, une photo qui se tient et qui lui plait et la photographie devient ce que disait d'elle Henri Cartier Bresson, une manière de vivre. Sa manière de vivre. 

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    PORTRAIT PAR MOI

    A1.jpgEminent photographe établi dans Paris, homme de la fête musicale, de la rue, du bistrot, des quartiers vivants et populaires, le talentueux Francis Campiglia, avec son blase qui sent bon la Méditerranée, ses épaules de bûcheron québécois, son allure décontractée de bon vivant qui aime la bière, sa formidable tête de Gaulois fraîchement sexagénaire, un Gaulois fringant à l’œil vif et intelligent, une belle tête d’artiste ornée d’une somptueuse moustache de séducteur désinvolte, Francis Campiglia, écrivais-je, a tout d’un libertaire humaniste.

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    A22.jpgDésinvolte ? Pas si sûr, pas sûr du tout. L’œuvre du Français, dans sa diversité et dans son exigence,  révèle un Campiglia complexe, esthète, excellent technicien, créateur très inspiré, artiste très appliqué. Il peut capturer une scène, la ravir à l’immédiateté des faits, cueillir au passage un instant de beauté ou d’étrangeté, il a un instinct, c’est un fauve de l’image, c’est une gâchette de l’ouest parisien, mais c’est surtout un type qui s’intègre, qui sait se faire admettre et désirer sans doute, c’est le genre de type qu’on est heureux de voir arriver, son appareil en bandoulière, c’est un homme qui dégage un franc parfum de fraternité et de bienveillance. C’est un véritable artiste sans piédestal, une pointure qui va à pied. Mais c’est aussi un créateur qui sait mettre en scène, scénariser, composer. A32.jpgIl sait trousser et équilibrer une scène. On sent alors combien l’homme est méticuleux, habile, ingénieux. Oui, le langage de l’image, il connaît, c’est sa sorcellerie personnelle, son rayon, sa branche. On comprend que derrière la plaisante bonhomie de ce beau visage de Lutécien, il y a l’alchimiste qui observe méticuleusement les propres règles de son art, il y a l’artisan et le technicien qui ont la fierté, l’orgueil de leur discipline, il y a l’artiste avec sa bénéfique intransigeance, sa méticulosité. Campiglia a sa manière, aussi, sa geste. Son image produit de la chaleur, c’est une braise intense, elle émet de l’humanité, le grand cru de la tendresse humaine, elle parle en faveur de l’humanité, elle chante, elle danse, elle est avec celui ou celle qu’elle perpétue. Campiglia est essentiellement un artiste qui célèbre l’être, qui le porte, qui ne redoute ni sa singularité, ni sa déche, ni sa dinguerie ni sa joie. C’est ainsi, il inspire la sympathie, il inspire ce qu’il émet. Il vient à vous, à eux pour rendre grâce, pour cueillir et recueillir un éclat d’humanité, une étincelle de fête, un éclair d’existence. Mais en tout instant, l’esthète en lui est vigilant, en état d’alerte, totalement disponible.

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    A33.jpgCampiglia, ses magnifiques albums l’attestent, aime l’accordéon et la gratte, l’artiste de rue, l’artiste sur scène, les petits orchestres, l’orgue de Barbarie, le limonaire, le jazz manouche, la java, les chanteurs, les gueules d’amour, les rues de Paris, les gens qui ont un tempérament et le désir du chant. Les gens qui ont une petite fièvre qui n’a rien à voir avec la maladie. Il aime et fixe les citoyens qui ont du bagout, qui font des gestes, qui savourent un pot en donnant la franche impression de savourer. Il aime le beau zinc, le beau bistrot, celui qui a du caractère, de l’allure, de la patine et de la gueule, il aime les recoins de Paris, ses ruelles, ses quartiers rescapés ou menacés, il aime le Paris non encore rattrapé par la standardisation et le peigne immobilier, un Paris à l’écart du Paris de l’ordre, de l’ennui et du métronome.

    A28.jpgIl aime ce qui ne marche pas encore au pas, ce qui, à tout instant, peut sautiller, risquer un entrechat, un mouvement de tango, il aime ce qui résiste aux sécateurs de l’uniformité, ce qui affirme ostensiblement sa singularité. Il aime les joyaux de Paris, car Paris, oui, c’est tout de même la ville lumière, c’est toujours une étoile divinement roulée, une grande majestueuse, un lieu parfumé de génie et tout enflé d’âme. Il aime les chanteuses, les musiciennes, les sauterelles à casquettes, les belles maboules, il les photographie comme personne, avec une délicatesse de sertisseur de diamants, avec une grâce de cueilleur d’iris. Oui, c’est un homme qui a de la classe, Campiglia et de la tendresse. Une distinction. Il aime la kermesse, les grands manèges en folle rotation, la couleur et ses feux, les belles bagnoles (les maousses et les suppositoires d’autobus),  les bécanes aussi, les trains, le cinoche de la vie, la palpitation, le frisson d’exister,  les grands édifices, les petites chez-soi, les humbles, les autres, la nuit et ses parures de duchesse, la nuit et ses fatigues de marmite sur les rotules, la nuit et son rêve en ébullition, les bibliothèques, la belle pépée en gloire, les femmes et les vieilles dames, les mômes, les gavroches.

    Mais tout bien considéré, au-delà même de ces évidentes et nombreuses prédilections, Campiglia, c’est tout de même ce nom de dieu de photographe qui peut réaliser une œuvre un peu partout, à n’importe quel moment.

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    Vous voulez en savoir plus sur l'artiste ? Visitez ses espaces. Et lisez l’interview exclusive que nous allons publier de lui.

    http://www.flickr.com/photos/franciscampiglia

    http://franciscampiglia.over-blog.com

    http://www.facebook.com/pages/Francis-Campiglia-Photographe/372001309482469

    http://www.parisrevu.fr/album/category.php?cat=17&expand=17

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    CASSE-TÊTE

    A24.jpgIl y a quelques jours que je nage en eaux campigliennes, dans les magnifiques vagues et les baies de ses images. Et j’y ai connu de grandes joies, de puissantes émotions. Et là, je suis tout au fond de mon blues, effondré, les rotules en caoutchouc et l’âme dégonflée comme une baudruche qui a rencontré une épine. Motif ? Je dois choisir, pour orner mes articles, des photographies. Et bon sang il y a ici des pluies de merveilles, il en tombe des cordes, des caravelles entières. Moi, j’ai ici trop d’enchantements, trop de bonheurs visuels, de bouleversements, de remuements, trop de frissons de ravissement, je ne sais plus où donner de la tête, je suis comme sujet à l’opium, au vertige et à la lévitation. Campiglia m’a dit, oui, bien sûr, je t’autorise à reproduire des photographies. Autant lâcher un lapin dans la luzerne, un Jamaïcain dans un champ d’herbe, un Belge dans une brasserie, une Amazone dans Lesbos. Les albums de Campiglia sont des coins de paradis, des champs d’orchidées et de lys, des endroits de vibrante humanité, même les ruines y sont sublimes d’âme et de grandeur perdue, moi, j’y respire mieux qu’ailleurs, j’y vois mieux qu’ailleurs, j’y suis heureux. Dans le fond, quand on a tout dit, quand on a piétiné dans la prairie folle de son engouement, ce qui touche au plus près des grands sentiments inspirés par l’œuvre tient dans un remerciement. En regardant les photographies de Campiglia, j’éprouvais un bonheur intense. C’est rare. C’est tellement précieux. Merci, Francis. Je choisirai comme je pourrai, en trébuchant parmi toutes les formidables fleurs qui m’entourent et que tu as semées.

     

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    Francis Campiglia

    DEUXIÈME PARTIE

    Interview par Denys-Louis Colaux – Février 2013

     Toutes les photographies sont la propriété de Francis Campiglia

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    Vous êtes sans aucun doute l’un des grands photographes parisiens actuels et, sauf si j’ai mal dirigé mes recherches, il y a peu d’éléments biographiques sur vous. Comment expliquez-vous cela ?

    Tout simplement parce que parler de mon passé et encore plus écrire dessus est, pour moi, un exercice très difficile à affronter et dans lequel je perds beaucoup d'énergie. Exercice auquel j'ai bien dû me plier à l'occasion de la parution de mon livre "L'Ilot Chalon"(éditions Parimagine) et dont je te communique une copie. Ceci dit, je pense que si une image est suffisamment forte, elle peut très bien parler de son photographe de père, un peu comme une empreinte digitale.

    Il y a dans vos photographies  une grande chaleur humaine, une ouverture à l’autre, à la singularité de l’autre. Peut-on parler d’une sorte d’humanisme chez vous ? Avez-vous un public ?

    J'ai toujours photographié les gens avec lesquels je peux me sentir bien, il me semble que la "chaleur humaine" vient de là en revanche je ne peux pas photographier les autres, je les ignore complètement et là je ne sais pas si on peut parler d'un humanisme qui aurait pour fondement une empathie avec le restant de l'humanité, ce que je n'ai pas.

    Vous êtes aussi un homme de la fête, de la musique, de la salle de concert, de la rue, du bistrot.  Vous aimez la rencontre, la joie, les gens en situation de communiquer. Est-ce que vous parler avec les gens que vous photographier. Est-ce qu’il y a une approche verbale ? Je présume qu’à présent, les gens vous reconnaissent ?

    Il se trouve que bon nombre de mes photos ont pour cadre la fête, la musique, étant éminemment urbain, la rue a toujours été mon principal champ d'action et quoi de plus idéal qu'une rue pour rencontrer quelqu'un et essayer de communiquer avec lui, la photo vient toujours après et n'est jamais un but en soi. Je suis totalement ouvert à toutes rencontres et on se confie très facilement à moi (mon apparente bonhommie me sert beaucoup) et si de cette conversation doit naitre une photo c'est que nous sommes allés plus loin que les civilités ordinaires. Nous sommes passés à un niveau plus intime, plus sensuel qui déclenchera chez moi le réflexe photographique.

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    De quel milieu êtes-vous issu ? Que faisaient vos parents ?

    Je suis du milieu juste au milieu (une plaisanterie) quant à mes parents...

    Quelle est la nature de l’attraction que Paris exerce sur vous ?

    Je suis urbain et Paris est l'archétype du monde urbain je suis donc le plus heureux des poissons, de plus dès que je suis hors de Paris je commence à manquer d'oxygène en exagérant un peu quand même.

    Peut-on dire qu’il y a chez vous un artiste de l’immédiat, un artiste qui capture la vie au débotté et  un artiste qui compose sa photo, qui l’organise, qui la met en scène. Peut-on parler d’une part d’une sorte de reportage poétique et de l’autre de travail d’art ? Est-il aisé d’aller d’un à l’autre ?  Ces deux aspects sont-ils très distincts ou bien se chevauchent-ils ?

    Cartier Bresson parle de l'instant décisif en fait cet instant décisif où tu te sens totalement obligé de faire la photo est la résultante d'une combinaison d'un nombre précis de facteurs qui fera que c'est à cet instant ( ni avant, ni après) qu'il faudra appuyer sur le bouton. Dans ces paramètres on retrouve le cadrage, la lumière, etc., etc. Pour moi la photo se compose d'elle-même et je n'interviens que très rarement sur la mise en scène originelle qui s'impose à mon regard. Il va sans dire qu'il est nécessaire d'avoir un œil  "photographique" comme un musicien doit avoir une" oreille". Maintenant si la composition, l'ambiance, les personnages que je photographie sont en harmonie, la photo me plait (petite note bio: j'ai mis 15 ans à trouver la photo, la première photo qui me satisfaisait et dans laquelle je me suis reconnu et qui a déterminé toutes mes autres photos je te la montrerai). Quant au coté artistique c'est à celui qui regarde de décider s'il ressent une émotion en regardant ma photo cela peut s'appeler de l'art ou de la poésie.

    Est-ce que vous hantez un lieu avant de le photographier ?

    Non je ne hante pas, le lieu s'impose à moi et moi je tache de m'y installer mais défaut ça ne colle pas

    Le photographe doit-il être séduit pour photographier ? Le photographe doit-il séduire pour photographier ?

    La photo telle que je la pratique est, bien sûr, une question de séduction réciproque, je pense même qu'il s'agit d'une relation érotique très forte même si elle est excessivementbrève.

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    Vous êtes à l’aise dans le noir et blanc et la couleur, l’argentique et le numérique. Est-ce que dans votre for intérieur, des distinctions s’opèrent entre ces aspects de la photographie ?

    J'ai fait de la photo noir et blanc pendant 35 ans  je m'y sentais très bien , d'autant que je percevais très mal les couleurs. Le noir et le blanc me suffisaient parfaitement. Par la force des choses le numérique s'est imposé et comme je ne suis pas pour mourir avec une arrière-garde défendant glorieusement le patrimoine, et que je suis pour le progrès, j'ai adopté sans regret du jour au lendemain l'écriture numérique qui m'a ouvert à la couleur et m'a permis de m'échapper du labo où je me salissais les mains. J'aime toujours mes photos noir et blanc sans nostalgie je scanne mes négatifs et je les tire avec une imprimante. Je suis parfaitement heureux de mixer mes photos issues de négatifs avec celles issues de fichiers numériques et tout ça sans états d'âme d'ailleurs je n'ai jamais d'état d'âme (note bio)

    Êtes-vous un oiseau nocturne ? Subissez-vous le charme de la nuit ?

    N'ayant aucun a priori, mon hédonisme profond me dit que le plaisir se prend à chaque instant peu importe qu'il fasse jour ou nuit

    Lorsque vous partez en quête d’images, êtes-vous un homme de l’errance, du hasard, un homme qui se laisse porter ou bien vous fixez-vous des objectifs,  des sujets, des endroits, des lieux précis ?

    Oui l'errance me va bien ou plus, la divagation et vogue la barque sur une rivière sans lit, ma vie est comme ça

    Qu’est-ce qui vous a amené à la photographie ? Qu’est-ce qui a été décisif dans votre choix de devenir photographe ?  

    Le cinéma m'a amené à la photo (voir mon douloureux exercice bio que je t'ai envoyé) (voir la première partie cle de notre espace Campiglia)

    Quels sont les photographes qui ont capté votre attention, qui ont décidé de votre attrait pour la photographie ? Quels sont ceux que vous aimez aujourd’hui ?

    J'ai appris à faire des photos en regardant celles des autres. Dans les années 60-70 ceux qui m'ont beaucoup appris,  August Sander, Arbus, Brassai, Kertesz, Doisneau, Cartier-Bresson pour ne citer que ceux qui me viennent spontanément à l'esprit. Pour aujourd'hui Martin Parr, James Nachtwey, Salgado et là aussi la liste est très longue en revanche les photographes dit "conceptuels" me navrent et m'insupportent.

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    Sur votre blog, on lit que vous êtes photographe illustrateur. Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

    Ce n'est qu'une appellation de "carte de visite"

    Dans « Tronches de vie », par exemple, ou dans « Eclats de vie », magnifiques suites de photographies, on sent à la fois votre vocation d’artiste (des portraits superbes, un art de fixer de la vie, de l’émotion, une braise de vie) et votre goût des autres. Qu’est-ce que le photographe veut saisir chez l’autre ? Son allure, son enveloppe, quelque chose de son être intime, un instant d’existence, le moment d’une rencontre ? Qu’est-ce que le photographe perçoit de l’autre ? Est-ce qu’une complicité, même furtive, est indispensable ?

    Quand j'ai fait cette exposition " Tronches de Vies" j'avais écrit un petit texte de présentation qui me semble toujours valable et j'en extrais une phrase qui répondra à ta question : "Je suis un conteur d'images qui transmet l'histoire personnelle et intime des gens que je photographie. A travers leur regard, leur façon de s'habiller et de paraitre devant l'objectif, c'est un condensé de l'histoire de leur vie qu'ils me confient au moment très bref où j'appuie sur le déclencheur. Une tranche de vie apparait sous leur tronche de vie"

    Souvent, vos photos, en noir & blanc ou en couleur, par leur intensité, par leur ardeur, par leur haute teneur en émotion, me font penser à des braises, des images ardentes. Elles ont un plus, une intensité extraordinaire, une sorte d’incandescence. Qu’est-ce qui fait qu’une photo vous semble bonne ou non ? Qu’est-ce qui fait que vous retenez une de vos images ou que vous l’effacez, que vous renoncez à la montrer ?

    Je fais confiance à mon instinct quand je pense qu'une photo est bonne je ne doute jamais de mon choix. Si je fais une photo c'est qu'elle s'est imposée à moi alors pourquoi en douter. J'ai douté pendant 15 ans et depuis 1985 je ne doute plus, ce qui ne veut pas dire que je ne me pose pas de questions quant à l'opportunité de montrer ou pas une photo à un moment précis et à une personne donnée.

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    Vous êtes né en 1949. Que faisiez-vous en mai 68 ? D’où vous viennent ces formidables moustaches ? Avez-vous toujours fait de la photo ? Quels sont les auteurs, écrivains, poètes, musiciens, chanteurs, cinéastes que vous aimez ?

    En 68 j'ai fait mes premières photos, les magnifiques seins de ma copine (photo que j'ai d'ailleurs perdue lors de mes pérégrinations) depuis j'ai toujours fait de la photo ( d'abord parce que je ne pouvais entrer dans un école de cinéma) et je n'ai jamais fait autre chose que de la photo, avec mes moustaches bien sûr. Tout le reste n'est qu'accessoire et vernis culturel.

    Vous souvenez-vous d’une chose que quelqu’un (journaliste, critique, ami, peu importe) a dit à propos de vos photos et qui vous a impressionné par sa pertinence, sa grâce, son intérêt ?

    Je ne me souviens plus de qui a dit à mon propos (mais j'y souscris totalement) que j'étais " libre, libertaire et libertin" c'est tout à fait moi.

    (À suivre)


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