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Site littéraire et poétique personnel

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    M A R I E    N O U R I

    Faire de soi le sujet et l’objet de son art

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    Une étoile du pop art iranien

    Une petite idole est née. Elle lance sur le web sa propre galaxie, elle est en l'astre et les stalellites. Amoureuse de la photographie et de son histoire, artiste ingénieuse et inventive, pop artiste raffinée, modèle & femme superbe, la magnifique Iranienne propose au travers d'elle un portrait de femme à l'écart de tous les stéréotypes.  

    a marie 20.jpgJe découvre, au hasard de mes pérégrinations internautiques, une photographe iranienne. Son univers me passionne. C’est une excellente photographe mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est ce travail photographique dans lequel elle se met en scène. Elle est son sujet et son objet. Dans sa perception étonnante de l’art photographique, Marie Nouri, capitaine et équipage d’un époustouflant rafiot, cumule un nombre incroyable d’emplois : photographe, bien sûr, mais aussi modèle et actrice (avec une palette très étendue de beaux personnages féminins), scénariste, éclairagiste, affichiste et certainement peintre. Au bout de tout cela, de cette quête, de ce jeu, de cette rotation, de ce cinéma, l’artiste sans doute s’approche de soi-même, s’apprivoise, s’analyse mais aussi nous entraîne dans cette valse de tous les états, dans ce curieux manège spéculaire. Cette approche, qui peut sembler narcissique, nous fait songer à l’étonnante aventure d’un Pygmalion se sculptant soi-même. L’aventure artistique de la belle Iranienne présente, par certains aspects, une dégaine rock’n roll centrée sur le culte de l’image et l’esthétique de la pochette d’album. Parfois même, certaines compostions font penser à des affiches de cinéma. Mais son travail dépasse de loin l’exploitation d’une esthétique agréablement superficielle. Car il n’est pas ici seulement question d’être jolie et de plaire. Marie Nouri, belle sans doute, est tour à tour désemparée, folâtre, désespérée, drôle, agressive, inquiétante, superbe, proie & prédatrice, décomposée, volatile, charnelle, spirituelle, morbide. Elle se promène dans l’histoire de l’image, de ses origines dirait-on, à ses toutes récentes potentialités. Et finalement, tout à fait à l’écart de l’être construit, poli, verni, iconique, à l’écart de la femme idéale longuement remodelée, elle réalise, pas à pas, image par image, un étourdissant portrait de femme complète et profondément humaine. Et cette belle femme, avec une remarquable habileté, fait glisser le glamour et le glacé du paraître vers les rugosités, les charmes et les effrois de l’être.

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    J’ai demandé à l’artiste de me parler un peu d’elle. Voici ce que cela donne. Marie Nouri est née le 2 décembre 1982 à Téhéran. Elle a étudie l’Architecture à l’Université d’Art et d’Architecture.de Téhéran. Elle y suivait un cours de photographie qu’elle a terminé avec une mention d’excellence. Son professeur la jugeait douée et l’a encouragée à poursuivre la photographie. A cette époque,  elle possédait une très vieil appareil Zenith analogue et elle a commencé a épargné en vue de l’achat d’un meilleur appareil. Ça lui a pris environ 5 ans, écrit-elle, pour parvenir à acheter un SLR (Canon 350 D). De ce jour, poursuit-elle, son appareil est devenu son plus grand amour. Comme un grand nombre d’autres étudiants, elle appréciait tous les grands maîtres de la photographie. Elle ne sait trop pourquoi mais Eugène Atget (photographe français spécialisé dans les vues de Paris et regardé comme un des maîtres de la photographie moderne, 1857-1927) était son favori.

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    Depuis 2005, elle commence à montrer ses photographies sur le site photo.net (voir en dessous les espaces consacrés à l’artiste) et d’aimables photographes expérimentés l’ont, avec leur assistance et leurs commentaires constructifs, beaucoup aidée à progresser. Ce processus s’est poursuivi durant la réalisation de son Jpg Mag (voir les espaces consacrés à l’artiste).

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    Elle ne considère pas son appareil photographique comme un instrument mais comme une part d’elle-même qui l’aide à se connaître et à connaître le monde, mieux et plus en profondeur de jour en jour. Je lui demande de nous parler un peu de ses dilections. En musique, ses préférences vont à Bach et au groupe Pink Floyd avec lequel elle a grandi mais elle écoute tous les genres de music depuis le folk et la country jusqu’au death metal (le métal extrême) Quoi que ce soit, exhaussé d’une pointe d’âme, l’inspire et elle est reconnaissante envers tous ces artistes qui tentent de faire de ce monde un endroit plus habitable. Ses auteurs préférés sont Friedrich Nietzsche, Ludwig Wittgnestein et Carl Jung. Elle aime les poètes de son pays : Hafez (poète, philosophe et mystique persan du 14ème siècle), Rumi (poète et mystique musulman persan du 13ème siècle. Il a écrit :  L’amour n’est pas l’or/ On ne peut le cacher. / Les effets de l’amour sont apparents.), Omar Khayyam (poète et mathématicien persan du 11ème siècle). Elle apprécie aussi beaucoup  Jerome David Salinger, Charles Bukowski et l’écrivain et poète américain Richard Brautigan.

    Au cinéma, elle a une prédilection pour les films qui ont été primés. 

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    Voici des lieux où l’œuvre de Marie Nouri peut être vue, les lieux que fréquente notre merveilleuse petite star du pop art iranien  :

    http://photo.net/photodb/folder?folder_id=519062
    http://photo.net/photos/marie
    https://www.facebook.com/marie.nouri/photos_albums
    http://jpgmag.com/people/MarieNouri

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  • 11/12/14--02:52: Karine Krynicki
  • K A R I N E    K R Y N I C K I

    Quand la ferrailleuse se fait sorcière et poétesse

    https://www.facebook.com/karine.krynicki/media_set?set=a.533103400082862.1073741825.100001496193671&type=3
    http://www.karinekrynicki.com/
    http://www.bymentalo.com/

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    Découvrons ensemble une artiste française ingénieuse et douée d'un grand sens poétique de la création et de la récréation. Humble mais cultivée, habile et habitée, simple et inspirée, l'artiste Karine Krynicki est une inventeuse d'âmes, une sorte de chamannesse. 

    a kk 2.jpgVoyons un peu ce que l'artiste nous apprend sur elle : 

    "Je trouve qu'il y a de la magie à travailler les matériaux issus de la récupération. La transformation est un jeu. Détourné de sa fonction première, l'objet devient matière et se fait oublier. Dans une rencontre improbable, les objets s'assemblent pour devenir un nouveau tout qui devient indissociable comme s'il avait toujours existé. Trouver cette harmonie motive ma démarche et mon amusement. Je pose sur ces objets un regard quasi naïf et je me laisse porter par mon imagination. Je recherche l'expression, le détail qui animera l'ensemble, qui suscitera une émotion. 
    De là, naît tout un univers d'animaux et de personnages qui semblent tout droit sortis de l'imaginaire d'un enfant, avec son regard sur le monde, son lot d'histoires, de questions, de rires, de peurs, d'innocence et … de boulimie de vie."

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    J'ai immédiatement été séduit par le charme magique de cet étrange petit sphinx

    Ma  Démarche

     “La Terre est bleue comme une orange” de Paul Eluard ou “Au tour du pain de rompre l'homme” de René Char ont depuis longtemps été parmi mes vers préférés. L'étrangeté première des rapprochements insolites et soudain la lumière d'une évidence. Petite fille, je regardais les nuages y voyais des personnages et m'inventais des histoires, je fabriquais des poupées en chiffons, avec des bouteilles en plastique ou encore des épis de maïs. Le plaisir du détournement ne m'a jamais quitté. Plus tard, c'est dans les mots, des poètes surtout, mais aussi des artistes, Dada, les surréalistes, puis Alechinsky, Basquiat... que je me suis rendue compte du pouvoir de transformation de la réalité que la création permettait. Un pouvoir ludique, presque jouissif de bousculer d'un côté, l'objet lui-même en le détournant de sa fonction première et de l'autre le regard du spectateur interpellé, invité à changer de point de vue.

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    Ce que je recherche aujourd'hui, c'est ce même plaisir. Faire que des objets dans une rencontre a priori improbable, s'assemblent pour devenir un nouvel objet utile ou inutile et que ce tout devienne alors naturellement indissociable comme s'il avait toujours existé. C'est trouver cette harmonie qui motive ma démarche et mon amusement. Car je m'amuse avant tout. Dans la recherche même des objets et matériaux de départ que je chine sur les vide-greniers ou brocantes, que je récupère en bord de route ou sur un trottoir ou encore dans les déchets voués à la benne... Il est rare que je sache au départ ce que je recherche (il est aussi plus facile de trouver ce qu'on ne cherche pas...). Ce sont les objets eux-mêmes qui me séduisent par leurs formes évocatrices qui m'inspirent tout de suite d'autres formes, une courbure, un profil... ou déjà des rencontres. Je pose sur eux un regard quasi naïf et je me laisse porter par mon imagination. 

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    J'ai une prédilection pour les objets en métal rouillé, patinés par le temps, chargés d'histoire que j'aime à imaginer puis à continuer à travers le détournement et la création. Il y a une vraie jubilation à redonner vie dans le présent de l'oeuvre à des objets du passé, oubliés, voués à être jetés. Parfois, j'intègre dans mes créations d'autres matériaux, le bois surtout, bel allié, mais aussi le plastique ou des emballages d'aujourd'hui (papier, verre, carton, canettes...).

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    Dans les luminaires, j'essaie de trouver la cohérence qui réussira à faire oublier la fonction initiale des objets utilisés. J'aime jouer sur l'alliance du moderne et de l'ancien, et mêler élégance et côté récup' brute.
    Dans les sculptures, à travers l'assemblage d'objets et matériaux de récupération souvent simples, voire même simplistes parfois, c'est le rendu d'une expression que je recherche. Le détail qui animera l'ensemble, qui suscitera une émotion. Dans le détournement, j'utilise toujours l'humour, mais j'ai besoin de la sensibilité.

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    Ce que nous en disons :

    Né en 1970, Française, Karine Krynicki est une artiste plasticienne qui sculpte, modèle, peint et trouve sa matière dans les objets délaissés, blessés, détériorés, déclassés, désaffectés, elle les requinque, leur imagine de nouvelles destinées, leur  invente de nouvelles affectations, les soumet aux grâces et aux magies de son imagination. Elle regarde son entreprise artistique comme un jeu, ce qui, à mon humble avis, n'a rien de péjoratif ou de restrictif et ajoute à l'aventure une lointaine épice, une charmante épice revenue de loin. Des vergers, des rues, des squares, des jardins de l'enfance. Il n'est pas requis, pensons-nous, de s'emmerder pour créer. Par ailleurs, chez Krynicki, le bonheur de la trouvaille, la saveur de l'idée originelle, le plaisir de l'aboutissement sont lisibles dans les œuvres, ils y étincellent. On les perçoit et c'est une heureuse perception. Mais ce ravissement ne me paraît pas l'apanage de l'enfance. C'est celui de l'artiste, de l'artisan parvenu heureux, satisfait au terme du processus créatif. Cette joie, je pense, persiste dans l'état adulte. Je crois qu'il reste à l'intérieur de l'adulte, - à l'écart de ses empêtrements, désillusions, dégonflements -, des carillons, des feux d'artifice, des choses qui tournent à l'image des manèges, des musiques chaleureuses, des bouffées de tendresse, des sachets de dinguerie, des faunes et des flores rescapées des grosses moissons de la raison.

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    L'art de Krynicki est un art joyeux aussi, mais pas seulement. S'il rit, s'il porte une joie intérieure et rayonnante, il ne craint pas de marcher sur l'absurde, le surréel, l'étrange et même le tragique. Dévoyer les choses, les détourner, les soigner, les transfigurer, transformer leur inertie objectale, leur conférer une présence n'est pas anodin. Il y a toujours un peu du docteur Frankenstein (singulier enfant de Madame Shelley) dans l'opération, de la fée aussi, de la sorcière, de la ferrailleuse, Oui, la sorcière aux pouvoirs magiques entre en jeu (c'est l'artiste qui parlait de jeu) pour instiller un âme à l'objet, le faire passer du fonctionnel au spirituel, de la chose au fétiche. Ces objets sont chargés de sens, d'émotion, ils portent sur eux cette métamorphose qui est leur salut, ce passage du néant fonctionnel au talisman. Les dieux ont seuls ce pouvoir de ressusciter. Passage du vide à l'émotion, au silence habité et à l'expression de quelque chose. Dans ces dévoiements habiles, poétiques, magiques, il y a l'entretien d'une flamme spirituelle. Un dépassement de la matérialité. Une confiance en la poésie, en l'image, le symbole, l'analogie, les figures. Une sorte d'élévation.

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    Ainsi, les objets spirituels de Krynicki sont pour moi des poèmes en trois dimensions que je regarde, que j'écoute, que j'entends respirer, sourire, parler une langue légère et profonde, fragile. Rescapés des dépotoirs et des fourrières, des cimetières de l'inutilité, ils sont, par l'entremise d'une artiste, entrés dans le monde inespéré de l'oeuvre, cet objet qui parle, rit, se moque, implore, rayonne, prie, hurle, crée des relations. Ils sont venus à nous et, surpris et charmés, nous entrons en relation avec eux.

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    AURORE  LEPHILIPPONNAT

    La formidable rencontre de l’art et du sauvage 

    https://www.facebook.com/alephilipponnat/photos_albums

    a AL 1.jpgAurore Lephilipponnat est une jeune et très talentueuse artiste peintre et dessinatrice française née le 4 novembre 1983. Elle est animiste et milite pour les droits des animaux. Elle vit à Trans-en-Provence. Elle pratique aussi la performance (peinture en direct devant un public).

    L’univers de l’artiste, ai-je d’abord envie d’écrire avec une consciente superficialité, n’a pas grand-chose à voir avec sa jeunesse et sa joliesse. Elle présente sans doute une lointaine parenté avec l’univers du peintre et dessinateur autrichien Egon Schiele mort à 28 ans de la grippe espagnole en 1918. Ceci pour rappeler qu’on peut être jeune et porter sur ses épaules toutes les hantises du monde. Il y a une influence de Klimt, avec quelques citations et, dirait-on, une espèce de dialogue engagé avec lui. Mais ceci, l’évocation des parentés, des influences vaut surtout quand on ne sait trop que dire d’une œuvre. Disons que l'artiste témoigne dans son oeuvre de son amour de l'art et de sa passion pour certains artistes.

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    Le travail de Lephilipponnat semble résulter d’une sorte de précipitation de la maturité en même temps que d’une exacerbation de la lucidité. On semble parfois même être confronté à l’oxymore d’une lucidité hallucinée qui permet à l’artiste de voir au travers des corps qu’elle peint avec vigueur et force, de faire en sorte que l’agencement même des lignes qui composent ces corps en expriment les violents états émotionnels. Ces corps, elle les saisit dans leurs fièvres, leurs passions, leurs convulsions ou leurs décrépitudes. Il s’agit souvent, plus spécifiquement peut-être dans ses dessins, d’une saisie violente et torturée. L’artiste semble chercher à capturer la structure de l’être, son ossature, son squelette, son décharnement. Elle donne aussi, me semble-t-il, sa faille. Elle semble vouloir aller jusqu’à l’os mais en même temps jusqu’à l’âme. Il y a quelque chose qui crie dans ce dessin, quelque chose qui hurle et qui vous étreint violemment. Quelque chose qui vous secoue aussi.

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    Il y a un immense fond de désespérance dans cette œuvre fascinante, une sorte de chorégraphie du désespoir. La nudité semble aller de pair avec un dépouillement extrême, un déchaussement de la chair. Les visages, lorsqu’ils sont visibles, disent la désolation, la détresse. Il y a peut-être aussi, comme un constat sur l’espèce, une sorte de morbidité ou de proximité de la mort que souligne le gris bleuté des corps parfois orné de soulignements rouges qui font penser au sang et à la plaie.

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    Il y a, dans la peinture de Lephilipponnat, des éléments qui paraissent moins agités, plus apaisés et plus composés. Mais il y a surtout dans l’œuvre une formidable alliance entre le nerf et la réflexion, entre le tempérament et la composition, entre la vitalité et la technique. Mais ici, où que je porte les yeux, vers l’un ou l’autre des aspects qui composent cette oeuvre abondante en cours de construction, je suis conquis par l’adresse, par le tonus, par l’extraordinaire expressivité, par la violence du propos. Il y a ici une rencontre en altitude, très haut, une rencontre passionnelle entre le sauvage et l’art.

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     Aurore Lephilipponnat, - je parie là-dessus-, est une artiste qui a une place dans l'avenir.

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  • 11/19/14--10:54: Pour Justin & Nora
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    Œuvres de Sylvie Cairon

    ANNONCE 

    Puis au soir de ton cours
    sur les fleurs dans la terre
    ta vie
    peu à peu glisse
    comme une eau lisse
    de l'or en poudre
    trois grains de vent
     
    Plus loin
    des mains qui t'aiment
    dans le creux de leurs paumes
    serrent
         comme un lac à la nuit
         ses longs joncs bleus
    ce goût
    ces fruits
    ce fil qui va
    de la clé à la plume
    et de la plume à l'aile

    a su 12 Vilhelm Hammershoi.jpg   a su 15 sarah sedwick.jpg

    Vilhelm Hammershoi - Sarah Sedwick

     Elégie pour une Martienne

    À  Suzanne
    Pour Justin et Nora, avec amour

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    Marie Laurencin - Alice Pike Barney

    Août 2014 

    Aujourd’hui
    les gens viennent mourir
    sous vos fenêtres
    dans vos lits
    en vous-même
     
    les âmes s’éteignent à vue d’œil
    les oiseaux frôlent
    les tuiles de vos toits
     
    Ecrivant cela
    je regarde tourner
    dans le ciel
    les grands boomerangs
    du temps

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    Andrew Wyeth

    Élégie 

    Ah te voilà ma chère
    à bord de ton steamer en feu
    paisible
    avec ton drapeau noir
    tes orphelins qui saignent
    et leurs cœurs douloureux
    déchirent devant moi
    le grand rideau de la lumière
     
    Ah te voilà ma chère
    plus que jamais
    au gouvernail de ta vie
    aimée de mes aimés
    femme au galop
    sur le cheval de son courage
     
    Ah te voilà ma chère
    exclusive définitive
    seule propriétaire
    de  ta maîtrise
    soliste
    jouant
    au beau stradivarius
    de son destin dompté
     
    ah te voilà Suzanne
    au bout de ton humilité
    tout au-dessus
    de la colline
    de ton amour
    te voilà au-dessus de ton chemin
    troué de clartés et de nuit
    d’étincelles qui durent
     
    Ah te voilà
    artiste désolé
    solitaire
     qui œuvre
    avec le talent d’un orchestre
    à donner toute sa forêt
    pour un seul arbre
     
    ah te voilà Suzanne
    Mon dieu
    derrière la maison
    avec l’esprit des livres
    ton merveilleux jardin
    tremble dans la pluie d’août

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    Anders Zorn

    La Vie d’astres tristes

     

    Mais un peu triste toi qui sais
    Tu lui diras que je m'en fiche...
    que je m'en fiche...
     

    La Vie d’artiste, Léo Ferré 

    Je fais dans ton sillage
    le bilan de ma vie
    j’ajoute je retranche
    je me souviens
    je reviens à la ligne
     
    Un instant je reprends
    de vieux aéroplanes
    des couloirs aériens
    que l’expansion des arbres
    a mis sous l’éteignoir
     
    Je calcule
     la marge d’erreur
    je vois au sol
    le grain mêlé
    du bonheur et de la misère
    je me languis
    j’ai chagrin j’ai souci
    et
    je secoue le boulier
    pauvre bouclier nu
    sensé
     
    Je laisse le
    bénéfice du doute
     
    Je sais
    nous sourions
    la course est imparfaite
     
    A la fenêtre
    la flûtée d’un moineau
    (est-ce toi qui l’envoies ?)
    me divertit de moi

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    John Atkinson Grisham

    Au Jour de tes funérailles 

    La route marche devant moi
    une pluie personnelle
    fait ployer mes pensées
     
    ô rêve
    ô beau rêve égaré
    de l’absence des villes
     
    Tu vas dormir
    dans le blond insisté des blés
    dans le lent glissement
    des oiseaux égouttés des branches
    et toujours rétablis
     
    Tu vas dormir
    autour de nous
    tant que n’est pas
    prononcée
    la mort des oiseaux 

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    Robert Varlez - Hélène Schjerfbeck

    Le Grand Chien Noir de la Mort

    J’ai marché ce jour-là
    empêché d’être libre
    et d’aller
    selon mes vœux
    par le grand chien noir de la mort
     
    Il m’attendait au sommet de la butte
    impassible
    noir et droit
    terrible
    réclamant seulement
    que je rentre chez moi
    m’asseoir et songer
    au fardeau de ciel et de terre
    que soulève en nous la disparition d’un être

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    Cathy Hegman - Hugo Simberg

      Prière   

    Oh que les fleurs
    ce soir
    daignent s’ouvrir et embaumer
    les  violons
    laisser entendre
    la pulpe de leur âme
    Oh qu’un filigrane de tendre
    traverse
    l’archet  des fleurs
    et la main des solistes
    Oh qu’un simple copeau d’amour
    roule sous le tranchant
    du rabot

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    Odilon Redon - G. Van De Woestijne

     Envol

    Ma nostalgie de Dieu
    pend
    comme un fruit
    mort
    un long remords
    l’arôme
    affaissé
    du songe d’une nuit d’été
    et tu t’en vas
    sur une jonque nue
    à bord d’un piano
    sans solfège
    c’est toi qui as raison
    c’est ainsi que l’on sort
    du chevalet
    pour entrer dans la toile

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     Wim Schumacher - Karel Willink

    Mes Enfants 

    C’est simple
    c’est une mer qui sombre
    devant l’île de votre vie 
    mes enfants
    c’est la nuit qui fait voir 
    sous son grand masque aveugle
    sa machiner à broyer 
    et sa lourde impensée
     
    Devant toute cette douleur
    levé
    mon coeur
    ainsi qu’un parchemin qui brûle
    crépite et rétrécit
     
    Ton âme désormais repose
    devant la cécité des choses
    sur quoi penchés
    nous sèmerons des étincelles

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    Edouard Vuillard

    ADIEU

      Adieu
    emporte du bleu d'aile
    adieu
    le ciel est mauve de chagrin
    adieu
    le soleil tout là-bas
    est une orange menacée
    adieu
    les rêves que tu laisses
    décochent des épis

    a su 19 miro.jpg   a su 16 Matisse.jpg

    Miro - Matisse


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  • 11/20/14--00:50: Betina La Plante
  • Un poème inspiré par une photographie de Betina La Plante

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    S E C O N D E S   D ' É M E R A U D E
     
    En haut du vase de son cou
    parmi les vapeurs de tissu
    d'une trame de soie
    lentes ses lèvres entrouvertes
    parlent la langue intime de la nuit
     
    De longs oiseaux écartés volent
    dans le feutre moelleux des mots
    et son haleine isole
    dans cet encrier d'ailes
    le cygne noir d'un poème échappé
    des ouvrages de la nécessité
     
    Comme la plume sur la page
    le tulle de son chuchotis
    glisse doucement passe 
    et s'amuït
    dans le silence ému

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  • 11/22/14--06:24: Moché Kohen
  • MOCHÉ KOHEN

    L a   t r a m e   d e   l ’ ê t r e

    a moché a.jpghttps://www.facebook.com/moche.kohen?fref=ts
    http://www.mochekohen.com/
    https://www.facebook.com/pages/Moch%C3%A9-Kohen/226016790768496 

    D'où sont issus les papillons humains de Kohen ? Quelle est cette poudre (cette poussière, cette cendre) qui recouvre le tissu léger de leurs ailes invisibles ? Ces suspensions menacées d’évaporation, ces êtres d’une étrange grâce tragique  nous étreignent le cœur. Ils visitent et émeuvent, dirait-on, ce qu’il y a de frêle en nous, ce qu’il y a de fragile, la soie menacée, le coton léger, le tulle fluet de l’être. Il me semble parfois que Kohen rend la trame de l’être, sa toile. L’humanité se dépouille ici de ses apparences, de ses armures, de ses cuirasses pour dire, pour chuchoter le cristal fragile qui la constitue. Ce murmure assourdissant, cet obsédant zonzonnement d’abeille valent tous les cris. Kohen a compris que l’essentiel est parfois ténu, secret, intime. Son œuvre muse, chante et danse cette conviction. Et l'hypnose opère.

    Fragiles, presque évanescents, ces êtres se manifestent par la luciole ou le charbon du regard, par des visages ambivalents où s'enchevêtrent les grâces de l'enfance et une douloureuse usure des traits. Ils entretiennent des rapports avec la fumée et la brume, quelque chose semble les menacer de dissipation, et, en raison du rendu de ce danger d'effacement, ils sont formidablement évidents, infiniment présents. Ils ont aussi la beauté, la force presque surnaturelle des halos et des fantômes. Ils ont la puissance de la hantise. Ils sont ourdis dans la toile de la mémoire.

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    Il arrive qu'ils aient pour fond, pour sauvage écrin un violent bain de sang. Ils ont racine dans l'enfance, le tragique et la légèreté. Ils sont le sfumato. Ils sont matiérés dans un modelé vaporeux, dans un état d'estompement. Kohen atteint à un très haut degré d'intensité poétique par cette façon qu'il a d'établir dans le présent, dans la présence ce dont il suggère l'infinie fragilité. Une tragique impression de chefs-d’œuvre en péril plane sur l’œuvre, l’intensifie, la rend ardente. Ici, lorsqu'ils sont plusieurs, les êtres se blottissent, se cramponnent, s'étreignent. Quelque chose de redoutable est autour d'eux, derrière. Lorsqu'ils sont seuls, quelque chose souvent appuie sur leurs épaules, les fait ployer. Une menace est tapie. Et pourtant, oui, au-delà d'un effroi parfois porté par les êtres, vulnérable et sublime, la beauté se signale, l'irréductible humanité se manifeste. 

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    J'ai lu quelque part que Kohen est entré en peinture dans le bouleversement provoqué par les oeuvres d'Egon Schiele. Se pourrait-il qu'au-delà de la contorsion violente et du troublant tourment des modèles de l'expressionniste autrichien, Kohen ait trouvé cet état intermédiaire de présence/absence où l'une et l'autre, la présence et l'absence, en raison de leur association intime, sont étrangement exaltées ? Ceci me remet en mémoire la scène de l'effacement des fresques dans Fellini Roma. Et Kohen serait le peintre qui œuvre à l'instant où l'effacement commence à opérer. Kohen serait celui qui jette dans la durée une braise qui a failli s'éteindre. Apollinaire écrivait : "Il y a un poème à faire sur l'oiseau qui n'a qu'une aile". Il me semble que l'oeuvre de Kohen porte cette affirmation en filigrane. Il me semble qu'il y a un poème menacé dans chacune des toiles de Kohen.

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    J'écoutais, en regardant les œuvres de Kohen, les magnifiques prières juives que l'excellente Sonia Wieder-Atherton interprète avec génie au violoncelle. Instant de sensibilité vibrante. Il me semblait que la musique et la peinture entraient en correspondance. Profonds échos mutuels, les respirations semblaient se croiser.

    http://www.youtube.com/watch?v=suAwiZ0y4Pk

    Bien sûr, il faut dire et redire que l'oeuvre est poignante, qu'elle remue le regardeur en profondeur. Et pourtant, cet art subtil fait songer à deux doigts délicats cherchant, pour le retenir, à pincer le fil ténu de la mémoire.


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  • 11/25/14--00:34: Aurore Lephilipponnat (2)
  • La Passion selon sainte Aurore

    Je reviens à l'oeuvre virulente de cette artiste comme on revient à un pays étranger qu'on aime et dont le magnétisme nous hante. J'y reviens très souvent. Par goût, par intérêt. Je reviens à ce lieu d'art et de tragédie humaine dans lequel la passion, la douleur, l'attente impatiente, le désir, l'effroi, la colère, la fièvre forment des nœuds inextricables et brûlants. Lieu de tempérament, d’ébullition, de convulsion et de maîtrise. Lieu presque shakespearien. En dehors du temps et pour cette raison infiniment présent. Je reviens avec la conviction qu'il faut témoigner d'un talent de cette force.

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  • 11/29/14--07:40: Isabercée Di-Puglia
  • Isabercée Di-Puglia

    Incarnation de la fièvre

    Pour en savoir davantage sur l’artiste, veuillez visiter les espaces suivants :

    http://berceedipuglia.blogspot.be  -   http://www.isabercee.com
    https://www.facebook.com/isabercee.dipuglia/photos_albums 

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    Isabercée Di-Puglia est une jeune et talentueuse artiste, à la fois dessinatrice et peintre. C’est une artiste complexe, en perpétuelle quête, infatigablement attentive à multiplier ses accès vers l’art et la vie, chez elle très intimement conjoints. C’est un être qui palpite, qui emmène son œuvre (et celui qui la regarde) dans une formidable palpitation, dans un troublant enivrement.  Di-Puglia est une puissante nature, à la fois solaire et épanouie dans la couleur et le trait, dans les éclaboussures de vie, secrète et réfugiée dans la crypte de son œuvre où elle nous convie à regarder les précieux et délicats trésors qu’elle amasse à l’abri du bruit et du mouvement, agile et souple dans un dessin très racé et élégant, exaltée et affirmant la vie et l’amour dans des images d’une formidable vitalité. La vie, - dans tous ses états, de la gourmande délectation aux lenteurs passionnées et intenses de la volupté en passant par la fulgurance ou l’énergie du cri et de l’affirmation, - habite cette œuvre saisissante et dynamique. Entrer dans cette œuvre, c’est s’aventurer dans une formidable agitation, c’est rejoindre pratiquement et s’accorder à la course du sang dans les artères. Isabercée, contrairement à ce que ce joli prénom pourrait laisser entendre, est un être en perpétuel état d’alerte. Elle émet et reçoit à tout instant. J’aime chez Di-Puglia l’électricité d’une nature toujours sur le qui-vive, toujours saturée d’émotion, de passion, cette façon de vivre et de rendre dans son art l’élan de vie, de témoigner de ce foyer ardent autour duquel elle se tient dans un perpétuel et séduisant état de fièvre. Isabercée Di-Puglia est l’incarnation de la fièvre.

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    J’aime dans l’œuvre l'intarissable lumière qu’émet la lanterne intérieure de l’artiste, c’est une lumière embrasée, un vrai brasier incandescent. Il distribue une étourdissante et exigeante chaleur humaine. Mais cette lumière dit aussi l’amour sacré, l’amour immodéré de l’art. Même les maternités d’Isabercée rayonnent de cette ardeur à aimer, de ce feu brûlant de l’amour. J’aime chez Di-Puglia ces images de couples qui doublent les débâcles pour affirmer la beauté de l’étreinte et de la rencontre. J’aime, dans l’œuvre, nombreuses, ces âmes plus fortes que l’abîme. Car oui, dans les combustibles qui alimentent le feu « bercéen », il y a une spiritualité profonde, incarnée, une spiritualité puissante et fermement reliée au corps, puissamment ancrée en lui. J’aime quand son art atteint à la fresque, à ces fresques plus fortes que la suie, plus fortes que l’éponge de la suie. J’aime le témoignage qu’elles portent, ce témoignage de résistance obstinée à l’usure et à l’effacement. Chaque fois, Di-Puglia semble engager sa vie dans ce qu’elle affirme. Et cette œuvre dit une confiance formidable en l’art. Elle est aussi admirable à cet effet, dans cette confiance totale, cette immersion complète, cet investissement définitif. Être, exister, c’est créer. Le moindre trait de Di-Puglia l’affirme, l’assène. Et créer, c’est exalter, attiser le foyer de la vie.  Isabercée Di-Puglia est un être si proche de ses convictions, si intimement liée à elles qu’elle se trouve toujours en état de combustion. Ceci est une des explications de son œuvre ardente et admirable.

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  • 11/29/14--08:58: Avec Isabercée Di-Puglia
  • Isabelle de la nuit et des couleurs

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    Oeuvres : Isabercée Di-Puglia - Poèmes : Denys-Louis Colaux
    Les oeuvres sont la propriété des auteurs
     
    http://www.isabercee.com/
    http://berceedipuglia.blogspot.be/
    http://www.agentdartistespeintres.ca/isabercee-di-puglia/
     
    INCIPIT
     
    J'aimerais
    après la traversée
    après le temps des foudres et des chutes
    que la nuit enfin réparée
    vous fût douce 
    comme sont à mes yeux
    intenses
    les lampadophores de vos couleurs

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    AVERSES NOIRES & CHANTEPLEURE
     
    Isabelle
    il pleut ces derniers temps
    d'énormes gouttes
    des brassées de fleuves
    et des cieux entiers
    sur la rue de votre vie
    je suis venu
    avec cette chantepleure
    afin de donner ou de rendre
    à toute cette eau de malheur
    le chemin de la mer
    et le sens oublié du bleu

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    AU FOYER D'ISABELLE
     
    Au foyer d'Isabelle
    là où sans se consumer
    brûlent et dansent les couleurs
    se mêlent les étincelles
    les papillons et les ombres
    je devine des astres de sang ardent
    le ciel mêlé au fond de la mer
    le jour attaché à la corde du soir
    le clou du rêve enfoncé dans la planche du réel
    le bénitier amoureux de la main qui se trempe à son eau
     
    Au foyer d'Isabelle
    à la javelle où ses gestes
    s'unissent et se déprennent
    j'entends valser l'âme enflammée
    du tableau vivant de sa vie
    j'entends bouillir
    le thé exalté
    de son désir de peindre
    j'entends hurler
    au centre de l'étang
    où ses huiles reposent
    la héronne cendrée qui se déploie en elle
    quand elle ouvre les bras
    pour mener son orchestre
     
    Au foyer d'Isabelle
    la mer entre par la fenêtre
    comme un grand chat liquide
    de gros caillots de nuit
    heurtent
    les banquises de l'aube
    des navires de glace
    fondent au soleil incendié
    de longs plumeaux de paons
    enlassent des corbeaux
    et dans la neige féminine l'ombre
    sertit son khôl et son rimmel
     
    Au foyer d'Isabelle
    les souffleuses de pigments
    aux embouchures du cristal
    mettent l'empreinte de leurs lèvres
    et les orgues de leurs poumons
    Puis comme un début d'éventail
    au secret d'Isabelle
    un mystère s'entrouvre
    et son charbon intime
    comme deux paumes jointes
    héberge
    la braise d'un couple d'oiseaux

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    ISABELLE EN SA FORGE
     
    Je la connais je crois
    cette ardeur à battre son fer
    à se déposséder
    des peuples qu'on héberge
    en un musée au fond de soi
     
    Sans vous lasser jamais
    vous poussez dans la course
    qui mène au pays de la trace
    au ciel visible de tous
    les comètes cachées
    dans vos constellations secrètes
     
    Du haut de vos balcons
    vous jetez des fenêtres
    ouvertes sur vous-même
    et le ciel tout entier
    De grands oiseaux d'extase
    mènent rêver vos femmes
    dans le velours des nuits
    et leurs regards sublimes
    ont cet éclat liquide
    des grands diamants crus
     
    Vous semez de la fièvre
    les vrais fantômes de l'étreinte
    les combustibles orangés
    les pelures d'or fin
    que la volupté laisse
    dans le ciel où elle passe
    vous répandez
    le goût 
    palpable et vif
    comme le corps d'un poisson pris vivant
    de la passion qui tourne
    dans ces fleuves qui vont
    leur ruban autour de la terre

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  • 12/01/14--01:22: Ludens chante Lhasa de Sela
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    à Xilef Leclerc, guetteur vigilant

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    L  U  D  E  N  S

    https://www.facebook.com/trioludens?fref=ts

    Ludens est un groupe musical de Bogota. C'est un trio formé de Katie Ellen James (voix et guitare), Ana Maria Lopez (violoncelle) et Jorge Zarate (cordes). La musique de la formation est chaleureuse, très habitée, originale, color&ée de sonorités nouvelles ou inattendues et la voix de Katie Ellen James est un bijou sonore, intense, envôutant et formidablement expressif. Cette très belle formation reprend de façon magistrale quelques titres de notre bien-aimée Lhasa de Sela. Lorsque le jeu (ludens) atteint cette qualité, on l’accueille comme un événement culturel. Ce que je fais. Je soumets les belles covers de Lhasa à votre écoute.

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    I S    A N Y T H I N G    W R O N G

    https://www.youtube.com/watch?v=deNxCoZOoO8

    L O V E    C A M E    H E R E

    https://www.youtube.com/watch?v=4fvQocmkwZ4

    Je vous suggère aussi cet espace dévolu à notre fée : 

    http://www.alwaysontherun.net/lhasa.htm


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  • 12/08/14--13:15: Pour Alain Adam
  • M o n   V i e i l   A p a c h e

    Pour Viih, sa fille bien-aimée, auteure des photographies reproduites ici
    Pour Geneviève, sa plus fidèle et loyale amie
    Pour tous ceux de la bande, Jo, Robert, Annette, Jean-Marie

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    Mon vieil Apache
    le bateau de notre aventure
    sombrait dans l'eau du port
    loin devant s'éteignaient
    les lampes du café des dunes
    le Pérou s'enfonçait
    accroché à la coque
    et j'entendais déjà
    ou je croyais entendre
    le geignement sourd de l'épave
     
    Et le silence qui venait
    roulait comme les funérailles
    d'un scaphandrier à la nuit
     
    Je parle d'un Pérou
    qui tient tout entier dans la paume
    quatre tableaux vendus
    et la gloire
    qui s'assoit
    deux secondes sur tes genoux
    mon vieil Apache
    la gloire
    baronne demeurée putain
    aristo au trottoir
     
    L'humilité rapplique
    une giclée plus tard
    l'humilité
    c'est un destin
    frangin l'humilité
    la salope est fidèle
    on se fait à sa geste
     
    On ne cherchait pas les couronnes
    jamais
    nous autres
    avec les sceptres
    on fait la chasse aux mouches
     
    Nous sommes la bohème
    à l'écart des cocktails
    et des civilités
    nous sommes
    des brebis réfractaires
    au peigne de la filature
    nous n'en avons jamais fini
    avec le goût de peindre
    avec le goût d'écrire
     et tout en nous s'oppose
    à notre épuisement
    et nous mourons
    inépuisés
     
    Mon vieil Apache
    mon matelot
    la mer oh la mer ce soir-là
    au fond du mois d'avril
    la mer à l'instant du désastre
    c'est un évier un urinal
    c'est l'avaloir
    par où tout espoir et tout sang
    s'écoulent 
     la mer
    mon marin mon corsaire
    oh la mer ce soir-là
    c'est la détresse
    masquée de rage
    c'est du chagrin au large
    c'est le monde persécuté
    par une absence
     
    Cette nuit j'aurais peint
    la jetée tout entière
    avec ma propre bile
     
    Je dis qu'il ne faut pas
    séparer le chant de la plaie
    je veux pour te commémorer
    ériger au large d'Ostende
    où môme j'apprenais la mer
    à grandes pompées de vent vert
    je veux ériger au large d'Ostende
    un voilier catafalque
    claquant comme un grand combat de cymbales 
    je veux pousser au loin
    un mausolée insubmersible
    ourlé d'algues de méduses et de sirènes
    je veux lever au ciel 
    un très grand oiseau peint
    avec du sang d'Apache
     
    Il me faut à présent
    pour me bercer de toi
    des voix de femmes des chansons
    des marches solitaires
    et au loin devant moi
    des convois de pianos lents
    vraiment imaginaires
     
    Mon vieux pirate Apache
    mon capitaine au cours interrompu
    le temps désormais entre tes paluches
    est vrai comme une autruche
    guérie du désir de voler
     
    Mon vieil artiste évanoui
    je me parle de toi
    inconsolé
    aigre comme un pinard vieilli
    ému privé de voix
    je m'assois et j'écoute
    j'entends dans tes tableaux
    dériver le charroi
    des continents déboulonnés
    j'entends ta main sculpter
    les flancs immergés de l'iceberg
    que fait sur l'eau
    avec des cortèges de fleurs
    le passage d'une vie d'homme
    j'entends ton pinceau tisonner
    l'âtre froid des étoiles
    le foyer chaud de la maison
    j'entends encore
    ta vie qui tire
    ta vie qui pousse
    ta vie qui tangue
    ta vie qui sue à peindre
    et à chercher
     
    Je m'assois et j'écoute
    nager les yeux des femmes
    danser leurs épaules leurs seins
    dans l'eau savante de tes aquarelles
    je vois ta passion d'elles
    et je m'en vais heureux
    oui heureux malgré tout
    comme grisé d'iode
    et de Rochefort 10
    le long des chemins buissonniers
    où tes icônes flottent
    petites fleurs pirates
    écloses dans ma nuit
    que leurs lueurs ravissent

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    Légendes de chevalet

    à Alain

    Ton Œuvre

    Longs mariages sur la mer
    des grands épouvantails
    du soir
     
    Chemin perdu
    des aqueducs au vent
     
    Naissance au crépuscule
    de la porcelaine des gestes
    que rompt
    le marteau de la liberté

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    Tes grands travaux abstraits

    Masse des songes
    des cris
    assis
    sur la débâcle
    des glaciers et des terres
     
    Losanges des soleils
    grands trapèzes de l’ombre
    lourds troupeaux de désordre
     
    Parcelles de couleurs
    contre tout contre
    la clôture acérée
    du réel
     
    Et pendaison
    aux longs cous des pinceaux
    de la morale des notaires
     
    Je saluais alors
    les grandes effigies
    de ton âme changeante
    intègre
    intègre comme
    la lumière d’un an
    tout un an de lumière
    sur le cycle des villes toujours retournées
    qui fonde
    l’axe flexible
    de ton grand atelier

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    Le Passage

    Après la pluie
    la mer entre plus aisément dans l’huile de la nuit
    Un semis d’oiseaux noirs doucement escorte et annonce
    la légère litre de deuil
    qui va planer sur le tableau
    et l’invention de la lumière
    qui le fécondera
    La valse savante du bras orchestre l’admission
    de l’éphémère et du furtif
    dans l’âme sensible du temps

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    R i t a   C a r m o   a   p h o t o g r a p h i é   L h a s a

    Le très vigilant guetteur québécois Xilef Leclerc, par le signal qu'il donne au groupe En hommage à Lhasa, attire mon attention sur le site de la photographe portugaise Rita Carmo (née en 1970 à Leiria) et qui a publié un peu partout, de la France au Japon en passant par l"Angleterre. Elle a réalisé en décembre 2004 deux beaux portraits de Lhasa que voici, portraits qui sont visibles sur le blog de l'artiste :

    http://ritacarmo.blogspot.ca/2010/01/lhasa-de-sela.html

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  • 12/31/14--04:57: Mes photographies
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    ARMAND RASSENFOSSE

    un génie belge

     

    Voilà un des artistes wallons majeurs de la jonction des dix-neuvième et vingtième siècles, un a rassenfosse_1.jpgartiste supérieurement doué et impardonnablement méconnu. Il est à la fois graveur, dessinateur, peintre, aquafortiste, lithographe. Il est aussi l'ami et le collaborateur de Félicien Rops avec qui il met au point une nouvelle pratique du verni mou (technique de gravure en creux) : le ropsenfosse. Il excelle à représenter la femme, c'en est un des plus passionnants chantres.Son art est subtil, ferme, audacieux, inventif. Remarquable affichiste, il est aussi, en 170 magnifiques eaux-fortes, le génial illustrateur des Fleurs du mal de Charles Baudelaire. Rops,a-t-on écrit, l'éclipse. C'est une bêtise, les étoiles ne s'éclipsent pas entre elles. La bêtise a souvent pour objet d'exonérer l'ignorance. C'est, au demeurant, ma passion pour Rops qui m'a fait découvrir le génial Rassenfosse.  

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Rassenfosse

    http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/flori/opera/rassenfosse/rassenfosse_notice.html

    http://fr.vivat.be/culture/cinema/article.asp?pageid=1426

    http://www.kbs-frb.be/fund.aspx?id=293720&src=true&langtype=2060

    http://beauxartsliege.be/IMG/pdf/communique_de_presse.pdf

     

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    Les Fleurs du mal de Baudelaire par Rassenfosse

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    Pour admirer les magnifiques illustrations des Fleurs du mal réalisées par Rassenfosse, consultez ce lien :

    http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/flori/opera/rassenfosse/rassenfosse_baudelaire.html

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    Un poème sur une photographie de Betina La Plante

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    C a r e s s e r    u n    v i o l o n c e l l e

    O précieux et doux démon du ciel doué d'une avantageuse absence d'ailes, dauphin clair dans sa mue d'ombres, diamant noir sur le lait plissé du drap, sur la jonque en allée du lit, je me détourne du chemin des étoiles pour apercevoir, par la fenêtre, entre les rideaux ouverts, sur la scène de la chambre, le lumineux chemin de tes lignes tendues. Voilà, bel ange obscur et terrestre, ce qui vaut un détour, l'effort d'un détour, voilà ce qui console des laideurs du monde et de son goût pour la soue. Au bout du jour, je pourrai dire, alors que chacun entendra mon âme exaltée ourler mes mots d'un frisson : "J'ai lu trois poèmes de Baudelaire, j'ai marché à la lisière de la forêt d'où un chevreuil a jailli et j'ai vu, par un hublot sur l'infini des êtres vivants, un instant de féminité faire pâlir le crépuscule". Cette nuit, je songerai à un violoncelle aimé de l'étreinte d'un orchestre. 


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  • 02/14/15--20:36: Marie-Odile Vallery
  • M a r i e - O d i l e   V a l l e r y 

    Il y a des artistes qui vous ont à ce point conquis qu'on revient, sous l'effet d'une formidable aimantation, inlassablement à eux. Ils créent des lieux et des œuvres, des atmosphères dans lesquels ce que vous êtes profondément peut respirer et s'épanouir, trouver des oxygènes propices. Marie-Odile Vallery, avec son formidable trait (pour moi, son irrésistible trait), le feu de sa palette, sa manière vive et dynamique, son esthétique (entre le grand Rops et quelque chose de furieusement contemporain, de totalement présent), son univers féminin exalté et passionnant (galerie exemplaire des femmes dans tous leurs états - on y aperçoit quelques hommes ! ) est une des étoiles au ciel de mon panthéon personnel et à ciel ouvert. Marie-Odile me fait le plaisir de me considérer comme un passeur : j'aime, à l'exclusion de tout ce qui pourrait me faire tenir pour sérieux, cette dignité. Éclaboussé par la beauté d'un art, habité, animé, transcendé par lui, vous cherchez à répercuter votre enfièvrement, à rendre justice à une expression en la proposant à l'attention du plus grand nombre. Et d'intercéder vous rend heureux. Il me semble, au demeurant, qu'on est trop loin aujourd'hui de la célébration à laquelle un tel talent a droit, qu'on est trop frileux devant cet art épatant. C'est un grand péché, une faute capitale que celle qui consiste à ne pas savoir saluer la beauté. Mais plutôt que de gémir, pétri d'admiration et d'estime, je préfère affirmer inlassablement mon enivrement et mon ravissement devant l'oeuvre. La savourer sans modération. L'accueillir avec les enthousiastes égards qu'elle mérite. Et, comme des substances et des essences bienfaisantes et troublantes, en partager les effets avec le plus grand nombre.

    T R O I S   C O L L A G E S

    Voici d'abord, avant de revenir aux splendeurs de l'oeuvre peint et dessiné, trois collages de l'artiste. Ils font pleinement partie de la geste de Vallery :  méticuleusement et artistement conçus, ils vivent dans l'élégance et la profondeur, ce sont de vertigineuses fleurs de poésie.

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    OE U V R E   P E I N T   E T   D E S S I N É : N O U V E A U X   J O Y A U X

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  • 02/28/15--08:30: Alice Neel
  • A l i c e    N e e l

    (1900-1984)

    a neel a.jpgAlice Neel est une artiste américaine, spécialisée dans les arts visuels et connue pour la très passionnante singularité de son oeuvre peint : une production alerte, époustouflante, constituée de portraits atypiques (ses amis, amants, des artistes qu'elle connaît, quelques étrangers), inventifs, captivants, épicés parfois d'une pincée d'humour, colorés et chargés en émotions, des portraits fondés sur un usage étourdissant de la ligne. La peinture et le dessin sont chez elle intimement imbriqués, se portant mutuellement, créant un style, une geste qui va marquer le vingtième siècle. Le choix même de ses sujets indique son ouverture d'esprit, sa vision du monde, son refus de tout sectarisme, son refus du racisme, son humanité ouverte, refusant toutes les ségrégations. Son oeuvre porte aussi témoignage des drames d'une vie, des désarrois immenses, des appels du néant. Chaque peinture, chez elle, semble exprimer un choix : laisser, au risque de suggérer un inachèvement, les détails pour se centrer ce qui est le moteur du travail pictural. (Le superbe portrait, - l'artiste est d'une grande beauté -, est de Robert Mappelthorpe). Neel est aujourd'hui regardée comme un des maîtres de l'art figuratif du vingtième siècle.

     http://www.aliceneel.com/biography/1920.shtml
    http://www.aliceneel.com/
    http://www.davidzwirner.com/artists/alice-neel/biography/
    http://www.theguardian.com/artanddesign/2010/jul/07/alice-neel
     

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  • 03/03/15--00:46: Elisabeth Gore
  • ELISABETH GORE (encore et toujours)

    Je reviens à elle. Pour prendre part à la respiration spirituelle de cette oeuvre, à sa chaleur paisible, à son cheminement méticuleux, inquiet et poétique, ensemble. Aventure spirituelle. Merveille d'humanité. Je m'attarde devant trois nouvelles œuvres pour vivre un instant dans leur secret révélé et demeuré secret, pour paraphraser René Char. Cette création picturale me rend un instant prudent, un instant léger et profond. Elle m'offre substances et essences, matière et âme à poème. Elle me prête sa lenteur inspirée, le poids de plume de son geste sacré. Trouver cela, le matin, après l'avalanche radiophonique des catastrophes quotidiennes, c'est trouver un trésor, une oasis étrange, des indices de lumière intérieure, une captivante danse de gestes lents.

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  • 03/10/15--03:33: Isabelle Vialle
  • Isabelle Vialle

    Artiste peintre expressionniste française née en 1970

    http://vialle.isabelle.free.fr/

    Voilà une artiste reconnue et extrêmement complexe, secrète, enfouie et pourtant au gouvernail d’une œuvre hallucinante qui semble pourtant faire l’économie de tout ce qui éblouit. Son art semble consister en un curieusement accouchement du filigrane des choses, une venue au monde du caché, du tapi, l’avènement d’une épiphanie profane et fantastique, une étrange épiphanie comme légèrement atténuée, estompée par un très discret voile onirique. Le rêve est ici inséparable du cauchemar, le beau du laid, le figé du chorégraphique, l’élan du magma. L’œuvre ne crie pas, elle s’impose par une sorte de majesté terrible, l’œuvre s’établit dans la haute vocation de la monstruosité, le monstre étant ce qui est digne d’être montré, le monstre étant ce qui avertit, éclaire, inspire, le monstre pouvant figurer encore l’être de caractère surnaturel.

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    Il y a dans cet étonnant amalgame, - que la geste picturale rend néanmoins cohérent -, de fleurs et de végétaux humains  étranges, inquiétants, vénéneux ou troublants une philosophie de la vie, une considération de l’espèce en retrait de toutes les dichotomies rudimentaires et de toutes les classifications triviales. L’artiste cherche, traque inlassablement  l’être dans le temps, dans les livres, les légendes, dans les chemins de ses ambiguïtés et de ses déclinaisons successives, dans ses fantasmes, ses effrois, ses enfers, ses hantises. Mais elle mène sa traque en esthète, avec une qualité de geste qui séduit, une profondeur de trait, une manière d’une subtilité effarante, elle opère dans les sombres, dans des fonds nuit, avec des résurgences de bleuté, des gazes, des brumes, à l’écart de tous les aguichages chromatiques.

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    Vialle semble à la tête d’une formidable conjonction d’attributions : prophétesse du malheur et du destin problématique des êtres, visionnaire lovecraftienne, artiste du fantastique, poétesse du désastre, pythie hallucinée,  chantre de la grâce blessée, annonciatrice du passé, des convulsions antédiluviennes conduites dans la giration de la terrible répétition, conteuse visuelle, brasseuse de mythes, tératologue esthète,  spécimen inédit de frémissante humanité, elle est une sorte de formidable âme en ébullition projetant sur la toile, - avec une maîtrise rare, un sens exceptionnel de la nuance -, laves, vapeurs, fragments de nuit, formes crépusculaires, silhouettes nocturnes, merveilleux lambeaux de l’histoire convulsive et de la légende de l’être.

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    Dans ce fastueux spectacle macabre et visuel, on voit de vrais fantômes, des brouillards de marais, des fumées d’enfer, on croise les irrésistibles poèmes macabres de Baudelaire, les douloureux effrois de Howard Philip Lovecraft, la fumée délétère de certains ses mythes, on voit les pauvres et les miséreux de Dickens ou de Charles-Louis Philippe, on voit le drame terrible des déshérités de la terre et des gueux, les pleurs des damnés et les larmes du malheur, une crispante atmosphère d’apocalypse, l’intrusion sinueuse du surnaturel, le prophète Jérémie, la colère de  Léon Bloy, la pensée antique, l’évolution hallucinée de l’espèce, l’imagier des contes mené au maximum de sa fièvre.

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    Plus encore, on admire dans l’œuvre cette rencontre assez inédite, hautement, puissamment troublante, entre l’horreur et le tendre, le délicat et l’effrayant, le corrompu et l’attendrissant, l’affreux et l’humain.  Un talent exceptionnel accomplit la merveille de faire tenir tout cela dans une œuvre qui rayonne presque noir. Oui, s’il est vrai qu’une étoile a pleuré rose, voici une œuvre qui rayonne presque noir. Et ce presque cache un trésor d’humanité. Un frisson sublime. La forme la plus inattendue, et peut-être la plus bouleversante, de la compassion.

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  • 03/27/15--04:22: Avec Philippe Bousseau
  • Philippe Bousseau : photographies - Denys-louis Colaux : poèmes

    C  R  Â  N  E  R  I  E 

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    H A V A N I T É
     
     Le havane
    de la vie
    se consume
    Doucement
    sa saveur
    glisse en cendre
    Sa fumée
    comme un bord
    de nuage
    meurt au ciel 

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    S A V A N I T É
     
    Contre la mort
    belle ange
    mets ton aile
    place ton épaule
    appuie
    la chaleur amoureuse
    de ta hanche
     
    Contre la mort 
    qui vaincra
    qui fera tomber tous les arbres
    sombrer les voiliers
    sécher les hautes herbes
    tomber les félins
    les rapaces
    le soleil
    contre la mort
    appuie
    la vague de ton flanc
    pose le globe de ton sein
    le vase de ton bel endroit
    pose
    l'aquarium de ton ventre
    où l'océan assoit
    le jour avec la nuit
     
    Contre la mort lointaine
    la mort toujours imminente 
    pose le haut lutrin volant
    du livre de ta vie
    pose l'accent aigu
    du sel bleu de ta vie
    pose
    ta part d'aube
    ton aune de soie noire
    et la lanterne de ton âme 

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    F I N S    D E R N I È R E S 
     
    Oui
    un jour
    l'étoile s'étiole
     
    Sur la chair du vitrail
    une éclipse descend
     
    Oui le déchirement
    est dans l'arbre levé
     
    Oui
    mais
    des hippocampes bleus
    naviguent dans ta voix
    tu sens bon le cuir d'ange
    tu sèmes
    un peu partout
    ta provision d'éternité
    la poudre manquera un jour
    mais le geste est écrit

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